[LITTÉRATURE] Poésie

Note : 30

le 13.12.2013 par wayl

54 réponses / Dernière par Jsh le 09.08.2016, 09h30

Parce que des fois, on fait autre chose que regarder Netflix. Partagez et discutez ici de ce que vous aimez et de ce qui vous intéresse.
Bonjour, bonjour.

Aujourd'hui, j'aimerais faire partager une de mes passions: la poésie. Oui oui vous savez, ce truc avec des vers, et qui est en fait l'ancêtre de la musique en rime. A travers les siècles on a pu dénombrer, créer et découvrir une foultitude de poèmes, traitant de toutes sortes de sujets (voire d'aucun).

Mais quelles sont les principales visées d'un poème?
-Faire ressentir des émotions au lecteurs.
-Se questionner sur soi-même.
-transmettre une vision de la société (voire dénoncer).
-visées de ne pas avoir de but (mouvement dada principalement).

Ce que peux vous apporter la poésie:
-accomplissement personnel (certains poèmes philosophiques).
-culture.
- un loisir (je ne compte pas les soirées ou j'ai cherché éperdument de nouveaux poèmes.
- un objet de conversation, voire un opener en séduction. Oui ça ne fait pas vieux jeu de parler de poème, ça plaît même.
- de l'apaisement.

Pour ma part j'adore particulièrement les poèmes parlant d'amour, ou de nature.

Petite mise en bouche:
Madrigal

"Si c’est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit :

Si c’est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi même et d’être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m’en voir éconduit :

Si c’est aimer que de vivre en vous plus qu’en moi même,
Cacher d’un front joyeux, une langueur extrême,
Sentir au fond de l’âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite :

Honteux, parlant à vous de confesser mon mal !
Si cela est aimer : furieux je vous aime :
Je vous aime et sait bien que mon mal est fatal :
Le cœur le dit assez, mais la langue est muette."


Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène

Voilà quelques liens en vrac:

-amour/désir/passion:

- http://francais.agonia.net/index.php/poetry/72418/

- http://www.poetica.fr/poeme-1661/gaston-coute-aveu/

-http://guesswhoandwhere.typepad.fr/carn ... on_es.html

- http://www.poetica.fr/poeme-858/paul-eluard-amoureuse/

- http://www.poetica.fr/poeme-1260/louis- ... r-heureux/

Nature:

- http://www.poetica.fr/poeme-532/paul-ve ... le%20soir)

-http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/nos-etoiles

- http://www.poetica.fr/poeme-1893/anna-d ... s-la-nuit/

Voilà. J’espère que cette brève incursion dans le monde la poésie vous aura plus. N'hésitez pas à poster vos propres découvertes/poèmes préférés. C'est toujours un plaisir d'en lire de nouveaux. Je remettrais des poèmes si ça en intéresse certains.

P.S: Cela m’intéresserait vraiment de découvrir des poèmes et poètes non francais, si quelqu'un pourrait me donner quelques pistes
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 15.12.13, 11h51 par Axelos
  • [+1] Bonne idée ! le 15.12.13, 13h41 par amelia
  • [+1] Like ! le 16.12.13, 00h04 par MaryeL
  • [+3] Bonne idée ! le 17.12.13, 00h02 par Onmyoji
  • [+1] Like ! le 13.05.14, 22h31 par Ilyas
  • [+1] Like ! le 11.11.14, 21h01 par Sclavie

(Juste un mot pour le côté séduction)

J'adore la poésie aussi, mais quand tu dis que ça ne fait pas vieux jeu...selon moi, tu te trompes.

Quand bien même tu adorerais cela, c'est plus un côté de toi qu'il faut que la nana découvre plus tard. Mais pour opener, ou même en soirée, ça fait pédant...et très cuistre!

Pourtant j'adore ça moi, mais je me suis fait une raison. Certes, j'aime beaucoup la poésie et j'en écris également. D'ailleurs une ancienne professeur m'avait incité à écrire tout un recueil..Mais vraiment pour séduire, il y a mieux. Même l'image du poète dans l'inconscient collectif, c'est plus le poète maudit, chétif, dépressif, bon ça a un charme évident...mais c'est tout. Si jamais c'est une de tes passions, laisse un peu de suspens, ne te découvre pas si vite.

Après peut-être qu'on n'a pas les mêmes cibles...mais ça m'étonnerait. Je vis à paname, et je vois qu'on est de la même génération...et crois moi que même celles qui sont censées s'y connaitre un minimum, genre les meufs en prépa à Henri IV, ou à Fenelon...franchement en soirée, elles n'ont qu'une envie c'est de décompresser. ( Il y a toujours des exceptions hein...)

Après placer un joli vers au détour d'une conversation, quand le contexte et l'interlocutrice s'y prêtent, ça peut-être très classe. En général la cible répond toujours " Quel beau parleur " avec de gros yeux. Haha. Mais faut d'avantage que ce soit UNE corde à ton arc...plutôt que LA corde à ton arc.
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  • [0] Absolument le 15.12.13, 11h25 par Mr.Smooth

Wrgv a écrit :Même l'image du poète dans l'inconscient collectif, c'est plus le poète maudit, chétif, dépressif
Y a de ça, mais pas que...

Georges Brassens : La non-demande en mariage.
[youtube][/youtube]

Renaud : Mistral Gagnant
[youtube][/youtube]

Diane Tell : Si j'étais un homme.
[youtube][/youtube]

Zaz : Si (parole JJ Goldman)
[youtube][/youtube]

Jean-Jacques Goldman : Filles Faciles
[youtube][/youtube]
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  • [0] Yesssss! le 11.11.14, 21h02 par Sclavie

Je ne pense pas, tout dépend de la méthode que tu prends, personnellement je suis en couple actuellement avec une fille de Fénélon, et la première chose qui nous a rapproché est la poésie. Après oui, ça peut paraître pédant,etc... Mais tout dépend avec qui tu parles.
Savoir s'adapter à la personne que tu parles est primordial.

Mais il est vrai que j'aurais du préciser que, du coté séduction, ça ne marchait pas avec n'importe qui. My bad.

Hm oui et non.

J'écris, ou plutôt j'ai écris, pas mal de poèmes il y a quelques années (quand je dis pas mal comprendre genre entre 100 et 200 peut être), et il y a quand même un atout dans la poésie :

Les images et métaphores.

En séduction, si je ne dis pas trop de conneries, on parle beaucoup de faire ressentir des émotions à une fille et que ca peut passer par une certaine connexion, le fait de faire rêver.

En développant son imaginaire poétique, sans parler de poésie comme thème, bien sûr, on peut très certainement "toucher" la sensibilité de ces dames. Tout dépend de qui, of course. La poésie "classique" va bien avec Fénelon (enfin j'imagine), vaut mieux parler des poésies de Jim Morrison avec d'autres...

Côté poètes, j'aime beaucoup Apollinaire, j'ai été décu par Jim Morrison (je le préfère en chansons), je suis un gros fan de Brassens.

J'aime beaucoup Noir Désir aussi mais je commence à me demander ou est la limite entre les chansons magnifiquement poétiques ("Septembre en attendant") et celles ou c'est une énumération de concepts bizarres qui riment ("Lost").

Encore une fois, chacun ses sensibilités.

Léo Ferré aussi. Mais je le préfere repris que lorsqu'il s'exprime lui même.

Ah, et Boris Vian of course !
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  • [+1] 100% d'accord le 15.12.13, 14h00 par wayl

A l'école, la poésie ne m'intéressait pas. Je trouvais ça bien relou.

Cependant, je m'y suis intéressé plus tard, via la musique, et en particulier via le monument poétique qu'est Brassens. Le fait que Brassens fut un grand amateur et écrivain de poésie m'a permis de voir la poésie sous un autre angle que celui stéréotypé du poème à l'eau de rose par un jeune homme transi d'amour.

C'est un stéréotype vraiment réducteur.

Dans la poésie, il y a aussi de l'esthétisme, de la musicalité, de la technique, des visions du monde, de la subversion, de l'engagement, et du questionnement existentiel.

Si on choisit bien les personnes, ça peut être une grosse fenêtre pour créer de la proximité et de l'intimité, et avoir un échange très riche avec elles.

Histoire de casser un peu le stéréotype et de montrer que la poésie c'est pas toujours propre et gnan-gnan.

Charles Baudelaire - Une Charogne [Les Fleurs du Mal]

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
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  • [+1] Like ! le 16.12.13, 18h43 par wayl

Allez je me permet un petit kiff poétique :

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

Boris Vian

Magnifiquement mis en musique par Eiffel (quand ils faisaient des trucs cools)

http://www.youtube.com/watch?v=B2GVhKNlF_I

Bon ok y'a pas qu'eux qui l'ont reprise...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 17.12.13, 15h41 par wayl
  • [0] Like ! le 26.03.14, 23h10 par MaryeL
  • [0] Like ! le 11.11.14, 21h07 par Sclavie

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Corbea ... audelaire)

Mon préféré à tous points de vue.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 17.12.13, 15h41 par wayl

Vraiment sympa tout ces poêmes, merci d'agrandir ma liste.

Le corbeau de Baudelaire est vraiment magnifique, c'est aussi un de mes poêmes préferés. N'hésitez pas à en mettre d'autre.
Un petit poême pour la journée:

Vers à danser d' Aragon

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble

C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon coeur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
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  • [+1] Merci ! :) le 07.04.14, 01h08 par amelia

wayl a écrit :P.S: Cela m’intéresserait vraiment de découvrir des poèmes et poètes non francais, si quelqu'un pourrait me donner quelques pistes
Juste un mot pour te conseiller quelques pistes de poètes non français :
- des qui collent bien avec tes thèmes nature et/ou amour : Pessoa (voir notamment son hétéronyme Alberto Caeiro), Garcia Lorca (le Romancero Gitano est mon préféré), Blok (les Cantiques à la Belle Dame)
- des qui me plaisent bien mais moins dans le thème : Celan, Trakl (plus tourmenté, plus cryptique), Ginsberg (la beat generation en poésie ! Howl le plus connu mais même le reste est assez sympa, genre Kaddish),...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Merci ! :) le 30.12.13, 02h33 par wayl

J'adore moi aussi la poésie ! André Comte-Sponville la définit comme l'unité mystérieuse de la musique, du sens et du vrai.

En ce moment, il y a un poème qui me touche, c'est celui-ci :


Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud
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  • [+1] A lire le 07.01.14, 00h14 par wayl

Dans la poésie étrangère, j'ai récemment découvert un poète du 13e siècle que j'aime tout particulièrement : Rumi, un mystique persan.
Je vous mets un de ces poèmes traduit en anglais, j'aime beaucoup les sonorités de cette langue et le rendu du poème une fois traduit. En plus je n'ai pas trouvé de version française.

The Tavern

All day I think about it, then at night I say it.
Where did I come from, and what am I supposed to be doing?
I have no idea.
My soul is from elsewhere, I'm sure of that,
And I intend to end up there.

This drunkenness began in some other tavern.
When I get back around to that place,
I'll be completely sober. Meanwhile,
I'm like a bird from another continent, sitting in this aviary.
The day is coming when I fly off,
But who is it now in my ear who hears my voice?
Who says words with my mouth?

Who looks out with my eyes? What is the soul?
I cannot stop asking.
If I could taste one sip of an answer,
I could break out of this prison for drunks.
I didn't come here of my own accord, and I can't leave that way.
Whoever brought me here will have to take me home.

This poetry. I never know what I'm going to say.
I don't plan it.
When I'm outside the saying of it, I get very quiet and rarely speak at all.

We have a huge barrel of wine, but no cups.
That's fine with us. Every morning
We glow and in the evening we glow again.

They say there's no future for us. They're right.
Which is fine with us.

- Jalaluddin Rumi

Des lectures du poème peuvent être trouvée sur Youtube, dont une que j'aime particulièrement intitulée "My soul is from elsewhere"
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] A lire le 10.02.14, 22h02 par wayl

wayl a écrit :Aujourd'hui, j'aimerais faire partager une de mes passions: la poésie. Oui oui vous savez, ce truc avec des vers, et qui est en fait l'ancêtre de la musique en rime.
Ben si je peux me permettre... non, la poésie n'est pas exclusivement en vers ; et ce n'est pas non plus l'ancêtre des paroles de chansons rimées : la chanson a existé de tout temps, en fait (même au Moyen Âge ils avaient les troubadours pour ça) et elle était parallèle à la poésie qui, elle aussi, a existé de tout temps, même au XXe et au XXIe siècle où la musique semble pourtant avoir pris le dessus niveau popularité.

Du bonheur sans rimes, c'est ça :

« Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
"Tu resteras hyène, etc...," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."
Ah ! j'en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné. »

Rimbaud — Une Saison en enfer

« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie, de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : "Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Baudelaire — le Spleen de Paris

« Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu. »

André Breton — Union libre

C'est vrai que la poésie, ça peut sembler ringard. Moi je trouve ça ringard quand un mec se contente de m'énumérer deux-trois vers pour me mettre dans son lit ; en revanche, je trouve ça très sexy s'il sait de quoi il parle et m'évoque, avec des étoiles dans les yeux, Clair de lune de Verlaine.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Merci ! :) le 10.02.14, 21h52 par wayl
  • [0] Like ! le 12.02.18, 13h00 par Hillel

Deux poèmes en anglais que j'adore:

"And now the end is near
And so I face the final curtain,
I’ll state my case of which I’m certain.
I’ve lived a life that’s full, I traveled each and ev’ry highway,
And more, much more than this. I did it my way."
Franck Sinatra

"For age is opportunity no less
Than youth itself, though in another dress,
And as the evening twilight fades away
The sky is filled with stars, invisible by day."
Henry Longfellow

Sinon en poésie française, j'aime beaucoup…

La Chanson du Mal-Aimé, G. Apollinaire:

"Ses regards laissaient une traîne
D’étoiles dans les soirs tremblants
Dans ses yeux nageaient les sirènes
Et nos baisers mordus sanglants
Faisaient pleurer nos fées marraines."

La Lune, Antoine de St-Exupéry:

"Il est minuit — je me promène
Et j’hésite scandalisé
Quel est ce pâle chimpanzé
Qui danse dans cette fontaine ?"

Fiesta, Jacques Prévert :
"Et les verres étaient vides
et la bouteille brisée
Et le lit était grand ouvert
et la porte fermée
Et toutes les étoiles de verre
du bonheur et de la beauté
resplendissaient dans la poussière
de la chambre mal balayée
Et j’étais ivre mort
et j’étais feu de joie
et toi ivre vivante
toute nue dans mes bras."

Ce sera tout pour cette fois :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Sympa :) le 26.03.14, 21h36 par wayl

Hey Hey, c'est le cercle des poètes disparus ici ;) Sympa ce topic :)

wayl ,j'ai beaucoup aimé tes 2 poèmes, celui de Ronsard au début (séducteur fatal ce Ronsard...) ainsi que les Vers à danser d'Aragon.

Quant aux autres, merci de m'avoir fait découvrir ou redécouvrir des poèmes :)

Pour ma part, c'est Musset, l'oeuvre complète que je mets dans ma Top-list, notamment la Nuit de Décembre.

Sinon voici le poème "If" , c'est un poème bien connu du romancier anglais Rudyard Kipling, l'auteur du Livre de la Jungle. C'est une poésie qu'il adressât à son fils pour lui apprendre ce que c'est qu'être un homme. Je l'avais apprise au lycée et je l'avais bien aimée. Je pensais justement la recopier ici tôt ou tard...

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream —and not make dreams your master
If you can think —and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build’em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: “Hold on!”

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings —nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds’ worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And —which is more— you’ll be a Man, my son!



Et voici la traduction :

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.


Enfin poésie dans le domaine de la chanson, j'aime beaucoup les textes de Thomas Fersen... Ce sera tout pour moi ce soir aussi, il y a beaucoup à dire sur ce sujet :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Merci ! :) le 26.03.14, 22h17 par wayl
  • [0] Like ! le 26.03.14, 23h14 par MaryeL

La poésie... C'est casse gueule, je suis d'accord, certainement à réserver lors de la découverte.
Pourtant je suis typiquement le style de nanas qui adorerait (même en soirées).


Très difficile de choisir, je mets donc un seul de mes amoureux poètes (je leur voue à chacun un culte sans borne et éternel, rien que ça :D).


Musset :


Non, quand bien même une amère souffrance
Dans ce coeur mort pourrait se ranimer ;
Non, quand bien même une fleur d’espérance
Sur mon chemin pourrait encor germer ;

Quand la pudeur, la grâce et l’innocence
Viendraient en toi me plaindre et me charmer,
Non, chère enfant, si belle d’ignorance,
Je ne saurais, je n’oserais t’aimer.

Un jour pourtant il faudra qu’il te vienne,
L’instant suprême où l’univers n’est rien.
De mon respect alors qu’il te souvienne !

Tu trouveras, dans la joie ou la peine,
Ma triste main pour soutenir la tienne,
Mon triste coeur pour écouter le tien







Baudelaire :


Hymne

A la très chère, à la très belle
Qui remplit mon coeur de clarté,
A l'ange, à l'idole immortelle,
Salut en l'immortalité !

Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l'éternel.

Sachet toujours frais qui parfume
L'atmosphère d'un cher réduit,
Encensoir oublié qui fume
En secret à travers la nuit,

Comment, amour incorruptible,
T'exprimer avec vérité ?
Grain de musc qui gis, invisible,
Au fond de mon éternité !

A la très bonne, à la très belle
Qui fait ma joie et ma santé,
A l'ange, à l'idole immortelle,
Salut en l'immortalité !




Hugo:


Hier au soir

Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,
Nous apportait l'odeur des fleurs qui s'ouvrent tard ;
La nuit tombait ; l'oiseau dormait dans l'ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse ;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.

Moi, je parlais tout bas. C'est l'heure solennelle
Où l'âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle,
J'ai dit aux astres d'or : Versez le ciel sur elle !
Et j'ai dit à vos yeux : Versez l'amour sur nous !




Apollinaire :


L'adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends





Prévert :


Pour toi mon amour


Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j’ai acheté des oiseaux
Pour toi
Mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j’ai acheté des fleurs
Pour toi
Mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j’ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
Mon amour
Et je suis allé au marché aux esclaves
Et je t’ai cherchée
Mais je ne t’ai pas trouvée
Mon amour



Verlaine :


Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.





Ce ne sont pas forcément mes favoris de chaque auteur. Mais je les aime. Je les adore terriblement. Et les poètes choisis ici sont loin d'être les seuls dans mon coeur.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Like ! le 27.03.14, 13h32 par wayl

Merci de m'avoir fait découvrir deux poêmes de plus Amelia :D

J'en remets quelques uns.

Mon amour parle moi de Robert Desnos

Quand tu m’aimes, qu’à tes étreintes
Je m’abandonne avec émoi
Pour calmer mes tourments mes craintes
Mon amour parle-moi

Il faut peupler les nuits hostiles
Avec les cris de nos émois
Il faut charmer les nuits tranquilles
Mon amour parle-moi

Dans la nuit vouée aux mauvais sorts
Des fantômes jettent l’effroi
Et toi si tu es un mort ?
Mon amour parle-moi

Si tu m’aimes il faut le dire
Il faut me prouver tes émois
Il faut me prouver ton délire
Mon amour parle-moi

Même si tu dis des mensonges
si tu simules ton émoi
Pour que le songe se prolonge
Mon amour parle-moi.



Billet doux de Francis Etienne Sicard

Les ronces de mon cœur fleurissent sur les pages
Que vos yeux alanguis lisent chaque matin,
Quand vos doigts attendris caressent le chagrin
De mon âme ébahie à votre badinage.

D’une rose cueillie au fruit du maraudage,
Je vous offre l’orgueil et le parfum divin
Dont je bois le venin pour oublier enfin,
Votre absence infinie et ma furieuse rage.

Mais bientôt épuisé par la peine d’aimer,
Je vous pardonne tout, et jette à vos genoux
Ma fierté de seigneur, vous donnant un baiser.

Galamment éconduit, j’imagine vos yeux,
Parés de leurs éclats si proches des bijoux,
Me reprocher aussi ce langage précieux.



Baptême de soupirs de Sybille Rembard (mon coup de coeur ces temps-ci, hésitez pas à faire une recherche). Poétesse contemporaine reconnue, ce qui est, je trouve rare à notre époque.

Je suis telle une feuille bouleversée
Un pétale suspendu
Sur un lit de marguerites
L’aube s’infiltre sagement par la fenêtre
J’oublie la banalité du passé
Tes mains me caressent, transies
Je suis enveloppée dans un Saint-Suaire
Lasse de tout
Prête à rejoindre mon Géniteur
Là où il ne peut plus chanter
L’esprit transformé
Calciné par la beauté de notre amour
Enseveli dans un sarcophage de joie
"Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu'il n'est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main."


http://ravenetcaramel.wordpress.com

#membre honorable du groupe des flemmards de FTS

Tiens en fait c'est trop fort, je viens de m'apercevoir que le poème "If" que j'ai publié ci-dessus fait l'objet d'un article de FTS :

http://www.frenchtouchseduction.com/tu- ... -fils.html ^^

Un poète américain

Look, if you had one shot,
one opportunity
To seize everything you ever wanted-
One moment
Would you capture it
or just let it slip?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] le 04.05.14, 21h56 par MaryeL

:)


Tu n'es pas du tout vertueuse

Tu n'es pas du tout vertueuse,
Je ne suis pas du tout jaloux :
C'est de se la couler heureuse
Encor le moyen le plus doux.

Vive l'amour et vivent nous !

Tu possèdes et tu pratiques
Les tours les plus intelligents
Et les trucs les plus authentiques
À l'usage des braves gens

Et tu m'as quels soins indulgents !

D'aucuns clabaudent sur ton âge
Qui n'est plus seize ans ni vingt ans,
Mais ô ton opulent corsage,
Tes yeux riants, comme chantants,

Et ô tes baisers épatants !

Sois-moi fidèle si possible
Et surtout si cela te plaît,
Mais reste souvent accessible
À mon désir, humble valet

Content d'un " viens ! " ou d'un soufflet.

" Hein ? passé le temps des prouesses !
Me disent les sots d'alentour.
Ca, non, car grâce à tes caresses
C'est encor, c'est toujours mon tour.

Vivent nous et vive l'amour !


Verlaine .



Je voudrais offrir un recueil de Verlaine à un ami, problème j'aime beaucoup de ses poèmes qui sont éparpillés dans plusieurs recueils différents, quelqu'un m'en conseillerait un particulièrement :)?

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