[A] Qu'est-ce qu'une amitié saine doit apporter ?

Note : 32

le 28.03.2017 par Popovski

14 réponses / Dernière par Apheleia le 31.05.2017, 09h41

Un forum pour celles et ceux qui s'intéressent au dev perso, à l'équilibre intérieur, à la psychologie. Surmonter ses blocages, ses croyances limitantes, nourrir et développer ses forces, etc.
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[A] Qu'est-ce qu'une amitié saine doit apporter ?

Salut !

Je propose par avec cet article d'aborder une question qu'on a jamais abordé il me semble, à savoir qu'est-ce qu'une bonne amitié, une amitié saine, et ce qu'elle apporte.

J'écris cet article suite à une expérience récente où un gars que je considérais comme un ami (et pour qui je garde de la bienveillance, j'explique plus loin) s'est montré au fil des années de plus en plus pénible dans le genre geignard à un point tel que j'ai fini par imposer un embargo relationnel pouvant être levé sous une condition : quitter sa copine.

Avant d'attaquer les éléments constitutifs d'une bonne amitié, il est nécessaire que je m'étende sur cette histoire, car elle m'a fait prendre conscience de différents facteurs :

1. Une amitié de plus en plus poussive

Ce pote, c'est fondamentalement un bon gars. Il a toujours eu un côté "spécial", mais impliqué dans la vie sociale du campus et dans diverses associations, cette "singularité" passait en fait plutôt bien : gars sympa, toujours enjoué, souriant, prêt à boire une bière et à interpeller ses diverses connaissances.

Bon, il a un petit côté grand dadais débonnaire, mais après tout, qui est parfait, et qui n'a pas ses petits côtés bizarres ?

Mais depuis la fin de ses études, il est rentré dans son bled (le fin fond de la Lorraine belge)... et depuis ça va pas si bien que ça.

Et il devient lourd. Genre, la masse d'un trou noir. Qui se plaint de tout : le couple, le boulot, la thèse qu'il veut faire (mais quand des unifs en France lui en proposent une, il n'y va pas car ça veut dire quitter le bled).

Le couple ça fait trois ans que son histoire est morte. Trois ans qu'il s'en plaint. Trois ans qu'il ne la quitte pas. Trois ans qu'il dit "je vais, je vais..." et que rien.

Et si à la base je prenais son parti (beau-papa voulait les faire vivre dans la maison mitoyenne dans un bled paumé), je réalise aussi qu'il a floué sa copine en faisant un caprice en la faisant venir dans son bled à lui.

Genre s'installer dans une ville de taille moyenne et pas trop reculée à mi-distance des deux et dans un coin non paumé il voulait pas car trop omnibulé par sa région d'origine.

Alors du coup, il se lance corps et âme dans la politique, va à tous les meetings régionaux de son parti, spamme (enfin spammait, j'ai poussé une gueulante) tellement au sujet de son si génial parti que je me demandais u final s'il ne forwardait pas par SMS les newsletters dudit parti; et croit les élus importants quand ils font mine de l'écouter avec attention disant qu'il dit des choses intéressantes quand il leur cause... Et fait marche arrière quand on lui dit qu'une place s'ouvre dans une structure du parti.

Et le plus pathétique dans tout ça, c'est qu'il s'imagine être un grand dragueur... Parce qu'il cause avec des nanas. Véridique. Bon, je ne juge pas les gens sur leur (in)capacité à flirter et avoir des relations, certes. Mais là on parle de se baigner d'illusions.

Il est un fait, depuis qu'il est revenu dans sa région natale, ça ne va pas fort pour lui. Boulot, couple, vie sociale, etc. J'ai déjà essayé de lui dire que la région y est *peut-être* pour quelque chose, mais rien n'y fait. Il ne veut pas quitter la région !

Et pour son couple, bah... c'est sa première copine et relation. Le truc, c'est que ça ne marche plus depuis trois ans... et qu'il ne fait rien.

Et cette situation a dévoilé deux défauts très pénibles chez lui :

1) Un certain égocentrisme, le fait que quand il est dans une discussion, c'est 80% lui qui parle laissant 20% aux autres (et 'faut se battre pour en placer une !)

2) Une passivité hallucinante, aucune initiative, rien. Il ne bouge pas (et je dis ça en sachant pertinemment que je peux avoir tendance à être passif, je tiens à rester honnête).

Et vous imaginez bien qu'à partir de ça, d'abord avec le couple qui capotait PUIS son retour au bled, chaque fois que je le voyais, c'était la même chose :

"Moi, ma vie, mon œuvre, mon couple qui ne marche pas et mon implication en politique", sur un ton victimaire... sans me laisser l'occasion (ou à peine) d'aborder ma vie, mes projets, mes engagements à moi et ce qui peut me travailler.

Et plusieurs fois je lui ai envoyé de gros pavés bienveillants et plein d'empathie comme je sais le faire pour lui dire que, allons bon, il serait de bon aloi qu'il quitte sa nana, prenne ses distances, s'affirme, et la réponse la plus téméraire à laquelle j'ai eu droit a été "t'as raison ! Quand j'aurai décroché ma thèse, elle me quittera parce qu'elle ne veut pas que j'en fasse une !"...

Et au bout de trois ans, lebougre a réussi à épuiser mes réserves. Là où le voir était d'abord synonyme pour moi de bon après-midi, ça s'est mué en "bon, il va encore me les péter avec son sur place, mais il n'est pas méchant" pour finalement devenir un "j'ai pas envie de le voir, il fait chier".

La goutte d'eau ? Ce week-end. Répondant diplomatiquement à un de ses messages demandant comment j'allais, j'ai eu droit à :
mon pote a écrit :(...) Mais le reste, ça ne va pas :( ! Mon couple est presque mort (avant je le disais mais je trouvais toujours une solution pour le sauver (Ah bon, subir sans rien dire est une solution ?) et maintenant j'ai arrêté de me battre pour ça) ! Ça doit bouger dans un sens ou dans l'autre !
Et ce genre de déclaration, je suis vacciné avec lui. Vraiment. Gavé, même. Et j'ai décidé de lui répondre en étant franc, plus brute de décoffrage, mettant de côté les ménagements et la diplomatie :
Popovski a écrit :Mec, d'un côté je suis content de lire ça, mais de l'autre, ça fait trois ans que tu dis ça. Trois ans. Il s'agit pas de dire que tu vas la quitter. Quitte-la. Allez boire un verre demain et dis lui tout. Que vous rompez. Ne dis pas que tu vas le faire. Fais-le. Agis. Arrête de dire que "ça doit bouger", bouge !
Et j'ai fait buger la Matrice. Il ma répondu l'air de rien le lendemain en mode "j'ai rencontré une cliente très intéressante hier, coach de vie ! Et sa philosophie, je ne te dis pas : "pas de problèmes, juste des solutions" !"

Et là, il m'a fait avoir chaud, et la réponse a fusé :
Popovski a écrit :Et encore une fois, tu esquives, bravo mec ! Quand est-ce que tu AGIS au lieu de te trouver des excuses à la mords-moi le nœud ?

C'est avec ta copine que tu dois parler ! Ce soir ! Maintenant !

Y'a un moment où je ne sais plus quoi dire...
Et si je l'ai envoyé boulé le lendemain quand il m'a partagé encore une fois l'air de rien un article de presse sur la politique belge en mode "oh, c'est très intéressant !", il s'est excusé d'être "chiant ces temps-ci", et que j'ai raison, qu'il doit agir.

Et là j'ai trouvé la réponse qui coupait court à toute digression et chipotage :

Popovski a écrit :On va faire ça comme ça : ne viens plus me parler tant que tu n'auras pas définitivement rompu avec ta copine. Je ne veux rien savoir tant que cette chose essentielle qui aurait dû être faite il y a de années n'est pas faite. J'en ai marre d'entendre la même rengaine depuis des années sans rien derrière. Aux grands maux les grands remèdes. Agis.
Dans les deux cas, j'en sors gagnant : soit il s’enfonce dans son statu quo par manque d'amour-propre et je n'aurai plus à subir ses lamentations; soit il se ressaisit, prends les bonnes décisions et s'affirme, et aura des choses peut-être plu intéressantes à raconter que "ouin ouin ouin"; et lui aussi sortira gagnant de ça.

Ça me fait chier d'en être arrivé là,vraiment. J'aime pas ce genre de méthode, et peut-être que c'était pas une bonne idée. Mais je ne m'en veux pas. Je ne me sens pas coupable et n'ai pas mauvaise conscience.

2. A y réfléchir, c'est quoi une "bonne amitié" ?

Suite à tout ça, est née en moi une question qui est la base de cette réflexion, qu'est-ce qu'une amitié saine ? Qu'est-ce qu'elle apporte et comment la nourrir ?

Pour repartir de cet épisode, je dirais qu'une amitié, ça doit d'abord être une relation qui apporte du plaisir, une compagnie qu'on juge agréable.

Et pour qu'une compagnie agréable soit une amitié, il faut y ajouter une confiance réciproque et des souvenirs marquants passés ensemble.

Second élément, selon moi, une amitié demande de la réciprocité. Et un truc qui m'a fait tiquer, c'est le fait que le temps de parole est toujours disproportionnellement plus important pour lui, sur le mode du "moi, moi moi".

Vient un troisième élément, plus complexe, car demandant plus de nuance et de réflexion : une amitié doit-elle avoir une fonction utilitaire, qui tire vers le haut ?

Je réalise que de tous les ami(e)s que j'ai et que j'ai eu, même si le plaisir de la fréquentation primait (c'est sans doute ce qui différencie un ami d'un prof), j'ai à chaque fois appris quelque chose, directement ou indirectement, développé des capacités pratiques ou sociales. Quelque chose s'est transmis, un enseignement est toujours à tirer.

Pas qu'il doive y avoir une transformation de fond en comble ou qu'il soit nécessaire de partir dans un trip vertueux poussé dans des proportions démesurées, mais l'idée est de dire que toute amitié apporte un plus.

L'autre partie de l'équation, c'est de savoir jusqu'à quel point s'appuyer sur ses amis. Si un ami peut être là pour écouter, soutenir dans les moments difficiles, ne faut-il pas non plus prendre garde à ne pas se contenter de se laisser simplement choir sur ces amis ? Que cette qualité de confident/soutien moral doit être une béquille, pas un déambulateur ou un fauteuil roulant motorisé.

Je veux dire, un ami n'est pas un psy.C'est quelqu'un qui écoute, soutient, met éventuellement un coup de pied au cul quand c'est nécessaire. Un ami n'est pas un boost temporaire d'ego. Que ce soit pour se rassurer ou au contraire s’épandre sur sa pauvre condition, beuheuheu.

Quand je fais le compte, je me rends compte que je n'avais (pratiquement) plus rien de tout ça avec ce pote, qu'à la longue, c'était devenu un "fragile" (histoire d'utiliser une expression bien facile et polémique :mrgreen:

Est-ce que ça veut dire qu'on a pas le droit d'être faillible ? Certainement pas ! Et vu mon passif, je serais très mal placé pour exiger ça de qui que ce soit. Mais y'a un moment où si les défaillances cachent en fait quelque chose de bien pus grand, soit un traumatisme, soit une faille majeure de caractère. Et pour ça, les amis ne peuvent rien. Même, ça peut entamer leur propre résilience et devenir lourd.

C'est ce que j'ai d'ailleurs ressenti avec mon pote.

Vient enfin la question de comment "rompre", "mettre en suspend" une amitié, et ce de manière active.

Personnellement, je pense avoir été dur, limite brutal, mais en aucun cas méchant ou humiliant. Même, je laisse une fameuse porte ouverte. Et si j'ai de gros doutes sur ses facultés à se ressaisir, je sais que mon pote est au courant de ce qu'il doit faire... et je suis limite prêt à lui payer un barathon une fois qu'il aura enfin pris sur lui pour le féliciter.

3. Conclusion et pistes de réflexion

Je pense avoir fait le tour de la question, de la manière dont je perçois l'amitié, de ce que c'est, de ce qu'elle doit apporter et de ce qu'on est en droit d'en attendre.

Pour moi, un parfait contre-exemple c'est mon pote Harry, dont je parle dans mon journal.

J'aimerais avoir votre avis : en partant d'un exemple ou non, qu'est-ce qu'une bonne amitié ? En quoi ça consiste, qu'est-ce que ça apporte ? Est-ce ça recoupe avec ce que je dis ou diverge ? Aussi, comment et quand doit-n "rompre" en amitié ?

Vos avis m'intéressent :wink:
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 30.03.17, 15h55 par Moumane

Est ce que c'est sain de faire du chantage à quelqu'un qu'on dit bien aimer?
Est ce que c'est sain de décider pour lui si son couple est viable ou pas (et de croire tout savoir de ce qu'il s'y passe, si ça se trouve il a réellement été ingénieux et a bien trouvé des manières de le faire avancer son couple.)?
Est ce que c'est sain de décider pour lui où il devrait vivre? (Tout le monde n'aspire pas à être citadin)
Est ce que c'est sain de forcément attendre quelque chose d'une relation, tout le temps?
Peut-être que le mec se confie à toi parce qu'il a Confiance et toi au final tu le débines bien. Ton énervement vis à vis de lui vient peut-être aussi de ton incapacité à le faire être comme tu voudrais qu'il soit, ou du fait qu'il te renvoie tes propres errements.
Ça veut pas dire qu'il n'a pas un projet de vie à lui.
Chaque amitié se définit d'elle-même.
Mais à la lecture je pense que ce mec n'est pas ton ami, ou plutôt que tu n'es pas le sien. En termes de bienveillance et d'empathie ça se pose là, tu réfléchis par ton prisme et pas par le sien, tu le juges et c'est pas sûr que tes pavés l'aident à aller vers ce qu'il veut et pas ce que toi tu veux.
Aussi tu le tacles en considérant que les responsables auxquels il parle se foutent un peu de lui ("il les croit"), alors que si apparemment des portes s'ouvrent à lui c'est qu'il doit pas être si mauvais.
Conclusion, je pense plutôt que son engagement politique te dérange. Question de bord?
Pour les filles, ça commence par parler. Encore faut il déjà en être capable. Peut-être qu'il ne va pas plus loin en étant fidèle.
Ça veut pas dire qu'il n'a pas d'accroches. Bien sûr c'est sa première relation alors il se monte sans doute la tête sur ses capacités réelles puisqu'il ne peut pas vérifier en vrai et se prendre les râteaux de dernière minute qui vont bien mais au fond on s'en fout.
Qu'est ce qui t'agace tellement?
Ça peut faire rire. Si c'est un problème pour toi, c'est qu'il te donne des leçons?

Sur une note différente de la remise en perspective, vos interactions se passeraient peut-être autrement si vous aviez autre chose en commun que d'échanger vos malheurs. Genre passer du bon temps en faisant des activités.
Je pense pas que si vous êtes en soirée le mec puisse vraiment pas profiter si on le lance pas sur "comment va ta vie?" À 2 grammes. Ou en allant voir un film ou en jouant à la console ou en faisant du sport.
Sinon il est peut être aussi en déprime, c'est typique de ruminer dans ces cas là.
Dans tous les cas ça me semble pas étonnant que tu puisses pas l'aider parce que typiquement tu donnes l'impression de faire le papa avec lui alors que c'est pas la position d'un ami.
L'encourager oui. Lui dire ce qu'il doit faire et lui faire des ultimatums, non.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] C'est pas faux le 29.03.17, 16h04 par Barta
  • [+1] En effet le 29.03.17, 20h01 par Perlambre
  • [+1] Pertinent le 30.03.17, 15h57 par Moumane
  • [+2] Ca va mieux en le disant le 30.03.17, 18h48 par Poivron
  • [+3] Constructif le 31.05.17, 08h52 par Apheleia

Venant de toi, c'est typiquement le genre de réponse auquel je m'attendais :P

Avocat du diable, mais en disant des trucs pertinents.

Sur le fond tu dis des trucs qui tombent juste. Notamment sur la méthode "chantage" qui est loin d'être classe. Et c'est un fait qu'il me renvoie à certains de mes errements. Et pour les portes qui s'ouvriraient à lui dans le parti, pourquoi pas. Maintenant les portes qui s'ouvrent à lui sont un truc relativement secondaire, en périphérie, et je sais que l'on lui a déjà faite à l'envers dans un autre parti (dans le genre on trouve ce que tu dis très intéressant, te promet une place sur les listes et au final t'es nulle part). Mais bon, sait-on jamais.

Je pourrais chicaner sur mes études en sciences politiques et les grilles de lecture que j'ai assimilées et le fait que mon pote corresponde au militant lambda qui a besoin d'une cause parce que ça donne un sens à sa vie sans être vital au parti; mais on me répondra (à raison) que Trump a bien été élu alors que tous les analystes le donnaient perdant :)

Et évidement, je ne suis pas son père, et je n'ai pas à lui dire comment et où vivre.

Enfin, oui, peut-être que dans ses flirts, il se retient par fidélité. Juste, pour l'avoir fréquenté quasi-journalièrement pendant deux ans, j'ai de sérieux doutes sur ces fameuses capacités de séducteur. Comme je sais que j'ai encore beaucoup à vivre et expérimenter à la matière. Mais l'ayant connu au jour le jour, je suis pratiquement certain que ces aptitudes de flirt se limitent à parler et rigoler... ce qui n'est pas du flirt.

Pour le reste, y'a quand même une différence entre toi et moi, c'est que ça fait plus de six ans que je le connais, et quatre ans que je le connais intimement. Et il va de soi que je n'ai pas tout dit. Comme il va de soi que malgré mes biais, je pense être toute fois un peu mieux placé que toi pour en parler.

Bon, tu as justement souligné que je n'ai qu'une partie de l'équation, que je juge somme toute avec beaucoup d'inconnues. C'est vrai, mais de l'autre, je ne peux me baser que sur ce qu'il me dit et sur ce que j'en déduis. Et de ça, y'a rien de bien reluisant.

Bête truc, quand tu dis qu'il a peut-être des projets de vie, admettons. Moi la chanson que j'entends en boucle c'est celle de la thèse. Pourquoi il n'accepte pas quand une fac' française lui propose ? Je veux dire, ça me semble un peu gonflé par après de râler quand d'autres doyens n'acceptent pas son projet... alors qu'on a eu une opportunité. Bon d'accord, la France ce n'est pas exactement son coin, je peux comprendre qu'il ait des appréhensions à se détacher... mais de l'autre, si c'est vraiment ce qu'il veut, pourquoi il n'a pas bougé ? C'est clairement sujet à interprétation et débat, mais mon intime conviction est que ça ressemble beaucoup à la reculade.

Pour revenir sur la région : c'est un choix délibéré qu'il a fait, je ne remets rien en cause. Mais il donne aussi l'impression de se plaindre du fait que beaucoup de choses ne vont pas. Et je le sentais venir : j'ai été scolarisé trois ans dans le patelin y'a bien bien longtemps et c'est mort. Littéralement. Tu peux me croire sur parole. Lui-même l'admet ! Mais s'il l'admet, pourquoi il se plaint ? C'est ça le problème.

Et enfin pour te donner un exemple concret, le gars dit vouloir rompre. Solution alambiquée qu'il a trouvé ? Sans en parler avec sa copine avec qui il vit (et qu'il trashe copieusement chaque fois qu'on se voit), il se domicilie chez ses parents dans le bled d'à côté pour se présenter sur les listes électorales. Je prétends pas être le plus réglo des gars, mais ça c'est quand même abusé. C'est quand même pas une impression quand je lui dis qu'il doit rompre avec elle, quand il m'explique ça. Ça me parait grave comme mensonge, coup en douce... Elle aurait raison de rompre si elle l’apprenait, je trouve.

C'est une accumulation qui a fait que j'ai saturé. Une accumulation de trois ans, faite que de ça. D'un fossé entre ses grandes envolées lyriques, ce qu'il dit se passer, avec comme ligne de fond le fait que "ça va tellement maaaaal, que ça doit changeeeer !"... alors qu'il m'a pas l'air d'avoir les mains si blanches que ça.

Et moi j'en peux juste plus. A un moment, je considère qu'il doit poser un acte proactif et positif.

En toute franchise, je crois que si un gars venait raconter tout ça dans le SOS love, je crois qu'on lui répondrait de se sortir les doigts du cul.

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Maintenant, un truc qui m'intéresse plus sur le fond, c'est qu'au delà des critiques que tu émets sur les actes que j'ai posé, y'a une autre vision de l'amitié que moi qui s'en dégage. Notamment, moins utilitaire". Bon, même si je n'ai pas un cahier d'obligations pour chacune de mes fréquentations avec une liste des choses que j'attends d'elle, j'ai présenté quelque chose qui me semble pertinent, au moins sur le plan inconscient/subconscient.

Maintenant, chacun à une empathie plus ou moins grande, et un seuil de tolérance. C'est un points que je peux développer en plus, auquel je n'avais pas pensé. J'y réfléchirai. Tout comme s'il s'avère au fil des échanges que mon modèle est foireux, je pourrais le remettre entièrement en question.

Mais du coup, toi, ta vision de l'amitié, c'est quoi ? Quelles sont les grands axes qui te permettent de la définir, ce qu'on y trouve ou ce qu'on y trouve pas ? J'ai peut-être du bon à en tirer.

L'amitié...

C'est avoir suffisamment d'empathie pour accepter de ne pas connaître les méandres de la pensée de l'autre.

Pointer des faits qui lui posent problèmes s'il le souhaite, sans attendre de lui une réponse.

Le laisser agir ou non, sans être vexé s'il n'écoute pas.

Accepter sa décision même si à "notre" avis elle est néfaste. C'est sa vie.

L'aimer encore et toujours, sans partager sa croix.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Absolument le 29.03.17, 20h30 par Onmyoji
  • [0] Ca va mieux en le disant le 30.03.17, 15h28 par valll

Comme je disais chaque amitié a sa dynamique.
Tu forces pas les gens dans un fonctionnement amical qui leur convient pas et vice versa.
Évidemment dans mon fonctionnement il y a le respect, la réciprocité, l'empathie mais surtout la liberté d'être soi.
Un bon pote c'est comme ta nana, ils te connaissent avec tes défauts mais ils t'aiment quand même.
Idem avec les qualités qu'ils n'ont pas, ils n'en sont pas jaloux. Ils savent être francs mais pas s'imposer (notamment dans les histoires de couple)
Ils sont honnêtes et justes avec toi.
On peut se quitter 10 ans, se revoir comme si rien n'a changé, même si on a tous évolué. Évidemment ça fonctionne pas avec tout le monde.
Et c'est très générique.
Mais au final, c'est concret quand tu le vis avec certaines personnes.

Popovski j'ai comme Onmyoji été un peu gêné par l'exemple de ton pote.

Même si tu dis bien t'en garder je ressens dans ton discours une bonne part de jugement...

Bref ceci dit je comprends très largement ton agacement.

Le problème n'est il pas plus le côté plaintif de ton pote que ta vision de l'amitié et ce que tu en attends.

Le service à lui rendre n'aurait il pas été de lui dire que tu souhaitais juste l'entendre parler d'autre chose parce que vous en revenez toujours au meme sur ce sujet la ?

On a je crois tous eu des potes vachement moins drôles et agréables à la suite d'une épreuve de la vie dont ils avaient besoin de s'épancher à longueur de temps. C'est aussi lui rendre service que de lui dire qu'il est désormais temps de changer de disque.

Ceci dit je trouve la question soulevée sur les passions/centres d'intérêt/activité communes intéressante et peut être la plus pertinente dans ce cas là.


D'une manière générale, gare aux leçons. On en prend tous tous les jours. Ça incite à l'humilité.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 30.03.17, 16h55 par Onmyoji
  • [+1] +1 le 30.03.17, 18h47 par Poivron
  • [+1] En effet le 31.03.17, 13h45 par Perlambre
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

The Pop,

Rendre service en disant à un(une) ami(e) qu'il(elle) doit changer de disque, oui tu as raison. Avec un petit bémol, si tu permets : tout dépend du moment et de la façon.

Un ami dans le désarroi interpelle forcément (je ne parle pas d'un sourire sans écho, d'un rendez-vous sans suite, bref ces micro-événements que l'on oublie aisément) . La tentation peut être grande de balayer d'un geste ample une douleur profonde chez l'autre en lui disant d'avancer. Trop tôt, l'ami en question est incapable d'entendre, de comprendre. Laisser le temps au temps -et nous ne sommes pas égaux à ce niveau-, accepter de lui laisser le temps.

En voulant le bousculer pour son bien, n'est-ce pas notre propre peur de vivre le drame de cet ami que l'on cherche à conjurer ?

Popovski,

J'ai du mal avec l'idée d'une amitié "utilitaire".
L'amitié est un mouvement fluctuant entre deux personnes. L'enrichissement provient de l'un, de l'autre, à des moments pas toujours synchronisés. Le rythme n'est pas toujours le même, l'envie de poursuivre ensemble l'est par contre.
A mon sens, nous sommes parfois très exigeant avec un ami en oubliant de donner en retour, comme si cette amitié était acquise. En fait, c'est comme en amour. J'avais lu quelque part que l'amitié c'est comme l'amour sans le sexe (je cite de mémoire).

Et puis, il arrive que le glas d'une amitié sonne. Plus la même façon d'envisager la vie, parcours différents, lassitude, déception... Est-ce dommage ? Ne faut-il pas poursuivre sa route tout en gardant en mémoire les bons moments partagés ? Et souhaitez à l'autre d'en faire autant ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Très intéressant le 31.03.17, 15h27 par Popovski
  • [+3] A lire le 31.03.17, 16h44 par Onmyoji
  • [+1] Intéressant le 31.03.17, 17h12 par Moumane
  • [+1] Très intéressant le 01.04.17, 08h38 par The_PoP

Salut,

Je reviens vers vous après un moment de réflexion, nourri par ce que vous avez dit et ce qu'un ami commun à moi et... mon pote.

L'énervement vis-à-vis de lui se tassant, j'ai un peu repensé à tout ça.

Et si le dernier message que je lui ai envoyé m'a soulagé sur le coup, je ne suis pas tout à fait serein quant à la méthode.

J'ai essayé de justifier mon action par des arguments "objectifs", de la rationaliser alors que c' était plus un coup de sang qu'un acte mûrement réfléchi.

Dû à un effet d'accumulation qui dure, dure, dure,... Depuis trois ans. Et qui mène à des trucs pas très malins. Vocabulaire brutal et phrases condescendantes pour parler d'une personne qui est sensée être un ami.

Je disais plus haut que j'ai parlé de tout ça à une connaissance commune (en négligeant aucun détail) qui le connait depuis encore plus longtemps que moi et ils se considèrent réciproquement comme meilleurs potes , qui a eu une réflexion très intéressante :
notre relation commune a écrit : (...) Notre pote commun a cette particularité que lorsque tu le sors de son environnement stimulant, il n'avance plus. La fac était pour lui un Eden dont il ne parient malheureusement pas à sortir :) Un peu comme notre déprime post-fac à tous, sauf que ça s'est jamais vraiment résolu.

Sa copine n'est pas forcément le problème dans le sens ou tout pourrait l'être. Tu as bien fait de le mettre en face de la réalité :) je n'ai aucun moyen de te dire quel truc va marcher mais la seule chose qui le fera bouger c'est lui-même. Le jour où il aura le déclic de chercher sa motivation chez lui au lieu de la fantasmer, tout va s'arranger et même son couple reprendrait de plus belle (???). Donc ne te fatigue pas car tu as déjà fait beaucoup.

Étant donné que nous sommes ses amis, je lui en parlerai également mais pas 10x, ce qui ne m'empêchera pas tout comme toi de lui conserver toute mon amitié. Nous avons le droit de l'aimer assez que pour être triste de le voir se bloquer et d'en souffrir
Ce message confirme plusieurs choses que vous avez déjà dites, notamment sur le fait que je ne connais pas tout chez ce gars. Mais, selon moi,ça confirme aussi quelques impressions que j'avais.

Ce pote commun me dit de ne pas me fatiguer. En fait c'est ça. Depuis trois ans je soutiens ce gars, lui donne des conseils, mon avis, l'écoute. Et croyez pas que je lui ai intimé l'ordre de rompre dès qu'il a commencé à me parler de son couple qui allait mal. Ça a bien pris plusieurs mois pour que je commence timidement à émettre l'idée que peut-être, ce serait une bonne idée qu'ils se séparent.

Ce qui m'a vraiment épuisé, c'est d'avoir l'impression d'avoir été un psy de substitution, que chaque fois qu'on se voit, entendre les mêmes trucs, ne pas pouvoir en placer une sur moi, dire les mêmes choses, entendre les mêmes réponses en mode "ce que tu dis raisonne positivement en moi, tu as raison !", pour finalement le voir éluder quand il s'agit de poser un acte. L'impression de perdre mon temps et de parler dans le vide.

Enfin pas vraiment m'entendre dire des trucs comme "peut-être que tu devrais dire/faire ça" lui donne probablement l’illusion d'avancer. Puis quand il rentre chez lui, plus rien. Blocage.Donc il a envie de boire un verre, et rebelote.

C'est une situation qui ne me satisfait pas, ne me permet pas de m'épanouir. Ça ne me fait plus plaisir de le voir. Est-ce que c'est temporaire ? Va durer , J'en sais rien.

En fait, avant d'utiliser des formulations hasardeuses à base "d'utilité" (je reste convaincu que l'idée a sa pertinence, mais doit être beaucoup repensée et reformulée; bien mieux que ce que j'ai écrit au départ), j'aurais dû parler de ce qui passe avant : le plaisir. En fait, c''est pas d'abord l'utilité que peut avoir une relation qui permet de juger si elle vaut la peine ou non, mais le plaisir qu'on en tire.

Et force est de constater pour moi que dans ce cas, y'a aucun plaisir qui n'en sort. Parce que je sais que ce sera une conversation à sens unique, que je vais perdre un après-midi à faire la même depuis trois ans, et qu'il ne va retenir de ce que je vais dire juste le fait que ça sonne bien à son oreille.

Dans le fond, j'ai l'impression de juste être une "playlist feel good". Et que dès que le disque passe sur une piste qui ne lui plaît pas ("mec, maintenant il serait temps de vraiment agir"), il passe à la suivante.

J'ai l'impression qu'il venait vers moi en demandant un truc et qu'en fait (inconsciemment ou non), il cherchait autre chose.

Et si j'ai fait ça, c'est parce que j'espérais l'aider, mais je finis par me demander s'il veut vraiment être aider. J'y ai mis beaucoup d'empathie, force de diplomatie et énormément de temps, en espérant, sur base de ce qu'il dit/pense/fait que ça s'arrange.

... en fait, j'en viens à me demander si cette relation n'est pas pour lui purement "utilitaire" pour lui, même s'il ne s'en rendrait pas compte. Ah, ironie...

Si je m'en foutais de ce gars, je crois que je n'aurais pas passé trois ans à le soutenir. Et il m'a épuisé. Pour rien (?). Je me suis peut-être/sans doute trop impliqué.

Je dois en tout cas faire une pause dans cette relation.

Je vais m'excuser auprès de lui pour la forme qu'a prise la formulation de mes propos, mais sur le fond, j'ai besoin d'une pause. Il doit d'abord régler ses trucs. Seul. Sans faux-semblant. En quittant sa copine ou pas. Peu importe.

@Perlambre : Comme dit plu haut, je vais re-réfléchir cet aspect "utilitaire". Tu parles de mouvement fluctuant. Et du fait qu'une relation est enrichissante. C'est cet enrichissement que je mets sous le vocable "utilitaire".

Je crois qu'à l'instant t, il n'y a plus d'enrichissement. Dans un sens en tout cas. Mais là, ça fait trois ans que ça dure. Tu dis qu'on peut être exigeant sans donner en retour. J'ai l'impression que dans le cas présent, j'ai énormément donné, sans recevoir en retour (ou si peu). Ce qui m'a frustré et a mené à adopter cette attitude, qui je me rends bien compte, fait plus connard qu'autre chose.

En fait, histoire d'utiliser une métaphore, je crois que j'ai brutalement retourné l'échiquier en lui disant "et maintenant, démerde-toi et mets-moi échec et mat, qu'on rigole !", au lieu de tout simplement dire "mec, on arrêterait pas de jouer à ce jeu ? Je m'ennuie". J'ai brutalement inversé le "rapport de force".

En psychologie systémique, pour le peu que j'en connais, ma solution est à chier. La vraie solution, c'est de régler cela dans un autre système.

@The_Pop, pour le pote qui s’épanche à longueur de temps sur ses problèmes, je plaide coupable :) Que ce soit sur ce forum ou avec des bons potes, j'ai pu passer de très longs moments à m’épandre :wink: Je pense notamment à il y a deux ans, où j'ai passé une très mauvaise période. Mais j'ai fini par percuter, écouter ce qu'on se tuait à me dire et à en sortir.

Et merde, ça revient à juger mon pote en question... je plaide coupable, pour le coup.

Bref.

Je vais continuer à réfléchir sur ces questions.

N'hésitez pas à réagir si vous jugez cela nécessaire :)
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  • [+1] Constructif le 31.05.17, 09h04 par Apheleia

Peut-être aussi que tu t'es mis dans une position de conseiller, de guide qu'il n'avait pas sollicitée mais qui a fini par lui convenir.
C'est souvent gratifiant d'avoir l'impression d'aider les gens. Mais c'est aussi un piège. Alors peut-être que tu donnais pour toi, pas pour lui.

@perlambre : tu as bien fait de le préciser. Évidemment qu'un minimum de tact, d'empathie et de bienveillance sont plus que nécessaires. En plus on parle d'un ami la.

Il y a toutefois encore une chose que je tiens à apporter dans ce sujet.

Je pense qu'effectivement il y a une problématique de moment. Et que s'en rendre compte est important pour ce qui est du tact, et de l'empathie.
Une fois cela dit j'ajouterai que je crois personnellement pas mal à la théorie des petits cailloux.

Je résume mais en gros la vie, les amis, nous mettent sur la route plein de petits cailloux qui servent d'avertissements ou de messages ou de conseils. Ces derniers ne sont pas forcément utile le jour où on les reçois/ou l'on tombe dessus. Mais ils peuvent prendre tout leur sens plus tard.

En quelque sorte je crois qu'un bon conseil n'est jamais perdu ni gâche même s'il n'est pas suivi. Il peut se révéler pertinent plus tard, avec le recul. Lorsqu'on en aura vraiment besoin ou que l'on sera prêt.

Ce qui induit de fait la nécessité de ne pas s'arc-bouter lorsque le conseil que l'on donne n'est pas suivi. :)
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Yop :) !

Ce petit message pour revenir sur le sujet, et les discussions qui ont suivi.

Alors que j'hésitais avec le recul de plus en plus à m'excuser auprès de mon pote pour la méthode que j'avais utilisé en envisageais sérieusement de reprendre contact avec lui en lui demandant juste de ne pas aborder ses problèmes de couple, il m'a pris de court (genre deux-trois jours avant que je ne me décide) pour m'annoncer qu'il avait finalement quitté sa copine, choix qu'il assume entièrement.

Ça a été l'occasion (avant toute chose de m'excuser sur la forme qu'avait pris mon dernier message, façon ultimatum, et ensuite) de le revoir autour d'un verre. Il est triste, un peu abattu, mais n'entend visiblement pas se laisser aller et veut aller de l'avant.

En fait, en creusant un peu lors de cette conversation, j'ai réalisé que c'est un angoissé (chose que je savais déjà), mais à un niveau que je ne soupçonnais pas. En fait, il avait peur qu'on le juge, critique, refuse de le revoir... alors qu'il se rend compte que c'est limite l'occasion de revoir certains potes à lui qui ne blairaient pas sa copine qu'il ne voyait plus trop depuis cinq ans :)

Ce fut l'occasion pour moi de faire une petite introspection sur la méthode utilisée.

Et à vrai dire... je suis perplexe.

Je pense que ça a pesé dans la prise de décision de mon pote, et l'a amené à faire un choix que j'imagine bien pénible sur le moment, mais qui montrerait déjà malgré tout de premiers effets positifs.

Maintenant si les effets sont bons, est-ce que c'était la bonne méthode ? Je n'en sais rien à vrai dire. Si ça l'a incité à bouger, ça s'approchait avec le recul méchamment du chantage.

Bon, l'effet final est positif, c'est le principal, mais je me demande si je vais réutiliser ça.

Parce que même si c'est utilisé avec de bonnes intentions,et que ça apporte des résultats positifs, du chantage reste du chantage.

Je crois que cet épisode m'aura apporté une leçon, entre autre, qu'il y a d'autres moyens de communiquer que les ultimatums :)

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Je réalise aussi une autre chose, après avoir laissé passé deux mois et m'être calmé sur cette histoire que ce que j'ai écrit sur mon pote en première partie d'article est franchement limite, surtout pour ce qui est des jugements de valeurs.

Je pense avoir décrit la situation d'une manière qui dans mon regard, ma perception, était raccord avec la réalité. Mais les remarques à côté sur mon pote sont définitivement malvenues.

Enfin, concernant ma thèse sur l'amitié, je me risque à une nouvelle définition, reprenant certains éléments que vous avez avancé, en nuançant mon propos :

L'amitié est une relation positive fondée sur le plaisir de la fréquentation qui donne aussi l'occasion de grandir, se développer, pour un temps ou de manière continue. C'est en ça qu'une amitié est pour moi marquante. C'est ce qui différencierait le pote de l'ami. Cette relation se fait à la base sur des affinités électives et non sur base d'un calcul investissement/profit (avec le recul, je récuse cette partie, qui avait d'ailleurs fait tiquer pas mal de monde).

Une autre grande partie que je cherche à développer serait plus dans le registre de "qu'est-ce qu'on est en droit de faire/d'attendre avec un ami", qui me travaille pas mal.

Déjà parce que faire une liste et un développement mécanique serait foireux : l'amitié n'est pas un processus logique, mais quelque chose de dynamique et organique où les lignes peuvent êtres mouvantes.

Mais ça n'empêche pas de poser des questions :

- Qu'est-ce qui différencie le pote du psy ou du journal intime ?

- Jusqu'à quel point peut-on décemment s'épandre sur l'épaule d'un pote ?

- A contrario, quelles sont les limites tolérables quand il s'agit de secouer un pote ?

Et ce sont trois questions parmi tant d'autres que je (me) pose :)

N'hésitez pas à répondre, le débat continue !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 30.05.17, 18h39 par Nonchalance
  • [+1] Constructif le 30.05.17, 19h10 par Onmyoji
  • [+1] Constructif le 30.05.17, 20h02 par Jalapeno
  • [+1] Constructif le 10.06.17, 17h07 par Moumane

Popovski a écrit : Mais ça n'empêche pas de poser des questions :

- Qu'est-ce qui différencie le pote du psy ou du journal intime ?

- Jusqu'à quel point peut-on décemment s'épandre sur l'épaule d'un pote ?

- A contrario, quelles sont les limites tolérables quand il s'agit de secouer un pote ?

Et ce sont trois questions parmi tant d'autres que je (me) pose :)

N'hésitez pas à répondre, le débat continue !
A mon avis l'amitié c'est comme le sexe (paye ta catchline), il n'y a pas de règles tant que tout le monde est consentant. Il s'agit donc de rester attentif à l'autre.

Les situations que tu décris pourraient effectivement être abusives, si l'ami en question ne s'exprime pas, ou si soi même on ne fait pas attention à ce qu'il pourrait ressentir. L'amitié atténuant voire annulant les règles de la bienséance, de la réserve, de la retenue qu'on a avec un inconnu, il peut arriver qu'on se permette des choses sans garder un œil sur l'effet que ça fait sur notre ami. Par négligence, par habitudes, par flemme, par facilité.

Donc pour ne pas être abusive, plutôt qu'une liste de comportements agréés ou pas, je préfère être attentive.
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  • [+1] Oui le 10.06.17, 17h08 par Moumane

Mon avis,

- Qu'est-ce qui différencie le pote du psy ou du journal intime ?
Tu aimes un ami, pas non plus inconditionnellement parce qu'il peut faire de la merde dans sa vie et que tu n'es pas obligé de tout accepter. Notamment s'il se fait du mal et qu'il veut ta validation. Je reviendrais sur l'ami parce que pour lui comme pour soi c'est parfois compliqué. Le psy, tu lui donnes plus ou moins facilement un accès à toi mais ce n'est pas son job de te trouver la solution, plutôt des pistes de réflexion. Que tu prends ou pas. Le journal est parfois plus simple qu'un psy. Surtout si tu t'imagines (à tord) que le psy va te juger et surtout si tu n'es pas suffisamment souple -humble ?- pour ôter ton masque devant lui de personne capable de te débrouiller tout seul. Donc tu peux hurler à grand coup d'écriture.

- Jusqu'à quel point peut-on décemment s'épandre sur l'épaule d'un pote ?
En fait la vraie question est, quelle est mon attente de mon ami ?
Ai-je envie de me reposer sur lui, espérant un soulagement qui va me conforter dans le bien-fondé de mes actes ? D'avoir le plaisir d'une oreille attentive, au pire de le sentir me plaindre ? Pour dès son départ retrouver ma situation sentimentale (puisque dans ton post il s'agit de cela pour ton ami) sans pour autant vouloir la faire évoluer, même bancale, même catastrophique ?

- A contrario, quelles sont les limites tolérables quand il s'agit de secouer un pote ?
C'est tout sauf simple car la parole est une arme qui peut faire mal. Faut-il tout dire à un ami ? Pourquoi avoir envie de le faire, pour lui... ou pour soi ?
N'est-ce pas notre propre image qui est en jeu, cette image "idyllique" que nous rêvons d'imposer à nos proches ?
Et puis dans l'histoire de ton ami, n'y avait-il pas une réminiscence de ta propre expérience ? As-tu voulu lui épargner une "épreuve" dont un jour tu as souffert au risque de faire une projection ?

Pour conclure, l'ami est quelqu'un que l'on peut serrer dans ses bras, embrasser, accompagner et aider s'il le souhaite et seulement dans ce cas. C'est le laisser libre de sa destinée s'il décide d'oublier tout garde-fou. C'est aussi se préserver de lui au cas où tel un vampire, il vient encore et encore pomper ton énergie pour mieux la dilapider.
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  • [+1] Absolument le 31.05.17, 01h17 par Onmyoji

Je pense que l'erreur est de vouloir tirer une définition générale, quand cela se définirait plus selon la personne, ta relation avec (habituelle), la situation, les risques.
Tu n'es pas pareil avec ton pote s'il a l'habitude d'être très indépendant et qu'il se décide à parler parce qu'il est vraiment en détresse, ou s'il a l'habitude de te demander conseil un peu pour se rassurer lui-même.
Idem s'il est un peu dégouté parce que ça se passe pas bien avec sa copine de 3 j ou de 3 ans, ou s'il vient de perdre son boulot.

L'essentiel est de faire preuve d'empathie, d'adaptabilité, d'éviter le piège de se projeter, et peut-être communiquer plus sur l'agrément entre vous pour ce qui est de donner des conseils (si tu veux mon avis, je sais pas si je peux te dire ça...).
Ou du moins enrober les choses en montrant pourquoi on le dit, dans quel but, et que la réaction attendue n'est pas de se conformer au conseil mais d'y réfléchir en toute indépendance.

Après pour l'apport, c'est pareil, pour certains ce sont juste de bons moments, pour d'autres c'est tout un package de valeurs. L'un n'est pas mieux que l'autre.
Faut-il s'enfermer dans une définition qui dépend hautement des gens?
Je ne crois pas.
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  • [0] Intéressant le 10.06.17, 17h10 par Moumane

En fait Popovski, tu savais au fond de toi comment parvenir au changement pour ta propre vie. Ce qui t'énervais peut-être le plus, c'était de voir que tu avais les solutions mais qu'il ne voulait pas les appliquer. Non ? Trop de projections de toi sur lui ? Peut-être un léger narcissisme mal placé ?

C'est aussi le but d'avoir un ami, percevoir ses propres qualités/défauts à travers quelqu'un, n'est-ce pas ? Confronter et adapter sa réalité à celle d'un autre.

Au final, le fait que ton ami n'avançait pas dans le même élan que toi, avec la même ardeur, la même "clairvoyance" sur la situation, a joué sur ta perception de ta propre image/identité. Comme si à son contact cette partie de toi disparaissait, ton "dynamisme proactif" n'était plus reflété par lui. Comme si tu te voyais toi en lui, et que tu n'aimais pas ça.

"Me parle plus, on se reparlera quand on sera de nouveau pareil." C'est ce que je lis entre les lignes.

Je remarque surtout que tu ne lui as pas fait part de ton ressenti sur la situation, et que tu as directement réagis brutalement. Alors que si précédemment tu avais exprimé ton ressenti, ça aurait peut-être été moins brusque et tout aussi efficace (j'en sais rien hein, c'est un questionnement) :

"Écoute mon vieux, ça fait des mois voire plus que j'essaye de te conseiller, que je t'écoute, et c'est toujours pareil. J'essaye d'être fort, mais moi aussi j'ai mes faiblesses, et maintenant ton discours commence à moi-même me toucher, à m'affaiblir... Je veux bien t'aider à te bouger les fesses, mais si tu le fais pas très vite ton moral ne s'améliorera pas, et j'ai pas envie que ça touche le mien... ne parlons que des solutions maintenant, le constat on l'a depuis assez longtemps. Lâche ta copine pour commencer, je t'aiderai à te refaire t'inquiète pas. Tu ne seras pas tout seul." (Au final c'était peut-être déjà contenu implicitement dans ton message, je ne sais pas)
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Sinon, pour moi l'amitié c'est juste avoir une inclination réciproque, avoir envie de partager quelque chose avec quelqu'un et réciproquement, pas plus. C'est l'amour universel qu'on porte, qui s'accomplit au travers de quelques personnes. Par-dessus ça, c'est du bricolage avec nos personnalités, et quand cette inclination disparaît, l'amitié disparaît avec elle.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 31.05.17, 09h55 par Jalapeno
  • [+1] En effet le 01.06.17, 20h38 par Perlambre
  • [+1] Intéressant le 10.06.17, 17h11 par Moumane

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