Reconstruction après relation hautement toxique

Note : 8

le 22.05.2017 par ChantePaul

15 réponses / Dernière par ChantePaul le 05.06.2017, 19h36

Un forum pour celles et ceux qui s'intéressent au dev perso, à l'équilibre intérieur, à la psychologie. Surmonter ses blocages, ses croyances limitantes, nourrir et développer ses forces, etc.
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Il est temps de prendre le taureau par les cornes.

Ca va bientôt faire un an, qu'environ une fois par mois je me décide à poster sur FTS pour de l'aide, et à chaque fois je me ravise à la dernière ligne... espérons que cette fois sera la bonne.

Tout commenca l'été dernier, lorsque je rentrais d'une période à l'étranger pour mes études, plein de projets, d'énergie et de confiance. Je rencontra alors une fille, appelons la C.

C a beaucoup de charme, est belle, et rapidement nous sommes devenus très proches et complices. Il y eut également rapidement un flirt très tendancieux entre nous, malheureusement pour moi elle s'était mise avec un autre mec deux semaines après.
A partir de là, première erreur majeure de ma part : je m'accroche... Résultat friendzone, OI et tout le bordel.

Le vrai soucis est qu'elle a de sérieux problèmes avec elle même (à l'époque on l'aurait qualifiée de LSE, mais genre stade final !). Bref malgré son charme, et le fait qu'elle a énormément de succès avec les mecs, elle ressent constamment le besoin de plaire, de séduire. Il lui fallait donc une bonne poire pour faire office d'égoboost : moi.

A partir de là j'abrège un peu mais en gros elle s'est royalement foutu de ma gueule et a joué à ce jeu avec 3 mecs en même temps (dans le même fucking cercle social !!) et les a tous rendu plus ou moins fous, moi y compris.
Grosses tensions dans tous les sens, tout le monde pète des câbles et en soirée avec l'alcool je fais énormément de merde...
Pendant quelques semaines j'ai aussi eu ma période de gros connard fini (et quand tu vois à quel point ça marche avec les filles, c'est vraiment n'importe quoi).
Bref aujourd'hui, 1 an après donc, on ne se parle presque plus elle s'est mise avec un autre ami à moi (j'ai vraiment peur pour lui) mais je remarque que malgré que je ne suis plus attiré par elle, qu'elle ne me manque absolument pas du tout et que je ne ressens aucune nostalgie ou quoi que ce soit, eh bien je n'arrive pas à me reconstruire.

La douleur est toujours vive, moi qui suis d'un naturel zéro pression, là je suis hyper tendu, toujours près à péter un câble pour rien, même au boulot.
Pourtant à part ce problème et les profondes blessures de l'égo qui en découlent, ma vie est équilibrée et me plait beaucoup ! J'ai commencé mon premier boulot dans ma branche pro, c'est décidé je m'éclate dans ce que je fais et c'est hyper stimulant ! Je vis en coloc avec des gens super cool, j'ai beaucoup d'amis et je suis toujours en train de faire autre chose !
J'ai essayé de me remettre au sport et je vais me remettre à méditer comme à l'époque où tout marchait comme sur des roulettes.

Voilà, merci d'avoir pris le temps de me lire, je suis preneur de tous conseils !

Un psy pourrait-il m'aider à dépasser la colère et la haine que j'ai pour elle et les blessures de l'égo ?

Bonne soirée à vous
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Courage le 22.05.17, 17h31 par Apheleia
  • [0] Courage le 22.05.17, 19h59 par Nonchalance

Tu as bien fait de revenir même si nous ne sommes pas psy.

Comme j'ai envie de comprendre, explique plus.
Tu dis qu'elle ne t'attire plus, qu'elle ne te manque pas et que tu n'as pas de nostalgie.
Alors pourquoi haine et colère ?
C'est sincère comme question parce que dans ton post il me semble quand même lire un beau paradoxe.

Perlambre a écrit : Tu dis qu'elle ne t'attire plus, qu'elle ne te manque pas et que tu n'as pas de nostalgie.
Alors pourquoi haine et colère ?
C'est sincère comme question parce que dans ton post il me semble quand même lire un beau paradoxe.
Ce n'est pas un paradoxe. C'est la capture d'un moment intense qui n'a jamais eu de dénouement. Comme si à un moment tu voulais courir et que tu finis par te rendre compte qu'il n'y a plus de pistes, que tu n'as jamais su courir et que de toute façon tu n'as plus de jambes. Mais tu veux quand même courir. C'est ce à quoi l'on est réduit lorsque l'on se rend compte qu'on est impuissant.

@ ChantePaul Je ne vais pas te dire de ne pas te laisser submerger par la colère et la haine ou je ne sais quoi. Tant que tu n'agis pas mal et que tu restes éloigné de cette fille, ça devrait aller. Ça va finir par se calmer tout seul, tu finiras par accepter ton impuissance, tu vas prendre beaucoup, beaucoup de recul et ça ira mieux. Je ne peux pas te dire quand, mais ça ira mieux. Restes entouré, canalises ta colère et ta frustration en d'autres formes d'énergies et ça ira mieux. Tu peux aller voir un psy, ça peut t'aider mais restes assuré que quoi qu'il arrive, tant que tu ne commets pas de violences envers d'autres ou envers toi même, ça ira merveilleusement bien.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Pertinent le 25.05.17, 23h33 par voucny

Allez je vais tenter une bêtise mais :

Est-ce que finalement tu n'es pas en colère contre toi même ?

Pour t'être laisser embobiner ?
Pour ne pas t'être comporte comme tu le souhaitais ?
Pour ne pas avoir su réagir et garder le contrôle ?
Pour t'être laisser embarquer là dedans alors même qu'en assidu de FTS, quelque part tu savais ce qui se jouait ?
Pour avoir accordé ta confiance à quelqu'un qui ne sien est pas montre digne ?
Pour t'être trompe sur une personne ?


C'est l'impression que ça me donne à te lire.
Si c'est le cas sache simplement que tu es faillible, comme tout le monde. Que ce piège la, on est beaucoup à en faire l'expérience un jour et que d'ailleurs même de sa part à elle ce n'était pas aussi cruel et intentionnel que ce que tu as pu le ressentir.
Que peut être cela t'arrivera encore mais que tu dois pourtant continuer à te livrer et à croire. SImplement en étant plus fort de ton expérience.
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Nonchalance a écrit :
Perlambre a écrit : Tu dis qu'elle ne t'attire plus, qu'elle ne te manque pas et que tu n'as pas de nostalgie.
Alors pourquoi haine et colère ?
C'est sincère comme question parce que dans ton post il me semble quand même lire un beau paradoxe.
Ce n'est pas un paradoxe. C'est la capture d'un moment intense qui n'a jamais eu de dénouement. Comme si à un moment tu voulais courir et que tu finis par te rendre compte qu'il n'y a plus de pistes, que tu n'as jamais su courir et que de toute façon tu n'as plus de jambes. Mais tu veux quand même courir. C'est ce à quoi l'on est réduit lorsque l'on se rend compte qu'on est impuissant.
Nonchalance, je pense que tu tapes droit dans le mille là.

Donc pour clarifier les choses, oui ce n'est pas elle pour ce qu'elle est qui me manque.
Par contre du fait qu'elle est à l'origine et qu'elle est "l'objet" de cette impuissance, cela a créé énormément de colère et de frustration à l'égard de moi-même et du sien.

C'est cette colère que j'ai du mal à surmonter aujourd'hui, peut être parce que je n'ai pas encore réussi à retrouver la confiance et la légèreté que j'avais avant et que du coup je lui en veux intérieurement pour ça ?

The_PoP a écrit :Allez je vais tenter une bêtise mais :

Est-ce que finalement tu n'es pas en colère contre toi même ?

Pour t'être laisser embobiner ? Oui
Pour ne pas t'être comporte comme tu le souhaitais ? Oui
Pour ne pas avoir su réagir et garder le contrôle ? Oui
Pour t'être laisser embarquer là dedans alors même qu'en assidu de FTS, quelque part tu savais ce qui se jouait ? Tellement
Pour avoir accordé ta confiance à quelqu'un qui ne sien est pas montre digne ? Absolument
Pour t'être trompe sur une personne ? Et oui...
Si tu savais comme je m'en veux pour tout ça, c'est stupide je vais bien devoir me pardonner à un moment...

Merci pour vos réponses les gens, ça fait du bien de pouvoir en parler, même avec des inconnus sur internet.
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  • [+1] La suite, vite ! le 26.05.17, 00h26 par Nonchalance

Si cela peut t’aider à dépasser ton état actuel…

Deux psys se sont penchées sur la question du pardon, Nicole Fabre « les paradoxes du pardon » et Gabrielle Rubin « du bon usage de la haine et du pardon ».

Pour elles, il ne s’agit pas d’oublier l’offense, faire comme si elle n’existait pas.
Mais d’exprimer sa colère car la haine est un sentiment violent que l’on peut être amené à diriger contre l’autre mais aussi contre soi.
Faire un travail de détachement en soi est possible grâce à l’écriture par exemple et bien entendu la consultation d’un spécialiste si la situation est trop douloureuse.

Une autre étape est de cesser de se sentir coupable en tentant de savoir quelle part de nous a été blessée (orgueil, réputation, intégrité physique...). Cela permet de relativiser cette sensation de culpabilité et la souffrance qui l’accompagne. De se disculper et donc de ne plus se répéter en boucle « je suis impardonnable de ne pas avoir agi différemment ».

Pardonner, certains y voient de la faiblesse, à mon sens c’est plus une force. Car c’est tout sauf passer l’éponge. Il s’agit de prendre son temps, d’attendre que le pardon s’impose presque de lui-même tout en étant actif dans le processus.
Y arriver, c’est lorsque la colère et la rancœur ont disparu, tout comme le sentiment de culpabilité.
C’est aussi poursuivre sa vie en ayant envie de la croquer, être à nouveau disponible pour un/une autre, retrouver une légèreté qui avait été mise entre parenthèse…

Ce serait mentir de prétendre que c’est facile mais pour avoir osé le pardon, je me sens libre aujourd’hui.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Pertinent le 26.05.17, 14h11 par Apheleia

Pour mettre en relief rapidement les propos de Perlambre, je voulais poster une citation mais je n'arrive pas à la retrouver... ça disait en gros :
Le désir de vengeance vient d'un sentiment d'impuissance, dès que ce sentiment d'impuissance disparaît, le désir de vengeance disparaît avec lui.
ça vient d'un constructiviste ou d'un cybernéticien je crois, si quelqu'un reconnaît n'hésitez pas à préciser...
Dans ma recherche je suis quand même tombé sur deux perles :
Celui qui désire se venger ne fait qu'entretenir sa douleur par crainte qu'elle s'apaise.
Naoual Younsi
Et pour terminer :
Il ne faut jamais se venger, ni par les mots, ni pas les actes, il faut se venger en pardonnant. Anonyme
Cette dernière me fait penser à un bon ami à moi, il y a bien longtemps, lorsqu'il s'était fait lâcher par sa copine qui partait avec un autre. Moi : tu vas essayer de la récupérer ? Lui : nan, le mieux et le pire que je puisse lui faire, c'est la laisser.

À méditer !

Je ne veux pas faire de polémique et on entre dans le hors sujet:

Juste rappeler que ce que tu décris Perlambre, ce n'est pas le pardon. Le pardon est une notion spirituelle et religieuse qui a des ramifications bien plus complexes que ce que tu décris.

Tu peux tout à fait suivre toutes les étapes que tu décris (des étapes saines) et ne pas pardonner à la fin. Le pardon n'est pas nécessaire.

http://thoughtcatalog.com/robin-goode/2 ... hould-you/

Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, la charte d'FTS l'interdit mais je pensais qu'il était important de le dire.

De ce que je ressens, sentir, en soi, qu'on pardonne vraiment est un sentiment apaisant, agréable, un moment de sérénité rare, inattendu, venu on ne sait vraiment comment.

Quand on souffre, et qu'on veut que ces souffrances cessent (colère, ressentiment, impuissance), on peut être tenté de se dire "eh mais quand le pardon vient à moi, je ne souffre plus, donc il faut vite que je pardonne". En temps que spectateur d'un être qui souffre, on peut aussi aspirer à ce qu'il pardonne vite, pour que vite on passage l'éponge, on ne remette rien en cause.

Ce faisant, on se focalise uniquement sur un résultat, en espérant ne pas avoir à faire le travail qui y mène.
C'est un peu comme un moine qui cherchait comme un fou l'éveil sans jamais vouloir méditer gratuitement.

Et justement, une partie de ce travail, c'est de reconnaître ses émotions, de les vivre en soi, de les exprimer si besoin. Et non pas de mettre un mouchoir de bienséance dessus.

Pour moi c'est article souligne juste une attitude de bienséance puritaine (refouler ses émotions) sous la reluisante appellation du pardon alors que ce n'en est pas.

Je ne vois pas ce que cet apparté a de contraire à la charte FTS, même si effectivement on rentre dans des détails qui s'éloignent un peu de sujet de ChantePaul ;)

Pour moi la notion de pardon est une méconception, tout du moins dans la forme la plus usité aujourd'hui.

L'enjeu du pardon est moins de pardonner que de pouvoir se permettre de pardonner. Le pardon n'as de valeur intrinsèque et n'est efficace que si on se situe dans une position ou le pardonné ne peut -réalistement- plus nous nuire.
Le pardon c'est comme la bienveillance: être bienveillant ou pardonner pour subir, ça ne sert à rien, c'est une excuse morale. Ca peut permettre de tenir quand on a pas le vie ou les relations qui nous satisfont, mais je considère que ce n'est pas du tout la solution optimal.

Quand on nous nuis, le but est plus d'être assez fort ou puissant pour que la nuisance cesse ou n'ai plus d'effet que de pardonner par principe. En ce sens, le pardon est une suite logique puisque qu'on atteint un état plus avancé qui change une situation ou on était vulnérable.

Pardonner pour se prendre un coup derrière, ça ne sert à rien. C'est là aussi où il faut faire une différence entre les personnes et les choses nuisibles et les gens sur qui le pardon peut avoir un effet (introspection, réflexion, changement de paradigme).

Certaines personnes ne sont pas équipées ou ne comprennent pas le pardon. Certains le comprennent mais n'y sont pas sensibles, et pardonner est un gâchis. Les personnes qui ne changent pas et qui font du mal sont des nuisibles.
La question est donc, que fait-on des nuisibles? (je ne parle pas de faire du mal ou physique ou tuer vous l'aurez compris).

Une solution morale très largement relayée est le fait de dire qu'agir pour contrecarrer les nuisibles, c'est se mettre à leur niveau. Si longtemps j'ai été tout à fait d'accord avec cette phrase, je me rends compte qu'il s'agit d'une certaine forme d'égoïsme.

Si on s'en retrouve à être assez fort pour ne pas être atteint par un nuisible, même si celui essaie de nous faire du mal, ne pas agir peut sembler intelligent. Par contre, si on replace les choses dans un ensemble plus large, les personnes nuisibles peuvent profiter de personnes plus faibles. En cela, agir pour les contrecarrer, c'est potentiellement prévenir de la souffrance de personnes qui n'ont pas notre résilience.


Au niveau de la vengeance, c'est une thématique très intéressante. Elle est dans la littérature un moteur formidable qui pousse les gens lésées à se dépasser pour arriver à un niveau qui leur permettra de vaincre leur ennemi.
La morale du pardon qui survient le plus souvent à la fin de ces histoires est logique, puisque dans la plupart des histoires basées sur ce thème (une des fondamentaux histoires humaines d'ailleurs), le protagoniste se rend compte que la vengeance n'as eu de réelle utilité que de le faire cheminer vers un niveau supérieur à son ennemi autrefois imbattable.

D'ailleurs, dans ces histoires, quand survient le pardon, l'ennemi à tendance à en profiter pour vaincre le protagoniste mais échoue et se fait tuer. Regardez le nombre d'histoires qui sont basées sur ce schéma, c'est impressionnant.

D'autre romans comme le Plaisanterie de Kundera, critiquent un des effets pervers de le vengeance à savoir la réduction de sa vie à la personne qui a lésée. A la fin, le protagoniste se rend compte que sa vengeance s'est faite au prix de sa vie entière, ou d'une portion trop importante, et se rend compte de son absurdité.

L'affaire est encore une fois de gestion intelligente de toutes les notions abordées. Il n'y a pas de bonne réponse. Le pardon est utilisable le plus souvent, à condition que l'autre nous voie comme ayant une valeur suffisante pour que notre pardon ait de la valeur.
D'autre fois, ce sont des personnes nuisibles qu'il vaut mieux mettre hors d'état de nuire (pas forcément pas la violence, mais par la force oui). Tout est question de casuistique, et d'expérience.

Aussi, la dernière question qui se pose est "pourquoi pardonner"?
->pour se sentir moralement supérieur?
->pour faire changer l'autre?

Je reprécise que mettre hors d'état de nuire ne demande pas forcément de la violence. Le fait de ne pas pardonner quand quelqu'un vient nous demander pardon en s'excusant platement peut être suffisant et parfois plus efficace pour changer la personne.

Je vois beaucoup de gens qui parlent de la charte de FTS, je suis parti 3 mois, un truc à changé dedans?

Ce long écrit m'évoque cette petite image :

Les choses sont ainsi faites dans la nature et donc dans nos vies, que lorsqu'il y a un vide (un manque, une faille), quelque chose vienne l'occuper, en tirer partie.
Non pas, d'ailleurs, parce que la nature a horreur du vide, comme on l'entend souvent, mais plutôt à mon avis parce que la nature aime remplir (nuance, nuance).

Et souvent, quelqu'un nous nuit parce qu'on est pas assez fort face à lui. On peut lui en vouloir d'être plus forts. Le mettre sous le joug de la morale (c'est pas bien de taper les petits). Espérer qu'il change. Bref s'acharner sur quelque chose qui ne dépend pas de nous.

Ou bien soi même bien occuper sa propre place, devenir plus fort.

(pour la définition de la force, c'est un autre sujet).

Et ce faisant, on finira sûrement par pardonner, qu'on le veuille ou non, comme dans les récits de vengeance.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 26.05.17, 17h52 par Jalapeno

Le processus que tu décris voucny s'appelle l'acceptation.

Je ne suis pas toujours précis avec mes mots mais le pardon est une notion religieuse. Cela n'a rien à avoir avec le sentiment que tu décris après un processus d'acceptation.

Pardonner c'est comme le dit Mr.Smooth soit pour se sentir moralement supérieur, soit pour faire changer l'autre. Cela n'a rien avoir avec ne plus ressentir de colère ou faire un travail sur soi pour accepter le mal que l'on a subi. Le pardon est un acte. Pas un sentiment, ni une sensation. Et ce n'est pas un acte anodin.

Il n'y a pas besoin de pardon pour se libérer de la colère ou de la haine. Il n'y a pas besoin de pardon pour ne plus en vouloir à quelqu'un.

C'est parce que le pardon est un concept religieux que je ne veux pas en parler sur FTS, la notion dépasse largement le cadre d'une discussion sur une rupture et les arguments que je peux avancer sont lapidaires envers les religions.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 26.05.17, 16h08 par voucny
  • [0] Il y'a du vrai... le 26.05.17, 17h53 par Apheleia

Tout à fait d'accord, on peut séparer l'acte et le sentiment, par exemple :

Quelqu'un subit un mauvais coup, il pardonne dans les actes, il ne tient pas rigueur de la faute. Cependant il n'accepte pas encore, et possède encore le sentiment de vengeance malgré qu'il ait pardonné. (Peut-on alors dire qu'il se soumet ? Et s'il avait accepté par avant, est-ce que cela serait encore de la soumission ?)

En revanche...

Le pardon est une notion importante dans certaines croyances, qui est directement liée et définie dans ces mêmes croyances, à la transcendance, au sacré, au divin... Oui.

Mais pardonner, (dans le civil), c'est juste ne pas tenir rigueur d'une faute, par définition. C'est ne pas vouloir punir pour la faute, abandonner le désir de vengeance...

Et ça marchait avant que l'Homme n'acquiert le langage, ça marchait et marche encore dans le règne animal, ne serait-ce que dans l'éducation des enfants ou le jeu... Dans la vie de tous les jours.

Ce sont des pardons communs si j'ose dire. On passe certainement un palier qualitatif dans le pardon, lorsque la faute devient jugée lourde par la victime. Là ça va s'approcher d'un pardon transcendant, infini, divin, si tu veux Nonchalance. C'est un autre concept selon la croyance qui le définit...

Mais, tu peux parler de ta conception du pardon sans aborder la religion, et sans insinuer deux fois qu'on ne retrouve cette conception que dans la religion. La preuve, non ? (je dis ça car le pardon m'a beaucoup appris dans la vie et étant non-croyant je trouve ça dommage de le réduire comme cela.)

Après, pour te rejoindre, je suis d'accord qu'aborder le pardon sous un point de vue spirituel lui donne une dimension plus vaste.
Je ne suis pas toujours précis avec mes mots mais le pardon est une notion religieuse. [...) Pardonner c'est comme le dit Mr.Smooth soit pour se sentir moralement supérieur, soit pour faire changer l'autre.
Dans ce cas il faut aussi faire la distinction entre pardon et soumission, pour aussi rejoindre Onmyoj. Question de contexte, c'est complexe. Je pense que "pardonner pour se sentir moralement supérieur", c'est plutôt se faire croire qu'on est moralement supérieur dans la soumission réelle... Car lorsqu'on pardonne un ami avec le coeur, par exemple, j'espère que l'idée d'être moralement supérieur n'intervient pas. D'un autre côté, si tu subis une attaque physique et que tu pardonnes, c'est clair que dans ta tête il vaut mieux que tu te sentes supérieur... (ça évite le traumatisme ?)

Autrement, et pour en revenir à notre ami, justement, son pardon ne sera pas une soumission, au contraire.

On lui conseille de pardonner afin d'accepter et passer outre, afin de l'aider à se reconstruire. Lorsque notre ami se sentira plus en contrôle sur sa situation, le pardon, son acceptation, son nouveau départ, s'enclencheront de concert. Tout cela ne se fera bien entendu pas par séquences bien distinctes, mais le tout "lié" et de concert.

Il peut donc pardonner, par acte civil pour aider le reste à suivre, comme pour soutenir un engrenage composant d'une machine.

@Nonchalance : je n'envisageais pas le pardon sous l'angle religieux.
Accorder son pardon est un vrai travail sur soi, un choix. Je le vis comme une démarche apportant une nouvelle énergie à sa vie. Mais c'est vrai que certains ne peuvent pas pardonner, nous ne sommes pas égaux devant le pardon.

Il ne s'agit pas de refouler l'offense, de mettre un mouchoir sur sa colère. Un agresseur par exemple est coupable d'une faute et notre colère ou même haine sont bien réelles et doivent s'exprimer. En face à face si c'est possible et sinon avec des proches, un psy, par écrit. A chacun ses moyens.

Un pardon n'est efficace que si le (futur) pardonné ne peut plus nous nuire. Il faut donc impérativement mettre du champ entre soi et l'autre. Car comment envisager le pardon si l'offense ne cesse pas...

Par contre, il ne me viendrait jamais à l'idée de me mettre au niveau de la personne m'ayant blessée. Et encore moins d'adopter le "oeil pour oeil...". C'est une attitude qui m'apparaît comme manquer de noblesse. Et cela ne signifie pas se sentir supérieure mais différente.
Pour ce qui est de changer l'autre, nous savons bien que nous ne pouvons "changer" personne.
Quant à rester coincée dans des désirs de vengeance, c'est en définitive accorder bien trop d'intérêt à une personne avec qui par la force des choses, je n'ai plus rien à partager.
La force s'est justement de se redresser, de repartir, de se libérer.

Nous débordons de la situation de ChantePaul mais s'il veut avancer il devra d'une façon ou d'une autre sortir de sa colère et se pardonner d'avoir cru en une histoire possible avec la fille dont il parle.

Se pardonner et pardonner aux autres ce n'est pas pareil.

Se pardonner c'est vital, après tout on a que soi et l'on est la seule personne chez qui notre influence, bonne ou mauvaise compte vraiment dans le sens où la culpabilité est un frein au développement de soi et l'on est obligé de s'en débarrasser pour avancer.

Pardonner aux autres peut être un danger et ça l'est plus souvent qu'il n'y parait. Pourquoi? Parce que le pardon de l'autre n'est pas nécessaire.

Si l'on est en état de faiblesse, supprimer de force sa colère ou son indignation pour pardonner, c'est se mettre en danger. Les mêmes erreurs peuvent alors se reproduire et la souffrance perdurer. Pour moi, la colère est un sentiment sain qui permet de se remettre en question et d'avancer, de voir ses erreurs comme celles de l'autre et de ne plus se laisser avoir par celles-ci. La colère peut et doit être dépassée mais il ne faut pas se forcer tant qu'elle n'a pas d'emprise sur nous. Si cette colère se transforme en haine, cela peut être dangereux mais ça veut aussi dire que l'on est toujours en position der faiblesse face à l'autre, que le danger réel ou imaginé n'a pas été dépassé. Ce n'est plus du ressort du pardon alors mais de la confrontation (une confrontation saine si possible mais de toute façon je pense que ChantePaul est très loin du cas de figure du haineux).

Si l'on est en état de force, le pardon ne sert à rien d'autre qu'à appuyer le fait que l'on est en état de force. Ça n'a pas d'intérêt. Une personne qui fait la démarche d'aller pardonner une autre personne qui ne lui a rien demandé pète plus haut que son cul selon moi. Si c'est l'autre personne qui cherche à être pardonnée par contre, en état de force ça ne coûte rien, la colère est déjà dépassée. Par contre en état de faiblesse, lorsque la colère est encore présente, que l'on a pas fait le chemin nécessaire, c'est se tirer une balle dans le pied que de pardonner.

Pour finir sur une note sarcastique, je ne crois tellement pas au pardon que quand on me demande mon pardon, je pardonne. Après tout, ce ne sont que des mots.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Très intéressant le 05.06.17, 19h37 par ChantePaul

Merci pour votre implication à tous, c'est intéressant cette problématique du pardon, et finalement je me retrouve bien dans ce qu'à dit Nonchalance dans ce post :
Nonchalance a écrit :Se pardonner et pardonner aux autres ce n'est pas pareil.

Se pardonner c'est vital, après tout on a que soi et l'on est la seule personne chez qui notre influence, bonne ou mauvaise compte vraiment dans le sens où la culpabilité est un frein au développement de soi et l'on est obligé de s'en débarrasser pour avancer.

Pardonner aux autres peut être un danger et ça l'est plus souvent qu'il n'y parait. Pourquoi? Parce que le pardon de l'autre n'est pas nécessaire.

Si l'on est en état de faiblesse, supprimer de force sa colère ou son indignation pour pardonner, c'est se mettre en danger. Les mêmes erreurs peuvent alors se reproduire et la souffrance perdurer. Pour moi, la colère est un sentiment sain qui permet de se remettre en question et d'avancer, de voir ses erreurs comme celles de l'autre et de ne plus se laisser avoir par celles-ci. La colère peut et doit être dépassée mais il ne faut pas se forcer tant qu'elle n'a pas d'emprise sur nous. Si cette colère se transforme en haine, cela peut être dangereux mais ça veut aussi dire que l'on est toujours en position der faiblesse face à l'autre, que le danger réel ou imaginé n'a pas été dépassé. Ce n'est plus du ressort du pardon alors mais de la confrontation (une confrontation saine si possible mais de toute façon je pense que ChantePaul est très loin du cas de figure du haineux).

Si l'on est en état de force, le pardon ne sert à rien d'autre qu'à appuyer le fait que l'on est en état de force. Ça n'a pas d'intérêt. Une personne qui fait la démarche d'aller pardonner une autre personne qui ne lui a rien demandé pète plus haut que son cul selon moi. Si c'est l'autre personne qui cherche à être pardonnée par contre, en état de force ça ne coûte rien, la colère est déjà dépassée. Par contre en état de faiblesse, lorsque la colère est encore présente, que l'on a pas fait le chemin nécessaire, c'est se tirer une balle dans le pied que de pardonner.

Pour finir sur une note sarcastique, je ne crois tellement pas au pardon que quand on me demande mon pardon, je pardonne. Après tout, ce ne sont que des mots.
Et clairement j'ai fais l'erreur de me "forcer" à pardonner dans le but d'effacer la colère qui me pesait beaucoup trop.
Sauf qu'étant encore en position de faiblesse (dans ma tête) je suis retombé dans les mêmes travers et je suis retombé, le week-end passé, dans la frustration, le sentiment d'impuissance, l'incompréhension, le rejet de tout, la colère, la merde quoi.

J'ai l'impression quand même d'avoir déjà fait de grands pas, mais c'est horrible ces moments où t'as l'impression de ne pas avancer et de refaire toujours les mêmes connerie.

La petite boutade du jour, d'ici 2 semaines on fêtera mes 1 an de galère avec cette fille, champagne !

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