[A] Rêver et réaliser

Note : 70

le 14.03.2015 par mistermint

14 réponses / Dernière par mistermint le 12.06.2015, 20h33

Un forum pour celles et ceux qui s'intéressent au dev perso, à l'équilibre intérieur, à la psychologie. Surmonter ses blocages, ses croyances limitantes, nourrir et développer ses forces, etc.
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Je n'ai rien trouvé ici qui traite vraiment de mon sujet fort : se raccrocher à ses projets, et ne pas en démordre. Comme il vaut mieux donner avant de recevoir, je propose ici mes réflexions sur le sujet, et j'espère qu'il sera suffisamment inspirant pour faire ressortir des commentaires intéressants.

Pour monter un projet de vie, se diriger vers ce en quoi on croit, il va falloir des couilles, mais il ne faudra pas les poser n'importe où et n'importe quand. On peut facilement se faire broyer par ses rêves, si on ne réalise pas les choses quand il le faut, comme il le faut. Il est également facile de se laisser impressionner face à ses ambitions, ne pas s'en croire capable, et donc rester dans l'inaction et la frustration.

Je ne prétends pas avoir réalisé des choses plus extraordinaires que d'autres, mais j'ai déjà pris des bons coups dans les dents, et j'ai suffisamment tenu le coup pour le dire aujourd'hui : j'enseignerai d'abord à mes gosses comment échouer avant de leur apprendre à réussir. Les choses sont ainsi faites, la vie c'est beaucoup de lutte, pour quelques moments de gloire. Mais quand ça arrive, c'est la transcendance la plus brute qui soit.

Je vais tâcher de rester assez général pour que mes propos soient applicables dans un maximum de situations et de personnes.

NB : ce post se veut positif, parce que c'est ce dont on a besoin quand on veut se lancer et sortir des vies bien balisées.

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Pour commencer : rêver grand

Pour se lancer corps et âme dans les projets les plus fous, il faut d'abord les rêver. Il faut de la folie, énormément de folie, pour rêver. Parce qu'à un instant T, au milieu de nos vies parfois mornes, la touche de rêvasserie peut faire tache. C'est le moment où on se dit que c'est pour les autres. Alors on se fait une raison, on enterre la semence, et on reprend nos vies là où on les avais arrêtées la veille. Et rien ne change.

La première étape sera d'accepter ces rêves. Nous vivons dans un monde où tout est codifié, et en particulier ce qui est possible pour une personne, et ce qui ne l'est pas. Quand j'ai formulé mes projets professionnels en fin de lycée, mes professeurs m'ont pour la plupart dissuadé de m'engager dans cette voie. Pas assez bosseur, pas assez mature : pas assez comme il fallait. Mais la vérité, c'est que personne ne nous connaîtra jamais mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes. Pour ma part, j'aurais eut tort de ne pas m'écouter, puisque j'ai réussi. Comme quoi, tout arrive...

Puis exploser les limites qu'on se/nous impose

La vérité, c'est qu'en tant que personnes, nous représentons une image, une mythologie, une "histoire" selon les principes de la psychologie narrative. J'adhère assez à ces idées, qui nous apprennent que nous ne racontons pas notre histoire en fonction de nos vies, mais bien au contraire que nous avons la vie qui correspond à l'histoire qu'on veut bien raconter de nous.

En clair, je peux me décrire comme une personne sensible, subtile et adepte de musique classique, et je mènerai une vie posée, fondée sur des relations de compréhension et de dialogue avec autrui.
Ou bien, je peux me définir comme une personne dynamique, sportive et avide de contact social, et je mènerai cette vie-là.

Ce ne sont pas des choses dont on prend conscience pris dans le feu de l'action, mais avec du recul.
Dans mon cas, je me rappelle m'être raconté cette histoire sur moi au lycée : j'étais vraiment si gentil, débordant d'amour et de tendresse, tellement que toutes les femmes auraient du le remarquer et venir à moi.
Le cerveau aimant inverser les causes et les conséquences, je pensais justifier l'anomalie de la situation en racontant cette histoire, mais c'était tout l'inverse. Cette façon de me concevoir me donnait les résultats d'un AFC, bien évidemment.

Et je sais que parmi ceux qui liront mon pavé, tous auront une ou plusieurs histoires qu'ils se seront racontées à plusieurs périodes de leurs vies, quel que soit le domaine.

Il ne s'agit pas de dire "je vis ainsi alors que je suis comme ça", mais bien de prendre le contre-pied de l'ensemble et retourner ça sous un forme "je suis comme ça donc je peux vivre comme ça". Puis, "à laquelle des convictions me rattacher pour changer le quotidien". On vit parfois la même vie, continuellement pendant de longues périodes, parce qu'on ne suit plus que le même crédo, plus que la même conviction. La transition entre la façon donc on se pense et la façon dont on vit ne se réfléchit ensuite qu'à peine, tant qu'on met des actes en place (j'y reviens plus tard).

Pourquoi c'est si dur de se concevoir autrement

Il y a des raisons assez multiples à ça.

D'abord, cette histoire qu'on se raconte, on finit par y croire. Elle créée une identité à laquelle on tient, parce qu'elle nous sécurise et nous donne une apparente stabilité. Quand bien même on est dans un état intermédiaire mi-satisfait, mi-insatisfait. Pour reprendre une belle citation de je ne sais pas qui, "il faut être prêt à abandonner qui tu es pour celui que tu vas devenir". C'est bien d'abandon dont il s'agit. Dans certains cas, on a mis tellement de temps et d'espoirs dans une façon de se penser et de penser le monde, que changer revient à invalider tous les efforts fournis jusque là. Et ça peut devenir douloureux, surtout si les choix précédents avaient été forcés, faits dans une certaine urgence, et eux-mêmes dans la douleur.

D'autre part, on construit nos actes et nos relations en fonction de cette histoire. Le regard social remplit à ce moment-là son office, et ce rôle qu'on jouait, un rôle parmi d'autres, finit par devenir qui nous sommes aux yeux des autres. C'est bien pour ça que se fier au regard des autres devient incertain à un certain stade.
C'est un peu le "tu dois" de Nietzsche, le grand dragon aux écailles dorées, métaphore de la société, du regard, de ce qui nous est possible, et ce qui ne nous est pas permis. Dans une optique de changement, dans une envie de suivre notre instinct profond, notre volonté de puissance, ce dragon-là est à abattre.

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J'oriente aussi les curieux à lire Sartre, qui a pas mal décrit ces concepts de regard de l'autre, du rôle qu'on joue, et du rôle qu'on finit par devenir. Dans mes souvenirs qui commencent à devenir lointains...

Si on veut changer de manière spectaculaire, il faut s'attendre à choquer, à surprendre. Certains accepteront, parce qu'ils nous acceptent tels qu'on est. Il peut être nécessaire de lier de nouvelles relations, plus en accord avec nos nouvelles attentes. L'entourage s'étonne de nous voir changer, et on peut parfois ne pas se reconnaître soi-même. Mais à ce moment-là, tout devient possible. Le monde n'est plus visible selon ses interdits, mais selon ses possibilités.

Passer des mots aux actes

On est chez soi, on cogite, on dresse la liste de ce qu'on voudrait, on se rend compte de ce qui va disparaître dans notre mode de pensée, dans notre façon de mener les choses. On commence à y croire, à bander tout seul parce que ça a l'air pas mal comme ça, tous ces projets. Et on imagine qu'on est le meilleur parce qu'on a réussir à avoir de l'imagination.

On se dit qu'on s'en fout de ce qu'en pensent les gens. On se dit qu'on s'en fout de ce qu'on était jusque là, et que merde, on peut faire ce qu'on veut, du moment qu'on suit ses envies les plus profondes.

C'est normal de prendre son pied à cet exercice, et c'est même nécessaire. Et ces frissons épiques sont fabuleux, quand on prend conscience de toutes les possibilités qui s'offrent à nous (il y en a toujours, quelle que soit la situation sauf si vous êtes dans une cellule de détention dans un sous-sol en Syrie, et même là, il y en a qui diraient qu'on peut faire quelque chose pour changer sa perception des choses).

Toutes les étapes sont là à ce stade, sauf la plus importante de toutes : AGIR !!! Tous ces beaux projets ne valent rien s'ils ne permettent pas de changer notre réalité. Il faut y aller, il faut bouger, il faut mettre les choses en pratique. Selon les projets et les envies intimes de chacun, les actions seront multiples, il y a des milliers de possibilités de changer son quotidien.

- Travailler ses cours si on n'est pas assez fort
- Sortir dans un bar avec des potes si on n'est pas sociable
- Inviter quelqu'un qu'on apprécie en terrasse et avoir un échange fouillé qui dépasse les banalités du quotidien, si on n'a que des relations superficielles
- Faire de la musculation, si on n'est pas assez imposant à son goût
- Lire de la philosophie, si on est trop brute de décoffrage
- Jouer au beauf avec ses potes, si on est trop dandy
- Quitter son travail et ouvrir sa boîte, si on n'est pas satisfait professionnellement parlant
- Apprendre la danse, un art martial, si on n'est pas à l'aise avec son corps
- Aborder cette jolie blonde devant la fac/le boulot/dans le train, si notre vie manque de sensualité
- Etc...

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Le tout est de projeter ces convictions sur le monde, ne pas les laisser mourir dans l'œuf. Il faut qu'elles deviennent réelles à tout prix. Et souvent, si on n'agit pas, c'est qu'on n'imagine pas que ces choses puissent être réelles, parce que rêver grand implique d'imaginer des choses à des lieues de ce qu'on vit habituellement. C'est normal d'avoir du mal à y croire. Encore et toujours, il faut une pointe de folie, de l'effronterie, et se lancer. De manière générale, je me suis rendu compte que ce qui me faisait peur était ce qui m'apportait le plus à terme. J'en ai tiré un credo, "si ça t'impressionne, c'est que tu dois le faire".

L'émergence des difficultés, ou le moment où il faut être épique

This is not bullshit. Porté par des élans lyriques, des envies de suivre ses rêves, d'être en accord avec soi-même, on plane. On redécouvre les choses. Depuis peu, j'ai (re)découvert ma capacité à frissonner de plaisir quand j'entends le vent et les oiseaux en voiture, le matin. Rien n'est plus pareil. Je me rends compte de choses que je ne voyais jamais jusque là. Un peu shooté, pour ainsi dire.

Mais il y a aussi des doutes, les premières difficultés, les premières remises en cause dans le projet naissant, après quelques temps à changer son mode de vie, en accord avec ce qu'on croit être nos attentes. L'esprit n'est pas dupe éternellement. Il nous envoie des signaux, des remises en question du bien fondé de ces changements. C'est un test, une sorte de dernière chance : "Eh, tu es bien sûr de vouloir aller sur cette voie-là ? C'était confort avant, tu sais".

Alors là, deux possibilités :
- soit on se range dans les rangs, on abandonne, et on se dit qu'on a été un peu con de se laisser aller à tant de folies
- soit on rempile, on persiste dans l'effronterie, dans cette folie dont je parlais plus haut, envers contre tout, et on se tient à ce qu'on veut intimement

C'est toujours facile de se décider à changer, se dire qu'on ne veut plus la même vie, quand on n'a rien commencé et que tout n'est que parole. Quand les choses commencent à changer, quand la réalité devient différente, que tout commence à devenir "sérieux", on peut se poser des questions. Encore plus quand on essuie des échecs, ce qui indissociable de la prise de risque et du changement. C'est là qu'on parlera de courage ou d'abandon. Reste à savoir dans quelle catégorie on veut jouer... C'est là que se fera la différence entre celui qui abandonne, et celui qui prend ses rêves à bras le corps.

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Et ce n'est rien de le dire pour moi, ce n'est rien de le lire pour vous : il faut le vivre, tester sa réaction, les états d'âme que ça amène, et les actes qui en découleront. C'est précisément maintenant que ça va secouer, et c'est exactement là que ça va devenir phénoménal. Porté par une nouvelle liberté intellectuelle, de nouveaux actes en conséquence, une nouvelle mentalité face au changement et à l'inattendu, les choses changent véritablement, et la routine est bien loin derrière.

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Donner suite

C'est faire preuve de maturité et en même temps d'une puérilité à toute épreuve que de suivre sa voie.

Il faut être un enfant pour rêver aux choses les plus invraisemblables.
Il faut être mature pour tenir ces rêves.
La personnalité équilibrée transgresse la barrière entre les deux et adopte l'attitude la plus adéquate selon les situations.

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La désillusion de l'adolescence tient au fait que les rêve d'enfance se confrontent à la réalité, violente, faite d'obligations et de concessions.

Certains continuent de voir le monde comme une punition en grandissant, comme une limite à leurs envies. D'autres acceptent peu à peu le monde non plus comme ils le voulaient, idéal, mais tel qu'il est : une opportunité, avec ce que ça implique de défis, de ténacité, de dépassement de soi, en prenant en compte certaines règles du jeu.
Les premières fois, on se lance, on essaye sans vraiment y croire. Et quand des résultats arrivent (il en arrive forcément, et pas forcément ceux qu'on en attendait ce qui rend la chose encore plus amusante), on se dit que ça marche peut-être pas si mal, de sortir de ses principes poussiéreux pour explorer de nouvelles facettes de la vie.

J'ai bien conscience que nous ne partons pas tous égaux, nous n'avons pas tous les mêmes cartes en main (j'ai d'ailleurs souvent envié les cartes des autres). Mais chacun à notre échelle, nous pouvons faire quelque chose d'incroyable, et c'est la seule chose qui compte.

Dans un monde où la plupart baisse la tête, rester droit et tenace dans ses projets fait la différence.

Là où ça devient intéressant, c'est quand on essaye de jouer avec les choses, à sortir des cases préconstruites. Pour en revenir à la psychologie narrative, il n'est pas obligatoire de se raconter de manière unilatérale, comme le mec au béret qui lit du Zola, ou le mec à casquette qui écoute du 2-pac.

Mélangez les inspirations, suivez des envies différentes, et vous obtenez des personnalités et des vies qui dénotent, et d'autant plus équilibrées qu'elles savent suivre leurs envies.
C'est l'histoire du motard philosophe, avec des tatouages sur les bras, qui arrive encore à pleurer devant une comédie romantique et à te parler de la poésie de l'antiquité à aujourd'hui.
Ou encore l'histoire de cette nana hyper sexy qui ne quitte pas ses talons, qui ne pèse pas très lourd, mais qui étale n'importe quel mec forte de ses 15 ans d'arts martiaux, et ne refusera jamais une soirée bière avec ses copains/copines.
Je fais dans le radical, volontairement. Dans tous les cas, ces personnalités se foutent de la case dans laquelle on aurait tendance à les mettre. Elles suivent leur envie, elles ont mis leurs projets à exécution, et elles sont devenues cette histoire qu'elles ont osé raconter d'elles mêmes.

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Tout est possible, et ça commence en le rêvant.

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Note de fin :

J'ai balancé pas mal de mièvreries, et j'assume cette folie. Je persiste et je signe, d'ailleurs.

J'espère que cette synthèse de ce que j'ai découvert depuis quelques années aidera certains à se découvrir des projets, à croire en leurs envies, à ne pas sombrer dans toutes les impossibilités qu'on nous balance à tout bout de champ. Énormément de choses sont possibles (à défaut de tout, je ne ferais jamais 2m00 c'est comme ça), et d'autant plus qu'on est jeune (le facteur temps restant et énergie physique disponible joue évidemment un rôle) tant qu'on se l'autorise, et qu'on met des moyens en face.

J'espère aussi que ceux qui se reconnaissent (et il y en a forcément sur le site) sauront apporter des nuances et des pierres à ce que j'ai dit. J'ai forcément été incomplet, et je sais qu'il est possible d'aller encore plus loin.

Dans tous les cas, merci de m'avoir lu :o
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+5] A lire le 03.05.15, 08h44 par FK
  • [+3] Intéressant le 03.05.15, 10h15 par Reborn
  • [+3] Enorme ! le 03.05.15, 12h32 par amelia
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  • [+1] Miam le 03.05.15, 16h43 par Ramius
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A lire, définitivement. Merci pour cet post, je ne comprends pas qu'il n'ait pas été remarqué (on va y remédier).

C'est en lisant des choses comme ça que je suis fier d'avoir créé FTS.
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  • [0] Merci ! :) le 04.05.15, 02h07 par mistermint

FrenchKiss a écrit :A lire, définitivement. Merci pour cet post, je ne comprends pas qu'il n'ait pas été remarqué (on va y remédier).
Idem, en ne voyant que ta notation, j'ai pensé que le sujet avait été posté aujourd'hui, après vérification, il s’avère que non. A lire assurément.

J'aurais voulu mettre "wahou" comme annotation. J'adore ton post, sincèrement. J'allais directement le mettre dans "Partageons notre FTS " mais FK m'a devancée.

Tellement à en dire. Ça me parle sur tous les points, l'échec, le changement, rêver, viser haut. Ça tombe vraiment à pic pour ma part. J'ai rêvé d'un projet de façon obsessionnelle toute l'année et maintenant que je suis à la veille de le tenter, je suis morte de trouille. Je fonctionne toujours comme ça. Je me faisais la remarque depuis quelques jours. Je suis bien dans le confort, j'ai franchement peur d'en sortir et pourtant j'essaie de le faire un maximum, avec les crises d'angoisse que ça implique.

Et " si ça t'impressionne c'est que tu dois le faire", juste parfait. Je me le garde pour me le répéter sans cesse.
Ton article est vraiment très bien écrit et complet. Un énorme bravo!

Je me reconnais aussi pour les décisions quand tout le monde nous dissuade. Et là: Ne pas correspondre au cliché de ce que l'on semble être. La nana un peu BCBG qui fait du combat et écoute du rap dégueulasse avec Musset entre les mains. C'est ce que je me suis toujours promis de cultiver. Et au final c'est ça qui me fait saisir qui sont mes plus belles rencontres. Celles qui aiment ces paradoxes et ne te disent pas que tu es bizarre. Et surtout surtout surtout, quelque chose que j'ai saisi dans toute sa puissance récemment, rencontrer quelqu'un qui nous encourage.
C'est génial d'entreprendre, rêver sortir de sa zone de confort. C'est encore mieux avec quelqu'un qui nous comprend, nous encourage, nous aide à nous élever. Être avec une personne négative, ne comprend pas nos désirs de conquêtes, d'enrichissement, c'est difficile et pas très épanouissant. Alors que c'est tellement génial de pouvoir partager tout ça avec la personne qui partage notre vie, se porter mutuellement et être des piliers. On peut élargir ça aux amis et à la famille. Tu parlais de l'entourage d'ailleurs.

Bref, merci pour cet article !
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  • [0] Yep ! :) le 04.05.15, 02h54 par mistermint

J'ai mis merci: c'est pas si long que ça, c'est pas chiant et tu as formulé en un article une philosophie que je vient de toucher du doigt.
Certains continuent de voir le monde comme une punition en grandissant, comme une limite à leurs envies. D'autres acceptent peu à peu le monde non plus comme ils le voulaient, idéal, mais tel qu'il est : une opportunité, avec ce que ça implique de défis, de ténacité, de dépassement de soi, en prenant en compte certaines règles du jeu.

Woaw...

Ça fait un bien fou de lire ce genre de choses.
Je commence un projet qui m’éloignera de tout ce que j'ai toujours connu, et la petite voix qui disait ne le fait pas, c'est dangereux, tu vas rater, se faisait de plus en plus pesante.
Ton article m'a refoutu un coup la ou j'en avait besoin et je te remercie.

Cependant ( histoire de plomber cette ambiance de conquérant(e) Image ) j'ai pas pu m’empêcher en te lisant de penser a ces gens qui, tout les jours, se lancent a corps perdu dans leur projet, qui ratent et qui finissent endetté jusqu’à la fin de leur jour. C'est super d'avoir le courage de réaliser ses rêves mais attention a pas confondre courage et témérité.

Un super article qui refout un coup de boost! Merci :D
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  • [0] De rien ! ;-) le 04.05.15, 02h54 par mistermint

C'est vraiment cool votre engouement pour le sujet. J'avais mis pas mal de tripes en gribouillant mon pavé, alors que d'autres puissent se retrouver dedans, ça fait plaisir, forcément.

Amelia et Ramius, ce que vous décrivez, c'est complètement normal.
En plein dans la phase où on commence à se demander sérieusement si on a pas craqué son slip, de décider de changer (ce que j'appelais le "signal de la dernière chance").

C'est l'étape la plus importante. C'est l'étape où on doit projeter nos "rêves" sur la réalité, et ça secoue pas mal dans ces moments, c'est vrai. Toutes les bonnes choses ont un prix, c'est jamais facile. La bonne nouvelle, je me répète, c'est que c'est normal. Simplement, il y a une façon de l'interpréter.

J'ai quelques pistes à ce sujet, éventuellement forker ? Parce qu'on va changer d'angle d'attaque.
Une annexe un peu plus orientée vers la pratique, dans les moments où ça devient clairement difficile de maintenir une mentalité inflexible. Quand je disais il y a deux mois que j'étais forcément incomplet... J'avais pas vraiment tord.

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Ramius, concernant la confusion entre courage et témérité : c'est la binarité puérilité/maturité. Il faut gérer les deux selon les cas. La maturité pour les grandes lignes, la puérilité pour s'en foutre des conséquences une fois qu'on a défini en pleine conscience les grandes lignes du projet.

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Amelia, concernant l'anxiété, j'ai donné aussi (et je me bouffe encore dès que je baisse la garde). Là encore, c'est normal. Quand tu change, la tête te retient d'une part, mais le corps t'envoie des signaux lui aussi. Il y a une réinterprétation à faire de ces signaux, ça change la donne. J'essaye de te répondre prochainement.

Rêver / réaliser... c'est intéressant comme débat. Je vais donner mon point de vue de matheux / ingénieur en devenir pour qui (presque) rien n'est impossible, si tous les ingrédients sont réunis.

A mon avis, un rêve, c'est juste une situation (quelle que soit sa nature) qui donne un plaisir, une sérénité, une plénitude de fou à celui qui en bénéficie. A l'instant t c'est un rêve, à l'instant t + t' (t' = un temps complètement arbitraire), il devient réalité. Et je pense qu'à ce stade, le ressentiment, la frustration, tout ça, il ne doit plus en rester beaucoup.

Je pense que réaliser son rêve, ça demande d'être curieux. Très curieux. Mais genre boulimique de l'extrême quoi. Histoire de savoir dans quoi s'inscrit ce qu'on veut faire ; si on est un maniaque de la planification rien ne nous empêche de nous faire une liste d'actions :-) celui qui veut devenir président de la République, selon d'où il part, pourra coucher des trucs comme ça sur son papier :
- "être impeccable dans mes relations avec les autres, pour être assertif ; arriver à être apprécié tout en s'affirmant"
- "lire au moins une fois par jour de la BONNE presse (le Monde, le Monde diplo, la Croix...) et des ouvrages historiques, juridiques, sociologiques, philosophiques. Bref tout ce qui touche aux sciences humaines et qui influence la composition d'un programme électoral, des décrets, projets de loi..."
- "m'impliquer dans le maximum d'associations, syndicats, organismes de consultation / direction dans mon groupe de TD, fac, école, ville, circonscription, département, région... et étoffer peu à peu mon réseau"
- "intégrer une grande école ou a minima un parcours d'études >= licence universitaire, pour développer mon esprit critique, acquérir des compétences, être capable de réfléchir et d'avoir une vision sur le monde, le pays où je vis"
- "travailler sur mon estime de moi, pour résister aux tentatives de déstabilisation, être sûr de mes forces, de ma valeur et avancer jusqu'au bout quels que soient les obstacles en travers de mon chemin"

Je pense du coup qu'en apprenant à savoir ce que signifie précisément notre rêve, on peut se lancer dedans. Mais après, avoir une vision lucide n'est pas suffisant. Je pense qu'être méthodique c'est une chose. Avoir l'envie, l'abnégation, la niaque pour travailler sur cette méthode est une autre chose. Et le chemin vers le rêve se parcourt ainsi sur ces deux jambes. Et c'est important au préalable d'avoir le coup d'oeil pour se dire "tiens, voilà le beau lingot d'or / gâteau à la crème / Kim Kardashian au loin, j'y cours !". Ca permet d'enclencher la motivation. Avec cette motivation on peaufine notre technique pour avancer ; une des raisons qui peut nous pousser à abandonner est parce qu'on s'y prend mal, qu'on ne voit pas que ce qu'on fait est contre-productif. Mais si au contraire notre méthode porte ses fruits, alors cela va nous donner un coup de boost supplémentaire pour continuer cette marche, tranquillement.

Si on "fantasme" sur son rêve, on aura une idée fausse sur lui et surtout on va s'autoriser à produire tout un tas de pensées parasites qui feront qu'on n'aura plus la lucidité pour voir ce qu'on désire vraiment. C'est pour ça que ça me paraît important de chercher la manière la plus simple possible d'arriver à son rêve, et de ne pas y penser tout le temps. Il y a des périodes plus ou moins propices à ça et pour moi, s'octroyer des pauses ou des petits plaisirs nous aide à être frais et bien dans notre peau.

Le plus kiffant à mon avis dans tout ça, c'est que on peut arriver à développer une sorte de fringale qui va faire qu'on va toujours aimer se poser de nouveaux défis, repousser nos limites. Avec l'effet d'agrandir notre zone de confort, de forger notre personnalité et d'augmenter vertigineusement notre propre estime. Je suis sûr que toute réussite, même petite, peut nous aider à avoir des relations apaisées, épanouissantes et plaisantes avec les autres. Comme on prend du plaisir, je pense que ça doit se ressentir et il y a un truc qui va faire qu'on va s'ouvrir aux autres, mieux faire attention à ce qu'ils disent, et juste se laisser porter par le moment.

Respect total pour ce post que je ne découvre qu'aujourd'hui.
Tellement parlant, tellement pertinent.

Tout le paragraphe sur ce que cela implique sur sa construction personnelle et le regard des autres est terriblement juste.

Il y a un point sans doute à développer davantage c'est de réaliser à quel point souvent, l'essentiel des barrières qui nous entrave le chemin n'existe que dans notre tête. A quel point l'on peut être doué pour se brider soi-même. De même, la fameuse "pression sociale" n'est finalement rien si vous avez réellement su vous entourer.

Alors voilà, moi j'ai fait ce choix, et je m'en félicite tous les jours, cependant, je crois qu'il est important de rester humble dans la réalisation de nos rêves. De par mes études, mes affinités et mes centres d'intérêt j'ai dans mon entourage de nombreuses personnes qui hésitent à ce carrefour. Je vais leur envoyer ce lien. Je sais que beaucoup ne franchiront pas ce pas, mais c'est un choix qui est aussi (voir plus?) difficile que l'autre et que je comprend et respecte.

Une dernière chose, personne ne vous oblige à être seul pour votre projet. Parfois il faut savoir s'entourer, parfois il faut savoir aller chercher des compétences, parfois il faut juste savoir saisir une opportunité...

Chapeau bas pour cet article d'une rare acuité.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] 100% d'accord le 08.06.15, 19h00 par Thedaze
  • [0] Intéressant le 12.06.15, 20h36 par mistermint
If you want to touch the sky,
Fuck a duck and try to fly !

Mistermint,

Ton premier post est très instructif !
Ça m'a donné la pêche pour persévérer dans mes projets et de ne rien lâcher !

Quand je vois des posts comme le tien ça fait du bien et ça fait plaisir cet esprit-là !

C'est tellement parlant, surtout en ce qui concerne les changements que l'on fait soi-même au cours de la vie, tellement réel !

Encore une fois bravo !

FrenchKiss a écrit :C'est en lisant des choses comme ça que je suis fier d'avoir créé FTS.
Seulement, en lisant des choses comme ça? C'est tout le temps que tu devrais être fier !

C'est en lisant des choses comme ça que je suis fier d'avoir créé FTS.
Oui, après le Troll, bien sûr. 8)

Ouah j'étais complètement passé à coté de ce topic, je suis sur le cul.
Pour avoir échouer dans de nombreux domaines cette année et avoir entendu beaucoup de bouches me dire d'abandonner, ça fait du bien de lire un tel post.

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    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Courage le 12.06.15, 20h36 par mistermint
  • [0] Courage le 13.06.15, 00h47 par Lulla
  • [0] Courage le 14.06.15, 16h25 par SweetyKID

The_PoP a écrit :Il y a un point sans doute à développer davantage c'est de réaliser à quel point souvent, l'essentiel des barrières qui nous entrave le chemin n'existe que dans notre tête. A quel point l'on peut être doué pour se brider soi-même.
Absolument !

Ce qui nous bride pour nous lancer au moment d'en décider, c'est pas qu'on n'en est pas capables (parce qu'on en sait foutrement rien et encore moins autrui), c'est juste qu'on se l'autorise pas encore.
C'est sans doute le plus dur : accepter de se dire capable de [ce qu'on veut accomplir]. Ça touche souvent des éléments profonds en soi... Parce que tel propos dans l'enfance, telle expérience désagréable, sans même se consulter, on a balancé l'éponge et si on traduisait la petite voix à l'intérieur, elle dirait : tu n'es pas fait pour ça.

Et comme nous petits Hommes avons un esprit qui nous pousse le plus souvent à voir la réalité comme un obstacle, je crois qu'il est de bon ton de travailler à "reformuler" la réalité. A défaut de changer les choses, changeons ce qu'on en interprète. C'est un levier puissant, à manier avec précaution au risque de rester aveugle quand on devient trop con, mais ça peut rendre insensible quand on en a besoin.

On n'est pas obligés de s'autoriser à être quelque chose "parce qu'on a de bonnes raisons de l'être" comme beaucoup le pensent. Comme s'il fallait d'abord avoir porté le monde sur ses épaules pour vivre des trucs un peu fous. Je dirais que ça ressemble aux remords d'un usurpateur, qui pose ses fesses à une place où il finit par se sentir mal à l'aise, comme s'il ne l'avait pas méritée. Pour un trône c'est peut-être valable, mais quand c'est aussi bête qu'être soi-même, ça ressemble à des bâtons dans les roues et c'est dommage.

Parfois il faut s'autoriser à être fou avant toute chose, charger la mule sans avoir rien prouvé avant, et on se rend compte que, tiens donc, j'aurais pu faire ça 5 ans avant. Ces 5 ans n'étaient dans ce cas pas le temps nécessaire pour en être capable, mais le temps pour se rendre compte qu'on avait le droit, et que personne ne nous en voudrait de le faire. Souvent, on tâtonne progressivement pour avancer de petite autorisation en petite autorisation.
Spongebob a écrit :Pour avoir échouer dans de nombreux domaines cette année et avoir entendu beaucoup de bouches me dire d'abandonner, ça fait du bien de lire un tel post.
Ça tient à peu de chose. Souvent, pour ce que j'en vois autour de moi (et sur moi-même), c'est un manque de conviction qui fait manquer le coche. Justement cette histoire de tenter un truc tellement inhabituel pour soi qu'on y croit difficilement, et du coup, manque de rage dans le projet, échec de peu, qu'on finit par mettre sur le dos du "c'est pas pour moi", bien plus facile à appliquer que "je vais faire un peu différemment" (surtout quand tu t'étais déjà bien donné et que t'as envie de tout arrêter pour avoir la paix). Courage :D

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