Une jeunesse qui s'enfuit

Note : 25

le 14.09.2016 par Yan

9 réponses / Dernière par vercettiboy22 le 22.09.2016, 02h48

Un forum pour celles et ceux qui s'intéressent au dev perso, à l'équilibre intérieur, à la psychologie. Surmonter ses blocages, ses croyances limitantes, nourrir et développer ses forces, etc.
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Salut FTS, question aux trentenaires+ : comment vivez-vous le fait de passer le cap de la trentaine ?

Je pose la question, parce que c'est pour moi le moment où je commence à comparer ma trajectoire à celle des autres, ce qui me renvoie à mes choix, heureux ou malencontreux, aux trucs que je n'ai pas faits, avec le sentiment douloureux qu'il va être difficile de revenir en arrière, de changer de cap, que le ciment a commencé à figer sur certains trucs.

Bref, engagé dans une voie, moins de marge de manoeuvre que pendant la 20aine, et moins d'énergie / de créativité que fut un temps.

Vous aussi ?

(je vous rassure, je compte pas lancer 18 topics d'un coup, c'est juste que ça me taraude pas mal)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] C'est pas le plus important le 14.09.16, 12h47 par Aristophane

Salut Yan ;)

Ce topic mériterait probablement une réponse plus longue..alors j'y reviendrai peut-être plus tard...

A quoi fais-tu référence quand tu parles de trucs qui commencent à se figer?

Impossible de revenir en arrière, certes, mais changer de cap est toujours envisageable..quel que soit l'âge au final...même si ça demande plus d'énergie, même si ça a quelque chose de plus flippant (peut-être juste parce qu'on a conscience des choses différemment qu'à 20 piges?..Parce qu'on a le sentiment qu'on a plus à perdre?..)

Cette période de remise en question me paraît carrément normale, voire inévitable, et peut-être même salutaire..
En ce qui concerne les choix, heureux ou malheureux, pour ma part, j'ai tendance à garder en tête que ceux que j'ai pu faire à une époque, je les ai faits parce qu'à ce moment là, j'en étais arrivée à penser qu'ils étaient les meilleurs au vu de la situation et de mon état d'esprit à l'instant T...en général ça calme un peu les élans de regrets, de "et si?"...

Bon courage en tous les cas..ces périodes de remouds ne sont pas toujours très confortables, mais je trouve que la trentaine réserve de jolies prises de conscience, et la possibilité de s'accomplir et s'assumer différemment...ce qui n'est pas si désagréable ;)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] En effet le 14.09.16, 12h48 par Aristophane
  • [+1] Pertinent le 14.09.16, 20h42 par Rickhunter
  • [+1] Intéressant le 22.09.16, 14h45 par MaryeL

Salut Yan,

j'ai atteint le cap de la trentaine en Janvier dernier donc cette réflexion est encore fraîche dans ma tête.

Ce ne fut pas évident dans mon cas non plus car contrairement à la vingtaine où l'on est, selon moi, encore trop jeunes pour dresser un premier bilan, la barre des 30 ans nous ramène en travers de la face un état des lieux de notre vécu, en particulier concernant les facettes de notre existence où l'on estime avoir échouer.

Je n'ai pas été bien durant cette période, et c'est en discutant avec des amis principalement que je suis parvenu à en tirer du positif.

Tout d'abord je pense que c'est la société dans laquelle nous vivons qui nous conduit à nous auto évaluer de façon binaire (j'ai réussi ou pas) comme l'on coche des cases sur une checklist, et qui nous fait oublier que nous avons chacun nos origines, notre vécu qui nous conduisent à être les hommes et femmes que nous sommes aujourd'hui, indépendamment de nos choix de vie et qu'il faut oublier à mon sens la logique de réussite ou d'échec, sans intermédiaire possible, du monde dans lequel nous vivons.
Les choses ne sont pas toutes blanches ou noires, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire.

De ce fait je crois que le plus important est de stopper cette mécanique de comparaison et porter un regard honnête mais sans aucun jugement sur notre existence.
Cela dit le fait d'accepter notre parcours ne signifie pas non plus se laisser aller, il faut déterminer quels sont nos objectifs et qu'est ce que l'on peut faire à l'avenir pour aller dans ce sens là, dans le champ de ce sur quoi nous pouvons agir au quotidien : nos actes, nos choix ...

Et enfin se déculpabiliser. J'estime aussi qu'en ce qui concerne ma vie sentimentale, j'aurai pu faire d'avantage, mieux, que j'ai gâcher beaucoup de temps pour des conneries ... Mais d'un autre côté je me rends aussi compte que si j'ai agis de la sorte ce n'était pas un hasard non plus. Je manquais surement de maturité, j'étais de nature introverti à la base, il y avait beaucoup de choses que je devais régler et comprendre en amont avant de pouvoir me lancer dans cette démarche là.

Il s'agit d'un cheminement, et nous avons chacun notre propre route.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] A lire le 14.09.16, 20h41 par Rickhunter
  • [+1] +1 le 14.09.16, 23h35 par Lulla
  • [+2] Post de qualité le 15.09.16, 17h40 par Aristophane
  • [+2] A lire le 15.09.16, 17h54 par Perlambre

J'ai senti un petit cap passer mais au contraire à 30 ans je me sentais pleine bourre.
J'étais plus un petit jeunot vingtenaire mais un homme qui s'assume
Par conte là j'ai 50 ans dans moins de 9 ans, c'est beaucoup moins drôle :-(

Cutter a écrit :J'ai senti un petit cap passer mais au contraire à 30 ans je me sentais pleine bourre.
J'étais plus un petit jeunot vingtenaire mais un homme qui s'assume
Par conte là j'ai 50 ans dans moins de 9 ans, c'est beaucoup moins drôle :-(
A bien y réfléchir, ce qui nous met dedans c'est la référence à l'an 2000 Un nombre tout rond
Alors que mon bac des années 90 me semble bien bien loin.
Les années 2000 on n'en sortira jamais.
16 ans ce n'est pas si loin, et pourtant il s'en est passé des trucs.
Quand je cause à des cousins presqu'adultes de la CDM de 98 et qu'ils me répondent
" chais pas j'étais pas né" ça fout un coup.
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  • [0] lol le 14.09.16, 23h33 par Lulla

J'y reviens...comme promis ;)

Alors pour ma part, la comparaison ne m'a pas (ne me fait pas?) souffrir... Mais j'ai l'impression que même sans ça, un espèce de "bilan" s'impose, un peu par la force des choses, un peu sans qu'on le décide, sans nécessairement qu'une pression extérieure ou sociétale se fasse ressentir...

En ce qui me concerne, j'ai passé le cap des 30 les doigts dans le nez, sans que ça ne change fondamentalement grand chose à ce que je vivais jusque là..
Je dirais que ça a commencé à brasser vers 35 piges, sans que rien ni personne ne me pousse à la réflexion...si ce n'est mon propre vécu pro et perso..

- Qu'est-ce qui me manque là maintenant pour me sentir épanouie?
- Suis-je en accord avec moi-même?
- Puis-je passer l'arme à gauche demain sans regretter 1000 choix faits par frousse?

Je pense que le temps qui passe et la notion de mortalité font écho différemment au cours de la trentaine...une sorte d'horloge biologique qui vous rappelle qu'il y a urgence à prendre son pied, quelque soit la façon dont vous décidez de le prendre...avec ou sans enfant, avec ou sans pognon, avec ou sans situation sociale "enviable"...
Je suppose que plus on avance, plus la pression existe.. La bonne nouvelle c'est qu'il n'est (presque) jamais trop tard pour aller au bout de ses idées/envies/projets...enfin... Je crois ;)

Je fais volontairement abstraction de toute la pression sociale qui existe ici et là, parce que pour ma part, elle n'a pas de place dans ces "chamboulements internes" (ou elle ne devrait pas en avoir à mon sens...)

Je trouve la trentaine à la fois brassante, surprenante, intéressante, plaisante...et déjà trop courte!...Alors... Enjoyyyy :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Like ! le 15.09.16, 09h07 par Baijin
  • [+2] Bien joué le 15.09.16, 13h34 par mistermint
  • [+2] Constructif le 15.09.16, 17h41 par Aristophane
  • [+2] Oui le 15.09.16, 17h55 par Perlambre

Ah, mes 30 ans... Image
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Absolument le 16.09.16, 20h44 par Cutter
Aristophane's touch: " aussi peu que possible, mais autant que nécessaire"...

==> " SPUDO: la voie du pick up"...

Up the irons!

Super intéressant ton topic Yan !

J'avoue garder de mes 30 ans un excellent souvenir, laissant derrière moi des années plutôt brouillonnes.
La trentaine évoque pour moi, le temps de la construction. Une période dense car se jouant sur plusieurs tableaux, en fonction de nos aspirations. Bonne nouvelle au passage, la construction peut se poursuivre longtemps après nos 30 ans. Il ne s'agira plus de poser les pierres des fondations mais celles par exemple d'une nouvelle terrasse...

La trentaine, c'est notre confiance qui s'affirme, nous permettant de prendre du recul notamment sur les injonctions d'une société. Notre environnement social évolue, quitte à s'éloigner de personnes naguère proches. L'énergie nous anime toujours et nous apprenons à l'utiliser autrement. S'il nous arrive d'hésiter, nous accumulons toujours plus d'expériences, nous transformons des projets en réalité. S'enthousiasmer et croquer la vie est plus une question d'état d'esprit que d'âge.

La trentaine c'est aussi savoir rester vigilant en refusant le trop grand confort de la routine, qu'il s'agisse d'amour ou de vie professionnelle. C'est ne pas accorder trop de place à la Raison, sous peine de ne jamais plus oser. Sous la prudence se cache souvent la peur. Rester vivant se prépare à 30 ans : continuer à aimer, à faire confiance, conserver sa curiosité même au prix de quelques égratignures supplémentaires.

Permettez-moi néanmoins de rajouter que croire à un changement radical de cap possible à tout moment dans sa vie est illusoire. Certains de nos choix sont irréversibles, je préfère donc parler d'aménagement plutôt que de changement de cap.

Et remettre indéfiniment certains projets en pensant les mener à bien plus tard est risqué. Parfois "plus tard" se transforme en "trop tard"...

En attendant, profitez !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Absolument le 15.09.16, 18h43 par Aristophane
  • [+2] Instructif le 15.09.16, 20h40 par mistermint

[youtube][/youtube]
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Fichtre ! le 15.09.16, 18h46 par Aristophane
  • [0] Cool le 15.09.16, 21h57 par Marshall Ombre
  • [+1] Intéressant le 16.09.16, 12h09 par Maslow
  • [0] Wow le 16.09.16, 19h52 par mistermint

Aaaaah les 30 ans, j'ai encore un petit moment avant de les atteindre, mais je les prépare en amont pour ainsi dire.

Il faut dire surtout que notre société, bien que devenant de plus en plus vieille, semble encore faire aujourd'hui une frontière bien nette entre avant et après 30 ans. Comme si la jeunesse dans sa forme la plus large, s'entendait seulement en termes de fraîcheur physique.

C'est un peu manichéen comme vision, mais la plupart des gens pensent encore ainsi. Et il en est de même pour ce qui est de notre côté créatif avec des à-priori parfois très flippant à entendre

"Quand on a 20 ans, on est dans le coup, on invente. A 30 ans, on est largué, on ne comprend plus rien."

Alors oui peut être qu'on est plus dans le côté immédiat, mais s'il y a bien un truc que j'attends avec impatience quand je vais atteindre ce fameux palier des 30 ans, c'est le moment où je pourrais me poser et réfléchir sur ce que j'ai accumulé en Expérience.

Parce que c'est peut être le truc le plus cool que la vie a à nous offrir, le fait de conserver et de faire fructifier tout ce qu'on a pu apprendre au cours de notre existence.

Il ne faut pas forcément regarder les Zuckerberg et autres du même modèle...On a pu voir des tas d'exemples de gens qui à un âge que certains diront, avancé (sous-entendu, 30 ans et plus), ont pu pourtant faire de fantastiques choses de leur vie.
Et c'est pas pour rien, ils ont eu l'expérience et ça compense quand même un paquet de truc que l'on a pas dans sa jeunesse.

Par exemple, si j'étais acteur à choisir aujourd'hui, je prendrais sans aucun doute la carrière d'Alan Rickman, qui obtient son succès à 39 ans en ayant eu une existence équilibré, qu'un nombreux paquet de môme starifiés et complètement fusillés dans leur for intérieur.

A 20 ans, on va vite, à 30 ans on prend le temps. Mais la ligne d'arrivée est la même pour tout le monde et ça nous ramène finalement à ce mantra souvent répété, que ce n'est pas l'arrivée qui compte mais le chemin parcouru.

L'exemple de Blusher à ce titre est hyper parlant. Le petit père a finalement vécu, très bien vécu même, mais il connait aujourd'hui un succès semblable à de nombreux mannequins jeunes qui font des défilés. Sauf que je considère son chemin comme nettement plus enrichissant. Je préfère sa vie à celle des jeunes qui le côtoient.


La vieillesse est une force, pas une faiblesse, c'est seulement notre société de consommation qui tente de nous matraquer ça.
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  • [+1] En effet le 22.09.16, 10h09 par Aristophane

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