[A] Se nourrir

Note : 21

le 07.06.2017 par Jalapeno

7 réponses / Dernière par Jalapeno le 08.06.2017, 11h34

Un forum pour parler fitness, musculation, sport et, d'une manière générale, tout ce qui contribue à une bonne santé physique.
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Sur FTS, il y a pas mal de conseils sur différents types de régimes, notamment en matière de prise de masse musculaire ou de perte de poids... mais peu en terme d'alimentation "de base", équilibrée, pour le gars / la fille lambda qui ne suit pas de régime particulier. J'aimerais proposer une approche relativement simple et nuancée de la nourriture, d'en parler en terme de produits (si possible de bonne qualité) et de cuisine plutôt qu'en terme de science ou de nutrition.

Évidemment, c'est un sujet sensible parce qu'on a tous un rapport différent à la bouffe. Pour certains c'est un plaisir, pour d'autres une obligation chiante, voire un ennemi plein de graisse, ou plus prosaïquement une réserve de protéines. Certains ne jurent que par le bio, le slow-food ou la haute gastronomie, d'autres préfèrent la facilité des snacks ou des fast-foods. Parfois c'est une combinaison de tout ça.

Personnellement, j'ai passé ma vie d'étudiant à manger n'importe quoi... par la suite j'ai eu l'occasion de travailler quelques mois dans différentes fermes et donc de rencontrer de nombreux maraîchers, éleveurs, arboriculteurs, apiculteurs... bref, des métiers indispensables, puisque sans eux nous serions littéralement mort de faim :P
Ce cheminement a beaucoup changé ma façon de voir la nourriture et donc de la choisir et de la cuisiner. J'aimerais partager avec vous quelques notions issues de ces rencontres, de livres consacrés à l'alimentation – dont le court mais efficace "Food rules" de Michael Pollan – et de mon expérience personnelle.

Je précise que je suis omnivore et que je n'ai pas d'allergie particulière. Je pratique du sport environ deux fois par semaine mais je n'ai pas d'objectif en terme de perte de poids ou de prise de masse. Je ne suis pas non plus un intégriste de la bouffe saine, les dérapages kebab-bière-chocolat sont légions ; un protocole trèèès scientifique qui me permet d'affirmer que la différence entre les phases équilibrées et les phases déconnades est flagrante :

Image

Disclaimer de rigueur : ce sont des conseils généraux pour vous aider à vous lancer, mais vous devrez les adapter à votre propre cas, notamment si vous êtes diabétique, allergique... Consultez un médecin si vous avez des doutes.

Prenez le temps de cuisiner
C'est tout con mais si vous n'avez pas le temps de cuisiner, vous n'aurez jamais vraiment le choix des produits utilisés et de la façon dont ils sont préparés. Et si vous travaillez au point de ne plus avoir le temps de cuisiner, c'est le moment de revoir vos priorités. Ce temps peut être :
  • réparti de façon régulière sur votre semaine (comptez environ une heure / jour pour préparer 3 repas, par ex : 10 min pour le petit déj', 10 min pour un préparer un sandwich / une salade, 40 min pour un repas plus élaboré).
  • concentré sur une ou deux demi-journées où vous cuisinez plusieurs plats et / ou en grande quantité. Vous pouvez ensuite mettre vos préparations au frigo ou surgeler (voire mettre en conserve si vous avez un peu de matos ou peu de place dans votre frigo).
A ce temps il faut ajouter celui de faire des courses, qui sera bien optimisé si vous suivez les conseils qui suivent.

Achetez une base de condiments et d'ustensiles de cuisine
Mon kit de survie (trouvable un peu partout, pas la peine d'acheter du matos pro si vous débutez) :
  • une grande casserole, une petite casserole, un grand wok, une petite poêle, un grand saladier
  • une louche, un fouet, une spatule et évidemment assiettes, bols, couverts, un four traditionnel et des plaques de cuisson
  • un bon couteau de cuisine, avec une lame de 20 cm. Paradoxalement, au plus un couteau de cuisine est aiguisé au plus il est sûr (moins de risques de glisser et de vous trancher un doigt...). Ca vaut la peine d'investir dans un couteau japonais correct (dans les 20 à 40 euros)
  • sel, poivre (en moulin), herbes de provence, curry, thym, estragon
  • de l'huile d'olive lambda pour la cuisson
  • une huile de qualité qui ne doit pas être cuite, pour l'assaisonnement des salades diverses (ex : huile d'olive vierge extra - généralement 15-20 € / L - mais un gros plus en terme de goût et d'apport nutritionnel)
  • du vinaigre (balsamique ou de cidre)
  • de la moutarde
  • du sucre brun, non raffiné
  • du vrai beurre, pas de la margarine
  • des oeufs (bio et plein air, le premier chiffre imprimé sur l'oeuf est un 0 – pour avoir longtemps travaillé avec des poules, j'insiste, ça fait une vraie différence en terme de goût, de qualité de produit et de bien-être animal)
  • de la farine
  • de l'ail frais (l'ail en poudre ne goute plus rien après quelque semaine) ou du piment pour relever les plats et les sauces
  • du riz et des pates complètes
  • des légumineuses sèches (lentilles, pois chiches, flageolets, fèves...)
  • quelques conserves d'aliments non préparés : des tomates pelées, des sardines, des haricots...
Tout ça se conserve de un (pour le beurre, l'ail et les oeufs) à plusieurs mois. Si vous veillez à garder ce stock à jour, vous avez en permanence le nécessaire pour faire une omelette, une quiche, un truc à tartiner (houmous), un plat vite fait à base de pâtes ou de riz et la vinaigrette ou sauce pour l'accompagner.

Votre liste de course
  • achetez des produits frais, au moins une fois par semaine : essentiellement des légumes, de la salade et des fruits
  • essayez de manger quelques feuilles de salade ou de la verdure à tous les repas (vous pouvez en utiliser en accompagnement, en crudité dans un sandwich, dans une omelette, en soupe...). Notez également que de nombreuses plantes sauvages et très courantes (jeunes pousses d'orties et de pissenlits, ail des ours...) sont comestibles, facilement identifiables et peuvent se récolter si vous avez accès à un coin de campagne ou un parc pas trop pollué à proximité (si ce lieu est fréquenté par des chiens ou des renards, vous pouvez cuire les plantes à 60° par mesure de précaution, sinon un simple lavage eau + vinaigre suffit, plus d'infos ici).
  • si comme moi vous êtes un gros mangeur de pain, achetez le pain le plus complet possible, si possible au levain, c'est plus nourrissant et plus digeste. Bonus : si vraiment vous aimez le bon pain, essayez au moins une fois de le faire vous même, à base d'une vraie farine sans adjuvant. Les autres ingrédients sont simples : de l'eau, du sel et de la levure (ou du levain, que vous pouvez faire vous même également à base d'eau et de farine). Et pourtant 99,9999 % des pains du commerce y compris celui que vous achetez en boulangerie contiennent un surplus de gluten, de l'acide ascorbique, des arômes...
  • si vous avez l'habitude de grignoter des biscuits ou des barres chocolatées entre les repas, remplacez les par des fruits frais ou secs (noisettes, noix, noix de cajou, raisins secs...)
  • en matière de protéines, il y a de bonnes alternatives à la viande rouge (qui est généralement assez chère et qui a un coût environnemental élevé) : les œufs, la volaille, le poisson, les produits laitiers... et pour les végétariens : les légumineuses (pois, haricots, lentilles, fèves), les noix, les graines, les céréales et les légumes
Choisir ses produits
Maintenant que vous savez ce qu'il vous faut, il y a quelques critères importants à prendre en compte pour choisir les meilleurs produits, en fonction de différents critères :

Le goût
  • beaucoup de fruits et légumes développent leur goût caractéristique seulement lorsqu'ils arrivent à maturité sur le plant. Pour arriver rouge dans un supermarché français, une tomate est cueillie verte en Espagne et murira durant le transport au conatct du gaz dégagé par d'autres tomates (l'éthylène).
  • il est possible de forcer une plante à pousser n'importe quel moment de l'année sous un éclairage artificiel, en l'arrosant et en la nourrissant uniquement des éléments nutritifs qui lui sont indispensables (azote, phosphore, potassium, autrement dit les engrais NPK utilisés en agriculture conventionnelle). Les fruits de ces plantes se développent ensuite rapidement en se gorgeant d'eau (notez que le même principe est utilisé pour les animaux élevés en batterie)
  • cependant les conditions "idéales" des cultures industrielles (notamment sous serre) ne sont pas forcément "idéales" en terme de goût. Les carottes et les panais par exemple développent un goût plus sucré après les premières gelées, les plantes développement certains nutriments (les polyphénols) lorsqu'elles sont agressées par un ravageur, un arbre fruitier fructifiera plus après une période de sécheresse...
La qualité nutritionnelle
  • La plupart des nutriments – pour rappel : les vitamines, acides aminés essentiels, acides gras essentiels, minéraux et oligo-éléments – qu'on retrouvent dans les fruits et légumes proviennent du sol (et pas d'une pub pour les yaourt ou l'eau minérale). Si une plante pousse dans un sol pauvre en nutriment (c'est le cas des sols en agriculture conventionnelle qui ont été surexploités), voire hors sol (en hydroponie), ses fruits seront également d'une faible qualité nutritive.
  • Par conséquent, la taille, la couleur et l'aspect général d'un produit ne permettent pas de juger de sa qualité, qu'elle soit gustative ou nutritive
La toxicité éventuelle
C'est un peu triste de devoir parler de toxicité lorsqu'on parle de bouffe, mais vu que la plupart des fruits et légumes sont traités d'une façon ou d'une autre, allons y :
  • par définition un insecticide ou un un herbicide a un impact négatif sur l'environnement (et donc sur nous à plus ou moins long terme) puisqu'il vise à détruire les insectes, les micro-organismes et les plantes jugées "indésirables" (et qui finissent par devenir résistantes auxdits pesticides... c'est l'escalade). A titre d'exemple, le glyphosate (aka "RoundUp"), le désherbant total le plus utilisé dans le monde, est considéré comme très "peu actif pour les animaux à sang chaud" par son fabricant mais comme "cancérigène probable" par l'OMS ; je vous laisse faire votre propre opinion là-dessus :mrgreen:
  • précisions aussi que l'agriculture bio labellisé "AB" n'est pas la panacée en matière d'agriculture "naturelle". Les normes AB autorisent l'usage de biopesticides, la monoculture, l'usage de semences hybrides (F1)... bref, un produit bio "AB" peut avoir été produit dans des conditions similaires à celles de l'agriculture conventionnelle, ça dépend très fort de l'intention de l'agriculteur (véritable engagement ou simple envie de surfer sur la vague du bio)
J'en profite pour évoquer quelques cas qui évoluent en marge de ces deux tendances :
  • les exploitations en "conversion à l'agriculture biologique" qui mettent en place des pratiques biologiques (durant 2 ans en général) avant de pouvoir être labellisé "AB".
  • les exploitations qui appliquent le cahier des charges de l'agriculture biologique (et bien souvent un cahier des charges encore plus strict) mais qui estime que le label "AB" a perdu sa signification (ou trop cher) et refusent d'être labellisées
  • d'autres pratiques encore relativement marginales comme l’agroécologie ou la permaculture qui limitent au minimum les intrants et l'usage de pétrole, favorisent la biodiversité, l'aspect social, le recyclage de biomasse, la vie dans le sol...
Le prix
C'est indéniable, une carotte "bio" coûtera plus cher qu'une carotte produite dans des conditions industrielles (et subventionnées !), a fortiori dans un supermarché.
On peut par contre relativiser ce coût en prenant en compte les éléments suivants :
  • au kilo, le coût de produits frais est généralement négligeable par rapport au prix des produits transformés (barres chocolatées, chips, plats préparés...)
  • la part de budget consacré à l'alimentation est en constante diminution depuis 1960, de même que la place qu'on accorde à l'alimentation par rapport à d'autres dépenses (question de priorités, encore une fois)
Sur les marchés, les prix et la qualité sont très variables, il y a les maraîchers-producteurs et les simples revendeurs. Discutez avec eux, vous serez vite fixé.
Autre possibilité : les petites épiceries qui sont parfois approvisionnées en direct, encore une fois il faut voir au cas par cas.

Le meilleur rapport qualité / prix selon moi, vous l'obtiendrez en contactant une association qui permet aux paysans d'écouler leur production sans intermédiaire, par exemple une AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) en France ou un GASAP (groupe d'achats solidaires de l'agriculture paysanne) en Belgique :
http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php
http://gasap.be/
Le principe est simple : chaque semaine un producteur de votre région livre des assortiments de fruits et légumes à un point de collecte proche de chez vous. En échange vous vous engagez à acheter régulièrement ses produits. Avantage : vous n'avez pas grand chose à faire à part aller chercher le panier qui contient les produits frais et de qualité qu'il vous faut pour cuisiner une semaine, pour une quinzaine d'euros d'environ. C'est aussi un bon moyen pour discuter directement avec l'agriculteur (et la jolie petite hippie brune de votre quartier, tant qu'à faire).
Inconvénient, il n'est généralement pas possible de choisir précisément l'assortiment, c'est variable en fonction des saisons et des récoltes.

Il y aurait encore bien des choses à dire sur tout ça, mais pour résumer :
  • le plus dur c'est de prendre l'habitude d'acheter des produits frais et de les cuisiner
  • une fois que vous aurez pris cette habitude, testez les différentes filières : les supermarchés, les petites épiceries, l'achat direct... comparez les prix et les différences en terme de goût
  • approvisionnez-vous autant que possible auprès des producteurs consciencieux, discutez avec eux si possible, c'est la meilleur garantie en terme de qualité, d'éthique et de prix
N'hésitez pas à compléter ce post avec vos conseils ou vos propres expériences.

Quelques autres topics bouffe sympa :
Les meilleures recettes de FTS : post410504.html
Votre petit déj : post411993.html
Le minimum : le-minimum-vt24379.html

Quelques ressources :
https://www.insee.fr/fr/statistiques/1379769
https://fr.wikipedia.org/wiki/Impact_en ... _de_viande
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roundup
Food rules ("Les règles d'une saine alimentation" en français) de Michael Pollan
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Post de qualité le 07.06.17, 17h21 par Popovski
  • [+3] Sympa :) le 07.06.17, 19h31 par voucny
  • [+1] Miam le 07.06.17, 21h38 par mctyson
  • [+2] Post de qualité le 07.06.17, 21h49 par Onmyoji
  • [+3] A lire le 07.06.17, 23h01 par mistermint
  • [+3] Bravo ! le 08.06.17, 17h24 par Sathinelilly
Très bon post.
remarques en vrac:
-effectivement dans le bio, les produits autorisés peuvent avoir une toxicité plus élevée que celle du roundup et sont utilisés à plus fortes concentrations. Donc si vous voulez éviter les produits toxiques faut vraiment du "non traité" (c'est un label qui tend à se développer)
-beaucoup de gens flippent sur les ogm mais la plupart des plans ogm n'ont pas besoin d'autant de traitements et de ressources (et c'est prouvé et reprouvé qu'il n'y a pas de risque pour la santé). Faites vous votre opinion par la science au lieu de vous laisser convaincre par les cris d'orfraies des mecs qui entraves rien.
-l'allergie au gluten en dehors de la maladie coeliaque ça n'existe pas. Le mec qui avait présenté son existence est revenu sur ses résultats après des études plus rigoureuses. Trop tard, l'industrie agroalimentaire (celle du bio aussi, ils font aussi ça pour le fric, pas que pour les petits oiseaux), et les gens en mal de particularismes pour exister s'étaient emparés du truc (aujourd'hui tu vas dans un resto d'une grande ville tu poses la question tu dois avoir une personne sur dix qui se déclare allergique. C'est aberrant sachant qu'il y a dix ans de ça on avait pas 10% de la population qui souffraient de symptômes inexpliqués. Mais c'est la mode, comme se dire autiste asperger).
-cueillir des herbes et autres dans les champs oui mais faut faire très attention suivant les régions, parce qu'elles peuvent être souillées de traces de déjections animales qui ne partiront pas forcément au lavage (visuellement on a l'impression que c'est ok mais en réalité non), et elles peuvent véhiculer des zoonoses, en particulier des parasitoses très dangereuses (si vous êtes choqués par Alien, à côté de ça c'est la petite maison dans la prairie). Le problème étant qu'elles sont très difficiles à diagnostiquer (et que si votre comportement de cueilleur n'a pas de conséquence chez vous, si vous le faites en déplacement, vous ignorez peut-être des choses connues des gens du cru, mais se renseigner n'est pas toujours suffisant).
-beaucoup de gens flippent sur les ogm mais la plupart des plans ogm n'ont pas besoin d'autant de traitements et de ressources (et c'est prouvé et reprouvé qu'il n'y a pas de risque pour la santé).
Je veux bien les études en ce sens qui ne seraient pas financées par des groupes pharmaceutiques, si tu as. Par ailleurs, si même le gouvernement dit qu'il y a des risques alors que c'est bon pour l'économie, comment dire...

De plus, je ne suis pas sûr que ce soit la façon de traiter les OGM ce qui inquiète les gens ;)
-l'allergie au gluten en dehors de la maladie coeliaque ça n'existe pas. Le mec qui avait présenté son existence est revenu sur ses résultats après des études plus rigoureuses. Trop tard, l'industrie agroalimentaire (celle du bio aussi, ils font aussi ça pour le fric, pas que pour les petits oiseaux), et les gens en mal de particularismes pour exister s'étaient emparés du truc (aujourd'hui tu vas dans un resto d'une grande ville tu poses la question tu dois avoir une personne sur dix qui se déclare allergique. C'est aberrant sachant qu'il y a dix ans de ça on avait pas 10% de la population qui souffraient de symptômes inexpliqués. Mais c'est la mode, comme se dire autiste asperger).
En effet on ne parle pas d'allergie pour le gluten, on parle d'intolérance, ce qui n'a rien à voir on est d'accord... Mais connais-tu les effets du gluten sur les entérocytes ? Connais-tu les conséquences d'un dysfonctionnement des entérocytes ?

Pour le reste d'accord, mais sur ces deux points, pas trop :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Prends un peu de recul le 07.06.17, 23h26 par Onmyoji
L'accord des gens n'est pas important, la science et la vérité n'ont rien à voir avec les opinions individuelles.
Je t'invite cependant à t'instruire sur les sites suivants qui fournissent pléthores de liens vers des études de haute qualité et qui maîtrisent la science concernant les OGM (et pas qui essaient de te faire croire que les gènes insérés dans les OGMs vont venir se greffer sur toi. ça n'arrive pas avec les légumes normaux -encore que ça pourrait expliquer des trucs-, ça risque pas d'arriver avec un gène d'OGM -les mécanismes vecteurs sont absents des versions cultivées-).
Les articles:
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.3 ... 013.823595
http://journals.plos.org/plosone/articl ... ne.0111629
http://nas-sites.org/ge-crops/

Les sites d'information scientifique (la vraie, pas les David Wolfe qui disent de la merde)
https://geneticliteracyproject.org/2014 ... cientists/
http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article- ... 54920.html
http://www.skepticalraptor.com/skeptica ... t-dangers/
http://www.skepticalraptor.com/skeptica ... nsus-safe/
Article non scientifique mais recensant des liens:
https://www.forbes.com/sites/jonentine/ ... 7a4bd58a63

Une explication aussi des raisons qui font que les gens résistent à la vérité en dépit des évidences:
https://www.scientificamerican.com/arti ... -are-safe/


Et des récits sur les débats où les parties contradictoires ont été mises en présence (ça vend du rêve):
http://allianceforscience.cornell.edu/b ... ebate-over

Pour l'intolérance (j'ai employé le mot allergie parce que c'est ce que disent incorrectement la plupart des gens, de toute façon ni l'un ni l'autre ne sont corrects, puisque ça n'existe pas, sinon c'est la maladie coeliaque):
https://www.sciencealert.com/scientists ... sn-t-exist
http://www.realclearscience.com/blog/20 ... itive.html
http://www.realclearscience.com/blog/20 ... exist.html

Effet Nocebo. Pas d'effet sur les enterocytes, on pourrait les nourrir (les pseudo intolérants) avec du mc do, s'ils croient que c'est du bio, ils n'auront aucun problème.
Ou comment les scientifiques ont une vraie démarche scientifique et admettent leurs erreurs. Ce qui les différencie de tous les pseudo scientifiques illuminés qui parlent de bouffe sur le net (david wolfe, jeffrey williams, the food babe, etc) pour vendre des produits 'sains' élaborés par leurs soins (même s'ils les dénigrent par ailleurs, logic fail).

PS: l'industrie pharmaceutique n'a rien à voir avec les OGM qui relèvent plus des groupes agro alimentaires. Les méchants big pharma, ils ont plutôt envie de voir les gens vivre longtemps parce que personne n'échappe à des maladies de temps en temps et aux maladies chroniques de la vieillesse. On est donc pour eux une manne qu'il convient de préserver, pas de transformer en mutants qui mourront de cancers rapidement.
Et puis, qu'on le veuille ou non, ces gens là ont aussi des familles, exposées elles aussi à leurs traitements. Je n'en vois pas beaucoup qui prendraient le risque; toute dérive est donc vraisemblablement le fruit d'un acte isolé (éventuellement d'un groupe restreint), pas d'une stratégie globale.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Post de qualité le 08.06.17, 01h03 par Apheleia
Je t'invite cependant à t'instruire sur les sites suivants qui fournissent pléthores de liens vers des études de haute qualité et qui maîtrisent la science concernant les OGM (et pas qui essaient de te faire croire que les gènes insérés dans les OGMs vont venir se greffer sur toi. ça n'arrive pas avec les légumes normaux -encore que ça pourrait expliquer des trucs-, ça risque pas d'arriver avec un gène d'OGM -les mécanismes vecteurs sont absents des versions cultivées-).
Parce qu'il y a des gens qui croient cela ?... Je comprends mieux pourquoi je sentais de l'agressivité maintenant ;) En tous cas merci beaucoup pour ta réponse de qualité, je vais farfouiller tout cela dès demain ! (je m'étais arrêté sur ces sujets il y a longtemps... 6 ans en fait, fail).

Pour le gluten et le dysfonctionnement des enterocytes j'avais lu ça dans Seignalet si ma mémoire est bonne.
Bon désolé je spamme un peu le post, mais comme j'ai fait le tour, j'en profite pour compléter rapidement. C'était très instructif en tous cas, merci encore.

Du coup pour les OGM, c'est clair que ça devient compliqué de se dire que c'est mauvais pour la santé. Je comprends aussi que tu veuilles prendre les anti-OGM pour des idiots après avoir aperçu certains arguments... il faut dire que de manière générale, les "anti" sont idiots, c'est pas difficile de les ridiculiser. Reste quelques questions de mon côté, mais j'accepte le doute sans sourciller ;)

Autrement pour le gluten, d'accord, on ne trouve pas de conséquences directes - en même temps avec des études qui ne durent pas plus de deux semaines quand soigner des problèmes intestinaux par l'alimentation peut prendre plus d'une année... Bon, on reverra leur méthodo.

À ce propos, la gliadine augmente la porosité intestinale chez... tout le monde, qu'on soit atteint de maladie coeliaque ou non : http://www.drperlmutter.com/wp-content/ ... -01565.pdf (étude réalisée sur 2, 6, 12 mois).

Donc il n'y a pas d'intolérance au gluten au sens propre du terme, on est d'accord. Il y a en revanche des conséquences directes sur le fonctionnement digestif - c'est une nuance non-négligeable.
la science et la vérité n'ont rien à voir avec les opinions individuelles.
Attention on a dit qu'on ne parlait de religion (si c'est trop taquin faut me le dire :))
Ma remarque se voulait une réflexion par rapport aux produits à inclure dans l'alimentation et n'était pas destinée à devenir un débat sur le bien fondé des élucubrations des gens qui se définissent dans la vie par leur alimentation. Au passage les études sont bien menées, la durée employée correspond à une amélioration perçue par les sujets qui ont trois semaines de diète préalable sans rien qui puisse causer des symptômes digestifs.
La durée dont tu parles c'est en cas de maladie coeliaque, pour les autres, beaucoup de gens parlent d'une amélioration immédiate en changeant de diète, on parle pas en mois. Sauf que:
La pseudo intolérance au gluten serait en fait due aux FODMAPs, en fait des glucides. Incidemment les produits processés pour être pauvres en gluten sont moins riches de cette catégorie de glucides, ce qui fait tout le biais de confirmation des gens qui changent de diète et se sentent mieux. Ça n'a rien à voir avec le gluten.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Intéressant le 08.06.17, 11h43 par Apheleia
Onmyoji et Apheleia, merci pour vos réactions.
J'ai complété la partie sur la cueillette avec quelques précautions d'usage.
Onmyoji a écrit :la plupart des plans ogm n'ont pas besoin d'autant de traitements et de ressources
A mon sens, le problème des OGM n'est pas tant leur toxicité en tant que telle mais le fait que la plupart d'entre eux ont été développés pour fonctionner avec des pesticides (donc des traitements). Par exemple les plantes "Roundup Ready" qui ont été conçues pour résister au glyphosate.
Par ailleurs, les plants hybrides (c'est le cas de la plupart des OGM) fournissent des rendements très élevés la première année de culture et des rendements bien moindres la seconde (les plants sont stériles ou dégénèrent).

Dans la nature, les plantes s'adaptent au sol, au climat, aux maladies et aux ravageurs de génération en génération. Exemple personnel : je cultive des tomates en pleine terre (sans traitement évidemment) dans une région assez pluvieuse. La première année, mes plants ont été ravagés par un champignon, le mildiou. Je n'ai récupéré que quelques petites tomates dont j'ai récupéré les graines, que j'ai resemé l'année suivante. Cette année-là, malgré une météo qui était très favorable à ce champignon, aucun de mes plants n'a été malade. J'ai constaté le même principe avec des graines de salades qui se sont resemées spontanément et qui sont ignorées par les limaces, etc.
Outre ces petites anecdotes, le principe d'adaptabilité est scientifiquement prouvé, c'est une stratégie qui est d'ailleurs encouragée par l'INRA.

De son côté, un agriculteur qui cultive des hybrides (ou toute autre graine brevetée) ne peut pas sélectionner ses graines d'année en année, il doit les racheter à son fournisseur. Et bien souvent les pesticides qui vont avec, puisque les hybrides ne peuvent pas s'adapter à tous les cas de figure.

On peut rétorquer qu'un agriculteur ne peut pas non plus se permettre de perdre sa récolte une année pour améliorer ses semences. C'est vrai, a fortiori pour ceux qui ne cultivent qu'une seule variété (monoculture)... mais c'est pourtant ce qui arrive de plus en plus en conventionnel (ex : récolte catastrophique de pommes de terre l'année passée, 65% des oranges ravagées par la psylle en Floride, la banane Cavendish menacée par la fusariose...), malgré tous les "progrès" bio-technologiques.

Tout ça pour dire que je ne crois pas trop à l'argument du "nourrir la planète grâce aux bio-technologies" qui est utilisé depuis 50 ans et qui ne profite finalement qu'aux fabricants des technologies en question. Ça ne veut pas dire retourner à l'âge de pierre, mais juste accepter qu'on est encore loin de tout comprendre et de tout maîtriser. Les agriculteurs qui travaillent avec la nature sont au contraire à l'affut des dernières découvertes en matière de micro-biologie par exemple (un bon petit TED à ce sujet).
Onmyoji a écrit :l'industrie pharmaceutique n'a rien à voir avec les OGM
Au contraire. En 2016, un des plus grand groupe pharmaceutique du monde, Bayer, a acquis Monsanto, un des principaux producteurs d'OGM et de pesticides (dont le RoundUp).
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 08.06.17, 11h44 par Apheleia
  • [+3] Intéressant le 08.06.17, 13h11 par FK
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