Les jeux de rôles - Mon sentiment

Note : 1

le 22.01.2021 par Alex_B

6 réponses / Dernière par Alex_B le 25.01.2021, 14h23

Parce que des fois, on fait autre chose que regarder Netflix. Partagez et discutez ici de ce que vous aimez et de ce qui vous intéresse.
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Hello,

J'aimerais vous parler de ma passion pour les jeux de rôles et échanger avec celles et ceux qui seraient intéressés par le sujet.

Pour ma part, j'ai beaucoup pratiqué les jeux de rôles sur Internet (on se met d'accord sur une histoire, chacun joue son personnage..). Cela revient à écrire une histoire à plusieurs. Ça dure aussi longtemps que les partenaires le désirent. Ma dernière histoire a duré près de 3 ans...

Sinon depuis deux ans, j'ai intégré une petite troupe de rôlistes qui font de la reconstitution historique (en réél - grandeur nature). Donc pendant tout un week-end, on va improviser comme s'il on vivait au XVIIIème siècle, vers 1750. En plus, on doit résoudre des enquêtes policières. Le jeu de rôles s'inspire des enquêtes de Nicolas Le Floch en fait ^^. C'est vraiment passionnant mais malheureusement ça ne dure qu'un week-end et à chaque fois, je déprime lorsque l'on doit revenir au 21ème siècle...

J'aime beaucoup les jeux de rôles mais malheureusement, c'est très addictif. J'ai mis fin avec beaucoup de difficultés à l'histoire sur Internet, ma partenaire me relançait toujours et je retombais dedans à chaque fois. On avait constitué tout un univers. A la fin, j'avais réussi à recruter une dizaine de très bons roleplayers et l'on vivait des histoires (imaginaires) extraordinaires. J'ai fait connaissance avec certains d'entre eux (mais ils habitent trop loin pour que l'on se rencontre) et à vrai dire, on sortait assez peu de notre rôle car raconter nos vies irl ne nous intéresse pas tant que ça.

Mais l'ennui, c'est qu'à force de s'imaginer des trucs extraordinaires; notre vie réelle nous paraît bien fade. De plus, c'est très chronophage que d'écrire un roman permanent. Le pire, c'est d'avoir l'esprit toujours occupé par l'histoire et ne pas être capable de penser à autre chose.... Et puis je délaissais mon entourage, mari, enfants, etc et ça finissait pas créer des tensions car je préférais passer mon temps à écrire ou à dialoguer avec mes partenaires qu'à passer une soirée avec ma famille ou mes amis irl.

Mais j'ai quelquefois des regrets. C'était une passion qui m'animait au moins. Ma partenaire principale me manque beaucoup. C'était une partenaire géniale et originale qui vivait dans sa bulle et dans un univers qu'elle s'était inventé. Elle m'a intégré à cet univers alors qu'à la base, je n'avais pas l'intention de jouer plus d'une soirée ! (Je me suis bien faite avoir...)

Quant au jeu qui se déroule au XVIIIème siècle, là, le dépaysement est total. On s'habille, on parle, on mange, on vit, on pense même, comme au XVIIIème car c'est avant tout de la reconstitution historique et les chefs sont très rigoureux là-dessus. Le but de ce jeu est aussi pédagogique car on accueille du public qui peut être amené à nous poser des questions.

Ce qui est chouette dans le jeu de rôles, c'est que l'on peut oser faire des choses sans craindre les conséquences. Ainsi, cela m'est arrivée d'être condamnée lors d'un procès et envoyée au cachot (lol). Ça me permet donc de mener une vie d'aventurière au XVIIIème siècle comme j'en ai toujours rêvé alors que si j'avais réellement vécu au XVIIIème, je me serais certainement tenue à carreau ! Le système judiciaire n'étant pas aussi clément qu'aujourd'hui !

Dans ce jeu qui se veut réaliste, il n'y a pas de système de points de vie. On a juste un rôle à jouer. Pour ma part, je suis serveuse dans une taverne. Si on meurt, eh bien on meurt, c'est tout. Mais ça arrive rarement. On peut être emprisonné ou même torturé (oui !) et les armes sont réelles (mais chargées à blanc). Si des personnes se battent, on ne décide pas de l'issue de la bagarre aux dés ni par la négociation. Comme dans la vraie vie, c'est le plus fort qui l'emporte. Par ailleurs, il n'y a jamais de coupure dans le jeu "off-play" entre les personnages. Il n'y a que le meneur de jeu qui se permet d'intervenir et de voir certains persos pour ajuster un peu le scénario, notamment dans le cadre de la progression de l'enquête. Pour le reste, on est sur "on" pendant tout le week-end y compris le soir, lorsque le public est parti et que l'on dîne autour d'un banquet. C'est très immersif et c'est ça que j'aime précisément.

Je préfère ça aux jeux qui ont des règles qui font 30 pages avec points de vie (c'est de la triche !) et des épées en mousse (lol). J'ai tenté ce genre de jeu une fois mais j'ai pas accroché car ce n'est pas immersif justement. Les gens ne jouent pas très bien la comédie.... et aussi parce que j'accroche pas trop aux ambiances fantasy.

Mais je serais curieuse de lire vos avis, si certains pratiquent. Quels genre de jeux, quels retours avez-vous sur les jeux de rôles en général ? Merci
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 23.01.21, 07h25 par Onmyoji

Hyper intéressant!
Pour le grandeur nature, comment vous gérez ceux qui s'enflamment trop ? J'ai l'impression que ça nécessite des gens qui savent se gérer et se supporter, ça doit pas être facile de constituer un tel groupe...

FK a écrit :
23.01.21
Pour le grandeur nature, comment vous gérez ceux qui s'enflamment trop ? J'ai l'impression que ça nécessite des gens qui savent se gérer et se supporter, ça doit pas être facile de constituer un tel groupe...
J'ai pas pratiqué personnellement en plein air et en costumes mais d'après des potes qui sont là dedans, une branche du GN d'aujourd'hui a beaucoup intégré les variables de santé mentale des joueurs, avec des "safe space" pour ceux qui se sentent mal en cours de partie, ou des sas de transition pour retourner plus en douceur dans la vie réelle et éviter la déprime de fin de jeu qu'évoque Alex.
La seule fois où j'ai fait un GN court (sur une soirée) on avait un safe word pour faire pause et j'ai trouvé ça parfait.

Sinon Alex, pour pas avoir à choisir entre JDR et IRL, pourquoi ne pas jouer avec ta famille ou tes potes ? Certes si ils débutent ça n'aura pas la même ampleur mais ça pourrait vous permettre de partager quelque chose qui te passionne ?

En tout cas chouette sujet

Pour avoir pratiqué, c'est vraiment d'époque, les safe spaces dans le jdr, et c'est un peu ridicule. Avant on se posait pas la question, et il n'y avait pas de problème. On faisait attention à ne pas dépasser les limites des autres mais ce sont de toute manière des jeux qui impliquent un délire et des modes de pensée commun.
Pour le reste tout est possible, rien n'est obligatoire.
C'est un peu comme si on disait aux gens "parlez moi de vos problèmes", qu'ils n'en sentent pas au départ, mais à force de réfléchir à la question finiraient par conscientiser ça et se dire "oh la ça en fait ça me dérange"; alors que c'est plus de la construction qu'un vrai ressenti.
Le safe word ça a toujours existé dans les murder parties, parce que forcément on joue avec plus d'inconnus ou des groupes de plus grande taille donc plus de variation et plus de difficulté à avoir une vision commune de l'univers de jeu, mais on aurait pu s'en tenir là, et aux discussions préalables sur l'univers de jeu et le type d'histoires jouées.
Et aussi, au retrait volontaire quand on estime qu'on va pas apprécier le sujet (si on est vraiment à cheval sur certaines thématiques comme le racisme et qu'on va pas supporter certaines représentations qui pourtant représentent que des pans ponctuels de l'univers, et dans un certain but, c'est mieux de laisser les gens plus nuancés - mais tout aussi concernés- jouer et découvrir ce qu'il y a dessous).
Pour le problème d' Alex, je te rejoins sur le fait de jouer avec des proches, ou faire des activités autres, ancrées dans le réel et qui permettent de laisser s'exprimer sa vraie personnalité, comme des jeux de société, discuter de films ou autres, c'est un bon départ.
Bref, de faire de ses partenaires de jeu de vrais potes. D'ailleurs idéalement, c'est mieux de prendre ses potes pour jouer, que l'inverse. Ça évite de devoir enrober tout le monde dans du papier bulle et ça permet de s'expliquer plus facilement, de représenter l'univers commun plus aisément et de jouer sur des références communes pour les impliquer.
"That’s pretty much how we get through our own lives, watching television. Smoking crap. Self-medicating. Redirecting our attention. Jacking off. Denial."
Chuck Palaniuk, Choke

Merci à tous pour vos réponses :)

Alors @FK
Hyper intéressant!
Pour le grandeur nature, comment vous gérez ceux qui s'enflamment trop ? J'ai l'impression que ça nécessite des gens qui savent se gérer et se supporter, ça doit pas être facile de constituer un tel groupe...
Dans le jeu grandeur nature auquel je participe, par la nature même de ce jeu (reconstitution historique), les joueurs sont un peu sélectionnés. On est invité à jouer avec eux, une fois qu'ils nous connaissent. J'ai participé à ce jeu pendant 2 ans en tant qu'enquêtrice simple (je faisais partie du public qui a le droit de mener l'enquête aussi) et comme j'étais super impliquée, ils m'ont invité à participer à leur banquet le soir (au motif que j'avais soi-disant gagné... mais j'avais résolu que la moitié de l'enquête...). A ce moment-là, on m'a demandé si ça m'intéressait de rejoindre la troupe et j'ai accepté.

On n'est pas nombreux non plus. Une vingtaine de joueurs (15 hommes pour 5 femmes !) et une vingtaine de figurants, c'est tout. Mais surtout, les participants sont intelligents et instruits. Peu de risque de dérapage. J'ai une grande confiance dans mes partenaires.

Le groupe s'est constitué au fil du temps, des rencontres faites ici et là sur d'autres événements. En fait, beaucoup sont membres d'associations en rapport avec l'Histoire ou les jeux de rôles.

Mais pour tout dire, j'ai l'impression que je suis tombée sur un réseau de royalistes :lol:. J'ai découvert peu à peu que le meneur de jeu était le descendant d'un personne illustre, qu'il était Vicomte, que son frère ainsi que son neveu étaient dans le jeu. J'ai découvert que des figurants avaient des titres de noblesse aussi et enfin, j'ai eu le temps de voir un tatouage sur le poignet d'une femme qui représentait une fleur de lys sur laquelle était inscrite une phrase en latin juste avant que le meneur de jeu ne lui dise "Rhoo tu devrais le cacher"....

Pour en revenir au jeu, les personnes qui s'engagent dans ce jeu le font à bon escient. On sait que c'est assez réaliste. Lorsqu'on est arrêté par les forces de l'ordre, on nous pose de vrais fers et on est jugé sur la place publique. On peut être envoyé au cachot (on joue dans un château médiéval) et on joue avec les codes de la société de l'époque aussi (relations hommes-femmes, classes sociales hiérarchisées, racisme, antisémitisme, superstitions...). Il n'y a pas d'édulcoration de l'époque pour l'adapter à notre société car encore une fois, on fait de la reconstitution historique.
On peut aussi être torturé à la cire de bougie (lol, ça je ne m'y attendais pas mais perso ça m'a fait rire et ça a fait rire celui qui en a été victime aussi - mais rassurez-vous, s'il avait refusé, ils n'auraient rien fait, et puis bon, il n'avait qu'à parler aussi :lol: ).

De toute façon, le meneur de jeu nous consulte toujours lorsqu'il envisage certaines choses pour notre personnage, que ce soit en amont du jeu, au moment de l'élaboration de l'histoire ou pendant le déroulement du jeu. Si on n'est pas d'accord, il apporte des modifications ou demande à quelqu'un d'autre.

Et même si malgré tout ça, quelqu'un s'enflammait, je pense que les autres arriveraient à le canaliser ou à trouver une parade pour le ramener sur terre :D

voucny a écrit :
24.01.21
FK a écrit :
23.01.21
Pour le grandeur nature, comment vous gérez ceux qui s'enflamment trop ? J'ai l'impression que ça nécessite des gens qui savent se gérer et se supporter, ça doit pas être facile de constituer un tel groupe...
J'ai pas pratiqué personnellement en plein air et en costumes mais d'après des potes qui sont là dedans, une branche du GN d'aujourd'hui a beaucoup intégré les variables de santé mentale des joueurs, avec des "safe space" pour ceux qui se sentent mal en cours de partie, ou des sas de transition pour retourner plus en douceur dans la vie réelle et éviter la déprime de fin de jeu qu'évoque Alex.
La seule fois où j'ai fait un GN court (sur une soirée) on avait un safe word pour faire pause et j'ai trouvé ça parfait.

Sinon Alex, pour pas avoir à choisir entre JDR et IRL, pourquoi ne pas jouer avec ta famille ou tes potes ? Certes si ils débutent ça n'aura pas la même ampleur mais ça pourrait vous permettre de partager quelque chose qui te passionne ?

En tout cas chouette sujet
Merci Voucny :)

J'ai l'intention d'essayer un nouveau jeu de rôles "social" en costumes d'époque aussi qui se déroule cette fois en Italie au XVIème siècle. Passions, trahisons, poisons ;) J'ai téléchargé le règlement. Le jeu ressemble davantage à un jeu de rôles classique (on peut avoir des potions de guérison par exemple) mais c'est basé sur un contexte historique. La différence avec ce que je fais actuellement, c'est qu'ils font des entorses à l'époque pour l'adapter à nos normes sociétales. Ça rejoint ce que tu dis. Je ne me souviens plus s'il est question de safe space mais il y a tout un chapitre sur le comportement et l'état d'esprit à avoir avec une liste de comportements (gestes, paroles) à proscrire. Il y a un passage sur les agressions sexuelles simulées qui sont interdites notamment.
Sinon Alex, pour pas avoir à choisir entre JDR et IRL, pourquoi ne pas jouer avec ta famille ou tes potes ? Certes si ils débutent ça n'aura pas la même ampleur mais ça pourrait vous permettre de partager quelque chose qui te passionne ?
Non ce n'est pas du tout leur truc. Pas même les jeux de société. Je n'ai qu'un ami qui adore ça et c'est avec lui que j'ai fait le jeu de rôles bourrin (dans lequel il joue une sorte de pirate viking, j'ai pas trop compris :lol: ) Mais bon lui son truc, c'est la baston générale à coups de massue en mousse.

De toute façon, je n'aimerais pas trop jouer avec mes amis car j'ai envie d'explorer des choses sans être jugée ensuite par mes amis, qui globalement sont un peu trop terre-à-terre pour moi. Et puis c'est bien de sortir de son cercle d'amis habituels et faire de nouvelles rencontres.

Onmyoji a écrit :
24.01.21
Pour avoir pratiqué, c'est vraiment d'époque, les safe spaces dans le jdr, et c'est un peu ridicule. Avant on se posait pas la question, et il n'y avait pas de problème. On faisait attention à ne pas dépasser les limites des autres mais ce sont de toute manière des jeux qui impliquent un délire et des modes de pensée commun.
Pour le reste tout est possible, rien n'est obligatoire.
Oui voilà. Après qu'il y ait des safe space ou des safe word ne me dérange pas.

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