Une fois encore, je vais m’intéresser aux cas extrêmes, qui sont les mecs qui sont le plus influencés par ce qu’ils lisent. Pour autant, et même s’il s’agit d’une caricature, ce genre de problème s’applique, et j’ai pu le constater, à de très nombreux « players ». Je vais assez vite dans l’article, si quelque chose est obscur, n’hésitez pas à me le faire remarquer !
Commençons par le commencement : le cerveau humain, entendu ici au sens « mind » en anglais. Le cerveau est une machine extraordinaire, dont l’un des nombreuses raisons d’être est de trouver des solutions. Pour schématiser, vous lui donnez un objectif et des contraintes, et le cerveau se débrouille pour trouver une solution. Un bon exemple serait ce que vous faites quand vous cliquez avec votre souris: vous ne pensez pas aux milliers d’impulsions nerveuses que vous devez envoyer, où vous devez les envoyer, à quels muscles et dans quel ordre. Vous décidez de faire le geste, et votre cerveau s’occupe de trouver le chemin vers votre objectif.
Mieux : plus vous faites une même tâche, plus votre cerveau finit par trouver la solution rapidement. On pourrait même aller plus loin en parlant d’étapes que le cerveau automatise : ainsi, si vous savez jouer au tennis, vous apprendrez le squash ou le badminton plus rapidement. Le sport n’est pas le même, mais la façon de gérer le timing de la frappe si. Les joueurs de football qui ont développé une très bonne vision périphérique et qui ont appris à profiter des espaces peuvent jouir de cet apprentissage au rugby ou au basketball, également.
Un point fondamental est que pour y parvenir, le cerveau doit être laissé plus ou moins libre. Même si des directions générales sont utiles, il faudra tout de même répéter l’opération de nombreuses fois jusqu’à ce que le pratiquant qui savait comprenne (ce que les anglo-saxons appellent le « aha ! » moment). Il est important que les pistes données soient assez générales pour aiguiller le pratiquant vers quelque chose d’efficace tout en préservant sa propre capacité créatrice à innover et à trouver, dans cette idée générale, sa propre façon de faire, celle qui a un sens pour lui.
Si le temps que passe chacun à apprendre quelque chose est variable, il n’en reste pas moins que l’apprentissage se fait ainsi : un objectif, des contraintes, et l’expérimentation jusqu’à trouver la solution satisfaisante.
Pour autant, pour la plupart des gens, apprendre n’est pas aussi simple. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, mais je vais en prendre trois qui sont, de mon point de vue, les plus pertinentes quant au but de séduire des femmes.
I/Le manque d’estime de soi
Le manque d’estime de soi est souvent, mais pas toujours, lié en fait à une estime de soi conditionnée aux résultats. Si le fait de se sentir mieux lorsqu’on réussit quelque chose est sain et motivant, le fait de se sentir trop mal lorsqu’on rate son coup est un frein puissant à l’expérimentation nécessaire à tout apprentissage. En outre, et c’est plus spécifique à ce qui nous concerne, le fait de n’avoir pas encore appris à s’aimer soi-même conduit également à survaloriser l’importance de l’amour des autres, des femmes en particulier, et donc à survaloriser le rejet comme expérience émotionnelle pénible. Ainsi, le manque d’estime de soi conduit à ne pas suivre son envie et à chercher, avant toute chose, comment éviter l’expérience pénible de l’échec, ce qui aboutit à la fois à l’inaction et au fantasme de la maîtrise.
Que faire ?
La première chose à voir, c’est qu’il n’existe évidemment pas de lien physique entre ce que vous êtes, ce que vous valez, et l’échec, qui n’est au fond qu’un feedback. Si je cherche à tirer une lucarne en fermant les yeux, j’ai beaucoup plus de chances d’échouer qu’en gardant les yeux ouverts. Ca ne veut pas dire que je suis subitement moins bien si je ferme les yeux. Ca ne veut dire qu’une chose : c’est plus compliqué de viser si vous fermez les yeux. La deuxième chose, c’est que le lien automatique qui est fait entre estime de soi et résultat est conditionné. L’être humain est empathique : si quelqu’un est vraiment mal près de vous, vous le ressentez. C’est quelque chose de sain (et accessoirement notre premier outil de communication, bien avant le langage !). En revanche, vous sentir coupable ou nul, même si quelqu’un ne vous apprécie pas, ce n’est pas sain du tout. C’est quelque chose qui a été appris, de faire passer l’avis des autres avant le vôtre et de vous sentir très mal en cas d’échec. Peut-être que vos parents étaient très en colère lorsque vous rameniez un 18 à la maison, parce que ce n’était pas un 20 ? C’est votre vécu, mais la bonne nouvelle, c’est que ce qui s’apprend se désapprend. Si la perspective de vous planter ou du rejet vous fait trop mal, cette piste peut vous servir. Praticiens PNL, psys, TCC, hypnothérapie, etc…sont de bons moyens pour régler cela. Prenez en tout cas conscience que la douleur associée à l’échec vous empêche, par l’expérimentation, de trouver votre façon de faire et vous enferme dans l’inaction et le fantasme, nourri par des ebooks qui vous vendent l’idée qui vous rassure : la réussite certaine.
Par ailleurs, si les conséquences négatives de vos actions vous font vraiment peur, c’est vraisemblablement parce que vous n’en avez jamais connu et que vous les anticipez, et donc les fantasmer (ce qui conduit à ne jamais les connaître, et ainsi de suite). D’expérience, et pour avoir fait subir à mes potes toutes mes « transformations « et les comportements qui allaient avec, je peux vous dire une chose : toute connerie est rattrapable, si vous voulez la rattraper. Alors restez zen !
II/L’absence d’objectif
Un de mes profs de marketing avait une phrase qui nous faisait toujours bien rire : « Tout objectif vague aboutit à une connerie précise. » Beaucoup de mecs arrivent dans la communauté sans savoir ce qu’ils veulent en retirer. D’abord, souvent, parce qu’ils n’ont pas appris à s’affirmer et donc à affirmer ce qu’ils veulent. Contrairement à ce qu’on peut en penser, suivre ce que l’on veut et même le prendre en compte n’est pas naturel pour beaucoup. En fait, on pourrait lancer une discussion philosophique sur le fait qu’être civilisé revient à abandonner ses désirs réels. Sans aller jusque-là (et en plus, ce n’est pas aussi simple), mais apprendre à s’écouter est parfois un chemin long. Si l’on reprend ce qui est écrit en 1, les implications sont simples : en n’ayant pas d’objectif, vous ne permettez pas à votre cerveau de trouver un chemin. En outre, certains écrits dans la communauté favorisent ce qu’on peut appeler une confusion d’objectifs. Ainsi, que vous vouliez une copine stable ou un plan cul, vous devez faire grosso modo la même chose, mais surtout, afin d’obtenir le détachement nécessaire, vous devez d’abord coucher avec beaucoup de femmes de façon à être prêt pour la bonne. Si la dimension apprentissage est réelle et le détachement une bonne chose (voir 1), ça a un effet pervers assez simple à voir : la substitution de l’objectif réel (une copine qui m’aime et qui me plaît, objectif majoritaire, je dirais, pour un bon 70% des gens qui trouvent la communauté) par un autre objectif supposé comme une étape préliminaire obligée (coucher avec pleins de filles qui vous plaisent moins). Le problème, c’est que vous ne pouvez vous tromper vous-même que jusqu’à un certain point. Au fond, vous sentez ce dont vous avez envie, et le résultat est généralement un de ces deux-là :
-soit vous restez sans rien faire, parce qu’au fond, vous ne voulez tout simplement pas faire ça, et vous vous sentez coupable tout en vous headfuckant de théorie.
-soit vous parvenez à vous motiver (en vous reniant un peu au passage ce qui est sans doute une des raisons de la vibe très étrange que de nombreux players dégagent), et vous enchaînez des nanas qui, bien que sympathiques, n’ont au final pas d’effet sur ce que vous ressentez face aux femmes qui vous plaisent vraiment. Le problème, c’est qu’au lieu d’en sortir, de nombreux players redoublent d’efforts parce qu’ils pensent qu’en continuant dans cette voie, ça finira bien par venir. Ils se retrouvent avec une fausse solution, parce qu’ils font une équivalence entre celle-ci et leur objectif réel, tout simplement parce qu’on le leur a dit et qu’ils n’ont pas de raisons, ni de recul pour en douter.
On ajoutera à ça la dimension purement narcissique, c’est-à -dire l’objectif plus ou moins avoué de devenir « parfait », une sorte de surhomme qui contrôle ses émotions, son sommeil et maîtrise les dynamiques sociales. Le problème avec la maîtrise des dynamiques sociales, c’est que ça ne veut rien dire. Des gens vous aimeront, des gens vous détesteront et une majorité vous trouvera sympa tout en vous oubliant dans l’heure qui suit quel que soit votre façon d’être. Ainsi, maîtriser le « Game » est un objectif vide (mais souvent lié à quelque chose d’autre qui lui prête donc la charge de motivation) et il aboutit, sans surprise, à ne rien réussir, hormis répéter certains comportements supposés parfaits. J’ai ainsi pu croiser un player qui, de façon remarquable, « s’éjectait » systématiquement de chaque set après son « opener », même quand la fille était visiblement intéréssée. Devant ma surprise, il m’expliqua que son but était « la maîtrise du Game, pas de baiser », ce qu’il trouvait apparemment bien trop bas de plafond (c’était un monsieur important sur un forum de coach aux initiales nazies). Ainsi, perfectionner un comportement devenait son objectif principal, devant celui d’entrer dans l’intimité des filles, et alors même qu’il était supposé l’y conduire, il ne faisait que le retarder sur ce chemin. Si lui faisait l’équivalence, son cerveau ne la faisait pas.
Que faire ?
C’est tout con : définissez votre objectif, et soyez honnête. Certains articles laissent entendre que c’est AFC (sous-entendu : mal et assez pathétique) de vouloir se caser et être niais avec sa nana en lui disant qu’elle est mimitoutpleinnyounyounyoiu, mais si c’est votre objectif, si c’est ce que vous désirez, vous vous ferez plus de mal en le refoulant qu’en le poursuivant (et c’est un niais qui vous le dit). Si vous considérez qu’il est mieux, pour atteindre cet objectif, de vous en fixer un autre, vérifier au moins que les deux ont un lien. Se débarrasser de la peur d’approcher OK, mais devenir un connard H2G (si vous ne comprenez pas cet acronyme, je vous félicite) ne vous rapprochera pas du type de fille que vous voulez réellement. Par contre, ça vous rapprochera probablement les nanas qui sont compatibles avec ce genre de profil (et encore, moins qu’un type qui serait vraiment comme ça ou vraiment niais, parce que vous ne pouvez pas vraiment faker une façon d’être, et vous vous retrouverez le cul entre deux chaises, ce qui ne vous aidera pas non plus en termes de résultats). Au final, on devient bon à ce qu’on fait de façon répétée, c’est-à -dire à un certain objectif. Assurez-vous que votre objectif est ce que vous voulez, parce qu’autrement, vous deviendrez bon à obtenir ce que vous ne voulez pas. Avouez que ce serait con.
III/L’idée qu’il existe une façon parfaite de procéder
J’ai vu, il n’y a pas longtemps, qu’une coach US (Erika Awakening pour ne pas la nommer : restez-en loin !) vend un produit appelé « Anatomy of a Perfect Seduction ». Son pitch, c’est qu’un jour, un type est venu la draguer et qu’en deux heures, il l’a ramenée dans sa chambre d’hôtel. Du coup, elle en a déduit qu’il avait suivi une certaine structure, et la vend comme solution à ceux qui n’arrivent pas à ce genre de résultat. En admettant que l’histoire est vraie, et en omettant qu’il lui plaisait et que c’est parce qu’il lui plaisait qu’elle a trouvé tout ce qu’il faisait parfait, on reste avec une idée qui a fait des ravages dans la tête de beaucoup de jeunes encore trop influençables par manque d’expérience : l’idée qu’il existe une (ou deux ou trois) façon de faire pour parvenir à ses fins. Ces façons de faire venaient généralement, dans le meilleur des cas, de l’observation empirique de « naturals » en train de papoter avec des poupounes. D’un point de vue objectif, il paraissait donc logique que reproduire cette façon de faire devrait amener au même résultat. Pour autant, le lecteur assidu d’ebook (qui a sans doute le problème listé en 1, et sans doute en 2) n’est pas dans la tête du « natural ». Ce qu’il ne voit pas, c’est que si notre ami séducteur sort telle ou telle réplique, ce n’est pas parce qu’en soi elle est parfaite, mais parce qu’ayant l’expérience de poursuivre son but, de reconnaître les femmes intéréssées et de « penser sur ses pieds », cette réplique lui a paru, dans ce contexte, être une bonne idée. Notre apprenti-séducteur, n’ayant pas d’objectif précis et ayant trop peur de se tromper, se retrouve lui à dire des choses et à se comporter d’une façon dont il pense qu’elle doit automatiquement amener le succès. Il n’arrive pas à appréhender l’aspect dynamique de ce que fait le natural suffisamment décidé à apprendre, tout simplement parce que s’il le pouvait, il ne serait pas là ! S’il en était capable, et que son objectif était de trouver une copine ou de baiser, il ferait les choses à sa façon, ajusterait le tir en temps réel de plus en plus efficacement avec le temps, et se retrouverait avec la « méthode » qui a du sens pour lui.
Le problème qu’il y a à penser qu’il existe une façon de faire à suivre, c’est qu’au moment de passer à la pratique, vous exercez votre mémoire au lieu d’exercer votre capacité à vous adapter en vue d’un objectif, qui est précisément ce dont vous avez besoin.
On pourrait également développer sur le fait que cette idée rejoint l’idée d’être un bon garçon, c’est-à -dire qu’en se comportant de la façon attendue, tout vient tout seul, et qui se frustre si ce n’est pas le cas. De fait, devenir un homme consiste aussi à substituer la volonté propre à l’obéissance et à aller chercher à sa manière ce qu’on se contentait auparavant d’attendre en essayant d’être assez bon.
Que faire ?
Bien que les conventions sociales s’apprennent, l’expérience prouve qu’elles s’apprennent vraiment très rapidement, sauf cas neurologique grave (, sociopathologie,autisme, Asperger, etc, que vous n'avez a priori statistiquement pas). Surtout, elles n’ont pas à être conscientisées, parce que paradoxalement, cela ralentit l’apprentissage. Vous avez besoin de suivre votre instinct, voir où il vous mène et corriger le tir en temps réel grâce au feedback, ce que le cerveau fait de façon automatique pour peu que vous le laissiez faire, et ne comptiez pas sur votre mémoire consciente. Dans le très bon Psycho-Cybernetics, l’auteur fait remarquer à propos des missiles à tête chercheuse qu’ils ne peuvent toucher leur cible mouvante que s’ils partent, se trompent et corrigent. En effet, par définition, programmer une trajectoire parfaite a priori ne fonctionne que sur une cible fixe. Sur une cible mouvante, il faudrait sans cesse recalculer avant de lancer ce qui, in fine, n’aboutirait qu’à une chose : ne jamais lancer le missile. La tête chercheuse vise un point précis et fait réagir le système de poussée lorsqu’un écart trop important se creuse. A force d’écarts corrigés successivement, le missile touche sa cible. Votre cerveau fonctionne de la même façon : une fois que vous avez lâché la peur de l’échec et que vous avez votre objectif en tête, laissez-le faire ! C’est son job.
Conclusion
Il y a longtemps, on m'a dit sur le forum de l'homme à la source que le gourou remplaçait le père pour ceux qui n'avaient jamais eu de père pour leur montrer comment faire. Etre anxieux face à la nouveauté est normal et sain. Compter sur quelqu'un d'autre pour vous fournir les réponses ne l'est pas, même si ça a l'air d'une bonne idée. Le problème des sourciers n'était pas que personne n'était là dans lemonde réel pour leur apprendre comment faire. Leur problème était qu'ils avaient si peur de chercher qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour leur montrer. Certains en sont à demander à leur maître quelle chaîne hi-fi acheter pour être sexué. Certes, demander des conseils en cas de blocage extrême est utile, mais il s'agira alors pour le bon coach de vous faire trouver en vous la ressource utile, plutôt que de vous plaquer une façon de faire toute faite, qui n'est que le chemin que son cerveau à lui a trouvé en direction de ses objectifs personnels.
- Notes et commentaires reçus par ce post :
- +3 (A lire) le 08.11.11, 16h28 par Tisi
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- +2 (Ca va mieux en le disant) le 08.11.11, 16h57 par Holden Caulfield
- +2 (+1) le 08.11.11, 17h10 par Mr.Smooth
- +1 (Instructif) le 08.11.11, 17h13 par Djudj
- +1 (Encore!) le 08.11.11, 18h05 par shadonkey
- +1 (Constructif) le 08.11.11, 18h52 par Fate
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- +1 (Instructif) le 08.11.11, 22h17 par Trip Fontaine
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- +1 (Très intéressant) le 10.11.11, 00h05 par ComeBackHome
- +2 (Post de qualité) le 12.11.11, 00h07 par cyberseb
- +1 (Constructif) le 12.11.11, 13h30 par Mikau
- +1 (Post de qualité) le 14.11.11, 23h01 par Gnou
- +1 (Sympa :)) le 03.03.12, 13h27 par Luminescence
- +1 (Constructif) le 29.03.12, 00h55 par Mouchy






