Mental et Vie intérieure

Cultivez les bonnes ondes (et : comment ma « gentillesse » paye 75% de mon loyer)

Je me fais très régulièrement taxer de bisounours parce que je suis une putain de Hippie (la barbe en moins, et dans le corps d’une chanteuse de pop). Mais ce dont je vais parler dans cet article, bien que difficile à expliquer, est bien réel.

(oui, je sais, l’illustration est un poil cynique, mais ça me fait marrer, et puis c’était ça ou des hippies qui font la farandole)

Etre gentil, ce n’est pas *juste* parler correctement à la boulangère; ce n’est pas non plus se faire pigeonner à la moindre occasion : c’est un état d’esprit, espèce de mix entre optimisme, douceur et lâcher prise.

Plus qu’une qualité, c’est une attitude qui peux changer votre vie et vous apporter énormément de bonnes choses.

Cet article risque de sonner très bisounours pour les plus cyniques d’entre vous, mais je vous assure que je parle de quelque chose de bien réel.

Je parle en connaissance de cause: ce même état d’esprit dont je parle paye la majeure partie du toit que j’ai au dessus de ma tête. J’y reviendrai un peu plus bas.

Gentillesse VS cynisme

Peut-on réussir dans la vie en restant quelqu’un de bien ? Sans tricher, sans enfoncer les autres, sans les mettre dans la merde à son profit ?

Franchement ? Les gens « honnêtes » et de bonne volonté ont souvent l’air d’être les dindons de la farce, là où les salopards ont souvent l’air de s’en tirer à bon compte, un sourire insolent aux lèvres…

Mais ça, c’est pas le long terme. Sur le long terme, les connards finnissent seuls et / ou entourés de gens aussi toxiques qu’eux, rongés par la solitude et le sentiment de s’être construit un univers empoisonnés qui les éloigne de l’humanité. Certains comprennent qu’ils doivent leur vie de merde à leurs propres actions pourries; d’autres se contentent de s’enfoncer toujours plus dans l’aigreur et la négativité, jusqu’à perdre pied complètement.

Rien qui fasse rêver, a priori.

En parallèle, les gens intègres, généreux et de bonne volonté récoltent les fruits de leur bon esprit – parfois, sous des formes très innatendues.

Bien sûr, rien n’est jamais si tranché dans la vie. Personne n’est 100 % clean, ou 100% pourri : on porte tous notre propre part d’ombre, et notre propre collection d’actes honteux dont on est vraiment pas fiers… mais globalement, les gens merdiques ont une vie de merde; et les gens de bonne volonté, bien qu’imparfaits, récoltent quand même pas mal les fruits de leur bon esprit.

C’est là que je vous raconte comment je me suis retrouvée à occuper un grand appart parisien pour quasi rien, juste parce que j’ai su me mettre à la bonne de l’Univers (enfin je crois – et ce, malgré tous les défauts et les casserolles que je me traîne).

Mais d’abord, je voudrais parler gentillesse. On a trop souvent une mauvaise notion de ce que cela représente. On voit le gentil comme un simplet et un pigeon. Ce n’est pas le cas.

Gentillesse, mode d’emploi

Comme je disais en introduction, la « gentillesse » est un mix de qualités. Le « gentil » cultive ces qualités, qui lui valent toutes les bonnes ondes dont il bénéficie.

  • L’absence de colère cachée

Beaucoup de gens nourrissent de sombres nuages en eux : ils se trainent des colères mal digérées, des blessures mal cicatrisées, et au fond d’eux-même, ça gronde. Et quoi qu’ils fassent, c’est pollué par cette noirceur, et leurs relations s’en trouvent salies elles aussi. Comme un mauvais goût dans la bouche, ça gâche tout, et ça les empêche de lâcher prise, d’accepter l’idée de baisser leur garde : après tout, ils cultivent l’idée qu’ils ont des ennemis, et qu’ils doivent faire attention. Alors ils ne sont jamais détendus, ouvert et réellement optimistes.

Le vrai gentil est un optimiste, et il a intégré une espèce de zen attitude, qui lui donne la certitude absolue que « quoi qu’il arrive, ça ira », et que rien ne sert de vivre dans la peur du pire : advienne que pourra. Et tout ira bien. Il n’a pas d’ennemis, car il a pardonné – à lui même en premier, à ses parents pour leurs imperfections et leurs promesses non tenues – et à tous ceux qu’il a rencontré.

Il avance dans la vie le coeur ouvert et sans crainte des obstacles, car il a confiance. Et cet état d’esprit lui épargne embrouilles, prises de tête et toxicité.

Je suis consciente que ce paragraphe sonne très « hippie illuminé », mais c’est quelque chose de très concret chez certaines personnes. Observez et vous verrez les bienfaits que ça leur apporte – directement, et indirectement. Comparez aux emmerdes que se coltinent les aigris, les stressés, les énervés et insatisfaits chroniques, qui se voient des ennemis et des affronts partout, et méditez là dessus.

Le karma est une chose bien réelle.

  • Le lâcher prise

Il en était question dans un récent article sur FTS : le lâcher prise est l’une des clés du bonheur et de relations plus riches au quotidien. C’est le fait d’accepter que l’on ne maîtrise pas tout, et d’accepter que des choses imprévues / inattendues puissent arriver dans votre vie – sans que ça soit nécessairement une mauvaise chose.

Beaucoup de gens ont peur de l’inconnu, de l’imprévu, de l’inconfort que cela peut générer : mais si on arrive à se débarrasser de cette peur et à accepter les évènements comme ils viennent, on atteint une espèce de légereté et de fluidité qui apportent énormément de bonnes choses dans la vie.

  • Une douceur envers les faibles

Ouvrez les yeux  sur les gens qui ont besoin d’aide : c’est un réflexe à intégrer au quotidien. Si quelqu’un exprime un besoin (de l’aide, un service du temps…) demandez-vous s’il vous est possible de lui fournir et si cela vous est possible à un coût personnel acceptable, FONCEZ. Multipliez les gentilles attentions, semez-les sans jamais vous demander comment elles pourraient vous êtes utiles. Semez les gestes sympas et n’y pensez plus… L’univers a sa façon bien à lui de vous récompenser pour ça (c’est la fameuse notion de « Serendipité« , ou « cadeaux du ciel qui tombent à point grâce à quelque chose que vous avez fait / dit longtemps avant ça »).

Quand j’étais petite, ma mère me reprochait souvent mon côté « bonne poire ». Et une de ses phrase préférée était « Ce n’est pas ta gentillesse qui paiera ton loyer plus tard ». Et beaucoup de gens, comme ma mère, sont convaincus que la bonté est une faiblesse que les gens vont s’empresser de retourner contre soi. Mais la vie m’a prouvé l’exact inverse.

Attention, mode MyLife.com : ON.

Il y a trois ans, je vivais le rêve. J’avais un fiancé adorable, un bel appart dans un bel immeuble haussmannien, une chouette bande d’amis drôles et branchés et j’étais sur l’écriture de mon premier livre. J’ai donc décidé, de rendre à la vie tous ces bienfaits et de me  lancer dans le bénévolat. J’ai investi une association qui milite aux cotés des femmes handicapées. Durant un an et sans trop me poser de questions, j’ai donné du temps et de l’énergie aux côté de la présidente de cette asso. Six mois après mon entrée au sein de l’organisation, je perds tout : Mon job de rédactrice, mon fiancé et mon appart (que je laisse à mon fiancé, en plus de mes meubles). Retour à la case « chez mes parents ». Je dors sur un matelas par terre, pleure mon ex toutes les nuits et me résigne à prendre le premier job alimentaire qui me tombe sous la main. Un cauchemar.

Le jour de mon anniversaire, la présidente de mon association m’appelle et me fait une proposition inattendue :

  • -Dis-moi ma chérie, tu es toujours chez tes parents ?
  • -Oui, pourquoi ?
  • -J’ai un plan pour toi : Une de nos adhérentes a besoin d’une jeune fille pour s’occuper d’elle un weekend par mois, et en échange sa famille propose de disposer d’un grand appartement en plein cœur de Paris pour un loyer quasi-nul. Je t’ai recommandé parce que je te connais bien et que je sais que tu es apte à remplir ce genre de mission…

Et non seulement j’ai un toit au-dessus de la tête, mais en plus, je me suis fait une précieuse amie puisse que cette adhérente dont je m’occupe est aujourd’hui une des personnes que j’aime le plus au monde. C’est aussi en faisant du bénévolat au sein d’une radio associative que j’ai rencontré l’homme que j’aime et qui partage ma vie (et un chèque-surprise de la SACEM pour les droits d’auteurs. ça c’était la cerise sur le cupcake)

Moralité : semez autour de vous les bonnes actions, cultivez les bonnes ondes, et laissez tout ça vous revenir à la gueule comme un boomerang plein d’amour, d’arc-en-ciel et de poney.

Le monde est petit, les mémoires sont plus longues que l’on ne le pense et l’on finit toujours par récolter ce que l’on sème.

Les (vrais) bénéfices de la gentillesse

Le fait de cultiver ainsi cette « gentillesse » (envers les autres et envers soi-même) permet la mise en place de plusieurs dynamiques positives, qui produisent notamment les effets suivants :

  • Une estime de soi revue à la hausse

L’estime de soi est directement reliée à ses propres actions. Et plus vous avez de raisons d’être fier de vous en accomplissant de grandes choses. Souvenez-vous de ce petit sentiment de bien-être qui vous a étreint la dernière fois que vous avez rendu service : Le regard brillant de reconnaissance de la mémé du troisième-porte-gauche quand vous lui avez porté son pack d’eau jusque sur son paillasson. N’avez-vous pas envie de vivre à nouveau ce délectable sentiment.

  • Vous donnerez une meilleure image de vous

Ne craignez pas de passer pour un ravi de la crèche. Passé 22 ans Tony Montana ne fait plus rêver personne, sauf chez les cassos. Au pire on vous traitera de sale niais. Ça m’arrive tous les jours et j’en suis pas morte. Et au final votre image sera toujours meilleure que celle d’un braqueur de boulangerie.

Mais le plus fou, sera que bizarrement, au moment où vous vous y attendrez le moins, on vous rendra l’ascenseur : beaucoup de gens attribueront cela à la chance, au destin, ou que sais-je, mais la gentillesse ouvre beaucoup d’opportunités inopinées, et nous sauve même carrément parfois les miches dans les moments les plus critiques.

Commentaires / Discussion

Cet article vous a plu ? Vous avez des questions ? Vous souhaitez réagir, ou apporter des précisions ? Laissez-nous vos commentaires ci-dessous.

Les commentaires agressifs, discourtois, non constructifs, ou simplement désagréables seront supprimés.

  • Georgi Avramov

    Tres bon article ;) Lula meme si certaines choses sont suceptibles de critiques , dans le general tu donne du courage a ceux ou celles qui ont besoin :) Bravo

  • compan34

    Ce que j’aime bien dans cet article, c’est qu’au final c’est au moment ou on s’y attends le moins que la gentillesse nous rend la pareille, la gentillesse doit être au final un acte délibéré avant toute chose, une manière de vivre et non pas une façon d’espérer ou de tirer un quelconque avantage. Je dirai aussi qu’il est plus facile d’être gentil avec les autres dans des périodes où l’on est soit même heureux car lorsqu’on est malheureux on est souvent bloqué par ses propres problèmes et donc moins ouvert aux autres.
    Pour finir, la tolérance est une valeur très importante de la vie mais une des plus compliquées à mettre en oeuvre car elle demande une totale ouverture et empathie sur l’autre, il y a un excellent film traitant du sujet : Elephant man de David Lynch je sais pas si certains l’ont vus ici mais je recommande fortement ce film à tous :).

  • Yo Spolyk

    Un article qui me rappelle une vidéo. A la base c’est une pub, mais elle raconte vraiment quelque chose

    https://www.youtube.com/watch?v=We3lYkgWEh0

  • La gentillesse peut faire peur, mais c’est en général parce qu’on l’associe à la soumission, voire à la lâcheté… genre la personne qui n’ose pas dire non. Mais quand on a une personnalité affirmée et qu’on est capable de se positionner, de s’assumer et de se défendre au besoin, la gentillesse est plus qu’une qualité. C’est l’acte d’amour qui nous relie aux autres. Et ça en effet, l’univers adore !

  • Matthieu Zourite

    Article émouvant pour ma part. Bien écrit. Splendide. Mise en pratique maintenant !

  • mideseo

    Je suis moyennement convaincu.
    Alors c’est pas faute d’avoir averti a l’avance qu’il s’agissait d’un article aux effluves bisounours, mais franchement, j’ai plus l’impression de faire face à un cas isolé qu’une généralité.
    Je ne détiens aucune vérité générale, et peut-etre me trompe-je.
    J’ai un ami qui, dans le meme style, a vécu 3 mois en Espagne en étant logé. Il est gentil aussi.Mais pour moi, c’est pas la gentillesse qui a fait la différence, sinon les bonnes vibrations qu’il entretient avec les gens qui ont des possibilités.
    Pour ton cas, la dame en question est une de tes meilleures amies aussi. C’est plus qu’une question de gentillesse.
    Je vois plus la une question d’idéalisme de partage que tu as en commun avec ton cercle social. Car la gentillesse est bien rendue par les hippies et les gens engagés. Mais les autres s’en foutent un peu (je généralise).

  • Hypnoziss

    Merci pour cette bouffée d’air !
    Ça fait plaiz’ de voir une courageuse qui se lance dans le gouffre de la positivité. Car pour moi la gentillesse certes, mais c’est plutôt le caractère profondément bienfaisant et positif d’une personne qui lui permet de créer des liens. Mais ça ne fait pas tout. Et puis c’est dur, très dur d’être gentil(le). Il est plus facile, dans l’immédiat, de faire pour soi en écrasant les autres que de faire pour les autres sans s’oublier soi-même.
    S’aimer en aimant les autres. Le rêve !
    Thank-you hippie-mind/pop-body girl ;).

    Ps: Et puis franchement, les Bisounours ça rox !

  • lorenzo

    Parce que la gentillesse c’est aussi et SURTOUT a long terme que ca paie !
    Et, certes oui, les autres s’en foutent, mais pas 100% des autres. Meme si c’est 90%; les 10% qui restent peuvent faire toute la difference ;)

  • VINK

    Encore faut il croiser sur sa route des gens qui font partie des 10% parce que bon ils sont pas a tous les coins de rue non plus

  • Si si, il a tout à fait sa place sur FTS. Tu vois pas en quoi le tempérament et la sociabilité peuvent être des éléments clés du relationnel ?

  • Paul K.

    Je dois avouer que je n’avais pas lu l’article entièrement.
    Le titre fait trop publicité sur internet « comment gagner 3000 en 2 heures » et j’ai jugé à la hâte.

  • DavidKr

    Article tout à fait intéressant et pertinent, mais qui occulte tout de même que 90% du temps, les bonnes actions seront sans retour et sans lendemain. Mais ce n’est pas grave, le simple bonheur de rendre service aux gens compense largement le temps « perdu » (est-ce vraiment du temps perdu, là est la question..)

    Le passage ou on monte l’eau de sa voisine âgée m’a fait sourire, vu que je l’ai fait.. j’avais une côte d’enfer auprès d’elle après ça…

    Globalement, ce sont des principes que j’essaie d’appliquer, même s’il n’est pas toujours facile de pardonner / d’oublier.

  • serge EKWA

    je suis totalement d’accord avec toi, mes amis m’appellent BOB MARLEY ou le Hyppie Black parce que j’ai cette même philosophie de vie, et quelques temsp plus tard ils viennent me dire que c’est moi qui avaient raison. Combien de fois on m’avait fait cette raison on ne vit pas dans le monde des bisous nours mais à la fin les gens qui me l’ont dit ce sont rendus compte, ce qui est important c’est le lâcher prise pour être plus heureux

  • Wilfried

    Très sympa ton article, je suis également sur cette ligne de pensée. Les pensées positives attirent les événements positifs. Et lorsqu’un événement négatif arrive il ne faut pas lâcher son attitude positive car du négatif cache toujours du positif, c’est la façon de penser qui fera la différence.
    Bravo Lula pour ton article il est inspirant :)

  • Luc

    je serais d’accord sauf que dans notre société en etant meme un peu gentil tu passes vraiment pour un c*, en d’autres termes c’est de moins en moins accepté socialement
    par contre je le vois comme une forme d’altruisme ou meme d’idealisme
    Dans ce milieu associatif tres particulier l’altruisme est une valeur valorisée
    par contre dans d’autres milieux toute gentillesse meme minimale est directement considérée comme de la faiblesse, je pense au milieu professionel

  • Hmm j’ai plein de contre exemples. Attention à ne pas faire de quelques cas une généralité : on trouve de tout. Des millieurs dans lesquels la gentilesse (qui ne veut pas dire servilité ou manque de personnalité, j’insiste) paye; et d’autres, plus dysfonctionnels, où elle est méprisée / instrumentalisée.

  • Jack P

    Un vrai adepte du stoicisme ;)

  • Frédéric

    Lula, j’espère que tu auras eu le temps de voir mon post. Je te félicite pour ton article, ici tu as cassé les règles cartésienne de notre société française. C’est vrai que dans la vie tout n’est pas logique et c’est ça qui fait la beauté de notre vie, les personnes ayant une forte spiritualité le comprennent et je pense que c’est ton cas… En tout cas je retient de ton texte que quand on fait le bien il faut laisser notre acte le temps qu’il germe avant d’en cueillir les fruits…