Sexe : comment faire l'amour

Sexe anal et sodomie

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Tout ce qu'il faut savoir sur le sexe anal, et pour bien en profiter dans de bonnes conditions

Pratique sexuelle longtemps tabou, la sodomie intéresse de plus en plus de couples, et soulève bon nombre de questions. Mais beaucoup d’informations fausses continuent de circuler sur la sodomie.

Faisons le point sur le sujet du sexe anal et de la sodomie.

La sodomie est la pénétration de l’anus puis du rectum du ou de la partenaire, généralement avec le pénis, bien qu’un sex-toy puisse le remplacer. En utilisant un gode-ceinture, une femme peut sodomiser son ou sa partenaire et ainsi, inverser les rôles.

Plaisir et sexe anal

La zone de l’anus et des premiers centimètres du rectum est très riche en terminaisons nerveuses (bien plus que le vagin !), sa stimulation peut donc être source de plaisir intense pour le receveur. De plus, lorsque le receveur est un homme, la stimulation de la prostate peut conduire à puissant orgasme selon les témoignages.

Sensation inhabituelle pour les receveurs débutants, il faut parfois quelques temps avant que la gêne ne soit remplacée par le plaisir : le receveur, quel que soit son sexe, doit s’habituer à la sensation et se rassurer. Quant au donneur, l’anus étant plus serré que les autres orifices, la pénétration lui procure un plaisir certain.

Idées reçues sur la sodomie

Beaucoup d’idées reçues sur la sodomie, voici ce qu’il faut savoir, et ne pas croire.

Idée reçue n°1 : la sodomie fait mal

Contrairement à l’idée très répandue, la sodomie n’est pas et ne doit pas être douloureuse.

En fait, avec une bonne communication, de la confiance, de la douceur, beaucoup de lubrifiant, et lorsqu’elle est bien préparée, la sodomie ne fait pas mal, et procure beaucoup de plaisir aux deux partenaires.

Si douleur il y’a, c’est que vous vous y prenez mal, trop vite ou que vous n’avez pas assez préparé la sodomie avec les préliminaires.

Idée reçue n°2 : la sodomie est sale

Avec un minimum de préparation, la sodomie n’est pas sale ! Le rectum est vidé après un passage aux toilettes, et une hygiène normale / un régime alimentaire équilibré assure toute la propreté souhaitée.

Bref, vous pouvez dissiper vos craintes à ce sujet. Ceci dit, ça ne vous dispense pas des gestes d’hygiènes élémentaires (douche, bain, …). Le lavement n’est pas du tout obligatoire.

Idée reçue n°3 : la sodomie provoque l’incontinence anale

Cette légende urbaine a la vie dure : elle est pourtant aussi stupide que l’affirmation selon laquelle la masturbation rendrait sourd. L’anus n’est pas comme un t-shirt qu’on agrandit en tirant dessus : il est ouvert et fermé par des muscles.

Or, si l’on peut temporairement relaxer des muscles en les travaillant, ils reprennent toujours leur tonus initial (croyez-vous que le fait d’utiliser votre bras use ses muscles ?).

En fait, le sexe anal aurait plutôt pour effet de tonifier les muscles sphincters et ainsi, de renforcer la santé musculaire de toute cette zone.

Idée reçue n°4 : la sodomie, c’est un truc de pervers / de salope / d’homos

Peu de gens en parlent dans la mesure où cette pratique est encore tabou et décriée par les bien-pensants, mais dans les faits, beaucoup de gens explorent le plaisir anal, femmes ET hommes, à la fois en tant que donneurs que receveurs.

Votre voisine a probablement déjà essayé (et probablement aime-t-elle ça).

Question d’ouverture d’esprit, et d’audace sexuelle !

Pour une bonne sodomie

Outre le plaisir strictement physique, s’ajoute la dimension psychologique : le sentiment de transgresser un tabou, de s’adonner au plaisir interdit, celui de s’assouvir à une pratique « avilissante », d’explorer ses instincts les plus primaux, mais aussi le plaisir lié à l’idée de s’offrir, de soumettre ou de se soumettre l’autre.

Sexe anal et sécurité

Les parois du rectum étant très fragiles, il y’a fréquemment des microcoupures lors des rapports anaux, qui rendent très dangereux les rapports non protégés en favorisant la transmission de MST : de même que pour tout type de rapport sexuel, vous DEVEZ vous protéger si votre partenaire et vous n’êtes pas testés négatifs aux MST (Sida et autres maladies).

Si votre partenaire est votre copine ou votre mec, vous ne pouvez vous en passer que si vous êtes testés et fidèles tous les deux. Si votre partenaire est un partenaire sexuel occasionnel, protégez-vous : ne risquez pas votre vie pour un orgasme.

Les règles (non négociables) sont :

  • Utilisez des préservatifs pour la sodomie (jamais plus d’un à la fois, sinon ils craquent et se percent)
  • Pas d’annulingus (ou alors, utilisez un préservatif buccal)
  • Evitez les doigts (si vous avez des micro-coupures, vous pouvez transmettre ou être infecté) ou portez des gants en latex, et ayez les ongles courts et limés

Lubrifiez !

Contrairement au vagin, l’anus et le rectum ne sécrètent pas de lubrification naturelle. La salive est insuffisante comme lubrifiant et la pénétration risque donc d’être difficile, douloureuse et d’endommager les parois très fragiles du rectum.

Il est donc nécessaire d’employer un lubrifiant (ou « gel intime ») en quantités généreuses, et d’en réappliquer si le rapport doit se prolonger.

Préférer les lubrifiants à base d’eau ou, encore mieux, à base de silicone. Ne jamais utiliser de lubrifiants à base d’huile ou de gras tels que la vaseline, qui endommage le latex des préservatifs et expose les partenaires à une infection par des MST.

Préparez la sodomie avec de longs préliminaires

L’anus était « verrouillé » par de puissants muscles, les sphincters, il faut prendre du temps pour exciter et détendre votre partenaire, et ainsi préparer ces muscles pour faciliter la pénétration, sans quoi ce sera douloureux pour les deux.

Utilisez vos doigts, votre langue et / ou des sex-toys (godes, plugs) et beaucoup de lubrifiant pour préparer le cul de votre partenaire (respectez les règles de sécurité évoquées plus haut).

Allez-y doucement, ne forcez pas, et soyez attentif à ses réactions : en matière de sexe anal, c’est le receveur qui dirige. N’oubliez jamais que « partenaire stressé = anus fermé ».

La sodomie « à sec », sans lubrification ni préparation visible n’est qu’un mythe véhiculé par les films porno : ne vous y trompez pas, les actrices sont « préparées » avant la scène, c’est juste que 90% des préliminaires sont coupés au montage.

Hygiène et sodomie.

Beaucoup sont freinés par le rôle premier du rectum, et la crainte que le rapport soit sale ou désagréable (restes de matières fécales, odeurs, bactéries, …).

En fait, comme on l’a évoqué plus haut, chez une personne normalement constituée, les matières fécales sont stockées dans le gros intestin et ne font que transiter par le rectum, si bien qu’après un tour aux toilettes, il ne reste rien « à l’intérieur ».

Les gestes élémentaires d’hygiène et éventuellement, une douche avant le rapport sexuel assurent la plus parfaite des propretés. Par mesure de précautions (et parce que cela peut procurer des sensations troublantes), certains aiment pratiquer un lavement avant de débuter une sodomie.

Le lavement consiste à rincer son rectum à l’eau tiède. Néanmoins cette pratique peut fragiliser le rectum et l’irriter, et elle n’est, précisons-le, pas du tout indispensable.

En revanche, il faut prendre garde à ne pas pratiquer des pénétrations autres qu’anales après la sodomie : vous risqueriez de contaminer le vagin ou la bouche de votre partenaire avec des bactéries de sa flore intestinale.

Il est donc très recommandé d’utiliser un préservatif pour la sodomie, et d’en changer si le rapport sexuel doit se prolonger après la pénétration anale.

Pour conclure

Espérons que cet article vous ait rendu plus familier du sujet, qu’il ait pu répondre aux éventuelles questions que vous pouviez vous poser, et qu’il ait pu dissiper les craintes et idées reçues que vous pouviez avoir.

Nous n’avons cependant qu’effleuré le sujet du sexe anal, et nous sommes limités à survoler les points importants.

Finissons cet article d’introduction sur une citation, celle de la célèbre journaliste américaine (et jolie jeune femme) Tristan Taormino, en préface de son livre :

« La première fois que quelqu’un m’a mis un doigt dans le cul, j’ai failli défaillir. […] J’ai tellement joui de cette sensation nouvelle que je fus dès lors impatiente de la renouveler. La première fois que j’ai à mon tour, mis mon doigt dans l’anus d’une autre, l’expérience s’est révélée aussi riche : j’ai ressentie toute la confiance de ma partenaire, s’abandonnant, me dévoilant ses vulnérabilités les plus intimes. […] L’érotisme anal avait de plus en plus de place dans ma vie sexuelle et elle devint terriblement exaltante. Mes rapports sexuels furent particulièrement torrides, mes partenaires très audacieux et mes orgasmes de plus en plus explosifs. Les sensations physiques que je ressentais étaient parmi les meilleures que j’aie jamais vécues. Je confierai également qu’au-delà des « gratifications » corporelles, le sentiment de transgresser un tabou m’excitait à fond. Je savais que même les plus cochonnes de mes amies ne faisaient pas cela ; ou si elles le faisaient, elles n’en parlaient jamais […] »

Le livre de Tristan Taormino, Tout savoir sur le plaisir anal, est de loin le plus complet et le plus agréable à lire de tous les livres jamais écrits sur le sujet.

Pour finir, pour ceux et celles qui pourraient vouloir aller plus loin, j’ai publié un autre article expliquant comment faire une sodomie dans de bonnes conditions : tiré de mon expérience et de celle de mes copines, il est garanti 100% utile, °% intox.

Nul doute que vous le trouverez utile et éclairant si jamais vous souhaitez approfondir votre expérience dans ce domaine.

Bisous, Elisa

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