Sexe : comment faire l'amour

Témoignage : en couple, moins de 30 ans… et libertins

  • Par Alexia
  • Le
  • 14 comm.
Le libertinage est-il en train de devenir le nouveau truc à la mode chez les moins de 30 ans ? Un jeune couple libertin témoigne

Aurélien et Alexia (ce sont leur pseudos) ont tous les deux moins de 30 ans, sont en couple depuis 6 ans… et ils sont libertins. Tous les deux, ils proposent leur témoignage aux lecteurs de FTS afin de lever une partie du voile sur cette approche du couple et de la sexualité.

Alexia : Salut FTS, Aurélien et moi aimons beaucoup ce qu’on peut lire sur FTS (c’est Aurélien qui m’a fait découvrir le site), et l’approche plutôt intelligente des relations et du sexe qui y est proposée.

On a bien aimé les autres témoignages, et nous avons donc eu l’idée de vous expliquer notre expérience du libertinage : non, le libertinage n’est pas réservé aux vieux gras de plus de 50 ans dans des boîtes de campagne, et on espère que notre témoignage pourra dédramatiser le sujet, vous intéresser et vous informer.

Notre rencontre

Aurélien : J’ai rencontré Alexia de manière assez classique, en soirée chez des amis. Le courant est bien passé car nous avions quelques centres d’intérêt communs. Nous nous sommes revus lors d’une autre soirée, le courant est encore mieux passé, et quelques semaines plus tard, nous étions officiellement ensemble.

Alexia : Notre couple a suivi plus ou moins la même trajectoire que n’importe quel autre couple. La découverte progressive de l’autre, s’habituer progressivement à la personnalité de l’autre. Quelques engueulades par-ci par-là, je crois que nous sommes un couple très ordinaire.

Comment nous avons abordé la question du libertinage

Alexia : Nous avons abordé la question assez tôt, de ce que nous aimions et de ce que sont nos fantasmes, et sans pudeur, car nous avons rapidement su nous sentir en plein confiance l’un vis-à-vis de l’autre. Rapidement, on s’est rendus compte que nous étions tous les deux assez en phase sur notre vision du couple et du sexe… et attirés par une forme de sexualité assez libre – sans trop être capables de mettre de mots ou de scenarios dessus.

Tous les deux convaincus qu’une sexualité exclusive ne pouvait être qu’une façon de frustrer chacun d’entre nous.

Aurélien : Nous avons la chance de partager la même vision du couple : il ne doit pas être une prison où l’on s’interdit mutuellement de vivre ses envie, sans quoi quel intérêt de construire quelque chose à deux, si cela implique que l’un et l’autre doivent renoncer à une composante essentielle de leur personnalité et de leur sexualité ?

Alexia : Bien sûr, nous n’avons pas eu une compréhension aussi lucide de tout cela dès le début. Au départ, j’avais quand même quelques appréhensions.

Persuadée que la communication et la franchise sont la clé d’une relation, et que la frustration est un poison, j’avais quand même peur de ce qui se passerait lorsque pour la première fois je serais avec un autre mec. J’avais aussi peur de ma réaction lorsque je verrais Aurélien avec une autre, pour la première fois.

N’y allait-il pas avoir une explosion de jalousie ? Ou l’envie d’aller voir ailleurs ? Si je tombais sur un mec mieux foutu qu’Aurélien, ou meilleur amant, qu’est-ce qui me disait que je ne serais pas tentée de quitter Aurélien ?

Puis j’ai compris quelque chose : le fait de faire cela en couple est une expérience qui vous lie à un point que peu de gens peuvent imaginer.

Au contraire, s’autoriser l’un et l’autre à vivre sa sexualité avec d’autres personnes, loin de susciter de la jalousie, cela vous libère de la jalousie. L’interdit est désamorcé, et puisque la confiance et l’ouverture est la clé, il n’y a plus de non-dit. Tout ce qui peut faire naître la frustration dans le couple est évacué.

Nos premières expériences

Alexia : Nos débuts en matière de libertinage ont quand même été progressifs. On ne voulait surtout pas brûler les étapes et risquer de nous dégoûter à cause de mauvaises premières expériences.

On a commencé par prendre goût au fait de pouvoir être vus. De plus en plus de sexe dans des lieux de passage, où nous pourrions être surpris – on a toujours aimé ça, ça nous a toujours excité.

Puis nous avons eu de premières expériences devant d’autres personnes, la nuit, dans la voiture, sur un parking bien connu des voyeurs et des exhibitionnistes. L’expérience m’a ravie au plus haut point, Aurélien aussi. Nous avons recommencé plusieurs fois, pour prendre confiance.

En parallèle on a commencé à fréquenter un peu les sites échangistes et libertins – les plus connus, histoire de voir comment ça se passe, quels sont les codes, et si l’ambiance nous convenait.

Ce qu’on y a vu nous a rassuré dans notre vision des choses : beaucoup de couples semblaient s’y épanouir sans aucun problème, chacun semblant libre de vivre son libertinage de la manière qu’il le souhaite.

Chacun ses envies

Aurélien : le milieu du libertinage est très codifié, entre les échangistes, les mélangistes, il y a quelques petites choses à savoir pour ne pas commettre d’impair… mais au-delà de ça, ce qui prime, c’est l’envie de chacun. Si tout le monde est partant, alors let’s go, aucune raison de ne pas s’amuser ensemble.

Alexia : j’ai toujours été un peu attirée par les filles, et Aurélien n’y voit en rien une forme d’infidélité ou d’insulte à sa masculinité. J’ai rencontré une femme avec qui j’ai eu ma première expérience lesbienne, et c’était génial.

C’était la partenaire parfaite pour cette première expérience, j’avais pris soin de bien la choisir. Les femmes seules sont très sollicitées par les couples – à peu près autant que les couples le sont par les hommes seuls. Heureusement je plais pas mal, et je n’ai pas eu de difficultés à intéresser des femmes à la recherche d’une partenaire.

Nous avons d’abord discuté sur le chat du site, plusieurs jours. Je lui ai expliqué ce que je cherchais, elle m’a parlé de ce qu’elle aimait. Nous nous sommes échangé des photos, le feeling était au rendez-vous, nous avons donc décidé de nous rencontrer, et l’expérience fut exactement telle que je l’imaginais, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Aurélien était présent, mais n’a pas participé, conformément à mon souhait. En tout cas il a beaucoup apprécié le spectacle.

Suite à cela, nous avons alors créé une fiche couple sur le site où nous avions trouvé nos marques. Cela nous a permis de discuter avec plein d’autres couples, de nous habituer à l’idée et de prendre nos marques.

Nous avons aussi pu constater à quel point les hommes seuls et en recherche de partenaires sont nombreux et pénibles. Beaucoup semblent morts de faims et prêts à tout. Ils s’y prennent mal.

Nous avons rencontré un couple de notre âge, avec la même approche que nous, et avons rapidement eu envie de notre première soirée. Sans rien forcer, nous devions juste passer une bonne soirée, puis éventuellement, si l’envie se faisait sentir, faire l’amour côté à côté, sans nous mélanger.

Mais dans le feu de l’action, nous avons tous rapidement oublié cela. J’ai pris beaucoup de plaisir à voir Aurélien avec une autre, et Aurélien à me voir avec un autre. Dans la voiture lors du retour, Aurélien et moi avons compris que notre couple avait franchi un cap, et qu’il était plus fort que jamais.

Depuis, nous nous réservons ce genre de petite parenthèse environ une fois par mois.

Le ciment de notre couple, et la meilleure preuve d’amour qui soit

Aurélien : c’est vraiment pour nous quelque chose qui cimente notre couple. Nous prenons toujours énormément de plaisir à faire l’amour l’un avec l’autre et avons une sexualité tout à fait épanouie, le libertinage n’est en rien une roue de secours ou un échappatoire.

C’est juste une autre forme de sexualité, un « quelque chose en plus », que nous apprécions beaucoup.

Alexia : on entend souvent des gens s’étonner, penser qu’un couple libertin est forcément malheureux et qu’il cherche à compenser quelque chose, comme si le libertinage était une fuite en avant. Ces gens-là ne comprennent pas à quel point le fait de s’autoriser ce genre d’expérience avec son partenaire est une preuve de confiance, de loyauté et d’amour.

C’est difficile à expliquer, et je pense que tous ne comprendront pas, mais quand je suce un mec, ou qu’un autre homme me sodomise (les actes les plus intimes qui soient selon moi), c’est à la fois un cadeau que je fais à Aurélien, et un cadeau que Aurélien me fait.

Je lui offre le fait d’être à lui et de toujours revenir à lui malgré mes aventures, et lui m’offre la liberté de vivre ma sexualité comme je l’entends, sans interdits ni reproches. Je crois qu’il faut beaucoup d’amour et de maturité pour fonctionner ainsi.

Préjugés et idées reçues sur le libertinage

Aurélien : le libertinage est mal interprété par beaucoup de gens. Certains sont même très intolérants, aussi nous nous efforçons de rester discrets.

Nous n’en parlons évidemment pas à notre famille, ni même à nos amis, même quand le sujet est lancé à table – même si nous trouvons très amusant de participer au sujet.

Alexia : Et quand bien même certains de nos amis seraient libertins eux aussi, je pense que nous ne voudrions pas tout mélanger. Aurélien et moi prenons soin à ne pas mélanger vie sociale et vie sexuelle, cela aide à ce que les choses restent simples et agréables.

Quant à l’image du libertinage et de l’échangisme, on avait comme beaucoup, au départ, cette image de clubs un peu glauques, fréquentés par des morts de faims à la recherche de chair fraîche.

À vrai dire, c’est une réalité : il nous est arrivé de tomber sur des clubs pas propres, avec une clientèle pas agréable. Nul besoin de préciser que quand c’est ça, on ressort vite fait.

Heureusement, il existe aussi des clubs où la clientèle est plus haut de gamme, plus select, et en général, ce sont des gens qui connaissent les codes, et savent se comporter de manière intelligente.

Aurélien : nous n’avons quasi jamais eu de mauvaise expérience, à part des clubs un peu glauques.

Les gens ont aussi tendance à penser que le libertinage est un truc de beaufs, gras et dégueulasses, grâce aux reportages qu’on peut voir sur Direct8 ou autres chaînes à la con.

En réalité, on y trouve aussi bien des gens issus de milieux populaires, que des gens plus aisés. On y retrouve toutes les couches sociales.

Toutes ne se mélangent pas aussi facilement, il y a une sélection qui se fait sur les affinités (et aussi sur les lieux de sortie : certains clubs sont plus huppés que d’autres). Mais nous ne sommes jamais tombés sur des gens désagréables.

En fait les gens qu’on rencontre sont des couples de nos âges, qui nous plaisent physiquement – et il y en a plus que ce qu’on peut penser. J’ai l’impression que de plus en plus de couples partent à la découverte de leur sexualité et n’hésitent plus à essayer des sexualités plus libres et plus ouvertes.

Le carcan du couple traditionnel « un homme / une femme et rien d’autre », qui rend tant de gens malheureux, est en train de s’effriter.

En revanche, un truc sur lequel on se pose des questions, c’est comment réagir si nous tombons sur une connaissance. Nous habitons dans une ville finalement assez petite, où il est facile de tomber sur une connaissance. Que se passerait-il si nous tombions sur un collègue, sur un ami, ou sur de la famille ? Difficile à dire tant que cela ne nous est pas arrivé. Je pense que chacun aurait l’élégance de rester discret.

Le secret de la solidité dans notre couple

Alexia : pour finir notre témoignage, je voudrais préciser que nous ne l’écrivons pas pour essayer de convaincre qui que ce soit, ni pour faire l’éloge du libertinage.

Chacun a sa propre vision des choses, chacun fait ce qu’il veut, pas question d’essayer de convaincre qui que ce soit.

Nous écrivons cela pour présenter un peu notre expérience, la façon dont nous avons répondu à nos interrogations. Aurélien et moi y avons trouvé un moyen d’évacuer toute frustration de notre relation, et de cimenter notre amour.

Alexia : Avec du recul, je ne pense pas que notre couple aurait pu fonctionner si nous n’avions pas pu nous accorder sur cette forme de sexualité : l’un ou l’autre aurions été frustré, et cela aurait rejailli sur notre couple, qui aurait fini par capoter. Je suis persuadée que la frustration et l’impossibilité pour un couple de s’accorder sur sa sexualité par manque de communication et de confiance, est l’une des principales raisons des couples qui échouent.

Est-ce que je me vois avec un autre homme qu’Aurélien ? Au lit, oui, mais dans la vie, non, impossible. Jamais je ne trouverai d’homme qui me comprenne aussi bien qu’Aurélien, qui m’apporte autant, sans me priver de mes envies. Quand vous trouvez ça, c’est quelque chose de précieux auquel vous ne pouvez plus renoncer.

Aurélien : pour moi qui ai toujours été un coureur, j’y ai trouvé le moyen de canaliser mes envies, et de les mettre au service de mon couple, plutôt que de devoir vivre le perpétuel dilemme de devoir choisir entre fidélité et frustration, ou infidélité et culpabilité.

Image de soi

Alexia : une amie, l’une des rare qui connaisse mon « secret », m’a demandé quelle image cela me donnait de moi, si cela ne me dérangeait pas de pouvoir être considérée comme une salope par d’autres personnes.

J’adore le sexe et la diversité des expériences, mais c’est quelque chose que j’aime, et qui me rend heureuse. Je ne me considère pas comme une salope : je suis juste une fille avec une sexualité plus libérée et plus intense que beaucoup de gens. Ceux qui me jugent là dessus ne font que prouver leur fermeture d’esprit et leurs limites intellectuelles.

Je ne vois pas pourquoi je devrais éprouver la moindre honte ou culpabilité. Ceux qui ne comprennent pas ça, qu’ils essaient, ou qu’ils s’abstiennent de nous juger. Je me fous pas mal de leur avis à vrai dire. Une fois que vous avez goutté au fait d’être entre deux mecs, ou d’être caressée par plusieurs mains et langues, vous ne vous demandez pas si vous êtes une salope : vous vous demandez juste quand est-ce que vous pourrez recommencer.

La vie est courte, s’interdire des choses par peur de ses propres réactions ou du regard des autres est vraiment dommage, et ne contribue pas à vous rendre heureux. Ne vous interdisez rien, n’ayez pas peur d’explorer votre sexualité, simplement, essayez de le faire à travers votre couple, plutôt qu’en dehors.

Si vous avez la chance d’être avec quelqu’un qui vous le permet et qui partage vos envies, vous avez là une des clés de l’épanouissement et de la durabilité du couple.

Voilà, Aurélien et moi espérons que notre témoignage vous aura intéressé, et qu’il aura répondu à certaines de vos questions. J’essaierai de passer de temps en temps répondre à vos réactions dans les commentaires. Merci de rester cools, on essaie pas de se la raconter ou convaincre qui que ce soit.

Bises ! Alexia & Aurélien

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