Sexe : comment faire l'amour

Témoignage: je suis sorti avec une nympho

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Rencontrer une nympho, le fantasme d'à peu près 2 mecs sur 2. Sauf que quand ça arrive en vrai, c'est pas si rigolo que ça. Sous le choc, ce jeune homme raconte le calvaire qu'il a vécu avec son ex nymphomane.

Salut à tous, je m’appelle Christophe, j’ai 26 ans et je suis consultant à Paris, dans une grande SSII très connue.

Quand j’ai vu les publiés sur ce site (que j’ai découvert via GQ, qui parlait de votre site l’autre jour), j’ai immédiatement pensé à mon expérience avec mon ex nymphomane, et je me suis dit que ça pouvait servir à d’autres, et expliquer un phénomène autour du quel flottent beaucoup de fantasmes : les nymphomanes.

Premier réflexe quand on évoque une nympho : un sourire rêveur imbécile, et s’imaginer tout un tas d’aventures et de cascades. J’avoue, avant de rencontrer mon ex, moi le premier, il m’était déjà arrivé de délirer avec des potes sur le sujet.

Mon ex, je l’ai rencontrée au boulot

On n’était pas collègues, mais on a eu l’occasion de se côtoyer pendant deux semaines, le courant est passé et on a décidé de se revoir. Un verre après le boulot, qui s’est transformé en restau, et on a fini chez moi. Sur le coup, j’ai rien décelé de bizarre, si ce n’est que le courant passait spécialement bien entre elle et moi – ce qui n’était pas pour me déplaire. Avec du recul, c’est vrai qu’elle parlait beaucoup de cul et qu’elle m’allumait déjà pas mal. Sur le coup, j’ai mis ça sur le compte de mon charme ravageur, ou en tout cas, c’est ce que je trouvais pratique de croire.

Attention, ne confondons pas la fille libérée, qui n’a aucun problème à l’idée de rencontrer des garçons et de s’éclater; et la vraie nympho, dans le sens clinique du terme. Moi, je vous parle de mon ex, et elle était vraiment nympho.

La première nuit a été comme toutes les premières nuits : un peu de maladresse des deux côtés, comme quand on se connaît pas, mais un excellent souvenir qui n’a déçu aucun de nous deux. Disons qu’on n’a pas énormément dormi cette nuit-là, la demoiselle était fougueuse et très demandeuse. Le lendemain, petit déj’ sympa à l’aube et hop, métro boulot, avec la promesse de se revoir bientôt.

Et on s’est revus. Le soir même. Ce qui n’était, là encore, pas pour me déplaire. Le goût de la nouveauté, le piment, tout ça. Et puis c’est toujours mieux qu’une soirée en solitaire avec la télé et son plateau repas. D’ailleurs on n’est pas sortis, on a filés droit à mon appart ; on s’est fait livrer. De son côté à elle, déjà beaucoup moins de timidité, si je puis dire. La chevauchée fut fantastique. Un peu épuisante, même. Elle, était ravie, et prête pour un nouveau tour de poney.

Au bout de quelques semaines, où nous nous voyions principalement pour ne pas sortir de sa chambre ou de la mienne, nous avons décidé de « nous mettre ensemble ». Comprendre par cela, convenir d’une certaine forme d’exclusivité.

Et là, c’est le drame.
Rétrospectivement, c’est là que les choses ont commencées à partir en couilles. Elle s’est mise à devenir… collante. Pressante. Insistante. Et méchamment instable. Si pour une raison ou une autre, je ne pouvais pas la voir dans la journée, ou le soir, elle pétait littéralement un câble. Au début, c’étaient de simples remarques (qui, avec du recul, étaient déjà bizarres), puis progressivement, des scènes de plus en plus paroxystiques. Il fallait qu’on se voit et qu’on baise impérativement tous les jours (et si possible, plusieurs fois par jour), sinon elle n’était pas bien. Son moral tombait dans ses chaussettes, elle doutait d’elle-même, elle doutait de moi, elle me tapait soit un scandale en mode assiettes qui volent et insultes, soit un énorme coup de déprime. Bon, des nanas up & down, j’en ai connu d’autres, mais là, c’était légèrement stressant, pour ne pas dire flippant.

Et niveau cul, ça commençait à devenir oppressant. J’appréciais sa fougue – j’ai toujours aimé les filles libérées, j’y vois un signe d’indépendance intellectuelle qui m’excite pas mal. Mais là, passée la surprise des premiers jours, la façon qu’elle avait de se lâcher pendant l’acte, et de réclamer un nouveau tour de manège me donnait la sensation bizarre que je n’étais pas vraiment là ; ou plutôt, que j’étais comme spectateur de sa partie de jambes en l’air. Parce que c’était particulièrement hard, il y avait un petit côté travail à l’usine qui rendait les choses un peu harassantes.

Et son style. Pas facile à assumer. Au boulot, son côté allumeuse / secrétaire sexy m’avait filé la trique. Mais au quotidien, c’était le salon du hard dans mon appart. Mini-jupe et talons 15cm au moins pour aller à Monoprix. Excitante, ça c’est sûr, féminine, sans aucun doute. Mais juste un peu trop too much pour être honnête.

Vous allez me dire «ben quoi, t’es tombé sur une meuf libérée, qui aime le sexe, et toi tu te plains ?». Oui, mais non : ce n’est pas qu’elle aimait le sexe, c’est qu’elle en avait BESOIN. Si elle n’avait pas sa dose, elle était aux 36e dessous, et devenait agressive, ou léthargique… et plus ça allait, plus j’avais l’impression de la baiser, plutôt que baiser AVEC elle. Au passage, baiser, j’aime bien, mais j’aime bien aussi faire l’amour de temps en temps (pour les poètes qui nous lisent). Donc même si je n’avais déjà sans doute pas le même appétit qu’elle au départ, la chose prenait un côté obligatoire et désincarné qui enlevait toute notion de plaisir, de connexion et d’intimité.

Et puis surtout, à chaque fois je me demandais ce qu’elle allait encore m’inventer. Elle a voulu que je la prenne dans une rue en fin de journée – certes pas très fréquentées, mais avec du passage quand même. Elle a voulu que je la baise à l’hôtel en laissant la porte ouverte. Sur le parking d’un cinéma, dans la voiture, au moment où les gens sortent de la séance. J’ai fait toutes les pièces de son appart, on a descellé l’évier de sa salle de bains. Je me suis pété le frein parce que madame voulait que j’y aille plus fort (vous vous êtes déjà pété le frein ? l’un des pires trucs qui puissent arriver à un mec !). Et je l’ai surprise à faire du gringue à mes potes du foot – qui ne sont pas tous des intellectuels, et qui n’auraient pas réfléchi trop longtemps avant de lui proposer un gang bang dans les douches. Avec ou sans moi d’ailleurs.

Et vous voulez savoir le pire ? Elle n’avait même pas l’air de s’éclater. Je veux dire, une nana qui aime le sexe, qui vous propose de tenter plein de trucs, c’est génial. Mais à condition qu’elle vive le truc avec vous, et qu’elle prenne autant de plaisir que vous. Mais là, c’était pas ça du tout. Elle donnait l’impression de vouloir combler un grand trou (pardon pour l’image) qu’elle ne parvenait pas à remplir. Ou de chercher quelque chose qu’elle ne trouvait pas.

Et elle avait de sérieux problèmes d’addiction qui commençaient à me gêner. Elle fumait énormément, c’était une horreur pour moi, non fumeur. Elle picolait pas mal aussi, et n’avait rien contre un chichon entre deux clopes. Je pense d’ailleurs que son addiction au sexe était du même ordre que son addiction au reste. J’imagine qu’il y a des personnalité plus enclines à l’addiction.

Un soir j’ai craqué : j’avais passé une sale journée, et elle me tannait pour que je la défonce comme une chienne (ses mots, je précise). J’étais épuisé, j’avais mal à la bite à cause de mon frein qui cicatrisait à peine, et elle, elle voulait déjà remettre ça. Et puis merde quoi, on parlait jamais, on avait jamais aucune conversation qui ne finisse pas au pieu au bout de 5 minutes. Elle m’a saoulé, alors j’ai craqué. Je lui ai dit que je n’arrivais pas à suivre son appétit, que je n’en pouvais plus, que je n’y prenais même plus de plaisir, que j’avais l’impression de bosser à la chaîne, et que j’avais l’impression qu’elle-même ne prenait pas de plaisir non plus, et qu’elle donnait l’impression de surjouer chacun de nos rapports.

Et là les vannes se sont ouvertes. Elle s’est mise à pleurer, à crier, à me parler de son rapport aux mecs, qu’elle cherchait juste le bon, qu’elle voulait trop en faire, qu’elle avait besoin d’être rassurée, de se sentir aimée, elle m’a parlé de son père, de ses ex, de sa première fois, du fait que les meufs la prenaient pour une pute, qu’elle n’avait pas de copines… Qu’elle se faisait suivre par un psy, mais qu’elle avait arrêté, mais qu’elle allait reprendre, qu’elle voulait pas que je la quitte, qu’elle avait « besoin » de moi, que de toutes façons j’étais qu’une petite bite et un minable, et qu’elle voulait pas me perdre, qu’elle savait qu’elle n’était pas facile, qu’elle avait des problèmes, que c’était à cause de son boulot et du stress, mais qu’elle allait faire des efforts…

Houufffff… J’ai eu l’impression qu’on me balançait 10 kilos de linge (sale et mouillé) dans la gueule. Ça a duré près de 3h, j’ai dû perdre 1 an de ma vie en stress d’un coup.

Ce soir-là j’ai pris la décision de la quitter : un peu égoïstement j’avoue, pour m’enfuir parce que je n’en pouvais plus et que la rencontre sympa s’était transformée en une forme de contrainte un peu sordide ; mais surtout, parce que je ne pouvais rien pour elle, et que même si je restais pour l’aider, mes efforts ne se heurteraient qu’à sa frustration, et que c’est moi qui m’épuiserait avant elle.

J’ai pris le temps de lui expliquer pourquoi je jugeais préférable qu’on arrête. J’ai essayé de lui expliquer que c’était pas sa faute, mais qu’il me semblait qu’il fallait qu’elle règle ses problèmes, que reprendre sa thérapie pouvait ne pas être complètement idiot, qu’à mon avis ses problèmes venait de l’image qu’elle avait d’elle-même et de son anxiété, et qu’elle cherchait à se rassurer à travers tout ça.
En tout et pour tout, on est restés 4 mois ensembles ; ça fait 2 mois qu’on a rompu, et elle m’envoie toujours des SMS pour me proposer des plans culs – SMS  auxquels je ne réponds pas.

J’en ai parlé à mes potes, ils ont du mal à comprendre, et me traitent de petite bite pour déconner, et me demandent son numéro (les enfoirés, je suis à peu près sûr qu’ils l’ont déjà). Je pense que pour bien prendre la mesure de la détresse humaine derrière ce véritable trouble du comportement qu’est la nymphomanie, il faut l’avoir vue de près ; que seulement ça peut permettre de comprendre à quel point on est loin des clichés et des fantasmes de surabondance de sexe et de situations délirantes ; et que tous ces fantasmes ne sont bons qu’en imagination et à petites doses ; qu’une fois contraint à ceux-ci, ils perdent rapidement tout leur charme.

Ça m’a passé l’envie de déconner sur ces filles. J’ai compris qu’elles étaient malheureuses à crever, que ça n’avait rien de sexy ou d’excitant, et que de rentrer dans leur jeu sciemment, ce n’était pas plus glorieux que de profiter d’une junkie pour la baiser dans un coin. J’ai compris que loin de l’image sulfureuse de la nana toujours partante pour une bonne partie de jambes en l’air, une vraie nymphomane était une nana qui avait désespérément besoin de sexe et de mecs pour exister, et que toute notion de plaisir et d’érotisme, de connexion, d’intimité avait disparue pour laisser la place à un truc très glauque.

Quant à cette fille, j’espère sincèrement qu’elle reprendra son suivi et qu’elle parviendra à aller mieux. Difficile de savoir ce qu’elle devient, dans la mesure où j’ai décidé de couper les ponts, mais je croise les doigts pour elle, et regrette de ne pas avoir pu faire grand chose pour l’aider.

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