Comprendre les logiques de harcèlement et de violence adolescentes

Note : 31

le 20.09.2016 par Iskandar

35 réponses / Dernière par Saori le 18.03.2021, 21h24

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Hey !

Je sais que ce topic a plus de 10 ans, et que c'est donc très vieux.
Mais je voulais vous remercier pour ce topic, parce que ça m'avait permis de comprendre pourquoi j'avais été harcelée à l'école, et d'avoir un bon comportement dans la vie de tous les jours pour ne plus l'être !

Merci beaucoup ! :D
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  • [+1] Cool le 09.03.21, 04h31 par Onmyoji

Shadow2 a écrit :
08.03.21
Hey !

Je sais que ce topic a plus de 10 ans, et que c'est donc très vieux.
Mais je voulais vous remercier pour ce topic, parce que ça m'avait permis de comprendre pourquoi j'avais été harcelée à l'école, et d'avoir un bon comportement dans la vie de tous les jours pour ne plus l'être !

Merci beaucoup ! :D
Merci
Parce que ça peut en aider d'autres:
Quels facteurs ont été importants pour ton cas et comment as-tu "corrigé le tir"?
En demandant ça, j'oublie pas que ce n'était pas de ta responsabilité en fait, et que malgré ce que certaines disciplines veulent faire croire, on est pas victime volontairement, et souvent on ne peut pas y faire grand chose sans aide.
C'est pour moi l'un des facteurs les plus importants. Ne pas se dire qu'on est responsables, et chercher de l'aide pour s'en sortir.
Ces connards s'attaquent le plus souvent aux gens isolés qui manquent de forces et de ressources pour répondre. Qu'ils tombent sur un os, quelqu'un d'aussi violent et dangereux qu'eux, et ils changent vite pour sympathiser avec et tenter de l'inclure dans leur petit cercle.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Effectivement le 19.03.21, 13h34 par Shadow2
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

D'un point de vue personnel je pense que les adolescents sont très forts pour détecter les ados qui manquent de confiance en eux, c'est aussi pour ça, qu'ayant identifié une ouverture, certains vont insister sur un point sensible parce qu'ils sauront consciemment ou non qu'appuyer dessus aura un certain résultat sur l'autre.

Pour éviter la harcèlement (sans être parent) je pense qu'il peut être utile d'apprendre à son enfant comment se faire respecter par les autres. Par exemple, comment dire aux autres quand quelque chose les dérange. Souvent le harcèlement est progressif. Au début, il y a une phase de rodage, c'est seulement quand les enfants voient que leur cible ne sait pas se défendre que les choses prennent une plus grande ampleur. En apprenant à un enfant à mettre des limites, à se faire respecter dès le début, ça peut l'aider à éviter que les choses ne dégénèrent à la source. Je ne suis pas parent, mais je pense que faire comprendre à un enfant qui manque de confiance en lui que son avis est important, ça peut l'aider à davantage s'accepter. Car souvent l'enfant qui se réfugie derrière l'étiquette de la différence, c'est un enfant qui s'assume pas complètement.

Même si les enfants/ ados sont durs entre eux, un enfant/ ado qui se mettra des barrières tout seul, et qui ne trainera pas avec les autres sera plus facilement pris pour cible parce qu'il donnera l'impression aux moins matures qu'il se sent supérieurs à aux (à tord ou à raison d'ailleurs mais les ados n'ont pas toujours la clairvoyance et l'empathie pour chercher à comprendre les autres au delà des mots et des actes). Du coup je pense que la deuxième chose qu'on peut enseigner aux enfants en guise de prévention vis-à-vis du harcèlement, ça peut être de les encourager à aller vers les autres enfants en les rassurant sur leur valeur, avant de leur avoir appris à se faire respecter.

Il y a des enfants assez intelligents pour ne pas rejeter les gens différents, du coup je ne pense pas que ce soit uniquement la différence qui explique le rejet des enfants qui dégénère en harcèlement. Et par là je ne dis pas que c'est de la faute de l'enfant harcelé. Je dis juste que deux choses de son comportement peuvent en faire une cible privilégiée :

(1) le fait de ne pas savoir se faire respecter / de ne pas savoir faire respecter ses limites
(2) le fait de rejeter les autres/ de céder à la facilité de se cacher derrière une apparence de marginal/ d'enfant différent alors qu'il y a tout un apprentissage des codes de groupe, de la vie en société qu'il ne comprend peut être pas encore


Si l'enfant lui-même ne s'accepte pas lui-même ce sera plus difficile pour les autres de l'accepter. C'est là que les parents peuvent rassurer l'enfant en l'encouragent à aller jouer avec les autres jusqu'à ce qu'il apprenne les codes des groupes, comprenne à qui s'ouvrir, à qui ne pas s'ouvrir, comment choisir ses amis, bien s'entourer et aller vers les autres sans se juger trop durement/ se marginaliser de lui-même.

Ensuite, je dis ça alors que je suis pas parent, je ne connais pas les difficultés d'être parent, et j'imagine que les parents en étant bien intentionnés ne réussissent pas toujours à protéger leur enfant, mais rien que le fait de faire ces deux choses, je pense que ça peut donner des armes puissantes aux enfants cibles de harcèlement. En plus avec ce qui s'est passé dans l'actualité récemment, et compte tenu du nombre d'enfants victimes de harcèlement, le sujet est super intéressant. Car finalement le monde des enfants est le reflet du monde des adultes, donc ça me fait réfléchir.
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  • [0] C'est pas si simple le 12.03.21, 22h51 par Onmyoji

Même si ce que tu dis contient un fond de vérité et de tactiques de défense, en soi, je n'aime pas ce message parce qu'il néglige un point. C'est pas aux gens d'apprendre à se défendre, surtout des enfants. C'est aux autres de pas les attaquer.
Pour l'avoir vécu, j'avais parfaitement confiance en moi, j'étais volubile, et j'avais plein d'amis dans ma classe avant de passer 2 ans à me faire détruire par des saloperies juste parce qu'ils étaient mauvais élèves et que j'étais mieux noté qu'eux et plus jeune, parce qu'en fait leur état était leur responsabilité mais ils détestaient ce qui leur rappelait ça. Ils aimaient juste pas avoir redoublé, être là et se vengeaient sur tout et tout le monde. Ils insultaient même les profs. Ils avaient 14 ans et ils avaient peur d'aucune autorité.
Moi, je ne les ai jamais pris à parti, méprisé ou autre. Je faisais juste mon truc, je vivais ma vie et je m'entendais bien avec les autres.
J'étais pas non plus isolé. C'est eux qui m'ont poussé à fuir leur présence et donc le groupe. Et quand j'étais dans un groupe qu'ils ne pouvaient pas impressionner ou dont ils ne pouvaient pas me sortir, ils attendaient que j'aille pisser, que je rentre chez moi, etc.
Ils me tabassaient à la sortie des cours, me rackettaient, me menaçaient avec des cutters ou me menaçaient d'agresser ma famille (j'avais une cousine dans le même lycée, qu'ils avaient menacé de taillader ou pire).
J'étais pas différent, marginal, je cherchais pas à me donner un style. Moi j'étais sympa avec tout le monde, j'aidais qui je pouvais.
Il n'y a pas de "faire respecter ses limites" avec de telles merdes. Le respect ils se torchent avec. Tes limites ils veulent clairement les violer et te faire mal, physiquement et psychologiquement.
Ils m'ont juste choisi pour ce que j'étais et rien n'aurait pu le changer, la seule chose qui le pouvait c'était que le CPE change et que le nouveau finisse par le capter et se décide à s'occuper de leur cas au lieu d'en avoir peur comme la précédente, alors qu'ils se sont démerdés pendant un an pour passer sous les radars des adultes, à coups de menaces et d'isolation.
Et un mec qui leur avait fait des problèmes et avait parlé de ce qu'ils faisaient s'était fait tailler à coups coups de serpette. Alors forcément tu apprends à tenir ta langue.
La seule chose qui m'aurait sauvé, ça aurait été d'être physiquement aussi balaise et d'être aussi vicieux pour les éclater.
Clairement, si un jour un truc comme ça arrive à un gosse de mon entourage, je chope les mecs (et les filles, parce qu'il y en avait aussi) et je leur fous le feu ou je les accroche par les chevilles derrière ma bagnole et je vais faire un rodéo dans leur quartier.
Ils ne comprennent que la violence, ils ne te respectent que si tu peux les déchirer. Même entre eux ces cons se frappaient.
La faute n'est pas aux victimes. La faute est aux adultes qui ne font rien contre les harceleurs, pas pour transformer les harcelés. Si les profs avaient fait quelque chose pour exclure ces connards, ça aurait été réglé.
Ne pas forcément avoir confiance en soi à 8-18 ans, c'est normal. C'est aussi à géométrie variable. Ça justifie pas que des sous merdes détruisent des gens comme ça (parce que j'ai pas été seul. Ces tordus s'amusaient même à essayer de nous faire nous battre entre nous. Ou de faire en sorte qu'on essaie de gagner leurs faveurs pour être celui qui serait pas tabassé).
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Onmyoji a écrit :
13.03.21
Même si ce que tu dis contient un fond de vérité et de tactiques de défense, en soi, je n'aime pas ce message parce qu'il néglige un point. C'est pas aux gens d'apprendre à se défendre, surtout des enfants. C'est aux autres de pas les attaquer.
Pour l'avoir vécu, j'avais parfaitement confiance en moi, j'étais volubile, et j'avais plein d'amis dans ma classe avant de passer 2 ans à me faire détruire par des saloperies juste parce qu'ils étaient mauvais élèves et que j'étais mieux noté qu'eux et plus jeune, parce qu'en fait leur état était leur responsabilité mais ils détestaient ce qui leur rappelait ça. Ils aimaient juste pas avoir redoublé, être là et se vengeaient sur tout et tout le monde. Ils insultaient même les profs. Ils avaient 14 ans et ils avaient peur d'aucune autorité.
Moi, je ne les ai jamais pris à parti, méprisé ou autre. Je faisais juste mon truc, je vivais ma vie et je m'entendais bien avec les autres.
J'étais pas non plus isolé. C'est eux qui m'ont poussé à fuir leur présence et donc le groupe. Et quand j'étais dans un groupe qu'ils ne pouvaient pas impressionner ou dont ils ne pouvaient pas me sortir, ils attendaient que j'aille pisser, que je rentre chez moi, etc.
Ils me tabassaient à la sortie des cours, me rackettaient, me menaçaient avec des cutters ou me menaçaient d'agresser ma famille (j'avais une cousine dans le même lycée, qu'ils avaient menacé de taillader ou pire).
J'étais pas différent, marginal, je cherchais pas à me donner un style. Moi j'étais sympa avec tout le monde, j'aidais qui je pouvais.
Il n'y a pas de "faire respecter ses limites" avec de telles merdes. Le respect ils se torchent avec. Tes limites ils veulent clairement les violer et te faire mal, physiquement et psychologiquement.
Ils m'ont juste choisi pour ce que j'étais et rien n'aurait pu le changer, la seule chose qui le pouvait c'était que le CPE change et que le nouveau finisse par le capter et se décide à s'occuper de leur cas au lieu d'en avoir peur comme la précédente, alors qu'ils se sont démerdés pendant un an pour passer sous les radars des adultes, à coups de menaces et d'isolation.
Et un mec qui leur avait fait des problèmes et avait parlé de ce qu'ils faisaient s'était fait tailler à coups coups de serpette. Alors forcément tu apprends à tenir ta langue.
La seule chose qui m'aurait sauvé, ça aurait été d'être physiquement aussi balaise et d'être aussi vicieux pour les éclater.
Clairement, si un jour un truc comme ça arrive à un gosse de mon entourage, je chope les mecs (et les filles, parce qu'il y en avait aussi) et je leur fous le feu ou je les accroche par les chevilles derrière ma bagnole et je vais faire un rodéo dans leur quartier.
Ils ne comprennent que la violence, ils ne te respectent que si tu peux les déchirer. Même entre eux ces cons se frappaient.
La faute n'est pas aux victimes. La faute est aux adultes qui ne font rien contre les harceleurs, pas pour transformer les harcelés. Si les profs avaient fait quelque chose pour exclure ces connards, ça aurait été réglé.
Ne pas forcément avoir confiance en soi à 8-18 ans, c'est normal. C'est aussi à géométrie variable. Ça justifie pas que des sous merdes détruisent des gens comme ça (parce que j'ai pas été seul. Ces tordus s'amusaient même à essayer de nous faire nous battre entre nous. Ou de faire en sorte qu'on essaie de gagner leurs faveurs pour être celui qui serait pas tabassé).
EDIT

Je suis navrée d’apprendre ça @Onmyoji.

Le but de mon message n’était pas de dire aux victimes qu’elles étaient responsable des actes des autres. Mais, plutôt de proposer des solutions à des problèmes de harcèlement moins graves que celui que tu as vécu.

Je n'ai pas connu la situation que tu décris et mon intention n'était pas de blâmer les victimes ou bien de nier leur vécu.
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  • [0] T'inquiète le 15.03.21, 14h33 par Onmyoji

Il n'y a pas de travail sur soi à faire dans la situation décrite par Onmyoji, pas à apprendre à dire non. On ne dit pas non à ces gens là.

Beaucoup de gens semblent ne pas comprendre ces dynamiques. "ouin ouin pourquoi sont-ils si méchants ?" "il faudrait apprendre à dire non"
Parce qu'ils ne comprennent que la violence. Si vous n'avez pas grandi dans la violence vous ne pouvez pas comprendre.
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  • [+1] Absolument le 14.03.21, 16h48 par Onmyoji

En fait, un groupe humain a naturellement besoin de rejeter/opprimer un ou plusieurs individus. Cela lui permet de maintenir sa cohésion en catalysant la violence intrinsèque de l’humain vers une victime émissaire (bouc émissaire).

Cela est montré par René Girard dans « La violence et le sacré » avec ses notions de victime émissaire et de désir mimétique.

Cette logique, plus ou moins consciente, est présente dès l’enfance, et particulièrement cruelle pour ceux qui la subissent. L’humain étant fait pour vivre en société, l’exclusion du groupe signifie ancestralement la mort à plus ou moins brève échéance.

Voilà pour la partie « compréhension des logiques de harcèlement » qui ne concernent d’ailleurs pas que les adolescents.

Pour ajouter une partie « prévention/guérison », je dirais expliquer aux enfants ce mécanisme, pour qu’ils ne le subissent pas ou plus, et les déculpabiliser. Pour les garçons/hommes, nous devons effectivement communiquer que nous sommes prêts à combattre physiquement.
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  • [0] Oui le 15.03.21, 12h50 par Gafano

Elle s'observe dans les groupes d'animaux sociaux aussi d'ailleurs, passé un certain nombre d'individus.

Reste que c'est intolérable et qu'on devrait être capables de surmonter ça, en tant qu'individu et en tant que groupe
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Bien vu le 15.03.21, 12h51 par Gafano
  • [0] Effectivement le 15.03.21, 12h54 par Citadin

Oui, après je dissocierais le fait sociologique avec le fameux ennemi commun et fédérateur, des cas liés à des détraqués. Après mon intention est pas de faire pleurer dans les chaumières ou de faire pitié, je vais bien même si d'un certain côté ça m'a empreint d'une certaine réactivité à la violence qui m'a rendu vulnérable à certaines situations en agression ou en relation.
C'est plus un rappel au pragmatisme, loin de l'angélisme, de la théorie et autre.
Si on est capable de dire que les victimes sont pas responsables de leurs viols (et c'est le cas, ne pas savoir se défendre ou s'être exposé malencontreusement n'étant pas une raison valable, et il y en a aucune), alors on devrait être capable de dire que la victime d'un harcèlement n'en est pas responsable. Même si elle est solitaire, même si elle est différente et veut pas se mêler aux autres, elle ne les agresse pas.
Aussi, ne pas faire de différence dans la gravité.
Si l'agression physique peut être douloureuse, dangereuse ou mortelle, l'agression psychologique est aussi mutilante et peut aussi être mortelle, cf les affaires de suicides d'élèves après prise à partie via les réseaux sociaux. Ou les effets sur la vie sociale (enfermement, non réalisation sociale et professionnelle...).
Ou les affaires comme l'assassinat du prof de lycée Samuel Paty, en termes de conséquence indirecte (en notant au passage que l'élève qui avait répandu la rumeur a avoué récemment qu'elle n'avait même pas assisté au cours qui a servi de point de départ à la rumeur qui fut l'excuse pour l'acte de barbarie qui a suivi).
La seule variable c'est l'intensité.
Mais dans tous les cas, les gens devraient pas avoir besoin de se liguer contre d'autres groupes. C'est un comportement de dégénérés.
C'est de là d'ailleurs que vient mon constat que les gens même ceux qui sont en surface bons dévient vers le mal sans problèmes par simple conditionnement ou par pure impulsion naturelle face à quelqu'un qui n'impose pas le minimum vital. C'est d'ailleurs aussi observé et démontré dans les expériences de Milgram ou les études des participants à des crimes contre l'humanité.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Yep ! :) le 15.03.21, 15h45 par Gafano
  • [+2] Pertinent le 16.03.21, 12h56 par Citadin
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

J’ai lu ce livre de René Girard et c’est un de mes livres préférés. Les logiques de groupe et les logiques individuelles sont souvent superposables ce qui fait qu’il n’est pas toujours facile de démêler les déterminants des comportements individuels en présence d’un groupe.

J’aime beaucoup l’expérience de Milgram parce qu’elle montre que le niveau d’éducation d’une personne n’a rien à voir avec sa capacité de réfuter un ordre donné par une personne dépositaire d’une autorité relativement acceptée. Pour le dire autrement, ce ne sont pas les outils qui sont donnés à l’école aux individus qui modifient l’influence d’une autorité sur la prise de décision des individus. Pour ma part, je pense qu’on peut faire le mme constat sur les logiques de groupe. C’est-à-dire (désolée si c’est évident pour certains mais moi, ça me choque, quand je compare la théorie enseignée à l’école et la réalité concrète que j’observe autour de moi) que même avec 5 ans d’études, il n’est pas assuré qu’un personne diplômée ne soit pas dispensée de raisonnement primitifs de groupe.

Mais alors si les déterminants des comportements individuels sont indépendants du niveau d’éducation des individus, pour sensibiliser nos sociétés aux logiques de harcèlement, on peut peut-être mettre en place des actions de sensibilisation mais également des outils de signalement plus discrets, mais aussi plus efficaces, dans la mesure du possible. Si pousser les étudiants à faire des dissertation ne les rend pas plus conscients de leurs actions sur les autres, ne développe pas davantage leur empathie, on peut peut-être traiter le sujet du harcèlement à l’école en prenant moins de détours en mettant un mot sur les faits. Un débat sur les cours d’empathie avait déjà été proposé par certaines personnes, je ne sais plus qui, je ne sais plus où, mais pour moi ça ne reste pas le rôle de l’école. A l’inverse, on peut pousser plus loin l’intention d’éduquer les élèves à travers des sujets autres que des disciplines purement académiques, en ouvrant un débat sur des actions de sensibilisation des élèves aux harcèlement à l’école, qui eux intéressent bien les écoles. Il n’est pas sûr que toutes les écoles avec leur disparités budgétaires et leurs particularités territoriales soient sur un pied d’égalité en termes d’application de telles mesures mais ça permettrait au moins à l’école d’assumer un problème réel, et de mettre en place en face d’un problème connu des actions concrètes.

Quand je vois un problème qui persiste en longueur alors qu’il existe depuis des milliers d’années (cf. Livre de rené Girard), quand je vois comment l’émergence des tribunaux et de la justice moderne est venue proposer des solutions pour résoudre des problèmes qui avant donnaient lieu au sacrifie des étrangers pour maintenir la cohésion de groupe de civilisation « primitives » (cf. Livre de rené Girard), je ne comprends pas pourquoi, au sein de l’école compte tenu du nombre de jeunes harcelés on envisage pas d’utiliser la loi et tous les outils à notre disposition (actions de sensibilisation dans les écoles, documentaires, éducation parentale, livres) pour gérer un problème qui est identifié, connu mais reste très peu traité. Compte tenu du rôle que joue le harcèlement à l’école sur le nombre de suicides des plus jeunes mais aussi des moins jeunes je ne comprends pas non plus pourquoi ce problème persiste sans qu’il soit traité. Selon l’Unicef, un élève sur trois est harcelé dans le monde cad 33%, dont 1/4 se suicide soit 25% de 33% (Cf. Site source ci-dessous). Bon c’est pas une majorité, mais quand on sait que dans pratiquement chaque classe il y a au moins un enfant harcelé, ça fait quand même mal au coeur.

https://www.francetvinfo.fr/societe/edu ... 24543.html

Bien sûr, on ne peut pas résoudre un problème propre aux être sociaux plus ou moins évolués, je trouve ça quand même dommage de faire ce constat. Personnellement, je ne suis pas parent mais si ça arrive à mon enfant, je serai très en colère. On connaît tous quelqu'un qui s'est fait harceler à l'école, quand on a pas soi-même été victimes de harcèlement à l'école.

Dans tous les cas, le problème est complexe mais je pense que la société n’est pas sans ressources pour solutionner ce problème. Les gens ne changent peut-être pas mais nos sociétés ont encore une grande marge de progression. Même si les financements publics ne sont pas la solution à tout et que l’état n’est pas obligé d’intervenir partout je suis étonnée que le secteur privé ne se soit jamais porté sur le sujet à ma connaissance (pour reprendre mon poste précédent, le secteur privé pourrait intervenir en aval pour aider les enfants victimes de harcèlement à se reconstruire après en avoir été victime, ou bien en amont en proposant des actions de sensibilisation à l'instar des séances de management du changement en entreprise). Ce serait plus difficile de demander au secteur privé d'intervenir sur ce sujet mais d'un point de vue public, je me demande pourquoi ça n'est pas déjà le cas.
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  • [+1] Intéressant le 16.03.21, 12h57 par Citadin

Encore une fois on n'eduque pas des gens qui ne vivent que par la violence en faisant de la formation à l'école

En fait l'école doit enseigner tout ce qui est nécessaire en société pour lequel il est nécessaire d'avoir des bases. Si ça n'éduque pas les détraqués, ça prendrait en charge la majorité des problèmes. on dit que ce n'est pas son rôle d'éduquer mais j'ai des amies maîtresses qui éduquent les gosses aux choses comme la politesse et à certains comportements pourtant fondamentaux...
Et c'est bien car suivant le milieu socio culturel, les valeurs et la culture familiale, un rappel et une imprégnation de la culture voulue comme nationale est nécessaire
De là des cours d'empathie ça me semble pas déplacés parce que c'est l'une des choses les plus variables en fonction de la culture familiale et d'origine. Avoir un socle commun c'est pas un luxe.
Et en fait ça se fait déjà chez les plus jeunes, subtilement quand on leur apprend à gérer leurs visions d'enfants, le problème c'est d'oublier que les ados sont aussi non fonctionnels et incapables de se maîtriser que les enfants plus jeunes (c'est physiologique et neurologique, leur cortex préfrontal n'a pas encore le contrôle en comparaison des adultes, certaines voies nerveuses ne sont pas encore développées), et qu'on devrait donc enfoncer le clou.

Pour le reste, malheureusement la culture et l'éducation ne sont pas vraiment un rempart dans les situations où les émotions, les valeurs et croyances primordiales sont impliquées.
Tout le monde est en faveur de la science jusqu'à ce qu'elle tape sur ce truc là auquel on croit sur comme fer. Même pour un scientifique de métier c'est dur à contrôler.
Aussi, ça n'a que peu d'impact sur les comportements sociaux. Les gens même dans des milieux professionnels très élevés se comportent comme au lycée, c'est terrible de voir des pontes d'un domaine se comporter avec ce niveau de puérilité.
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  • [+1] Intéressant le 15.03.21, 20h57 par Gafano
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Onmyoji :

Oups, désolée pour le temps de réponse, je vais pas forcément beaucoup sur le forum.

Je pense que ce qui a fait que j'étais harcelée, c'est que mes harceleurs voyaient que j'étais différente (intérêt pour les cours, surtout les sciences - ouais, j'aimais bien la biologie et la physique à l'époque, maintenant pour la biologie, moins), tendance à contredire le prof, à être appréciée par les profs parce que bonnes notes et intérêt pour le cours.
Ils voyaient aussi que j'étais isolée, que je comprenais pas forcément comment les relations sociales fonctionnaient et que j'avais pas un bon comportement, + pas de violence de ma part et je me défendais pas.

Du coup, bah... Moqueries et insultes pendant toute ma scolarité et aucune vraie amitié jusqu'à maintenant (j'ai 25 ans). Quelques coups, mais pas plus que ça (ils voyaient bien que même si j'étais pas violente, je pouvais l'être et que j'aurais pas hésité à me défendre).

Maintenant, je suis appréciée par les autres, mais j'ai pas (encore ?) réellement d'amis. Enfin, j'en parle dans un post que je viens de mettre.

J'ai énormément changé. Ce que j'ai changé ? Je fais du sport, je fais attention à comment je mange, je m'attache plus aux autres et je suis pas (plus du tout, en fait) en "demande" d'amis (ça se ressent assez vite, et c'est un vecteur de moqueries). Je montre aussi - en apparence - une forte confiance en moi (même si intérieurement, je reprends juste un peu confiance en moi, mais c'est pas facile), je m'exprime mieux, je m'habille pas trop mal, je cultive les trucs que j'aime. Les autres sont devenus un plus, je suis maintenant assez détachée (même si pas encore assez à mon goût). J'apprends aussi à connaître les gens et je leur fais limite ressentir que je m'en fous d'eux (ce que je veux faire dans la vie compte beaucoup plus). J'ai aussi arrêté de demander la permission aux autres pour faire un truc, je le fais, c'est tout. Je peux parler aussi beaucoup plus crûment quand je suis énervée et pas hésiter à dire à un gars d'aller se faire foutre si un truc lui plaît pas chez moi, au lieu d'essayer de plaire à tout le monde. Je sais repérer quelqu'un de toxique. Je suis assez sélective en amitié, et dans ma tête, c'est moi qui choisit, pas les autres.

Mais ça rejoint tout ce que vous avez dit, les harceleurs vont aller vers des personnes qui ont pas confiance en elles, qui sont needy, qui sont pas conscientes de comment marchent les relations sociales, etc. J'avais aussi lu qu'il faut se dire "c'est pas moi qui est avec cette personne, mais elle qui est avec moi". Il faut montrer aussi que tu sais rester calme en toutes circonstances, que t'es bon en sport, que t'as des objectifs et que tu sais où tu vas. Et la position du corps dans la position debout ou assise est importante, si t'es avachi, on voit que t'as pas confiance en toi.
Autre chose, les personnes vont regarder si t'as le contrôle de ta vie : donc typiquement, quelqu'un qui a le contrôle, c'est quelqu'un qui se laisse pas influencer par les autres, qui demande pas la permission, qui fait pas en fonction des autres, qui arrive à l'heure, toujours propre et soigné et qui semble être à l'aise socialement aussi. Ah oui, et qui sait gérer ses émotions, mais ça rejoint le "rester calme en toutes circonstances".
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+2] Merci ! :) le 18.03.21, 13h27 par Onmyoji

J'ai connu le racket en maternelle, je devais avoir 5 ans et je ne peux m'empêcher de penser encore aujourd'hui que j'en suis en grande partie responsable du fait de mon extrême timidité. Je souffrais de ce qu'on appelle aujourd'hui "mutisme sélectif", ça n'inquiétait personne à l'époque sûrement parce que ce trouble n'était pas connu (et puis bizarrement j'étais bonne à l'école même si personne ne m'entendait parler). Mais forcément quand on ne parle à personne, ça fait de nous une cible privilégiée.
Je n'ai pas pu appeler à l'aide, je me souviens très bien que j'étais tétanisée. Et même après, je ne voulais pas en parler parce que j'avais trop honte.

J'ai appris à m'exprimer et à m'affirmer plus tard. A 9 ans, je me suis battue contre ceux qui m'emmerdaient dans la cour de récré, ça a suffi pour les tenir à carreaux. Etant une fille qui avait l'air de se défendre relativement bien toute seule contre des garçons, ni mes camarades de classe, ni même mon frère en classe supérieure qui avait assisté à la scène n'ont eu la présence d'esprit de venir m'assister. Je sais pas, je devais être trop "impressionnante" pour donner l'impression d'avoir besoin d'une quelconque aide.
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas trop en attendre des autres.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 18.03.21, 13h27 par Onmyoji

Saori a écrit :
18.03.21
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas trop en attendre des autres.
J'aimerais te dire que venant d'enfants c'est un peu logique ou attendu d'être indécis ou amorphes dans une situation pareille, mais force est de constater que c'est aussi le cas chez beaucoup d'adultes et qu'il est souvent nécessaire de recourir à des subterfuges pour les impliquer...
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Onmyoji a écrit :
18.03.21
Saori a écrit :
18.03.21
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas trop en attendre des autres.
J'aimerais te dire que venant d'enfants c'est un peu logique ou attendu d'être indécis ou amorphes dans une situation pareille, mais force est de constater que c'est aussi le cas chez beaucoup d'adultes et qu'il est souvent nécessaire de recourir à des subterfuges pour les impliquer...
Tout à fait. Je ne les blâme pas, ni ceux qui s'en sont pris à moi d'ailleurs. Quand je parle des autres j'englobe tout le monde en fait, enfants comme adultes, proches et moins proches.
Je crois que personne n'a envie de se confronter à la violence, encore moins de s'impliquer dans des histoires de violence qui ne les concernent pas directement. Tout le monde a ses raisons (mes parents aussi éduqués et respectables qu'ils soient par ailleurs, ont réussi à me faire avouer quelques semaines plus tard que j'avais été rackettée, ils m'ont reprochée de ne pas leur avoir dit mais au final ils ont laissé couler).
Et paradoxalement on a moins de chances d'être secouru par quelqu'un dans une rame de métro bondée par exemple que dans une quasi vide à cause de l'effet groupe et de la dilution de responsabilité. Je me souviens qu'au collège suite à une bagarre où apparemment tous les gosses étaient restés spectateurs, une enseignante avait demandé à chacun d'écrire ce qu'il avait vu et de manière anonyme. Je ne connais pas la suite mais je trouve que c'était une bonne initiative pour les impliquer sans qu'ils aient à craindre pour eux-mêmes et pouvoir procéder à des sanctions.

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