Isolement social : Est-ce tenable sur le long terme ?

Note : 1

le 17.12.2020 par Sheitan

6 réponses / Dernière par Shadow2 le 18.03.2021, 00h16

Un forum pour celles et ceux qui s'intéressent au dev perso, à l'équilibre intérieur, à la psychologie. Surmonter ses blocages, ses croyances limitantes, nourrir et développer ses forces, etc.
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Bonjour,

On va rentrer dans le vif du sujet...

Je suis dans un état très proche de l'isolement social depuis plusieurs années déjà (j'ai 21 ans). Cette situation s'est largement empirée cette année. Je n'ai aucun ami, des relations quasi inexistantes ou conflictuelles avec la famille, quelques connaissances de fac qui ne me parlent plus. La seule relation à peu près solide que j'avais, c'était avec ma mère mais cette relation est au bord de l'implosion à tout moment.
Je dois préciser une chose importante, on m'a diagnostiqué un trouble bipolaire sévère depuis 1 an.
Cette année, j'ai enchaîné les décompensations et les hospitalisations. Le confinement et les hospitalisations ont anéanti le peu de relations qu'il me restait encore. Ma mère supporte difficilement cette situation et les connaissances de la fac m'ont lâché dû à mes absences trop récurrentes.

Ce trouble me rend hypersensible à l'attitude des autres et mon estime de moi-même varie drastiquement entre la mégalomanie et la dévalorisation constante. Ça n'aide pas. J'ai tendance à couper les ponts très rapidement. Je suis également très déçue des autres depuis longtemps. J'ai aussi le défaut d'être incapable de ressentir de l'empathie pour les autres. J'ai de l'empathie froide, je comprends les émotions des autres mais ça ne me touche pas ou très peu. Pour nouer des liens, c'est difficile quand on est assez indifférent.

Jusqu'à maintenant le peu de personnes que je rencontrais, c'était dans le but de satisfaire mes pulsions charnelles. Je ne le fais plus parce que j'ai un médicament qui diminue grandement mes sensations et ma libido.
J'en suis donc venue à un point où je ne rencontre absolument personne, je ne parle à personne (excepté ma mère).
Je vais pas mentir, le contact physique me manque parfois, je parle essentiellement de tendresse venant du sexe opposé. Mais j'ai l'impression que c'est mission impossible pour toutes les raisons énoncées plus haut. Alors je suis dans une phase de résignation. En dehors de ma personnalité, le trouble complique pas mal les choses à cause de la mauvaise image qu'il traîne. Je sais que beaucoup de bipolaires ont une vie sociale très remplie mais j'ai l'impression d'être une handicapée des sentiments/émotions.

Ma question principale, c'est de savoir si c'est une situation tenable sur le long terme ? Peut-on vivre sans aucun contact et avec presque aucune interaction sociale autre que le strict nécessaire ?

Merci d'avoir lu.

Je pense que tu connais la réponse en même temps que tu poses la question : bien sûr que ce n'est pas tenable, bien sûr qu'on est des êtres sociaux, qu'on a besoin de contacts (dont la forme la fréquence et l'intensité varient selon les personnes)
La question c'est plutôt comment, dans ta situation, entre trouble psychique, passage à l'âge adulte, et pandémie, tu vas trouver ton équilibre entre patience (ou résignation) et rencontres.
Est ce qu'il n'y aurait pas d'autres endroits où avoir des contacts qu'à la fac ?
Est ce que ce ne serait pas plus simple pour toi d'entrer en contact avec des gens d'une autre génération ?
Est ce qu'une activité (bénévolat, job, sport...) ne te permettrait pas d'avoir des contacts réguliers même superficiels qui te feraient du bien ?
Et du côté des assos spécifiques à ton diagnostic ?

En tout cas il n'y a aucune fatalité, quelque soit le sentiment d'impasse dans lequel tu peux penser te trouver. Plus tu t'ouvriras au monde dans la mesure de ce que permet ta situation actuelle, plus tu verras que la vie sociale t'es permise, à toi comme aux autres.

voucny a écrit :
17.12.20
Je pense que tu connais la réponse en même temps que tu poses la question : bien sûr que ce n'est pas tenable, bien sûr qu'on est des êtres sociaux, qu'on a besoin de contacts (dont la forme la fréquence et l'intensité varient selon les personnes)
La question c'est plutôt comment, dans ta situation, entre trouble psychique, passage à l'âge adulte, et pandémie, tu vas trouver ton équilibre entre patience (ou résignation) et rencontres.
Est ce qu'il n'y aurait pas d'autres endroits où avoir des contacts qu'à la fac ?
Est ce que ce ne serait pas plus simple pour toi d'entrer en contact avec des gens d'une autre génération ?
Est ce qu'une activité (bénévolat, job, sport...) ne te permettrait pas d'avoir des contacts réguliers même superficiels qui te feraient du bien ?
Et du côté des assos spécifiques à ton diagnostic ?

En tout cas il n'y a aucune fatalité, quelque soit le sentiment d'impasse dans lequel tu peux penser te trouver. Plus tu t'ouvriras au monde dans la mesure de ce que permet ta situation actuelle, plus tu verras que la vie sociale t'es permise, à toi comme aux autres.
Merci pour ta réponse :)

Effectivement, dur de trouver un équilibre. En ce moment, les rares endroits où j'allais sont fermés. Les conditions actuelles compliquent beaucoup les choses. J'ai beaucoup de mal avec les contacts superficiels et c'est là ma limite, je suis toujours à la recherche d'une certaine profondeur dans mes relations mais je me rends compte que c'est comme demander la lune. Je suis très (trop) cérébrale.
Les assos bipolaires sont quasi inexistantes en France et les rares qui existent sont en stand-by en ce moment.
Depuis ma préadolescence, j'ai toujours ressenti une forme de solitude qui ne fait que s'amplifier avec le temps. J'essaie de pas tomber dans le fatalisme, je me rends bien compte aussi qu'il n'y a que moi qui peut me sortir de cette situation. Je suis un peu dans les deux opposés en même temps, il y a des jours où je vais presque envier certaines personnes et puis des jours où je vais être persuadée que j'ai besoin de personne et que tous les autres sont stupides et inutiles. Bref, j'ai jamais su interagir avec les gens, j'ai aucune intelligence relationnelle et j'ai l'impression que ça peut vraiment me porter préjudice pour l'avenir. Malgré l'individualisme ambiant, on reste dans une société du collectif. Je veux pas subir les autres mais totalement m'en couper, c'est une solution radicale et risquée sur le long terme.

C'est un pis aller, mais est que tu entretiens déjà des contacts via des réseaux sociaux?
Ça peut te permettre d'avoir des interactions qui peuvent te permettre de garder des repères.
Même si ton traitement t'aide, tu fais des choses à côté? J'ai connu des gens avec le même diagnostic et avoir une activité créative, ça aide à déverser le trop plein d'énergie (et un peu moins sur les autres aussi). Et en cas de descente, d'avoir aussi des choses "nourrissantes" pour l'esprit, et pour te sentir mieux. Pour pas te prostrer.
Faudrait que je retrouve, je pense qu'il y a une asso que je pourrais te conseiller car je connais une bd sur le sujet faite par leurs soins.

Sinon pour les autres besoins, tu devrais sans doute trouver un mec cool en mode plan amélioré, à moins d'avoir des amis qui soient là juste pour la tendresse.
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Onmyoji a écrit :
18.12.20
C'est un pis aller, mais est que tu entretiens déjà des contacts via des réseaux sociaux?
Ça peut te permettre d'avoir des interactions qui peuvent te permettre de garder des repères.
Même si ton traitement t'aide, tu fais des choses à côté? J'ai connu des gens avec le même diagnostic et avoir une activité créative, ça aide à déverser le trop plein d'énergie (et un peu moins sur les autres aussi). Et en cas de descente, d'avoir aussi des choses "nourrissantes" pour l'esprit, et pour te sentir mieux. Pour pas te prostrer.
Faudrait que je retrouve, je pense qu'il y a une asso que je pourrais te conseiller car je connais une bd sur le sujet faite par leurs soins.

Sinon pour les autres besoins, tu devrais sans doute trouver un mec cool en mode plan amélioré, à moins d'avoir des amis qui soient là juste pour la tendresse.
Merci pour ta réponse.
Je ne suis quasiment pas présente sur les réseaux sociaux. Pendant longtemps, j'ai fréquenté les tchats puis j'ai finalement arrêté parce que c'était très souvent une perte de temps. J'avoue que pour le moment, j'ai pas grand-chose d'autre que le traitement, j'ai quelques passions et je m'y remets petit à petit. Je suis en décrochage scolaire depuis ma dernière hospitalisation et c'est vrai que mes passions sont un peu tout ce qui me reste.
Pour l'histoire du plan amélioré, j'ai déjà tenté mais c'était toujours à sens unique alors j'ai stoppé. Pour les amis, c'est pas faute d'avoir essayé mais je sais pas, ça dure jamais. C'est peut-être un mélange de mauvais timing, mauvaises personnes, incompatibilité de personnalités... Et puis de nos jours, j'ai le sentiment que les relations ont jamais été aussi fragiles. Dans ces conditions, dur de se faire de réelles amitiés.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Constructif le 18.12.20, 23h03 par Onmyoji

Je pense que reprendre la main sur tes études est important, car cela te permettra de continuer à socialiser dans le futur dans le milieu étudiant.
Et puis faut pas se leurrer, avoir une situation où au moins un job est quelque chose qui est très bénéfique vis-à-vis d'un trouble mental.
Pour les réseaux c'est vrai qu'a priori c'est une perte de temps quand on a une vie remplie (ou qu'on se permet de la remplir en ne l'occupant pas à des conneries), mais dans ta situation c'est un minimum et un bon début.
Tu peux jouer à des jeux sociaux, avec des discussions, tu peux aller sur des communautés liées à divers centres d'intérêts, etc.
Tu dis avoir des passions, tu pourrais trouver facilement des gens qui les partagent. Quelles sont-elles?

Pour le plan unilatéral, tu parles d'efforts? De sexe?
Pour les amitiés, ce n'est jamais facile à l'âge adulte. Je te rejoins sur le côté superficiel ou individualiste des gens. Mais ça te permet de trier. Quand tu trouveras des amis ils seront vrais. Sans doute qu'il t'est nécessaire aussi de faire le point pour savoir ce que tu souhaites de ce côté là, et de faire mieux confiance aussi par rapport à tes troubles (sans forcément rentrer dans les détails mais si tu mets une distance excessive pour ne rien laisser
filtrer les gens le sentent et ça laisse peu de place à des liens.

Bon courage
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Oh bordel...

Je réponds peut-être un peu tard à ton post, mais je suis EXACTEMENT dans la même situation. A la différence que je m'entends assez bien avec ma mère et que je n'ai pas été diagnostiquée avec un trouble mental, mais c'est les seules différences.

Je pensais pas que quelqu'un pouvait être dans cette situation aussi.

Viens, on devient amies ? :D

Visiblement, c'est tenable, on a tenu toutes les deux le coup, même si on est brisées de l'intérieur.

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