[A] Faire de sa passion son métier - Feedback

Note : 32

le 28.05.2014 par Terrigan

10 réponses / Dernière par master crane le 27.06.2014, 17h56

Le taf, on y passe 8h par jour minimum, et c'est loin d'être facile tous les jours. Ce forum est là pour échanger autour de tous les sujets en lien avec votre vie professionnelle.
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La punchline d'intro qui sert à rien a écrit :Une passion est un trésor personnel.
Soit on le laisse hors-commerce et on le chérit pour ce qu'il est, soit on décide de le vendre...
Alors comme ça c'est une bénédiction de travailler sur sa passion?

Ok, regardons ça en détail:

INTRO: Mon parcours

C'est un parcours typique: études + travail qui va avec + malaise + reconversion.

Depuis tout petit, je me consacre pleinement à mon sport favori. Enfant, c'était la vie du petit garçon sage qui passe son temps aux entraînements et la plupart de ses weekends en compétition. Passé le bac les choses ont évolué, mais j'ai toujours plus ou moins pratiqué ce sport - ou d'autres qui s'en rapprochaient et nourrissaient mon évolution.

Notons que mes parents m'avaient inculqué que c'était un loisir, à vivre pleinement pour le fun et l'école de la vie, mais que mon destin était de faire des études prestigieuses et de chopper un boulot prestigieux. J'ai fait ce que j'ai pu de cette vision des choses, pas forcément mauvaise en soi.

Parallèlement, j'ai donc fait des études de droit et je suis devenu un super juriste. Enfin... C'est ce que je croyais. Costar cravate, coupe de cheveux courte et clean à la Keanu Reeves, je me souviens quand j'ai eu mon diplôme j'ai cru que c'était la consécration, en fait c'était juste le début des emmerdes... :wink:

Quelques années plus tard, ma vie pro était devenue une impasse qui sonnait comme une mauvaise blague, entre périodes d'essai avortées, chômage et petits boulots loin en dessous de mon diplôme.

Au fond de la cave, je me suis regardé dans le miroir, j'ai vu un gros loser, j'ai dit "bon, le juridique c'est cramé. Fais ton deuil. Maintenant, plutôt que de passer le reste de ta vie à être smicard dans des boulots de merde où tu n'as rien à faire, tu vas te prendre par la main et essayer de faire quelque-chose avec tout ce que tu connais de ta passion."

Quelques années plus tard, je suis l'heureux entraîneur de deux associations sportives.

Image

Vraiment? Vraiment?

Bah oui! Pas de retournement de situation sur ce coup-là, je suis vraiment heureux dans ma vie professionnelle, et plutôt en réussite :D

avec en prime une "rédemption" sociale et à mes propres yeux, par rapport à mes errements de jeunesse qui resteront toujours objectivement tristes.

Néanmoins, c'est un bonheur "global". Quand on regarde en détail, il y a toujours des petits malheurs, comme d'habitude...

Je vais donc ici aller dans le détail et vous montrer l'arrière-boutique du travail-passion, avec ses quelques effets pervers à surveiller:

I] "Le prix de la passion" (l'idée fourre-tout dans laquelle ranger les petites merdes)

:idea: Rien n'est gratuit en ce bas-monde. Surtout quand c'est bon!
La citation inutile de tonton Terrigan a écrit :Tout ce qui est bon est immoral, illégal, hors de prix, mauvais pour la santé ou pas d'accord pour coucher avec moi!
Or, on sait bien que c'est délicieux de travailler sur sa passion. Donc....

...Il va falloir passer à la caisse, à un moment où un autre. La vie est une créancière sympa sur les moyens de paiement. Elle accepte les chèques, CB, paypal, si vous n'avez pas d'argent vous avez bien du temps, et à la fin le plus souvent on paye cash :wink:

A] Le prix à payer par rapport au monde

* Moitié professionnel, moitié bénévole.

L'idée c'est que vous ne pourrez jamais TOUJOURS vous retrancher derrière votre fiche de poste. Il y aura toujours plus à faire, et/ou plus de temps à passer.

La bonne nouvelle, c'est que ce que vous faites en plus constitue un facteur de performance, qui vous aidera à atteindre vos objectifs. Car vous en avez. Vous êtes comme le cadre sup ou le chef d'entreprise qui veut surnager quand c'est la merde, et surclasser la concurrence quand tout va bien!

Autre bonne nouvelle, en faire le minimum peut faire partie de vos objectifs. C'est comme tout, ça se planifie, avec une bonne organisation et aussi la motivation et la formation d'amis - bénévoles, toujours prêts à vous aider ou s'impliquer eux-même sur votre activité car elle est belle!

Dans ce contexte, vous garderez toujours un petit côté "j'en fais plus bénévolement" pour maintenir votre image. Car l'image du roi fainéant ou du fonctionnaire n'est motivante pour personne.

* Crise économique et concurrence entre travailleurs.

Non seulement c'est la crise, y'a plus de sous pour l'industrie lourde, alors pour votre passion c'est même pas la peine, mais en plus, du côté de vos collègues, et donc concurrents sur le marché du travail, y'a du monde sur la corde à linge!
(sauf dans mon secteur d'activité. I win, une fois de plus!)

C'est pour ça notamment qu'il est difficile de trouver une bonne rémunération et des conditions de travail correctes. Globalement, que vous soyez indépendant ou salarié, c'est difficile de faire son beurre.

Comme d'habitude, comme partout. Je dis juste ça pour vous montrer que la question de votre performance est vitale.

Mais comme c'est votre passion, vous avez viscéralement envie d'être performant!

* Les gens ne sont pas (toujours) vos amis.

Attention à votre employeur si vous en avez un, il ne faut pas le laisser exprimer des idées du style "Oh ça va tu peux bien faire ce énième truc que je te colle sur le dos, t'es passionné oui ou non?"

De même, attention aussi aux clients et aux interlocuteurs de toute sorte, qui adoooorent vous balancer dans les pattes que vous pouvez bosser pour rien, vous aimez tellement ça...

Attention aux gens qui ont des métiers "normaux". Ils sont jaloux de vous et se feront un plaisir de vous tacler au moindre signe de faiblesse:
- Huh? Tu te sens surchargé de travail en ce moment? Bah viens à mon boulot pour voir (tapette) Sous-entendu: c'est moi qui ai la plus grosse (charge de travail / force de travail)
- T'es crevé, malade, t'as pas le moral? Rien à foutre. Sois cool et tais-toi.
- Tes horaires sont décalés? Démerde-toi, Assume! (bah, c'est ce que je fais, je disais juste que mes horaires sont décalés, comme un simple fait objectif. Mais merci pour la leçon de morale, tu m'enverras ta facture...)

De manière générale, mais c'est partout pareil, il faut faire attention à se plaindre un minimum.

Vous seuls savez ce que vous faites et l'énergie que ça vous coûte. La seule chose que vous avez à faire, c'est serrer les dents pendant les coups de bourre, et avoir un positionnement concret pour refuser de faire telle ou telle chose à la suite d'une décision construite et argumentée.

Mais tant que vous êtes sur place, c'est le bon vieux "assume"

B] Le prix à payer par rapport à votre activité

* Putain mais qu'est-ce qu'on se fait chier!

Bah oui c'est la vie professionnelle, avec son lot de corvées et de grands moments de solitude.

En basculant du côté professionnel de la barrière, vous avez hérité de toute l'arrière-boutique, et de toute la merde qu'il y a dedans. Mais ça reste toujours mieux que d'essayer de faire carrière dans la grande distribution (ou tout autre environnement professionnel qui vous glace le sang)

encore une fois, "t'as signé, assume"

D'ailleurs la gestion des corvées est un critère de performance. Je ne pense pas que les gens qui réussissent dans leur passion soient de gros branleurs qui se laissent ralentir par les corvées qui s'éternisent. Ils abattent les corvées sans pitié pour mieux se consacrer à la partie créative et enrichissante de leur travail.

* Putain mais qu'est-ce qu'on se fait chier! (Huh? encore?)

L'usure du quotidien amène à des moments où même la matière brute et pure de votre passion va vous écœurer.

en tant que sportif, c'était cool de vivre ma vie de compétiteur, puis d'adulte loisir.
C'était cool d'aider mon maître de stage au début de ma formation.
C'est beaucoup moins cool d'enchaîner les entraînements, semaine après semaine.

ça le reste le plus souvent, mais des fois ça me pèse.

Le plus souvent la passion rend le travail cool, et des fois au contraire le travail rend la passion chiante à mourir. Il y a donc une gymnastique de l'esprit et des bonnes habitudes à mettre en place pour ne jamais se laisser blaser. Car un passionné blasé, c'est un passionné mort! :mrgreen:

Et donc il faut garder son enthousiasme d'enfant. C'est une généralité. Une généralité à combiner avec une autre généralité inverse: l'important est de se comporter comme un adulte qui fait ce qu'il a à faire, au lieu de rêver à un paradis perdu où tout serait agréable...

II] Deux conseils phare pour baliser votre parcours

A) Méfiez-vous du bonheur

Argl, si il faut se méfier du bonheur en plus, mais où va-t-on???

Au début de ma carrière, je rentrais du travail lessivé et je me laissais aller dans ma vie perso. C'est mon problème et je ne voyais pas de quoi me poser de questions sur la nature de mon travail.

Jusqu'à ce que j'en discute avec une bonne amie à moi qui à l'époque travaillait à haut niveau dans les médias. Elle dirigeait une équipe qui parcourait la France pour faire des émissions de télé, et c'était l'éclate. La route, le côté "caravane itinérante" de son équipe de collègues, les rencontres émouvantes avec des gens adorables...

Et donc elle m'a dit qu'elle aussi rentrait lessivée, avec aucune envie de faire quoi que ce soit pour sa vie à elle! Et que naturellement elle gérait ce phénomène, entre soirée dvd-dodo et "je suis crevée mais je me bouge le cul"

C'est là que je me suis aperçu que le bonheur professionnel bouffe l'envie d'aller se chercher du bonheur dans la vie personnelle et intime.

Une fois qu'on sait ça, on fait la part des choses et ça va mieux!

Le bonheur professionnel est un cadeau bonus, et en aucun cas votre source numéro 1 de bonheur. Ne l'oubliez pas.

B) Ne soyez pas passionné!

(ou alors pas trop Image )

Ok vous travaillez sur une matière qui vous passionne, mais ça n'est pas une raison pour vous comporter TOUT LE TEMPS comme un passionné.

C'est un peu comme dans Top Gun - Pilote de chasse, voilà un métier passionnant! Si vous regardez ce film sous cet angle:
- Vous avez le droit d'être Maverick, le chien fou,
- Mais vous avez aussi le droit d'être Iceman, le mec détaché qui vient, qui se sert et qui s'en va, sans faire dans la dentelle.

Ne soyez pas passionné, ce conseil m'a été "offert" par un de mes formateurs.
Au début j'ai eu du mal à comprendre, d'ailleurs j'ai toujours du mal à faire les réglages, mais comme vous pouvez le constater en me lisant j'ai compris l'idée de départ.

Son conseil était formulé ainsi:
Un sage a écrit :Ne soyez pas passionnés.
Sinon vous allez vous faire bouffer par votre vie professionnelle, et ce sera votre faute!
C'est un bon encouragement aux comportements et décisions "de pro", et pas de gentil idéaliste tout content de s'agiter dans tous les sens dans une activité qu'il adore...

On retombe sur le bon sens des travailleurs qui ne sont pas passionnés par leur travail.

Et c'est encore une fois un équilibre à (ré)inventer à son propre niveau, de façon très intime.

CONCLUSION: Vous êtes un travailleur comme les autres.

Exit les arrières-pensées & comportements d'ado attardé! Exit les postures de mère courage!

Par exemple, Si vous bossez comme un taré ou si au contraire vous faites le minimum, c'est que vous avez évalué que c'est ce qui est dans votre intérêt sur une période donnée! Ce n'est pas par réflexe...

Une dernière, pour la route:
Votre passion n'est pas une armure. elle ne vous protégera ni du monde, ni de vous-même.

C'est juste l'environnement que vous avez choisi pour faire votre vie professionnelle.

Edit: Bidouillage de plan en deux parties deux sous-parties.
Le sujet exigeait bien l'utilisation de cet héritage gadget de mes années juriste...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Instructif le 28.05.14, 13h16 par MaryeL
  • [+3] Intéressant le 28.05.14, 16h38 par bratpojar
  • [+1] Encore! le 28.05.14, 16h40 par Karial
  • [+1] A lire le 28.05.14, 21h19 par Stars and Tripes
  • [+2] A lire le 28.05.14, 22h52 par Thedaze
  • [+2] Instructif le 29.05.14, 10h48 par Crunch
  • [+3] 100% d'accord le 06.06.14, 05h30 par Iskandar
  • [+2] Sympa :) le 06.06.14, 07h28 par wayl
  • [+1] Instructif le 09.06.14, 00h57 par Baijin
  • [+3] Très intéressant le 16.06.14, 15h45 par Marshall Ombre
  • [0] Pas convaincu le 26.06.14, 22h03 par Blusher
  • [+2] A lire le 27.06.14, 17h55 par master crane
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
Car les femmes ne sont qu'une infime partie du monde
Nous aussi d'ailleurs...

Re!

Tout d'abord merci pour les notes, ça me fait plaisir car j'ai mélangé ma vie avec des généralités, et donc ça ne me paraissait pas forcément intéressant à la base - le spectre du légendaire "ça va mieux en le disant" plane avec un rictus sinistre Image ...

***

Je ne sais pas pourquoi mais cet après-midi à l'entraînement j'ai été excessivement cool.

Même mes recadrages (parce qu'il en faut avec les gamins, c'est vraiment grossier ces ptites bêtes...) ont été cool.

Le pire a été entre le cours des jeunes "confirmés" et des ados-adultes. Il y a une opération de promotion qui s'organise pour bientôt, je suis à la ramasse sur l'organisation, et je me suis retrouvé avec 4-5 mamans qui me posaient des questions concrètes auxquelles je n'avais pas la réponse. Une horreur.

Perdu pour perdu, j'ai commencé à faire l'ahuri à côté de la plaque, et finalement je suis allé chopper une bouteille dans le frigo en disant: "bon, puisque c'est comme ça je vous paye à boire, comme ça vous oublierez vos questions."

Les mamans ont halluciné, ça les a bien amusées, 5 minutes plus tard, tout le monde était dans le club house, à rigoler et à discuter, pendant ce temps les élèves de l'entraînement suivant vivaient leur vie, et moi je faisais le branleur, et je kiffais la vibe Image

Cerise sur le gâteau, les membres du comité directeur de l'assoce ont fini par arriver et répondre aux questions - quand-même...

Précisons que les élèves de l'entraînement suivant, quand je dis qu'ils vivaient leur vie, ça signifie en clair qu'ils discutaient en faisant semblant de s'échauffer. Mais bon c'est la fin de la saison quoi... Je les ai assez fait chier avec mes cycles abdos-gainage, faut bien qu'ils se détendent les pauvres :wink:

***

Pour en revenir à cet article et à son effet sur son auteur, je crois que ça m'a fait un bien fou de verbaliser tout ça. Je me sens léger...

C'est vraiment surprenant.
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
Car les femmes ne sont qu'une infime partie du monde
Nous aussi d'ailleurs...

Terrigan a écrit : C'est là que je me suis aperçu que le bonheur professionnel bouffe l'envie d'aller se chercher du bonheur dans la vie personnelle et intime.
Bien au contraire !

Avoir une vie professionnelle qui plaît développe la confiance en soi et l'estime de soi indispensables pour être entreprenant dans sa vie privée (dans sa vie amoureuse notamment).

Si ton boulot te bouffe l'envie d'aller chercher du bonheur avec les femmes, c'est qu'il y a un problème. Tu n'es plus dans la passion qui rend heureux, mais dans celle qui consume, celle dont on pâtit.

Lorsqu'on est dans un cas comme ça, il y a anguille sous roche. Trop d'investissement au travail n'est pas la cause d'un manque de temps et d'attention consacrée à sa vie privée. C'est souvent une conséquence. Conséquence d'un déficit d'estime de soi, de doutes, de peurs qui font qu'on va se jeter dans son boulot plutôt que de s'exposer à être blessé dans son intimité en prenant des risques amoureux.

Ca peut être aussi un refuge pour une vie privée qui ne nous satisfait pas (ou plus). Se jeter dans son travail, ça peut être un cache misère pour oublier qu'on a peu d'amis, qu'on a personne avec qui partir en vacances, etc...

Parfois, c'est une étape salutaire pour digérer une rupture amoureuse, un décès, un choc dans sa vie privée. Ca permet de concentrer son esprit sur quelque chose pour ne pas ruminer.

Le vrai bonheur dans une activité professionnelle ne consume pas. On est content d'attaquer sa journée de travail, mais on est également content de la terminer, de se détendre et d'avoir des périodes de repos pour être avec sa copine, ses amis, sa famille.

Le bonheur, ainsi que tous les sentiments humains, ne se compartimente pas. Il n'y a pas le bonheur au travail, le bonheur dans son couple, le bonheur avec ses amis. Le sentiment d'être heureux est global, car la vie est une continuité. On se lève le matin, on travaille, puis on rentre chez soi et on est avec ses proches. On est toujours nous.

Le bonheur tout court est à cultiver.

On devrait toujours aller vers ce qui nous fait du bien, et s'éloigner de ce qui nous fait souffrir.

C'est ce que font les enfants. Puis quand on grandit, on l'oublie, et on se force à faire des choses qui nous font souffrir, on se force à passer un tiers de notre journée dans un endroit qui ne nous convient pas.

Et on appelle cela "se raisonner"...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Il y'a du vrai... le 06.06.14, 00h36 par Terrigan
  • [+1] Intéressant le 06.06.14, 01h20 par bratpojar
  • [0] Pas convaincu le 06.06.14, 07h29 par wayl
  • [+2] 100% d'accord le 06.06.14, 12h24 par Ilyas
  • [+2] Constructif le 26.06.14, 21h52 par Blusher

-Alex a écrit :Si ton boulot te bouffe l'envie d'aller chercher du bonheur avec les femmes, c'est qu'il y a un problème. Tu n'es plus dans la passion qui rend heureux, mais dans celle qui consume, celle dont on pâtit.
Hum, ça sent le bac philo, avec les bons vieux sujets de dissertation sur la passion... Image

Ce que tu dis est vrai mais un peu abstrait par rapport au fait que certains métiers, notamment ceux que je décris ici et qui sont liés à une passion, posent des conditions de travail qui crament à la base plus de temps et d'énergie que le 35h de base. Encore que le 35h de base, hein, on n'a pas besoin de bosser sur sa passion pour le pulvériser à l'aise (pas taper, les cadres sup', pas taper...)

Mais tu as raison tout de même, et je peux ajouter pour te rejoindre que la passion pour son travail peut "encourager" un phénomène de décrochage tel que tu le décris.

Quand on voit que beaucoup de gens "s'oublient" dans leur travail alors qu'il n'était pas forcément excitant à la base, quand il s'agit d'un travail autour d'une activité qu'on adore, le risque est accru.

Merci pour ta mise en perspective, en tout cas!
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] C'est pas si simple le 06.06.14, 21h10 par Axelos
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
Car les femmes ne sont qu'une infime partie du monde
Nous aussi d'ailleurs...

Je me suis planté sur le commentaire : je voulais mettre "C'est pas faux". :mrgreen:

En fait, je vis le cas opposé à celui que tu décris :
- Je travaille 35h / semaine dans un boulot qui ne me plait pas, en particulier du fait de l'ambiance et de l'état d'esprit dans l'entreprise.

Pour survivre dans le genre d'entreprise où je me trouve, il ne faut pas être impliqué dans son travail. Il faut accepter l'idée de venir juste pour toucher son (bon) salaire à la fin du mois.

On m'a proposé un an de plus. J'ai refusé.

35h / semaine dans un endroit nocif pour nous, ça a des effets qui vont bien au delà de ces 35h.

Ce lieu plombe mon estime de moi et mon moral. J'ai tenu bon grâce au fait que je donne des cours de guitare, de manière bénévole dans un centre social (ils n'ont pas d'argent pour me payer). Activité non rémunérée, mais infiniment plus gratifiante que mon travail alimentaire.

Je finis bientôt ma mission, et je fais la tournée des écoles de musique pour m'inscrire dans un cursus d'études musicales, afin d'étudier ce qui me plait, de me former, et de faire reconnaitre tout ça par un diplôme (parce qu'on est en France). Et ensuite me faire rémunérer pour cela.

Mon discours se base vraiment sur une réalité vécue. Quand on dit que l'argent fait pas le bonheur, je l'ai vécu concrètement.

Pour parler séduction, il ne se passe rien dans ma vie amoureuse depuis que je travaille là bas. J'ai eu des phases volontaristes où je me bougeais pour aborder et prendre des numéros de téléphone. Mais un auto-sabordage s'est créé malgré moi : je n'allais pas au bout. Trop de pensées négatives qui m'arrivaient malgré moi.

Cependant, les thèmes que tu développes sont intéressants :
- La relation à l'argent. Etre passionné par son activité ET exiger d'être bien payé pour cela, ce n'est pas incompatible. Il faut sans doute lutter contre la croyance judéo-chrétienne que l'argent c'est sale et que quand on aime, on fait ça gratos, avec comme corollaire que pour bien gagner sa vie, il faut en chier et faire un boulot qu'on aime pas.
- L'équilibre vie professionnelle / vie privée. Très important. Etre passionné de son boulot c'est génial, mais ça ne remplace pas d'avoir une copine et des amis. Ce sont des besoins qui doivent chacun être remplis, de la même manière qu'on a besoin de manger ET boire.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Intéressant le 14.06.14, 14h23 par John_Rimbault
  • [+2] Pertinent le 16.06.14, 15h51 par Marshall Ombre

-Alex a écrit :En fait, je vis le cas opposé à celui que tu décris :
- Je travaille 35h / semaine dans un boulot qui ne me plait pas, en particulier du fait de l'ambiance et de l'état d'esprit dans l'entreprise.

Pour survivre dans le genre d'entreprise où je me trouve, il ne faut pas être impliqué dans son travail. Il faut accepter l'idée de venir juste pour toucher son (bon) salaire à la fin du mois.

On m'a proposé un an de plus. J'ai refusé.

35h / semaine dans un endroit nocif pour nous, ça a des effets qui vont bien au delà de ces 35h.

Ce lieu plombe mon estime de moi et mon moral.
Ce que tu décris ici est très courant, et c'est pour ça que je voulais un peu démystifier le travail passion, car il fait rêver tous les gens qui ont un boulot plus ou moins terne.

Ceci dit, je ne l'ai pas dit explicitement mais bien entendu une fois qu'on a fait les comptes on continue à s'y retrouver. Travailler sur sa passion c'est peut-être pas le bonheur total et béat, mais ça reste kiffant!

***

Après la remarque de Wayl, on peut aussi dire qu'au-delà de l'environnement général de travail, la façon précise dont la vie professionnelle est vécue finit toujours par devenir personnelle.
C'est un peu l'auberge espagnole: tu y trouves ce que tu y apportes.

D'ailleurs j'ai essayé de faire une description objective mais j'ai peut-être malheureusement laissé passer des enjeux & névroses personnelles dans mon propos.

Pas trop j'espère Image
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Salut,

Super article. J'en profite pour faire de la pub auprès de nos amis chômeurs : on manque de maîtres d'armes en France alors la fédé forme et recrute !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Like ! le 16.06.14, 16h23 par Terrigan

Marshall Ombre a écrit :J'en profite pour faire de la pub auprès de nos amis chômeurs : on manque de maîtres d'armes en France alors la fédé forme et recrute !
Pareil dans mon sport. C'est bien sympa les histoires de crise économique et de subventions en baisse, n'empêche qu'on a besoin de chair à canon pour faire tourner les clubs, créer de nouvelles antennes, assister certains entraîneurs, en remplacer d'autres sur le point de partir en retraite, et se faire chier à faire du babysitting dans les écoles
Le sport continue actuellement à se développer en France, et clairement, au niveau de l'encadrement, certains sports sont en demande.

Dans ce contexte, il y a des animateurs multisports, titulaires d'un Brevet d'éducateur sportif activité physique pour tous, par exemple, ou encore des étudiants qui ont une licence STAPS et qui n'en peuvent plus de la vie de se casser les dents sur le CAPES...

Ces hommes et femmes peuvent avoir le coup de cœur pour un sport en particulier, et bâtir un projet professionnel avec un club et son entraîneur.

C'est tout à fait possible, ça arrive régulièrement.

Évidemment ce sont en général les gros pratiquants qui deviennent entraîneurs, mais il y de la place pour des gens qui débarquent avec un regard neuf et une putain d'envie!
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
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Très bon article également (pas lu tout le fil, je lirai plus tard), tu pratiques quoi comme sport Terrigan ?

lucie1 a écrit :Très bon article également (pas lu tout le fil, je lirai plus tard), tu pratiques quoi comme sport Terrigan ?
Merci :D

Je pratique un sport de combat Image

Je ne peux pas répondre plus précisément, car ça casserait mon anonymat.

Quand je me suis inscrit sur FTS j'ai passé un contrat tacite avec moi-même dans lequel je m'autorisais à parler librement sous le couvert de mon pseudonyme - rien de plus banal, je pense que tout le monde en fait autant.

Quelques années plus tard, je me dois de respecter ce contrat, afin de préserver ma liberté de parole.
Pour bien aimer les femmes il faut aimer le monde.
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Bravo pour cet article. J'ai aimé le lire, et je pense le relire dans les coups de mou !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [0] Merci ! :) le 27.06.14, 23h02 par Terrigan

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