Enfoncé dans un canapé rouge cinq places. En poche : un magnifique calepin cyan bordé de jaune, acheté quelques minutes auparavant au rayon papeterie de la FNAC, suite à un mail close quelque peu laborieux du fait de mon incapacité à me servir de mon portable. En tête : l’idée qu’il faut à tout prix inaugurer ce petit bloc de papier.
Elle. Silhouette attrayante, moulée dans un jean bleu sur lequel remonte une paire de bottes, et vêtue d’une veste en cuir de buffle fauve cintrée. 8,5 sur l’échelle de Richter.
L'approche
Je quitte le sofa et me dirige vers le rayon vaisselle et décoration où je l’ai vu se diriger. Je m’attarde sur quelques petits objets sans intérêts, tout en l’observant du coin de l’œil pour infirmer le doute qui m’a assailli en l’apercevant : est-elle trop vieille pour moi ? Réponse : non, 26 ans peut-être. Elle s’est arrêtée face au rayon rangements. Je la contourne pour l'accoster sur son coté gauche, celui commandé par l'hemisphère droit du cerveau, celui des émotions. Je l'open en Direct Game. Une fois la conversation installée:
M : Au fait vous vous appelez comment ?
E : Linda.
M : Enchanté. Moi c’est Blake… Alors qu’est ce que vous allez choisir ?
E : (qui ne s’intéressait déjà plus à ce qu’elle était venue chercher) Non, je ne vais rien prendre, ça ne me plait pas.
M : Cela vous plairait de continuer cette conversation autour d’un café ?
E : Oui.
M : (l’emmenant vers la sortie du magasin) Ok, on pourrait peut-être se tutoyer…
E : Oui. Et ton canapé ?
M : Non, il n’y a rien qui me plait, j’irai faire un tour à Ikea. Alors tu habites Paris ?
L’instant date
S’ensuit un fluff sur sa vie à Paris, son boulot, durant le trajet jusqu’au café. A la fois enthousiasmé et décontenancé par ce qui vient d’arriver. J’essaye de me ressaisir, tout en lui posant des questions auxquelles elle répond le plus simplement, et de tenter de me souvenir où se situe le café le plus proche. Finalement, me voyant un peu perdu dans l’espace comme dans mes émotions, elle me suggère de s’arrêter à ce café italien, très sympa. J’accepte de lui céder. J’en profite pour reprendre le contrôle de ma personne, et donc de notre instant date.
Pour la prochaine fois : Penser à repérer au préalable le café le plus proche.
Je fais un peu de story telling sur le disque de salsa que je devais aller chercher à la FNAC en attendant d’être servis.M : Bonjour, on va prendre un cappuccino et un expresso s’il vous plait.
Serveuse : (avec un fort accent) D’accord, un cappuccino, un expresso.
M : Vous nous apportez tout ça en salle ?
Serveuse : Non, il faut venir le chercher ici.
M : Ok, merci. (me tournant vers Linda) C’est génial ici, même les serveuses sont importées d’Italie (alors que cette serveuse venait de réactiver chez moi un ancrage malgré elle, initié par une ancienne MTR transalpine)
On va s’asseoir dans le fond du café, sur deux tabourets devant un bar, face à un miroir. Le reste de la date consistera en un fluff très classique d’une demi heure, sur sa vie, la mienne:
Son boulot, ses passions, ses voyages, les miens. La facilité déconcertante avec laquelle j’ai obtenu cet instant date m’aura fait oublié tout mon Game. Je la patterne quelque peu sur ses voyages. Elle parle bien plus que moi, je me contente de l’écouter, en la regardant dans les yeux, et en prenant le temps de bien l’observer. Le caractère qui ressort de son visage, contrastant avec la douceur et la fluidité de sa parole. Elle croise les jambes, face au bar tout d’abord. Elle finira par se tourner totalement face à moi. Vient l’instant du numclose :E : Alors, qu’est ce que tu fais dans la vie, à part accoster les filles ?
On sort du café, je dois la quitter, lui fais la bise, et lance un « je t’appelle » des plus convenus.M : Tu fais quelque chose ce soir ?
E : Euh…oui, je pense que je vais dormir.
M : Ok, et qu’est ce que tu fais la semaine prochaine ?
E : Je ne sais pas encore…
M : Ecoute, on pourrait fixer un rendez vous…
E : Je ne sais pas encore, il faut que je voie quand je serai libre.
M : Bon dans ce cas là, je vais prendre ton numéro (sortant mon calepin)
E : Non, c’est moi qui vais prendre ton numéro
M : (la fixant deux secondes) Non… Tout le monde le sait, on peut demander à n’importe qui ici… les femmes ne rappellent jamais.
(ouvrant mon calepin, stylo à la main, prêt à noter sous sa dictée)
E : 06 12 34 56 78
M : Ok, 06 11 34 56 78 ?
E : Non, 06 12…
M : Ok. Et ton prénom c’est …?
E : Ce n’est pas bien ça ! Moi c’est Linda.