Un petit FR routier et nocturne en 3 parties rédigé il y a 20 minutes. Pardonnez les éventuelles fautes mais il est tard (au pire je corrigerai demain).
En attendant que Bozo aille chez le coiffeur (j'ai pas encore eu le temps d'y aller) il est allé travailler.
Ce FR raconte mes trois derniers jours non-stop avec une stagiaire de post production sonore. (aux esprits mals tournés il s'agit de trois jours de travail uniquement)
Mardi 21 mars, 16 heures. Un studio d'enregistrement a Boulogne :
Je passe avec succès l'acceuil de l'imposant bâtiment qui regroupe 4 ou 5 sociétés de production. La population est à 90 % masculine ; les 10 % restants sont à éviter car source de chômage prolongé. Bon bah je sens que ca va encore dériver vers le graveleux avec l'ingé son titulaire... 3 jours comme ça et je vous promet vous avez envie de devenir moine.
je passe les détails du début de travail avec le gros gérard paresseux qui connait pas le déo (et l'architecte ne connait pas la ventilation)
22 heures : silence total dans les couloirs. tout le monde dort en attendant que les banques de son soient prêtes. Dans un sens c'est relativement flippant : le bâtiment est un carré dont le centre est constitué du nodal. La périphérie du carré comprend les salles de mix, les salles de montage et celles de repiquage. L'ambiance sonore est glauquissime a souhait. Des bruits de ventilateurs, de bandes magnétiques qui défilent, des cliquetis, des ronflements mécaniques... et humains résonnent dans le couloir situé entre le nodal et les salles. Les lumières du couloir sont coupées par soucis d'économie et seul l'éclairage intermittent de la loupiotte "exit" relève le niveau des ombres.
Un vague courrant d'air passe sur mon visage portant avec lui une fragance inhabituelle en ces lieux où l'ozone et le chaud électronique règnent. J'entrouve les yeux et pousse un beuglement de surprise et de peur profonde. En retour de reçoit un hurlement de terreur absolue ainsi qu'un gargouilli provenant du sus-nommé gérard.
L'origine de ma frayeur et du hurlement de harpie : une forme voutée dans l'ombre du coin de la salle avec des sortes de protubérances verticales qui une fois relevée donne une silhouette de bibendum transgénique aux cheveux longs.
J'allume la lumière d'un geste encore fébrile et découvre une jolie demoiselle tout aussi fébrile que moi. Elle est plutot jolie, a l'air plus agée que moi et surtout est recouverte d'une doudoune assez... laide.
M : moi P : bibenbum ^^
M : merde chais pas moi, avant d'entrer on frappe, on sonne, on telephone, on s'annonce... on entre pas comme ça.
P : désolée on m'a dit de monter ici, le couloir est pas très rassurant, j'ai fait 4 fois le tour pour trouver la salle. je savais pas qu'elle était occupée je cherchais l'interrupteur.
M : on t'a fait monter ici ??? dans l'antre de Gérard ? mais ils sont dingues en bas. Remarque c'est peut-etre pas plus mal. Je me présente Wind Jammer, lui c'est l'Ours (en désignant l'amas informe de couverture mal odorant) et ici c'est sa tanière (désignant la pièce aux dimensions restreintes, dépourvue d'aération et de fenetre encombrée de bandes, de bobines, de cablages divers, de chaussettes sales et d'une imposante station de mixage).
P :
M : attends dis rien. tu t'appelle vicks et t'es le nouveau déo que j'ai commandé il y a 15 jours
P : non désolée je suis que P la stagiaire.
M : han les salauds ils t'ont fait le bizutage de la boîte. T'es avec nous... enfin avec moi et la Chose pour les prochaines 72 heures ?
P : il semblerait.
fluff sur ses études, son âge, ses envies professionnelles : elle est dans une école concurrente de mon ancienne école, est plus agée que moi et veut être tout sauf comme gerard quand elle sera lancée ds la profession.
mes réponses aux questions en retour : 4 ans, professeur de polonais pour otarie bourrée qui vient enregistrer le cd pédagogique mais j'espère être promu à la section morse.
une petite lumière rouge clignotte sur le patch de la console ca sent les emmerdes dans le nodal.
M : bon bah à peine arrivée déja sollicitée. ca brouille encore dans le nodal. pose tes affaires, remonte tes manches et on va mettre les mains dans le camboui bibenbum.
P : maiheu c'est pas ma faute on m'avait dit que les centres étaient climatisés et qu'on se les pelait.
M : ouais mais la on est dans le chaudron donc c'est plûtot t shirt ample, chemise ou top less. allé zou on y va...
au moment où je franchis la porte avec bibenbum j'entends s'élever un... heuuu on va dire une voix : C'EST MOI OU CA SENT LA SALOPE ??? bah où il est le javelot ? (rapport a ma taille mannequin)
Merci Gérard je sens que tu va pas me faciliter ces trois jours.
nuit du mardi au mercredi 3 heures du matin : sortie du nodal
M : bon chuis vidé, on va se taper la cloche chez margot ?
P : bof ca va j'ai pas faim j'ai mangé avant de venir ici et j'ai ma dose de café pour l'instant.
M : ok. tiens voila mes cartes d'accès sur la machine, prépare les pistes et fais une conformation. t'a les documents dans mon feuillet. t'a mon n° de portable sur la liste a côté du telephone en cas de besoin. tu va t'en sortir ?
P : heuuu ouais ca va aller. c'est pas si compliqué que ça.
M : bonne chance. je te laisse entre les mains de Gérard.
Je descend les escaliers (j'aime pas les ascenceurs) arrivé en bas (c long a faire 7 étages) je vois miss doudoune en train de chercher partout.
M : tu t'es gourée la salle c'est au septième porte 76. sinon tu suis l'odeur ca marche aussi.
P : ouais heuuuu tout compte fait j'ai un petit creux. c'est qui margot ?
M : la gérante de la gargotte en face. c'est notre cantine de nuit.
la suite demain fin d'après midi.