Une fois n’est pas coutume je vais vous narrer des évènements du passé immédiat, c’est-à-dire hier, car je me suis pris un méchant coup de poing émotionnel et je crois que je vais avoir besoin de vos analyses.
Je compare ma vie actuelle avec les évènements riches que j’ai vécus au printemps. Je faisais beaucoup de rencontres, fréquentais plusieurs filles en parallèle, j’avais le mojo quasiment tout le temps.
Aujourd’hui c’est plus aussi bien. Pas vraiment de ma faute, le mouvement social s’est quasiment arrêté, j’ai emmenagé dans un bled calme même si je peux me rendre en ville relativement facilement. Mais j’ai fait une rechute de ce que j’appelle des « crises de procrastination » et que certains pourraient peut-être identifier comme une déprime passagère. Ces derniers jours je suis resté cloîtré chez moi, à jouer aux jeux vidéo jusque tard dans la nuit, me masturber trop souvent et bouffer n’importe comment.
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Vite fait au passage : Mona Lisa c’est fini… Pour le moment. Pas grand chose à raconter, on a finalement réussi à se voir pour parler, elle m’a dit ce que j’avais anticipé, elle veut faire un break et elle ne veut pas être aidée. À la différence qu’elle ne se laisse pas sombrer dans un merdier, au contraire je pense qu’elle affronte les choses courageusement.
Break sous-entend une deuxième saison en théorie, mais je ne compte pas dessus.
Je ne crois pas que j’avais des sentiments pour elle, mais une rupture reste une rupture, ça fout toujours un petit coup au moral. Ça a dû jouer dans ma « déprime » actuelle.
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Je vous avais parlé de cette fille rencontrée en avril qui s’était rapprochée d’un autre gars alors qu’on essuyait un assaut des flics. Pour les besoins du journal je vais l’appeler Ramona – référence à Scott Pilgrim, elle a les cheveux colorés.
La fête de la musique a eu lieu une quinzaine de jours après ma rencontre avec Mona Lisa. J’y ai revu Ramona qui avait insisté plus qu’un petit peu pour que je la rejoigne au bar où elle était. Je devais partir vers minuit car je dormais chez un pote, mais au moment de lui dire au revoir, elle me fait un smack, suivi d’un regard et d’un haussement d’épaules qui signifiaient quelque chose comme « j’avais envie de faire ça ». Je lui rends son smack, pression appuyée sur le bras et lui murmure à l’oreille « à très bientôt ».
Mais sur le chemin du retour, c’était le bordel dans ma tête. Ramona me plaisait, j’avais envie de commencer quelque chose avec elle, mais j’étais en couple avec Mona Lisa et je ne savais pas encore que j’étais en relation libre. Mauvais timing.
Après avoir formalisé ma relation libre avec Mona, j’ai eu l’occasion de revoir Ramona, mais j’étais complètement bloqué par… Je sais pas, la peur qu’elle me juge ou quelque chose comme ça. Je ne me voyais pas arriver la bouche en cœur en lui disant grosso modo « ça y ai j’ai la permission de sortir avec toi, reprenons où nous en étions ».
Après ça il y a eu l’été, puis on a essayé de se voir à la rentrée mais plusieurs fois il y a eu des problèmes de logistique de mon côté ou du sien. On n’a pu se revoir qu’hier soir.
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Elle sortait de la fac, rendez-vous 19h rue de la soif. J’étais déjà en ville depuis le début de l’aprem, je suis passé voir des potes au surplus en attendant. Il y avait un gars que je ne connaissais pas, disons Gideon
(ouais ouais, vous me voyez venir avec mes références
…). Ils ont parlé d’aller boire un verre juste après la fermeture à 19h, j’ai pensé que c’était une bonne idée d’inviter Ramona à nous rejoindre.
J’avais pas vraiment le mojo. J’étais pas complètement hors service, mais j’avais veillé tard sur mes jeux vidéo, je manquais de sommeil et mon esprit de vivacité. Ça me faisait plaisir de revoir Ramona après si longtemps, mais j’ai pas complètement réussi à surmonter mon bloquage de la fois précédente, j’avais du mal à faire des kinos, j’arrivais à sexualiser par moments mais c’était laborieux, et puis surtout… Les deux autres gars du groupe étaient lourdement à fond sur elle. Je suis déjà pas du genre à occuper le centre de l’attention en temps normal, mais là c’était juste pas possible. D’autant qu’elle a fait remarquer plusieurs fois qu’on envahissait un peu trop son espace vital et ça m’a bloqué encore plus.
La soirée avançait, je me démoralisais petit à petit. Ça a été un peu mieux quand on s’est mis à danser. Elle ne dansait pas beaucoup mais ça m’a donné de l’énergie et j’ai pu l’écarter un peu des autres un moment, et il m’a même semblé qu’elle donnait des signes de soulagement.
Mais au moment où elle a dû partir,
j’ai absolument rien pané à ce qui s’est passé. Elle m’a dit au revoir en me faisant la bise, et puis je l’ai vue aller vers Gideon, et là… Le baiser. Putain. Merde. Fu…
J’ai senti comme une espèce de boule de noirceur descendre au fond de mes tripes. Juste après elle est revenue vers moi, m’a caressé le visage affectueusement et m’a dit à demain – car je dois la revoir ce soir, et Gideon sera là aussi. J’avais une furieuse envie de l’envoyer promener. Mais j’ai réussi comme j’ai pu à garder ma contenance, même si d’un point de vue extérieur je devais avoir l’expression d’un poisson mort. Je lui ai dit à demain. Et après je suis resté comme un con sur ma chaise en assimilant progressivement ce qui venait de se passer.
Je sais pas. Je me suis levé, ai quitté la terrasse pour rentrer dans le bar, ai tourné en rond sans but pendant quelques secondes, suis ressorti. Il y avait Gideon qui s’allumait une clope. Et je lui ai explosé dessus. C’est la première fois que ça m’arrive. Je suis complètement sorti de mes gonds.
Au début il a cru que je plaisantais. C’est vrai, on s’entendait bien en fin de compte, pendant la soirée on avait déconné pas mal, en fait je me disais que même si les deux bonshommes essayaient tous les deux de séduire Ramona, elle était venue pour moi à la base, et puis il y avait déjà quelque chose entre elle et moi, un truc déjà entamé. Il n’y avait pas de risque, tant que je faisais pas n’importe quoi. Je faisais le mec distant en attendant qu’elle vienne vers moi pour s’échapper des deux autres.
Ouais, c’est facile de jouer la distance. Ça demande pas trop d’efforts. Mais ça suffit pas…
Bref, Gideon croyait que je plaisantais, puis il s’est rendu compte que j’étais sérieux, il s’est excusé, m’a dit qu’il ne s’était pas rendu compte qu’elle me plaisait. On a discuté, j’ai réussi à retrouver un peu mon calme. Le videur nous regardait bizarrement. Je pense que les excuses de Gideon étaient sincères, après il a essayé de me donner des conseils – « parle-lui, c’est peut-être pas foutu, elle et moi c’était juste un baiser, c’est rien ». Il a raison, et je sais que tout conseil est bon à prendre, mais j’avais un peu l’impression qu’il me prenait pour un AFC.
J’en suis peut-être toujours un en fin de compte. Comment ça se fait que j’ai ressenti un truc aussi noir, que je n’avais jamais ressenti auparavant, alors que Ramona n’avait pas plus ma préférence qu’une autre des prétendantes que je voyais durant le printemps. Il y a la frustration et le dépit, certes, mais j’ai l’impression qu’il y a plus que ça. Peut-être parce que c’est la seule fille à mon horizon en ce moment ? Non, il y a l’Italienne. Et une autre, moins certain mais en temps normal ça donne de l’espoir. Alors quoi ?
J’ai mal dormi cette nuit, et j’avais toujours un nuage de noirceur à l’intérieur de moi en me levant ce matin. La gueule de bois aide pas. Bordel je suis quand même pas en train de tomber en one-itis !
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À present, je dois adopter une stratégie pour ce soir. Là j’ai supprimé tout mon porno, désinstallé mes jeux vidéo. Ça fait un moment que je me disais que je devais le faire de toute façon. Je vais faire une séance de muscu dès que j’aurai fini d’écrire ce post. Et après, aprem avec des potes que j’ai rencontré récemment, pour rejoindre un club de jeux de rôle et de plateau ; première séance pour voir si le courant passe. Ça va certainement me faire du bien. Je fais tout mon possible pour me remettre dans un bon état d’esprit. Je veux être au maximum de mes moyens pour ce soir.
Voilà comment j’envisage le truc : quand elle sera là ce soir, si Gideon est pas encore arrivé, tant mieux. Sinon je verrai déjà comment il se comporte, s’il laisse tomber ou s’il décide de tenter sa chance. Après tout je ne lui en voudrais pas, c’est parfaitement compréhensible et je ferais pareil à sa place. Dans tous les cas je trouverai un prétexte pour la prendre à part et je sais déjà à peu près ce que je vais lui dire.
Je la soupçonne d’avoir joué la provoc pour me faire réagir. Peut-être que c’est d’un optimisme fou et stupide, mais je pense que c’est mon option la plus pragmatique de toute façon. Alors je vais faire comme s’il ne s’était rien passé, me faire violence pour surmonter ce qu’il me reste de bloquage, même si je pense qu’il a volé en éclats. Je vais lui reparler l’air de rien de la fête de la musique et puis ça me mettra sur les bons rails pour enchaîner en impro après, avec le meilleur moi-même.
Et puis merde si ça marche pas. Je refuse de me laisser piéger dans une one-itis. J’ai un pote qui fête son anniversaire ce soir en ville, ça me fait une excellente raison d’être autre part.
Bref voilà je comprends pas trop ce qui se passe dans ma tête, ça me tombe dessus d’un coup comme ça alors que je me pensais à l’abri. Désolé pour le pavé, mais si vous avez le courage de lire et de répondre, je lirai vos réactions avec attention. Je sais que je ne les aurai probablement pas avant ce soir, mais ça me sera toujours utile pour mieux comprendre.
Et promis, mes aventures du mois de juillet arrivent bientôt
