Pour une fois, j'ai eu peu de temps pour poster cette semaine. C'est que j'écoute les conseils, mine de rien.
Comme il y a dans mon journal trop de verbe et pas assez de verges, je vais faire une liste. C'est trendy, les listes.
En 8 points :
1) Vous avez raison, mon état d'euphorie et de détachement de ces derniers temps cache une peur panique. Peur de " perdre la rupture " ( concept idiot en soit, encore plus quand l'ex est une bonasse qui noie son chagrin dans le sperme des mâles ), peur de replonger dans l'abyme de solitude ou je m'étais laissé aller après ma précédente LTR, peur de me retrouver tout seul, de m'oublier dans la picole solitaire et les jeux vidéo, j'en passe.
Du coup, j'avais un dialogue intérieur incessant :
De Oldboy, à Oldboy : OLDBOY ! Crée toi une vie sociale, fais toi des potes de sorties, si possible des mecs qui draguent, inscris toi sur des sites de rencontre, poste sur le forum, close ta pote, sors, essaie de nouveaux trucs, parle aux gens BLALBALBA
Sans arrêt, sans profiter de l'instant. Ça n'a pas nécessairement été improductif, mais j'ai décidé de prendre le temps d'apprécier les bonnes choses. Je me ferais pas en 2 mois.
2) Je dors, et ça change tout. Certes, c'est encore un sommeil chimique. Mais il n'en est pas moins de qualité et ça a une influence énorme sur mon humeur, ma joie de vivre, mon humour, ma productivité. On sous-estime vraiment les méfaits des insomnies.
3) Je me suis fais une liste de docteurs ( je souhaite absolument un " vrais " médecin, c'est psychologique ) pratiquant la TCC dans ma région. J'en suis encore à la prospection et je vais pas franchir le pas facilement, mais je me documente, c'est déjà une étape.
4) J'ai été mangé avec mon meilleur pote. On fait pas ça assez souvent, il chope pas mal sur Tinder et tout. L'enfoiré. Faut dire qu'il se sape bien et qu'il a perdu 17 KG. Je suis content pour lui. Sa rupture il y a une année a été des plus pénibles, même si il me l'a pas trop montré. De toutes façons, j'avais pas la tête à ça, j'avais ma grippe espagnole.
5) J'ai invité Mortitia à manger. Seulement la seconde fois en 10 ans qu'on se retrouve tous les deux. Je m'attendais à des silences gênés, on a passé 6 heures ensembles. Je vois l'impacte direct de mon sommeil retrouvé, j'arrive à nouveau à faire preuve d'un minimum d'intelligence sociale.
Elle m'a fait découvrir un nouveau bar trop cool, ou j'irais sûrement demain. Un truc tout de pierre, dans une cave, on dirait le dongeon d'un château fort, c'est trop classe. J'ai appris plein de trucs sur elle, des trucs cool, ce qu'elle aimait faire en dehors des sorties. C'est 15 ans d’athlétisme, en fait, qui ont forgés son boule !
Bien sûr, j'ai fini par mettre sur le tapis l'objet de notre réunion. Pas facile, pour deux handicapés des sentiments de parler vrais, de parler de fond. Pourtant, ça a été facile et plus productif que je ne l'aurais cru. Elle a fini par me dire qu'elle m'en voulait, qu'elle m'en voulait de l'avoir laissé tombé car elle tenait à moi, qu'elle en avait gros que je la laisse seule avec Wing quand cette dernière était vraiment au plus bas.
Mortitia : Je savais pas comment réagir quand ce torrent de merde est arrivé à Wing et qu'elle réclamait sans-cesses après toi. Tu te rends pas compte de ce que tu représentes pour elle, après sa fille t'es la personne à laquelle elle tien le plus. Tu répondais pas aux messages, j'étais au milieu de tout ça et je savais pas quoi faire.
Oldboy : J'ignorais occuper une telle place, sincèrement. J'ai souvent bien du mal à me convaincre que je suis apprécié.
Mortitia : Je comprend, derrière mes sourires, c'est pareil pour moi.
Elle m'a dit que toutes deux avaient peur que je retourne vers l'Espagnole, elles sont toutes deux convaincues que je ne lâchais pas car j'étais obnubilé par son physique. J'ai pas eu le cran de dire la vérité, celle que je dis ici. J'ai juste promis que ça n'arriverait pas.
Mortitia : Dans le groupe, t'es celui qui m'est le plus proche. On a fait tellement de trucs... ça m'a fait mal que tu m'évinces comme ça.
Oldboy : On aurait dû partager plus de moments comme celui-ci.
Mortitia : Ça aurait changé quoi ? On s’endentaient déjà bien pourquoi?
Il y a eu un silence et j'ai souris. J'ai pensé :
Vraiment, tu me demandes pourquoi ? Dois-je te rappeler les fois ou tu t’agrippais à moi, à m'embrasser la joue, sans doute à attendre que je prenne mes couilles ? Les soirées commencées en groupe que nous passions dans les bras l'un de l'autre, sur la piste de danse? Les dizaines de fois ou j'ai passé les mains sur ton corps, les milliers de regards équivoques ? Les fois ou tu chassais sans pitié les filles qui venaient à moi? D’ou vient cette connexion entre nous qui nous connaissons finalement si peu, d'après toi ?
On a bien parlé, on a passé une bonne soirée. Elle m'en veut encore, j'en doute pas, mais rien d'insurmontable. Et putain, moi qui ai toujours étudié / travaillé avec des belles nanas, leur présence m'est vraiment vitale, je m'en rend compte. Ça me manque.
6) Au niveau du job, j'ai eu mon entretien d'évaluation avec mon chef et ses deux minions. Je m'attendais à du positif, c'était carrément de la drague. D'après eux, j'ai d'immenses capacités, je plane largement au-dessus du reste de l'équipe, j'en passe et des meilleures. Mon seul défaut, c'est que je semble faire tout ça avec nonchalance et ne montre aucune volonté de m'investir, d'être
corporate. No shit.
Le job est facile, l'ambiance est cool, je fais marrer les collègues et tout. Et pour le moment, ça me va. Je suis pas carriériste. Mais la perche tendue par mon boss est solide, il est plutôt avare de compliments en général. Le message est clair : Tu veux faire carrière ? Tu veux avancer ? Un grade dans une année ? T'as qu'à le montrer. Mais pour l'instant, je m'en bat totalement la race. Mais c'est flatteur.
7) Je cherche un photographe pour me tirer le portrait. Outre le fait de pouvoir avoir un meilleur profil Tinder pour claquer des vulves, ça serait une vraie thérapie concernant l'acceptation de mon image. Sans rire, j'irais plus volontiers à un examen de la prostate chez un délinquant sexuel homo de 100 kg qu'à un shooting. Je suppose que ça me fera du bien.