[EDIT : le style d'écriture est volontairement complaisant, aussi il faut lire ce texte en l'interprétant comme de l'auto-dérision, chacun s'y reconnaîtra ensuite de la manière dont il l'entend.]
La soirée mentionnée précédemment s'est déroulée bien sagement.
Une chose à noter toutefois : j'ai dû modérer les ardeurs d'une minette qui insistait pour me filer son numéro, et pour qu'on aille en boite ensemble. Le plus étonnant était le changement radical d'attitude suite à mon refus : elle m'a renvoyé directement un joli neg concernant la décrépitude de mon téléphone portable, ce qui a eu l'effet immédiat de faire monter la tension sensiblement. Être du côté du séduit plutôt que du séducteur permet vraiment d'aborder les choses sous une autre perspective.
Le caractère mécaniste des rapports humains et la puissance des mots m'émerveillera toujours.
***
Le 18 mai en l'an de garces 2014,
It's not that easy being great...
Le mois venant de s'écouler a été marqué par le même schéma dans deux relations différentes.
Un peu à la manière d'un karma vengeur, je m'interroge encore sur la structure mentale qui me fait attirer ce genre de situations à différentes périodes de ma vie. Je ne nie pas le fait d'avoir pris encore en expérience. Moi qui pensais en être à un niveau s'approchant de inapprivoisable, l'espoir chevillé au corps, je me trompais tant et si bien que c'est le coeur gros que j'écris ces lignes. Ma fierté mise au placard, c'est tout juste si je m'enfile pas du Ben & Jerry's devant Bridget Jones.
Photo ressemblante non-représentative de Maya.
La première histoire dont je vais vous parler est celle de
Maya.
Maya est une brune d'1m75 à l'allure élancée, taille mannequin. Joli visage. Silhouette dans un célèbre SOAP sur FR3.
Je l'ai connu il y a 4 ans à la faculté. Elle a toujours été en couple. Cela fait 6 ans qu'elle est avec le même mec. Nos relations étaient tendrement amicales et plutôt parcellaires, rien de très excitant.
Cependant, il y a quelques semaines de cela, Maya m'appelle et m'invite à prendre un verre. Soit, c'est dans mes cordes. Ainsi, nous nous retrouvons sur une belle terrasse ensoleillée par un après-midi de printemps à revenir brièvement sur le passé avant d'en arriver à l'essentiel. L'essentiel est on ne peut plus clair: son copain est toxique pour elle, cette relation l'a rend littéralement malade, et elle rêve d'autre chose, dit-elle à grands renforts de regards brillants dans ma direction. Ma première réaction est d'analyser la situation, en particulier ce qu'elle considère comme problématique, afin de mieux cerner son fonctionnement. Je prends bien sûr des pincettes, une femme saura vous parler des défauts de son compagnon le temps d'une vie, cela ne signifie pas qu'elle ne les apprécie pas.
Bref, quoiqu'il en soit, s'ensuit quelques soirées auxquelles nous participons chacun de nos côtés, en les notifiant à chaque fois avec des textos de plus en plus sextos proportionnellement au niveau de désinhibition atteint. C'est alors que l’inévitable finit par se produire : nous devions nous retrouver dans le même club dans la nuit. Après avoir joué avec elle sur mon absence et mon retard :
Elle: où es-tu ?
Moi: où devrais-je être ?
Elle : Près de moi ?
J'arrive enfin sur les lieux avec mes amis, profite de l'ambiance tout en gardant un œil sur la foule. Il s'avère que mon portable décide, par le plus heureux des hasards, de ne plus fonctionner à ce moment précis. Quatre heures plus tard, la soirée touche à sa fin. C'est avec une légère déception que je rentre chez mon ami. Néanmoins, en rallumant mon portable, j'aperçois 8 appels manqués et 3 textos. Sur l'instant je rappelle. Elle est sur le canapé de son copain. Je lui donne rendez-vous dans dix minutes sur le pallier. Je la rejoins.
Nous parcourions la ville sous l'éclairage des lampadaires et des étoiles. Puis, nous nous assîmes devant une grande porte en chêne massif. Les conversations vont bon train, la température monte, je m'empare de ses mains, les ballade sur ses cuisses, l'embrasse dans le cou, à l'intérieur du coude, sur les joues.
Et là, vous ne l'aurez jamais parié. Lorsque je me dirige vers ses lèvres, celle-ci refuse, en prétextant qu'elle ne veut pas être infidèle, qu'elle souhaite encore donner 2-3 mois à son copain. Je n'en fais pas plus cas que ça, continue mon escalade et ma sexualisation. Puis, l'on décide de se lever, nous parcourons les rues main dans la main pour finir assis sur l'édifice historique principal siégeant au centre-ville afin d'admirer le lever de soleil. Je la ramène ensuite.
Le lendemain, je reçois un message " Ecris-moi que tu es gay ". J'en déduis que son copain regarde son téléphone, et que ça commence à sentir le roussi. Particulièrement agacé par ce genre d'attitude immature, je lui réponds que je ne ferai jamais ça, et lui souhaite bonne chance pour sa relation. Dans les semaines qui suivirent, je la relançais plusieurs fois, les réponses étaient rares, et bien qu'une d'entre elles laissait présager un changement :
Moi: J'en suis venu à déduire la tragique amputation de tes dix doigts, moi qui nous avais justement inscrit à un tournoi de playstation...
Elle: Je suis chaude pour le tournoi. Il me reste encore mes orteils !
Moi: Magnifique, comme ça tu vas prendre ton pied. Tu fais quoi?
Plus de réponse.
Changement il n'y eut pas.
Le lendemain.
Elle: J'étais à une soirée d'une collègue de travail de mon copain et toi?
Moi:Je vois. M'écrire à donc été l'événement le plus excitant de cette soirée. Dispo cette semaine ?
Plus de réponse depuis.
Chou blanc, donc.
Analyse post game-froide : Je me trompe peut-être, mais je pense que Maya n'était tout simplement pas prête à quitter son copain. 6 ans de relations, c'est extrêmement long quand on a la vingtaine. Même si celle-ci en est venue au constat qu'elle souffre terriblement, que son quotidien est merdique, parce que son copain est un imbécile... L'être humain n'aime pas le changement, et préfère rester dans sa zone de confort.
Je lui proposais l'aventure, je lui proposais la libération, je lui proposais l'évanescence. Au lieu de cela, elle a préféré la morosité routinière de son quotidien. Elle a sombré dans la culpabilité à mon égard, et a décidé de couper les ponts. Je respecte son choix. J'espère qu'elle trouvera un chemin de vie différent et épanouissant.
Photo ressemblante non-représentative de Pénélope.
La seconde histoire que je vais vous conter est celle de
Pénélope.
Pénélope est une blonde très fine d'1m65 pour une quarantaine de kilos, avec un visage de poupée, des yeux bleus d'une grande profondeur et une chevelure magnifique.
J'ai également rencontré Pénélope à la faculté, il y a trois ans de cela. Nous nous parlions simplement deux fois à la faveur de connaissances que nous avions en commun. Elle me faisait déjà craqué à l'époque, mais avait une réputation assez étrange.
Bien qu'ayant l'apparence d'une petite fille sage, d'aucuns racontaient qu'elle ramenait un mec à la maison tous les soirs. Contraste saisissant, et illustration la plus parfaite du phantasme de la vierge-salope qui nous anime tous.
Il y a deux semaines, nous nous retrouvons par le plus grand des hasards à la bibliothèque, après deux ans sans s'être croisé. Nous nous sourions, échangeons quelques mots. Puis, nous décidons de prendre une pause ensemble. La même terrasse précédemment évoquée nous accueille. La conversation est intéressante, des indications d'intérêt commencent à poindre. Décidément, cette fille a vraiment quelque chose. Elle me dit que nous sommes amis sur un célèbre réseau social. Je l'avais même oublié.
Quelques jours après, je décide de la contacter et lui donne rendez-vous.
Après le boulot, nous nous retrouvons pour boire une bière sur une belle avenue bien connue. La conversation était très détendue, et petit à petit nous nous mîmes à sexualiser. Lorsque je lui disais que mon opener le plus sale avait été " Tu es clitoridienne ou vaginale ", Pénélope l'a pris pour elle, et a commencé à me répondre. Je lui demandais si elle était jalouse, puis de me faire une scène de jalousie convaincante. C'était vraiment une game très légère et fort prometteuse. Nous avons changé de bar, bu à nouveau, elle descendait la bière à un rythme effréné. Puis, nous avons commandé des pizzas, et elle m'a invité directement chez elle. Je lui proposais alors de mettre de la musique et de danser, ce que l'on fit. En fait, nous avons passé l'intégralité de la soirée à danser le tango. Nos corps se rapprochaient, nos joues se frôlaient, nos lèvres se pinçaient. Tout était propice à ce que l'on aille plus loin. La tension et la fatigue ont eu raison de nous, alors que sa tête reposait sur ma poitrine, et que nous achevions notre dernier pas, je décidais de partir. Là, je me dirigeais vers ses lèvres, puis lui en embrassais les coins. Je restais quelques instants sur le pallier pour savourer ce moment. Je n'avais pas senti le moment propice à aller plus loin, et c'était peut-être mon erreur.
La revancha del tango
Entre temps, une amie qu'on a en commun apprend la teneur de notre relation, et me transmet le feedback de Pénélope, qui s'avère excellent. Elle me dit qu'elle a été chamboulée par notre dernière soirée et se poser beaucoup de questions. Magnifique.
Deux jours passent.
Je lui demande si elle est disponible jeudi pour faire une soirée sushi-tequila frappée, elle me répond toujours très rapidement avec fraicheur et spontanéité en me proposant instantanément une autre date, enthousiaste. Cette date s'avère être celle d'hier.
Elle était à une partie de tennis, et moi à un anniversaire, nous nous avertissons mutuellement que nous serons en retard. Elle me dit de bien déguster mon champagne, me propose des plans de sorties pour que je la rejoigne plus rapidement.
Puis, nous nous retrouvons, nous allons boire un apéritif, échanger sur nos derniers jours avant l'heure du repas. La conversation est toujours passionnée, nos regards se croisent, nos sourires s'illuminent, tout est absolument parfait. Elle m'avoue s'être renseignée pour qu'on aille prendre des cours de tango ensemble, et ce même dans mon petit village. Vient l'heure du restaurant à sushis. Je ne le sus pas encore, mais c'était le moment de vérité. On parle de fidélité, on parle d'engagement dans les relations. Je reste léger en disant aimer ma vie de célibataire et ne pas rencontrer de filles qui me donnent envie de m'engager pour le moment. Puis, elle me parle d'un autre mec, qu'elle connaît depuis trois semaines. Apparemment si elle avait refusé ma première date lors de la prise de rendez-vous, c'était parce qu'elle était avec lui. Le tennis également. En fait, elle sortait tout juste de son rencard pour venir au suivant. Je n'ai pas vraiment su, mais il y a de fortes probabilités qu'elle avait couché avec la veille.
Je prends l'air détaché. Étrange qu'elle me parle de ça maintenant après avoir accepté qu'on passe une soirée où l'objectif était clairement affiché de finir en sueur dans la même piaule. Je n'en fais pas plus cas que ça. 3 semaines, c'est quoi ? Mais non, elle insiste, il a l'air de s'en foutre d'elle, mais elle l'apprécie, elle souhaite lui demander s'ils sont en couple ou non. Je crois rêver... Elle est vraiment en train de me raconter ça ? Je lui dit que si elle est si épanouie que ça avec lui, ils devraient se mettre en couple. Je ne parle pas de lui directement, et n'essaye pas de le rabaisser, ce n'est pas mon style, gentleman avant tout. Je la mets en scène avec un Renault Espace et une multitude de gosses. Elle rit. Cette fille rit à tout ce que je dis. Tout le temps. Je dois avouer que cet intermède m'a un peu refroidit. Je prends ça comme un shit test, et continue à aller de l'avant.
Nous sortons du restaurant, allons frapper notre tequila. Mais déjà, nous étions un peu moins complice, en fait elle devenait carrément distante. J'évoque la possibilité de clore la soirée rapidement, elle souhaite rester. Je la regarde du coin de l'oeil, elle consulte souvent son téléphone portable. Son mec-de-3-semaines est en ville, fait une soirée de promo à laquelle elle ne voulait pas venir pour être avec moi. Cette consultation téléphonique durera toute la soirée. En fait je suis à peu près certain qu'elle n'a rien reçu de lui, mais vérifiait sans cesse. C'était assez exaspérant. Je passe outre.
Nous rejoignons ensuite des amis à moi dans un autre bar, pas mal de personnes que je n'avais jamais vues sont présentes et me saluent, je la présente. Elle a l'air contente. Le serveur que nous connaissons très bien nous avait réservé une table. Deux de mes amis nous rejoignaient déjà. J'étais à côté d'elle, mais dès que nos jambes se touchaient, elle retirait la sienne. En fait, elle évitait vraiment le contact physique, tout en continuant à se montrer conquise par la parole, en m'approuvant, cherchant mon attention, riant à mes blagues. Tout cela était assez contradictoire.
Nous commencions à fatiguer, évoquons l'idée d'aller danser, mais l'ambiance n'étant pas au rendez-vous et la tension étant un peu retombée, je décide qu'il est temps de rentrer, je la raccompagne.
Arrivés devant la porte, elle insiste pour que je reste dormir chez elle. Je lui demande si c'est une invitation. Elle nie mais sourit. Je décide de monter voir ce qu'il en ressort. Elle se déshabille, me dit qu'elle est vraiment désolée de ne pas avoir de pyjama. Comme si ça allait me gêner de la voir se balader dans l'appartement avec un haut moulant et une culotte en dentelle. Je retire ma chemise, mes chaussures et mon pantalon. Elle veut que j'utilise sa brosse à dents. Nous nous retrouvons dans son lit, elle s'excuse que ce n'est pas assez confortable. Nous échangeons quelques mots, puis elle s'endort petit à petit. Elle cale ses fesses directement sur mes hanches, et rejoint Morphée. Je lui prends la main, elle me la serre. Je commence vraiment à être très excité. Mes doigts font des aller-retour sur ses bras, elle ne réagit pas. Je lui demande si elle dort d'une voix douce, pas de réponse. Plusieurs fois dans la nuit je me réveillais, elle recherchait constamment ma présence et ma chaleur. Nos corps peu vêtus transpiraient bien ensemble, mais pas de la manière dont je l'espérais. Ma main jouait avec son ventre, puis descendait sur l’élastique de sa petite culotte, le longeais, atterrit au niveau de son clitoris, bien qu'elle était sur le ventre. Je lui embrassais le cou, l'épaule, elle riait, mais ne réagissait pas. Autant jouer avec une poupée gonflable. Je lui demandais à nouveau si elle dormait, aucun réaction. Passé un moment, je m'endormais aussi. Puis on se réveilla, elle me fit le petit déjeuner, m'annonça qu'elle devait prendre un train pour rejoindre ses parents. Ma voiture étant garée pas loin de la gare, je l'accompagna en portant un de ses sacs. Arrivé à la gare, nous dûmes attendre le prochain train, une demi-heure plus tard. En attendant, j'interpellais un couple de texans, fort sympathiques, on échangeait en anglais, je lui dis que j'avais vécu en Floride, Pénélope était très attentive et assez émerveillée. Le Monsieur était vraiment amical à mon égard, me demandait mon nom, me dit que je pouvais me débrouiller dans tous les situations, j'ai même eu droit à un hug et à un " You're a true gentleman ". Après 5 minutes de conversations, j'ai encore une fois vue la différence majeure entre la sociopathie qui existe en France et la simplicité et l'enthousiasme qui sous-tendent les rapports humains dans le reste du monde. Merci pour le DHV ! Cet homme m'a même appelé Partner en repassant dans un couloir, c'était génial.
Je passais négligemment la main derrière le dossier de Pénélope, en attendant le train. Puis il arrivait, ce train, nous nous dirigeâmes sur le quai, je voulu l'embrasser, elle m'offrit la moitié de ses lèvres, puis tendit son autre joue pour le deuxième baiser qui rythme la bise. Je lui dis non, et la ré-embrasse, toujours sur le coin des lèvres, elle rit, un peu mal à l'aise, puis court pour attraper son train.
Je pars, un peu dépité.
Le troisième homme
Analyse post game-froide : J'en suis venu à la conclusion que cet autre mec occupait son esprit. En temps normal, ça ne me gênerait pas, mais là ça a constitué un obstacle à toute progression physique. Je pense aussi que le temps que nous avons passé tous les deux lors de nos derniers rencards était trop long. Bref, après un rapide debrief avec notre amie en commun tout à l'heure, il s'avère que celle-ci était au courant pour cet autre mec - merci pour l'info dude... - et qu'elle lui avait demandait d'être honnête avec moi, et de me choisir ce jour-ci et de ne pas jouer avec mes sentiments. Tellement de précautions, j'en suis tout attendri. J'en ai déduit que je n'étais pas le choix de Pénélope. J'ignore si je suis le plus choqué par le fait que si je l'avais su, je ne lui aurais pas proposé de rencard, la perspective d'être placé en rival amoureux à l'encontre de mon plein gré ne me séduisant pas plus que cela, ou bien que notre amie en commun a carrément conditionné un ultimatum en me faisant passé pour un amoureux transit au bout de deux rendez-vous. Il est vrai que cette fille m'a touché, et honnêtement, c'est l'une des premières fois depuis longtemps où j'envisageais une LTR. Je me voyais déjà poster sur mon carnet : "Je suis en LTR, je vous poste la rencontre, et pour la suite, ne revenez pas."
J'ai écrit à notre amie, sachant que le message sera transmis, en lui disant que j'étais pas une roue de secours, et que c'était pas la fête du slibbard non plus, que pour moi c'était mort, et que je lui souhaitais tout le bonheur du monde avec son coup de cœur. Je suis resté pétri de bonnes manières en gentleman jusqu'au bout. Au demeurant, je le lui souhaite vraiment, un peu la mort dans l'âme, certes.
J'avoue bouillir un petit peu, et être particulièrement agacé par ce genre de comportements. Peut-être que ma conclusion est hâtive, mais je n'aime pas être mis en balance, je suis le sélectionneur, ne vous en déplaise. Quoiqu'il en soit, la renaissance de mes idéaux amoureux sont partis tel un écran de fumée. Mon questionnement va dorénavant tourner autour du pourquoi j'attire ce genre de situations, d'identifier les schémas mentaux qui les provoquent et en changer.
La seule chose hyper positive que je tire de cette histoire est le projet de suivre des cours de danse de salon. Les femmes en sont folles, et c'est d'une classe indescriptible.