Les pérégrinations d'un nomade

Note : 17

le 03.07.2022 par Byz

5 réponses / Dernière par Onmyoji le 15.07.2022, 21h08

La vie est faite de virages, d'obstacles à surmonter, d'audace, de surprises et de rencontres décisives. Racontez votre histoire, entrez dans la légende; partagez vos cheminements, vos interrogations, vos rencontres, vos aventures - foirées ou réussies, c'est pas le plus important - et recevez les avis et conseils des autres membres.
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Hey,

Me voilà donc ici pour un second message (ou troisième peut-être, vous ne m’en voudrez pas). J’avais d’ailleurs voulu répondre à mon précédent sujet pour faire un point. Mais finalement, qu’importe n’est-ce pas ?

Je crée donc ce petit sujet. Plutôt sous forme de carnet qu’autre chose. Car il n’est pas tant là pour poser une question que pour raconter ma vie. Exhibitionniste dirons-nous.
Le titre est aussi peu subtil que recherché. Mais il n'en reste pas moins efficace. Nomade car malgré mon appartement dans lequel sont entreposées mes quelques affaires, je ne cesse de bouger. Mon "chez-moi" ne l'est pas encore réellement. Il n'y a dans mon foyer pour tout meuble qu'une cuisine entièrement équipée (j'adore cuisiner), un tatami et un lit. Je suis sinon très souvent en déplacement (professionnel), mais aussi en pleine quête. À la recherche du temps perdu. Et pérégrinations car j'évolue, j'avance. D'un point un à un autre. Je ne fais plus de haltes, plus de pauses, j'avance coûte que coûte. Et le voyage est parfois un peu ardu.

Pour ceux qui n’ont pas le courage de chercher dans les méandres du forum pour trouver ma question existentielle, je me permets de me présenter. Je me surnommerai donc Byzance. Je suis militaire. C’est inscrit sur ma gueule de toute manière. Un dégradé à blanc, une énorme mèche. Et des mocassins. Bon, arrêtons un peu la caricature, j’ai tout de même adapté un minimum mon apparence et mon style vestimentaire pour être davantage qu’une caricature.

Professionnellement, je suis donc cadre dans l’armée. Un bac +5 en poche, et affecté depuis un an dans une jolie bourgade de 200 000 habitants, jeune, active et agréable à vivre. Bon, cependant, ne nous le cachons pas. J’y suis assez peu. Sur l’année 2022, je passerai en tout 5 mois chez moi, et 7 mois en dehors. Au demeurant, ce n’est presque pas plus mal. Mon n+1 est une saloperie qui empoisonne mon espace de travail. Le mien, et celui de mes subordonnés.
J’ai donc divers refuges. Le premier est le sport. Je passe beaucoup d’heure chaque semaine à faire du sport. Approximativement entre 15 et 25h, en fonction des périodese pz. Beaucoup de cardio, et beaucoup de sport de combat (grappling et jjb). Le cardio car cela m’est nécessaire pour rester sec, pour mon métier et pour assurer de bonnes performances en sports de combat. Et le grappling, parce que c’est ma passion. Je ponce les tatamis dès que je le peux, et j’ai créé dans mon club de solides amitiés ! En parallèle, je cuisine beaucoup. J’apprécie beaucoup ça. Parce que je fais attention à mon alimentation, parce que ça fait plaisir aux autres, parce qu’aussi c’est partie intégrante de la culture d’un individu. Et comme la culture prime pour moi, je m’efforce aussi de lire un minimum.
Dans mon équilibre vie perso/vie pro/vie familiale, vous arrivez déjà plus ou moins à cerner les bords. Je me fous un peu de ma vie pro. D’une part parce que mes supérieurs se cassent le dos pour m’assurer un pont d’or, et être sûr que je n’aille pas voir ailleurs. D’autre part parce que ça n’est pas réellement stimulant. Je fais mon taf, bien – mais sans excès. La passion n’y est pas. Je me rattrape en revanche sur ma vie perso, que je tente de blinder au maximum. Et ma vie familiale, ce sera sûrement pour un post ultérieur.

Je suis actuellement en couple d’ailleurs. Point paraît-il important, mais qui l’est actuellement à mes yeux beaucoup moins. Situation assez bâtarde où je suis quasiment sûr à terme de faire souffrir une fille.
Je vois déjà grandir dans vos yeux une certaine froideur ou cruauté me concernant. Non non, elle n’est pas là pour passer le temps et me divertir. Mais comprenez que j’écris ces lignes après ne l’avoir vraiment vue depuis deux mois. Et donc après avoir été happé par ma mission actuelle depuis autant de temps. Je suis actuellement dans ma tête « loin de chez moi ». Nos échanges sont limités, et nos vies totalement différentes. Mes seules interactions sont professionnelles +. Je m’entends bien avec mes subordonnés, mais tout est centré autour de mon travail. Je ne peux pas vraiment sortir ou mener des loisirs normaux. Une vie en parenthèse en somme.
Je n’arrive d’ailleurs pas vraiment à trouver un équilibre. Mon quotidien se résume à mes longues journées de travail, et à mes soirées d’entraînement. Je me lève à 06h00, je suis au travail à 07h00. Je quitte celui-ci à 18h00, m’entraîne jusqu’à 22h30, revient chez moi à 23h00 pour me coucher à 23h30. Mon temps libre le we consiste surtout à effectuer mes tâches ménagères, faire mes courses, cuisiner et préparer mes plats pour le reste de la semaine. Puis lire, et m’entraîner bien sûr … ! Dans ce rythme de vie assez particulier, je fais parfois sauter des entraînements pour voir ladite fille. Nous l’appellerons M.

La présentation devient d’ores-et-déjà rasoir. Pourquoi donc pond-il un pavé faisant écho à la froide et laide mécanique de sa routine ? Patience. Nous y venons.

Si je devais me décrire, je pense que le mot « roc » serait approprié. Un monstre d’orgueil que rien ne peut atteindre, une masse imposante qu’on ne peut détruire. Une personnalité érigée au gré de mes expériences. Rien ne m’atteint. Mon indifférence balaie à elle seule les imbéciles ne comprenant pas mes règles. Ma hargne et ma volonté se chargent des autres.
Une pierre que rien n’abat donc. Dont la teinte peut parfois s’assombrir après avoir été submergée. Mais à laquelle le soleil redonne toujours sa superbe. Mais un colosse aux pieds graciles.
Je suis un loup solitaire, et il m’est difficile de parvenir à l’équilibre du sacri-saint triumvirat ve vie pro/vie perso/vie familiale. J’ai été pendant un temps bloqué d’un point de vue personnel. Mes capacités d’évolution étaient réduites à néant. Confiné dans un milieu peu propice à la stimulation intellectuelle et aux expériences «atypiques », loin de toute forme de vie et de loisirs. Et captif d’une relation dans laquelle j’étais clairement en second plan. État où j’ai-je pense failli frôler la dépression (le fameux roc sous l’eau). Depuis, je ne supporte plus la médiocrité, et la stagnation. Je profite de tout mon temps libre, de toutes mes opportunités, pour m’élever. À chaque instant. Je suis-je crois une peu hyperactif. Je sais que le temps m’est compté, et je veux juste profiter de chaque instant que j’ai pour progresser. Et progresser pour justement pouvoir transmettre à mes proches, mettre à disposition mes savoirs pour ma famille, et future famille.
Mais pas encore, il faut d’abord grandir.

Cette flamme ne cesse de brûler depuis bientôt 2 ans. Une hyperactivité qui me consume, et qui peu à peu me détache des jeunes hommes et jeunes femmes de mon âge. Peu de gens comprennent mon rythme, l’austérité à laquelle je m’astreins bien souvent (temps de sommeil, hygiène alimentaire, créneaux consacrés à la lecture ou la culture). Conditionnement en-dehors duquel je me sens d’ailleurs mal à l’aise (lorsque je ne maîtrise pas mon emploi du temps, mon alimentation, mes entraînements notamment). Un bon alien en perspective.

Autre décalage également, vis-à-vis des femmes. Je m’étais inscrit il y a quelques de temps de cela donc pour savoir comment varier et diversifier mes cercles de connaissance. Notamment en les féminisant. À vrai dire, j’ai joué la carte de la facilité avec les applications de rencontre. Expérience peu probante pour moi, malgré ma rencontre avec M.
Ces fameuses applications posent d’ores-et-déjà les fondations d’une relation de séduction. La rencontre n’est pas neutre à mon sens. Ce n’est pas comme rencontrer une femme par collision de cercles sociaux. D’emblée, il faut se vendre et a minima plaire ou séduire pour appâter le chaland. Cela ne coïncide cependant nullement avec mes envies. Très prosaïquement, le sexe m’intéresse peu. Et le plaisir de la chair n’est à mes lèvres que bien fade en comparaison à la beauté d’une rencontre. Concrètement aussi, mon corps fatigué par mes entraînements n’a aucun mal à se plier à ma volonté sur ce point. J’ai toujours abhorré chez moi ce changement du tout au tout au moment de l’orgasme. De la vitesse à laquelle notre corps passe de la passion la plus irraisonnée à sa satiété la plus froide. Ce sentiment qui ne peut être contrebalancé que par l’Amour que j’éprouve pour ma paire.

Ma paire pour le décrire ainsi serait simplement une fille qui me stimule. Tant par sa répartie espiègle et piquée d’esprit que par la profondeur et la spontanéité de ses paroles ou par sa soif d’activités. Du yoga, de l’escalade, des sports de glisse, de la cuisine, de la musique, du cinéma, des sorties ou visites culturelles. Des activités qu’il nous est possible de partager pour au moins sortir des clichés de ces pauvres couples qui se content de s’adonner au missionnaire du jeudi soir et à la promenade en ville du dimanche après-midi.

Avec M actuellement, je ne saurais dire. Nos modes de vie divergent, nos centres d’intérêts aussi. Vous vous la figureriez je pense plutôt aisément en la représentant comme la fille populaire de son lycée. Elle est extrêmement sociable, plutôt fun et s’émerveille d’un rien. Elle a surtout su me séduire par son naturel, et par le cadre chaleureux qu’elle crée avec toutes les personnes qu’elle côtoie.
Du reste, nos préoccupations sont plutôt aux antipodes. Surtout en ce moment (étant comme dit en déplacement professionnel et donc plongé dans mon cadre pro 7/7 ou presque durant 3 mois). J’ai du mal à m’intéresser aux histoires du chat de sa colocataire, à la querelle qui enflamme actuellement les relations entre son frère et son père, et à ses prévisions de week-end à la plage. Tout ça me paraît en effet très loin, et d’autant plus superficiel. Stimulation donc toute relative. À tel point que j’ai certainement dû franchir la ligne les jours passés en lui rappelant que si je ne répondais pas, c’est que mon cadre professionnel était trop envahissant pour m’y extraire et me projeter où que ce soit d’autre. Enfin, qu’importe, j’aviserai à mon retour en fin de mois. Si tant est qu’il reste toujours quelque chose.
J’ai d’ailleurs d’autant plus de mal à me projeter sachant que je repartirai à nouveau début novembre pour 4 à 6 mois de mission hors métropole. Enfin, qu’importe. Voyons déjà où la fin du mois nous mène !


Ce petit paragraphe d’introduction s’achève donc ici. Voyez-le comme une introduction je pense. Il est fort possible que j’y réponde plus tard, après d’autres évolutions personnelles. Ou que le temps me manque et que ces quelques mots ne soient à jamais engloutis dans les limbes de ce forum !
Il est également possible que vous me trouviez au travers de mes mots plutôt cynique ou amer. Mon état d’esprit est un peu altéré par ma « captivité ». Je ne décide pas réellement de mon emploi, je ne retrouve à l’endroit où je suis pas la même stimulation que dans mon fief. Mon humeur et mon jugement s’en voient donc altérés.
Je n’attends d’ailleurs pas de conseil particulier, ou quoi que ce soit. Sinon l’occasion d’éprouver ma prose et échanger avec un auditoire plus subtil que mes interlocuteurs actuels. Ou de donner des nouvelles par rapport à mon premier post, chose que je n’avais pas faite. Une politesse élémentaire enfreinte.

Navré pour la noirceur de ma plume, le côté lacunaire et désorganisé de mes écrits. L’exercice n’est pas des plus aisés.

Au plaisir,
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Like ! le 03.07.22, 20h38 par Crow
  • [+2] Bienvenue ! le 04.07.22, 12h07 par Jalapeno
  • [+3] Très intéressant le 04.07.22, 22h31 par Onmyoji

Hello, et (re)bienvenue ! Je ne sais pas si tu es ouvert aux suggestions dans ton journal ou si tu préfères le garder pour toi ?

Dans le doute, je m'autorise une remarque, que, j'espère, tu ne prendras pas mal.
J’ai du mal à m’intéresser aux histoires du chat de sa colocataire, à la querelle qui enflamme actuellement les relations entre son frère et son père, et à ses prévisions de week-end à la plage. Tout ça me paraît en effet très loin, et d’autant plus superficiel.
Je pense que le mode de fonctionnement que tu as fait tien (parce que reflet de ta personnalité, mais aussi par nécessité pro a priori), fait d'intense concentration / hyper-focalisation, de refus du superflu et du superficiel, te rend imperméable aux préoccupations des gens "normaux". Je pense que tu auras du mal à trouver une femme qui soit à 100% sur ta longueur d'onde, il te faudra certainement trouver un moyen de savoir switcher entre le mode roc et le mode humain qui trouve du plaisir dans le blah-blah inconséquent (qui est une forme de communication, d'échange et d'apprivoisement).

Ce switch entre mode pro et mode perso, dans une certaine mesure, on doit tous apprendre à le pratiquer à bon escient; dans ton cas, ton mode pro est manifestement plus intense et envahissant, au point de prendre l'essentiel de la place. Si tu cherches réellement une forme d'équilibre dans les différents compartiments de ta vie, je pense qu'il te faut essayer de mieux jongler entre ces modes (ou mindsets, ou état d'esprits, ou niveaux de concentration, appelle ça comme tu veux).

Ca pourrait donner l'impression de se compromettre, de renoncer, de s'abaisser, mais à mon avis ce serait alors la réticence au changement et à la nouveauté qui parleraient. Objectivement, être capable de moduler son intensité, de faire des compromis, c'est gagner en souplesse et en plasticité, et en pratiquant des arts martiaux, je pense que tu en comprends le grand intérêt.

Au plaisir de te lire davantage !
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Absolument le 04.07.22, 11h43 par Citadin
  • [+1] A lire le 04.07.22, 22h38 par Onmyoji
  • [+1] Developpe stp le 05.07.22, 19h31 par Byz
Trouve ton courage. N'écoute que lui.
"L'instinct nous dicte le devoir, et l'intelligence nous donne les prétextes pour l'éluder ~ Proust
(c'est pas faux !)

Salut Byz,
en te lisant, il y a déjà un paradoxe qui saute aux yeux (c'est sans doute plus évident pour un lecteur externe) : tu dis que tu te fous de ta vie pro et que tu ne t'y épanouis pas... pourtant tu y passes l'essentiel de ton temps.
Si je devais me décrire, je pense que le mot « roc » serait approprié. Un monstre d’orgueil que rien ne peut atteindre, une masse imposante qu’on ne peut détruire. Une personnalité érigée au gré de mes expériences. Rien ne m’atteint. Mon indifférence balaie à elle seule les imbéciles ne comprenant pas mes règles. Ma hargne et ma volonté se chargent des autres.
Ce genre de carapace ne t'aidera pas à développer une vie sociale et/ou affective. C'est même contre-productif. Je ne sais pas si tu as envie de développer les raisons qui te poussent à être orgueilleux, hargneux et indifférent ?
Bienvenue en tous cas.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] En effet le 04.07.22, 22h39 par Onmyoji
  • [+1] Merci ! :) le 05.07.22, 19h30 par Byz

Bonjour. Déjà, si tu hésites à poster je trouve que les problèmes que tu soulèves sur l'exigence de soi et le difficile équilibre à trouver sont très intéressantes (ainsi que ton profil de manière générale. Le loup solitaire au milieu de la meute, qui joue le jeu parce que ça concorde avec ses valeurs mais qui reste "à part").
J'allais rebondir comme Jalapeno sur ton blocage dans un boulot qui ne te passionne pas, et surtout avec un chef qui est un connard et des affectations dont l'entourage ne te stimule pas.
As-tu pensé à changer de missions/ bureau ? J'imagine que tu es sous-off, et que tu pourrais très bien essayer de trouver un des nombreux bras de ton corps d'armée qui soit plus en adéquation avec tes attentes. Quelque chose de plus exigeant/affûté?

Pour ton mental, même si tu es conscient de ta fallibilité, et vois cette personnalité forgée par l'expérience comme pertinente et une nécessité, l'incommunicabilité qu'elle suppose ne va pas t'aider.
Aussi l'orgueil peut t'aider à te préserver mais aussi te fermer les yeux.
Tu dis aussi "devoir grandir": quels sont les manques que tu supposes être les tiens avant l'étape famille?
Quel a été ton déclic en matière de culture et autre? Tu parles d'une relation où tu étais au second plan: de ton fait? Le fait que tu parles d'une difficulté à sortir de tes habitudes m'aurait fait penser à certaines spécificités mentales si tu n'étais pas intrinsèquement toujours bousculé dans ton métier. Je pense que tu as peut-être simplement besoin d'une ancre, d'une stabilité au milieu de cette activité qui t'impose tout le contraire?

Sinon pour l'équilibre, tu sais tu dis que ton temps libre est occupé par de la logistique, personne sur le point de mourir regrette de ne pas avoir passé l'aspirateur (à la limite, d'avoir oublié de l'éteindre?;)).
Sans être l'avocat d'une négligence totale (en vrai je suis maniaque), s'en foutre un peu de ranger ou laisser s'accumuler un peu de lessive pour s'accorder un peu plus de temps n'a rien de malsain. Faut pas transformer sa piaule en bouge mais ayant aussi un boulot prenant (bon, relativement, mes prérogatives sont dérisoires comparées aux tiennes. Mais ça me plaît quand même), j'ai fini par faire un choix, parce que ranger le moindre papelard dans la seconde et ne pas laisser traîner mes bouquins, les activités en cours etc, au final c'est pas si important (et puis ça rend mon environnement plus vivant), comparé au fait de s'accorder le bon repos ou une soirée détente avec les gens qui comptent.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+1] Pertinent le 05.07.22, 19h30 par Byz
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

Je vous prie de m'excuser, pas de suite ou d'approfondissement du contexte, surtout des réponses à vos questions. La moindre des politesses.

Bien évidemment, je suis ouvert aux remarques, discussions, ou quoi que ce soit. Me borner à ma seule perspective - sûrement étriquée - et y bâtir autour un rempart d'œillères ne serait pas vraiment sain ni productif.

J'ai conscience que les préoccupations du quotidien occupent une grande part de la vie des gens. Ce n'est pas mon cas. Mais je sais très bien que tout le monde ne fonctionne pas comme ça, que certaines personnes sont "des torches humaines" (prise de feu et gros coup de stress au moindre changement ou à la moindre surprise). Mais je parviens à m'y intéresser et même à en discuter dans un cadre "normal". Quand je suis chez moi par exemple.
En revanche, ma patience est fortement éprouvée quand je reçois un message vocal de 10min de M concernant le chat de sa colocataire qui est à l'origine d'une guerre puérile entre deux adultes d'une vingtaine d'années. Alors qu'en parallèle j'ai d'autres choses à gérer, ou d'autres préoccupations.
Disons qu'en déplacement professionnel, les priorités changent fortement. Nous sommes déphasés (je vis dans un chambre de 20m^2 avec mon adjoint, je ne sors pas ou peu du camp dans lequel je suis, je n'ai pas à faire les courses, à faire le plein en station civile, je ne côtoie quasiment que des militaires eux-aussi en déplacement). Et autant je reste sensible à de réels problèmes (l'un de mes adjoints fortement à découvert en raison d'un changement dans sa situation personnelle, un décès). Autant le reste me semble superficiel. Consacrer 10min à un vocal aussi vain, c'est perdre 10min au profit d'autre chose.
Je sais très bien que fin juillet je serai de retour pour quelques semaines dans un cadre civil, ce qui recentrera et réalignera mes priorités. Disons que vous me voyez là sous mon côté le plus pragmatique.

Quant à mes différents états d'esprit, alterner est assez compliqué. Je ne prends pas les mêmes décisions comme individu que comme manager. Dans un cas, je suis humain. Dans le second, il m'arrive parfois d'être froid et cynique. Sans compter aussi le fait qu'il ne s'agit pas d'un milieu très fantaisiste. Les écarts sont vite condamnés ou mal perçus. Dans un cas je dis "reçu" dans l'autre je réponds "ok ça marche". Si je venais à faire l'amalgame, le retour de bâton serait violent. Au demeurant, je suis tout de même considéré comme très "flex" et libéral parmi mes pairs.
La bascule je l'opère normalement réellement quand je suis dans mon fief. Où, à peine rentré dans ma voiture, ma musique couvre les éventuels appels qui pourraient m'être adressés. Puis l'entraînement, où là c'est ensuite réellement la roue libre. Mon objectif étant réellement de ne pas être assimilé à mon métier lorsque l'on me croise dans la vie quotidienne. Mais quand nous sommes privés de vie quotidienne et normale pendant quelques temps, je suppose que cela nous ronge un peu.
Je passe peut-être à côté d'une subtilité dans ces changements d'état, ou de la finalité de l'objectif.



Concernant ma vie professionnel, elle ne m'épanouit que peu en effet. Mes études s'y sont faites dans ce cadre. Elles n'étaient pas stimulantes (exit la prepa). Et là, mon n+1 est un tyran. Malgré tout, parfois, il y a de bonnes parenthèses. L'année passée en était un bon exemple. Ou même mon actuelle mission professionnelle. Où l'ambiance et le cadre sont plaisants.
Trois choses expliquent cependant mon implication. D'une part, je suis payé. Je pourrais en effet ne rien branler de mes journées et malgré tout recevoir ma paye en fin de chaque mois. Mais honnêteté intellectuelle oblige, j'essaye a minima de justifier mon salaire. D'autre part, j'ai des personnes sous ma responsabilité. Supposons que je mette le frein de park, les premières personnes à en pâtir seraient mes subordonnés directs et indirects. Et cela aurait une incidence directe sur leur vie (leur cadre de travail, leur rémunération, leur vie personnelle et familiale, etc.). Là encore, mon égoïsme a des limites. Enfin, de manière très pragmatique parce que je suis encore lié par un "contrat". Je suis "de carrière" donc en CDI. Mais si je pars avant un temps donné, je devrai rembourser une certaine somme (contrepartie du financement de mes études - actuellement 30 000 ou 45 000 euros). Sachant qu'en parallèle, on m'offre un grand niveau de responsabilités (50 bonhommes sous mes ordres, une grosse responsabilité matérielle, etc.). Il ne me serait pas intéressant de partir maintenant. Je vois donc ça comme une tempête à passer avant de naviguer sur les caraïbes professionnelles, sinon un tremplin en vue de ma reconversion.
Et malgré tout, ma sphère professionnelle me responsabilise énormément. Peut-être même trop. Disons que je me sens parfois encore plus éloigné que mes homologues de 25 ans. Nous n'avons pas mûri à la même vitesse.



Pour ce qui relève de mon orgueil, il n'y a là encore aucun tabou. J'étais durant ma scolarité en prépa dans un cadre assez peu ouvert là encore (toujours le même). Où les dérives sectaires étaient là aussi omniprésentes. Les élèves sont plus ou moins répartis en quatre groupes (un cinquième groupe existe, celui des gens sans groupe justement) en fonction de leurs affinités. Ces groupes sont très opaques et hermétiques et n'échangent pas. J'ai fini vice-président donc de l'une de ces assemblées en deuxième année, mais ai finalement été éconduit. La conséquence directe étant l'ostracisation par son seul groupe social. J'ai donc rejoint ce fameux cinquième groupe, groupe de parias.
Ce changement a eu des conséquences sur mon investissement en prépa, et mes notes ont chuté. Très rapidement, mes professeurs m'ont mis sur le carreau et m'ont fait comprendre que malgré mon ancien statut de major, je n'allais être qu'un cancre de plus à rester sur le carreau.
Je me suis alors blindé d'indifférence et de suffisance, tant vis-à-vis de mes feux camarades que professeurs "Vos cours ne sont pas de mon niveau. Pourquoi donc s'efforcer de courir pour rattraper un troupeau d'âne alors que je suis déjà devant ?". Et j'ai charbonné.
J'ai bien compris que si je ne restais pas debout et si je ne me préservais pas moi-même, personne ne le ferait. Que ma solitude tenait davantage en un salut qu'en un tombeau. J'ai masqué mes craintes et mes doutes, blindé ma personne et j'ai mangé tout le monde.
L'expérience n'a pas été des plus plaisantes. Mais je ne suis plus sujet au doute ou à la peur de la solitude ou de l'échec. Il m'arrive parfois de prendre des revers. Mais ils sont bien vite digérés et me permettre de me remettre en selle pour repartir de plus belle.

Socialement en revanche, cela ne me pose pas problème. Mon orgueil et ma suffisance ont toutefois une certaine nuance. Elles sont à teneur individuelle. Je sais ce que je vaux. Mais cela ne veut pas dire que je vaux quoi que ce soit, ou que ma vie et mes expériences ont davantage de valeur qu'un autre. J'ai vécu un certain type d'expérience. Cela ne me place pas au-dessus de qui que ce soit. Chacun a son vécu, sa vie, ses expériences, ses réussites et ses échecs. Mes capacités me permettent de réussir ce que j'entreprends, ou les objectifs que je me fixe. J'en ai conscience, et jamais je ne me dévaloriserai. Pour autant, je ne méprise pas autrui.
Au demeurant, étant parfois au travail d'humeur taciturne (oui, boucler sur de vieilles rengaines ... très peu pour moi), il arrive parfois à mes supérieurs ou subordonnés de penser que j'ai peu confiance en moi. Bon, l'impression ne perdure pas dès lors que je m'exprime et échange avec eux. Mais non, je ne transpire pas non plus la vanité.


Enfin, concernant le dernier message, je suis actuellement officier. J’ai songé à une mutation dans des domaines très opérationnels et très particuliers. Je souhaite rester en logistique, tant pour une possible reconversion que pour l’attrait que cela suscite chez moi. Néanmoins, pour un réel changement de cadre il me faut encore accumuler de très bons résultats et une grosse expérience professionnelle. Mais oui, il s’agit clairement là d’un objectif.
Quant à mon orgueil là encore, j’en ai conscience, mais il m’est difficile de démêler le vrai du faux. Disons qu’à deux reprises notamment, j’ai « rejeté » les propos qui m’étaient adressés. Parce que ceux-ci me semblaient impertinents. Dans un cas, les reproches qui m’étaient adressés étaient injustes (soutenance de mon mémoire pour la qualité de ma prestation – j’avais été en conflit ouvert avec ma hiérarchie et ma directrice de mémoire [que je n’avais pu réellement choisir] concernant un mémoire [dont je n’avais pas choisi le sujet]. La soutenance tenait donc davantage d’un procès stalinien que d’une présentation de travail universitaire. Et sabrage en règle par mon n+1 pour manque de travail et problème d’organisation [je ne travaille pas 65h/semaine pour 2k5, lui doit être à 70h pour 3k4 donc j’ai fixé mes limites ; et problèmes d’organisation : compliqué lorsque la charge de travail demandée par ma section n’est pas réalisée, en situation de sous-effectif pendant plusieurs mois]). Concernant d’autres remarques, je n’ai pas particulièrement de mal à les encaisser, ou à y songer. Je ne suis pas infaillible, loin de là. Et j’aime qu’on soit transparent avec moi quant à mes défauts ou incohérences. Mais là encore, suis-je là à me complaire dans une illusion de remise en question ? Il s’agit peut-être d’une éventualité.

Grandir, c’est vague … Disons que j’ai actuellement conscience d’avoir devant moi tout le temps dont j’ai envie. Je ne suis pas obligé de justifier mes absences, de devoir être présent pour tel ou tel truc, je n’ai pas à m’occuper d’un enfant, ou quoi que ce soit. Donc pendant ce temps, je continue à lire, à m’entraîner, etc. À faire un peu toutes ces activités que je prends plaisir à faire et qui me servent à m’accomplir. Il n’y aura pas de réel moment du type : « ça y est, je suis grand, je suis prêt ». À proprement parler, si une cigogne me livrait un enfant chronopost, je serais totalement apte à subvenir à ses besoins, à m’en occuper et à l’éduquer. Mais disons que je préfère encore avoir davantage de bouteille et d’expérience.

Idem pour la culture à vrai dire. Là si on mettait fin à ma capacité d’apprentissage, je ne serais pas je pense l’homme le plus inculte de la planète et je parviendrais à faire illusion. Mais disons que la culture apporte à la vie bien plus de profondeur, de finesse, de subtilité. La cuisine en est parfait exemple. Savoir cuisiner un plat est une chose, savoir discerner un bon plat d’un mauvais plat en est une autre, apprécier les aliments qui constituent celui-ci encore une autre, etc. Alors qu’initialement, on se contente de suivre la recette de manière bête et méchante, on apprend rapidement à connaître les petits tips qui peu à peu changent le plat (une épice, un mode de cuisson en sus, un aliment qui met en valeur), à choisir soi-même ses propres ingrédients et à y apprécier leur potentiel (la pêche en sirop n’aura pas le même potentiel que la pêche blanche fraîche en caricaturant), etc. Et, à force de modestes détails, un nouveau monde s’ouvre. Je parle de la cuisine, mais c’est valable pour le reste. J’adore lire également. Actuellement, je suis revenu sur les classiques de Pagnol, parce que je me situe en Provence. Les constructions n’ont pas le même charme, les mas sont finalement bien plus que des habitations recouvertes faute de mauvais goût de papier crépit, et ces satanés garrigues referment bien d’autres choses que des ronces et de la caillasse. Il n’y a pas eu de réel déclic. Juste au fil des années un goût pour le beau, pour le travail, pour le détail. Sens qui s’affine au gré de ma culture. Mais ça constitue parfois un frein pour créer ou forger de réelles relations. L’une de mes meilleures rencontres au cours des derniers mois est quelqu’un d’aussi actif que moi. Il passe aussi son temps à s’entraîner, à lire, et à travailler. Un lion en cage. Plus naïf que moi sur bien des points. Mais il a aussi cette soif de connaissance et cette envie de se dépasser. Idem pour mes amis du grappling. Nous ne sommes qu’amateurs mais nous passons beaucoup de temps à nous entraîner pour parfaire notre technique, et réellement développer un certain esthétisme et une légèreté dans notre jeu. Là encore, de l’effort, du travail et un goût du beau.
Il m’est difficile en revanche de créer de solides liens avec des gens plus superficiels. Une certaine incompréhension demeure en effet de part et d’autre, une différence de valeur. En reprenant l’exemple de la cuisine, je me souviens d’une fille que j’avais rencontrée qui me reprochait de trop en faire en allant au marché le samedi matin pour cuisiner. C’était mal engagé, de part et d’autre.

L’ancrage, c’est tout à fait vrai je pense. Il suffit de voir pour M. Je le dis et le répète, c’est la chose qui m’a le plus conquis. Un foyer chaleureux. Le gros écueil, et ce que je cherche à fuir en revanche, est la caricature de la femme de l’officier. Une femme au foyer, bobone, qui reste à la maison à s’occuper du maisonnée et de la marmaille. Ses passions, ses loisirs, sa vie – qu’importe. Elle est à la pleine merci de son mari. Bon, vous vous doutez bien que si les gens superficiels ne m’intéressent que peu, une personne qui devient creuse de la sorte ne me stimulera pas davantage. Avant, j’avais comme point d’ancrage mes parents (situés en Allemagne et que je voyais une semaine tous les 3-4 mois. Depuis leur départ hors Europe, j’ai perdu ce repère, et mon rythme est spontanément devenu plus effréné).

Enfin pour la logistique, je suis « bordélique » par manque de temps. Je repasse toutes les 2-3 semaines, quand cela s’avère nécessaire. Mes kimonos sont lavés mais tous sur l’étendoir, et je ne les range que peu, puisqu’ils sont chaque jours utilisés. La logistique concerne surtout les besoins vitaux nécessaires. Du type la cuisine. Je surveille mon alimentation et je cuisine, donc le samedi dimanche, c’est souvent un gros atelier cuisine pour n’avoir en semaine qu’à réchauffer mes plats avant d’aller dormir … ! Difficile sinon de faire « moins ».


Là encore, je vous prie de m’excuser pour la qualité de ma réponse, rédigée un peu à la volée. Ma mission n’étant pas finie, ma disponibilité est loin d’être totale.

Merci pour vos retours quoi qu’il en soit. Au plaisir,


Edit : FK, si j'ai demandé à développer, ce n'est nullement parce que ton propos n'est pas abouti, cohérent ou clair. Mais juste parce que j'ai du mal à appliquer ton conseil et à le mettre en pratique. Je t'en remercie.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • [+3] Très intéressant le 05.07.22, 20h54 par Onmyoji

Merci pour tes réponses.

Concernant la normalité, je pense que même pour toi c'est important de garder un lien avec le quotidien même en période professionnelle. Ça peut aider avec le stress même si ce n'est pas ton problème, mais ça peut aussi aider les autres autour de toi à se lier aussi. Alors c'est l'armée et vous êtes pas là pour des embrassades émouvantes au coin du feu mais ça peut aider à gérer les troupes et aussi, aider à être pas seulement dans une vision utilitaire (c'est efficace la majeure partie du temps mais ça ne fonctionne pas pour tout).
Après l'intérêt principal ça reste pour ta relation mais je comprends que ça pèse peu face à pas mal d'autres choses comme tes prérogatives. Ça peut être un exercice à faire de s'accorder dix minutes d'interaction normale avec elle, mais faut aussi qu'elle comprenne ton point de vue.
Tu dis que c'est compliqué d'alterner entre états d'esprit, mais c'est pourtant un exercice qu'on fait très naturellement quand on change d'interlocuteur, cf la théorie des masques de Jung. Tu as l'impératif de ne pas mélanger les humeurs et les jargons donc c'est plus contraignant pour toi, mais peut-être aussi que tu te bloques par souci d'efficacité et "d'imperméabilité" à ce qui pourrait t'atteindre ou te perturber par sa futilité.
Le fait que tu parles de bascule dans ton fief ou à l'entraînement me laisse croire que là tu te laisses aller parce que les émotions, l'instinct et la flexibilité vont t'être utiles.

Pour ta vie professionnelle, je pense que tu as des facilités mais pas de motivation à faire des choses un peu répétitives et qui ne comptent que peu. En gros j'imagine que l'opérationnel te convient, le quotidien militaire beaucoup moins.
Après tu mentionnes outre ton honnêteté intellectuelle, le fait d'être responsable des autres. Les deux sont très louables et tu es sans doute attaché par l'honneur sur ces deux points, mais tu n'es sans doute pas irremplaçable non plus (rien de péjoratif, c'est une réalité, on est souvent pas irremplaçable), pourquoi tes subalternes pâtiraient forcément de ton départ vers une meilleure affectation?

Concernant l'orgueil je vois le mécanisme, disons qu'en tous cas ça n'a pas l'air d'être un frein pour toi, tu as assez de recul sur toi-même.

Pour les enfants, de ce que j'ai observé, on est jamais prêt qu'on le veuille ou non et que ça soit prévu ou pas. Mais effectivement ça change souvent la vie et à moins d'avoir pas mal de soutien c'est difficile de garder de l'espace pour ça, c'est un vrai défi pour tous mes amis. Donc si tu as besoin de ton temps et de ton espace pour te "replier dans ton univers", c'est sûr que pour l'instant c'est peut-être prématuré.

Pour la culture, le goût du perfectionnement, oui, quand ça se retranscrit dans ton mode de vie ça devient vite quelque chose qui te sépare des autres.
Après on peut faire l'effort de se comprendre et s'apprécier même malgré ça, mais fonctionner ensemble c'est de suite bien plus difficile.

Pour l'ancrage, j'ai connu des femmes de militaires qui mettaient un point d'honneur à ne pas être creuses justement et à évoluer pour être toujours mieux, Et à ne pas être que la gestionnaire du foyer. Je pense que ça dépend clairement de la place qu'à la femme dans sa tête vis-à-vis de son foyer et de son partenaire.
Ce pourrait être l'évolution de M si elle s'engageait avec toi. Mais ça nécessite quand même quelqu'un qui veuille assumer la mission d'être aussi cette ancre.
"Les gens déplorent les effets dont ils chérissent les causes"

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