Quand Walter, a commencé à me parler du Game, il y a deux semaines, je n'aurais jamais imaginé une soirée comme celle-ci. Sur les deux semaines, un peu d'incrédulité, pas mal de recherche sur le net et beaucoup de lecture (dingue le nombre de choses qu'on trouve sur ce forum) et quelques timides tentatives de sarge, avec pas mal de trouille au ventre mais quand même la satisfaction de faire quelques premiers pas.
Bardés d'un stock d'openers et remontés à bloc, nous voilà donc en wing dans une petite boîte bruxelloise sans prétention : le field idéal pour un wing débutant. La mission du soir : pas de num close ou de kiss close, juste pratiquer des openers et se tirer avant que la conversation ne s'enlise.
D'entrée de jeu, un peu de social proof, Walter a vaguement parlé au patron de la boîte lors de sa dernière visite, il me présente et nous discutons quelques minutes avec lui, puis nous nous tirons avant que la conversation ne retombe.
Entrés dans la boîte, je propose un opener de groupe à Walter : j'écris "The Prize" sur un carton et demande à Walter d'aller faire un tour à la réception. Après son départ, je repère une black HB8 et sa copine blonde un peu fadasse. Suivant les sages principes de Spike, je m'approche de la HBBlonde et, armé d'un grand sourire, j'attaque
M : toi, tu es joueuse
E : ça dépend pour quoi
M : et bien regarde, ce petit carton que je tiens en main, mon ami a pour mission de le retrouver. La seule chose qu'il sait, c'est que je l'aurai remis à une demoiselle. S'il te trouve, tu lui dis qu'il a gagné et je viendrai vous expliquer la suite.
E : euh ...
HBblack : moi je veux bien, moi je veux bien
M : ok amuse toi bien
(bon là, déjà, j'aurais dû la negger, dommage, enfin, ce qui est fait est fait). Je ne m'attarde pas.
Walter revient de l'entrée, je lui explique le jeu. Perplexe mais goguenard, il se lance à l'assaut de la salle. Pendant ce temps, je fais en passant un petit coucou à la blonde, qui tripote toute seule son portable avec l'air de s'ennuyer ferme. La HB Black s'est éclipsée.
Walter, perplexe, ne sait pas trop ou attaquer. Je lui dis "viens, je te présente une copine de ta cible qui va te donner un indice". La fille, pas très joueuse, ne lui en donne pas. Pas grave.
Un peu de fluff, j'apprends que c'est son anniversaire (elle a l'air de vachement s'amuser).
M : ah bon ? ca te fait quel âge ?
E : 24
M : (grand sourire) ah bon, ben merde alors, avec les rides sur ton front j'aurais dit plus. Bon en même temps c pas grave, ça se voit que quand tu souris, continue à tirer la tête, t'as tout bon.
Nous la plantons là. Walter attaque un set de deux filles, une HB8 et une 5 qui roucoule comme une folle en voyant que c'est à elle que Walter cause et pas à sa copine la HB. La HB entre dans la conversation. Walter me fait signe de les rejoindre.
W : (me montrant la HB) elle veut pas croire quand je lui dis que les filles sont compliquées
HB : me jette un regard par-dessus l'épaule et me tourne le dos
M : ta maman t'a pas dit que c'était impoli de tourner le dos aux gens qu'on te présente ?
HB (se retourne) : oh désolée (hé hé hé)
(walter pousse son avantage avec la copine à la HB)
M : alors c'est quoi le plan ?
HB : ben ton copain dit que les femmes sont compliquées
M : ah bon ? et il a pas raison ?
HB : ben non
M : merde ça va compliquer mon boulot ça
HB : hein ?
M : ben oui je suis explorateur interplanétaire chargé de faire un rapport sur les relations entre les deux sexes sur terre
HB :
M : ben oui, tu vois, chez nous tout est simple dans les relations, je pensais que ma mission serait vite bouclée, va falloir que je demande des crédits supplémentaires
Walter s'arrache, moi aussi. Bon plan avant que ça ne s'enlise.
Pendant ce temps, Walter m'explique qu'il a laissé sa carte à la copine (sur laquelle il est marqué "homme de goût" en lieu et place d'une profession.
Entre temps, je décris la HB black à Walter, on tombe dessus. Walter passe à l'attaque avec une technique de Spike : c super, t'as gagné un prix, c'est moi.
HBBl : quoi ?
W : ben oui, mais bon, je suis un mec super pris, il y a une liste d'attente. Il sort son calepin, note un truc puis réfléchit. "Hmmm, 2010 ça devrait aller".
HBBl :
(sur le coup, il l'a dans sa poche, dommage, j'aurais bien attaqué, mais soit, on s'en fiche). On s'arrache.
On ouvre et referme rapidos un set pas très cool (la nana vers sa copine "fais gaffe, c'est des dragueurs") et on va boire un verre au bar. Marrant, les filles et les garçons de la boîte commencent à nous checker. Quelques EC et quelques sourires plus loin, nous arrivons au bar. Des amis nous rejoignent (encore un peu de social proof).
Un peu plus tard, j'open un set de deux filles, une 5 et sa copine HB. Elles viennent d'occuper un siège que nous avons déserté. J'attaque la copine :
M : (grand sourire)voleuse
E : quoi ?
M : ben oui, c'était ma place
E : t'as acheté le siège ? tu sais, c pas réservé
M : sur ma planète, c'est comme ça pourtant
E :
M : ah pardon, je me présente, Alvin, explorateur interplanétaire.
E :
(pendant ce temps, la HB, que je nie, nous observe)
E : non tu rigoles
M : tu me crois pas ? sors de la boîte, va sur la gauche, ma soucoupe est garée à 300m d'ici en double file (trop génial, c'est de Spike aussi ça, non ?)
E :
Là-dessus, elle entre à fond dans le délire, on rigole bien, la HB fait du boudin dans son coin. Là-dessus, la copine me présente à la HB (putain, j'y aurais jamais cru, c dingue)
E : tiens, je te présente Alvin, il est d'une autre planète
HB : enchanté, moi je viens de pluton (elle avait du tout écouter, la coquine)
M : ah oui ? comme c'est intéressant (air ennuyé).
Je retourne sur sa copine et je repars dans le délire exploration planétaire. Là-dessus, un ami m'interpelle, et je m'arrache (autant partir tant que j'ai pas merdé, ctait cool quand même).
Pendant ce temps, Walter openait de son côté. (Walter, faudra que tu débriefes cette partie-là).
Encore quelques tours dans la salle. Je croise la blonde du début qui tripote son gsm allumé.
M : souffle dessus , c ton gsm d'anniversaire. si tu arrives à l'éteindre, tu peux faire un voeu
E :
M : mais si je te jure
E :
Je nexte. Purée, elle respire la joie de vivre celle là.
Une autre fille qui suce un coin de son paquet de cigarettes d'un air rêveur. Je l'approche, l'air incrédule.
M : fais voir
E : (me montre le paquet)
M (prenant un air soulagé) : ouf, j'ai cru que c'était un berlingot de jus d'orange
E :
(remet son paquet en bouche)
M : (grand sourire) et c'est quoi le plan, t'as besoin de ton fix de nicotine mais tu veux pas aller fumer dehors alors tu suces ton paquet
E : (sourire)
Panne d'inspiration. Je m'éjecte.
Encore un petit épisode avec la HB dont walter avait opené la copine. Elle m'aborde pour me faire remarquer qu'elle m'a déjà vu quelque part. Effectivement, c une ancienne élève de l'école où j'enseigne (je vais me faire une de ces réputations
E : ton copain c'est un sale dragueur
M : pourquoi sale ?
E : ben il drague
M : et quoi, c'est sale ? tu n'aimes pas quand un type sympa t'aborde pour discuter et te faire rire ?
E : euh, ben si
M : ben alors pourquoi c'est sale ?
E : ok, je veux dire, c'est un dragueur
M : ah ben oui, ça c'est sûr. En même temps, tu vois, moi aussi, et le truc c'est que comme je fais plus discret, ben tu te méfies moins (grand sourire), la preuve, on parle ensemble et tu souris.
E : (grand sourire )
Walter et moi on s'éjecte.
Mon bilan perso : il y a une semaine, je n'aurais pas imaginé un instant faire ce que j'ai fait ce soir. Perso, je suis super content. Je sais qu'il y a des trucs à parfaire, mais grosso modo pas trop de fausses notes. Je constate que les routines sont super pour opener, et que c'est assez facile d'adapter à la situation sans avoir trop l'air de répéter. Moi qui ai toujours été paralysé de trouille pour aborder une fille, je me suis étonné par mon aisance. Le rateau qu'on s'est pris tous les deux ne nous a absolument pas affecté.
Le wing, c'est un bon plan. D'abord on peut se servir de pivots l'un à l'autre. Et puis on peut se faire des débriefings tranquilles au bar (pas d'alcool) et échanger nos impression. C sympa aussi de partir opener chacun de son côté et puis de se raconter nos expériences. A recommander chaudement aux rAFC dans notre genre. L'union fait la force.
La technique d'opener la opine moins jolie est doublement efficace : non seulement ça désarme la HB qui se demande pourquoi on la neg, mais en plus la pression est moindre du fait que ce n'est pas à la fille qui nous plaît qu'on va parler, et donc, pas de bredouillage et un côté plus "naturel" dans l'approche.
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