Discussion

Evolution du temps et gestion de la frustration.

Note : 30
lancé par The_PoP le 19.09.2017
11 réponses
dernier par ailether le 18.10.2017, 01h44
Salut à tous,

C'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur que je vais ouvrir ici, car même si nous l'évoquons souvent ici, on ne l'a pas vraiment traité de front. Pourtant je suis persuadé qu'on a tous beaucoup à apporter la dessus, et que ce sujet mérite clairement d'être mis sur la table tellement il influence les choses.

Je n'ai absolument pas envie ici de verser dans le "c'était mieux avant", ni de retomber dans l'éternel débat sur les sites de seduction ou ce genre de choses.

Je veux simplement ouvrir ici ce sujet car je suis convaincu qu'il est important pour tous dans notre développement personnel et dans nos relations sociales et amoureuses.



Je crois que notre génération (entre autres) doit apprendre à gérer quelque chose qui a évolué très brusquement durant ces dernières décennies. Les technologies ont rendu notre rapport au temps complètement ahurissant si on se place du point de vue de nos ainés. Voir même d'un point de vue simplement rationnel. Alors quelque part j'ai envie de questionner ce rapport au temps, et donc souvent à la frustration.

En préambule, je précise que je crois qu'effectivement on peut lier le temps et l'argent. Que l'un dépend souvent de l'autre. J'admet bien volontiers que l'on peut s'en affranchir mais je pense que globalement beaucoup de gens évoluent avec cette équation en arrière plan sans même en avoir pleinement conscience.


Je vais donner quelques exemples rapides de ce qui me questionne :


- Amazon, pour ne citer qu'eux a contribué grandement à développer son e-commerce sur l'argument de la livraison rapide. Voir ultra rapide. Au point de vouloir pouvoir livrer le dimanche matin en france par exemple. Car oui c'est devenu un véritable enjeu commercial que de pouvoir livrer presque instantanément.
Ce point m'interpelle car on peut tout aussi bien considérer qu'une grande partie des biens que nous achetons sur internet n'est pas de première nécessité ou ne revêt pas de caractère d'urgence particulier.
Pire, ce service est même facturé plus cher pour réduire encore le délai et se rapprocher autant que ce peut de l'instantané. C'est à dire que des gens sont prêts à dépenser des sous (et donc une sorte d'équivalent en temps de travail) pour se faire livrer plus rapidement un objet acheté sur internet.

- Les temps de trajets raccourcissent tous, ainsi nos amis partent, rentrent ou nous recoivent dans des pays étrangers assez facilement et rapidement. Les distances semblent avoir raccourci et notre rapport au temps a aussi été touché. Combien d’entre nous râlent au premier bus pas à l’heure, au premier retard de train. Vous allez me dire que c’est bien normal mais il suffit de voyager un brin dans des pays bien moins développés pour se rendre compte qu’on n’a plus du tout le même rapport au temps.

- Les communications : aujourd’hui tout est instantané. Sms, messagerie en ligne, email, appels, applis. La encore l’instantané règne en maitre et est devenu la norme. Combien sommes nous à râler après une personne qui ne vous a pas répondu par sms dans la demi journée, qui n’a pas décroché son téléphone ? Cet exemple est le plus frappant car il illustre à merveille le lien entre temps et frustration.

- En terme de relations humaines, on divorce en très peu de temps, on se marie en encore moins de temps, on refonde une famille, on se sépare, on emménage ensemble puis on déménage. Vu d’ici, ça semble quand même hyper bordélique. Nul doute que ça l’était déjà depuis longtemps. Cependant je note autour de moi que les gens balaient des années de relations au bout de trois mois plus compliqués.

- L’industrie du cinéma en est aussi un exemple frappant : le temps raccourci de plus en plus entre le temps de sortie des films en salle et leur sortie dvd. L’attente n’a plus de raison d’être.

- En politique également voir dans les médias on sent que le plus important désormais c’est le temps. Le temps de réaction, l’instantané de l’image, du son des réactions. En France nous venons d’élire comme président une personne qui était un inconnu pour la grande majorité il y a 3 ans seulement.

- Les modèles d’entreprises sont dirigés de plus en plus vers le court terme voir le très court terme. Le modèle économique bouge. Parfois on fonde une boite, lève des investisseurs, et la revend sans même avoir eu le moindre client. Des patrons virent des cadres supp au bout de quelques mois à cause d’objectifs à courts termes non remplis.
Bref, ce sont plein d’exemples, plus ou moins parlants, plus ou moins réfutables je vous l’accorde, mais qui vont je le crois tous dans le même sens.

Le temps s’est raccourci. On devient de plus en plus pressés. On devient de plus en plus incapable de gérer l’attente, de gérer la frustration qu’elle engendre. On sacrifie souvent le contenu au profit de la rapidité.
Les prises de recul sont de plus en plus rares. Les gens ne prennent plus le temps de l’analyse, de la réflexion. C'est mon constat.



Et au niveau de FTS cela donne quoi tout ce bordel ?

Pour moi, il y a une recrudescence des messages d’appels à l’aide d’urgence pour traiter d’un message sans réponse, d’une absence de nouvelle récente, d’une histoire qui s’est terminée hier et qu’on n’arrive pas à oublier, d’une histoire qui s’est terminée hier mais depuis on a rencontré quelqu’un mais elle n’a pas répondu vous comprenez… Et lorsqu'on ne répond pas dans l'heure, le silence devient insoutenable.

Pour moi je vois de plus en plus de situations qui semblent insoutenables pour ceux qui les vivent simplement par absence de relativisation. Le temps devient notre ennemi alors même qu’on s’efforce chaque fois un peu plus de le dompter par le progrès technologique

En fait plus je me questionne sur notre rapport au temps, plus j'y entrevois les mêmes paradoxes que dans l'évolution des relations humaines : on n'a jamais eu autant de moyens d'être en contact, de créer du lien, de rester en contact et pourtant les choses sont peut être pires qu'avant, la solitude semble gagner du terrain, ou en tout cas ne recule pas. Comme le rejet de l'autre. Et bien le temps me semble un peu relever de la même problématique : on essaye toujours de s'en donner plus, de changer les paramètres de l'équation, et pourtant il semble ne jamais avoir eu autant d'emprise sur nous.


Et vous, vous le vivez comment ? Vous le gérez comment ce changement dans notre approche du temps ? Vous la ressentez comment ? Quelles sont vos astuces ?
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (A lire) le 19.09.17, 17h05 par Onmyoji
  • +1 (Intéressant) le 19.09.17, 18h50 par BirdonTheWire
  • +3 (Post de qualité) le 19.09.17, 19h28 par mistermint
  • +2 (Intéressant) le 19.09.17, 20h32 par Sathinelilly
  • +1 (Intéressant) le 19.09.17, 20h45 par Perlambre
  • +2 (Très intéressant) le 20.09.17, 10h22 par Jalapeno
  • +2 (A lire) le 21.09.17, 10h47 par Baijin
  • +1 (Intéressant) le 21.09.17, 13h43 par valll
  • +1 (Pertinent) le 09.10.17, 15h38 par Moumane
Utiliser aussi peu que possible les réseaux sociaux principaux, et juste comme une récréation, pas comme un moyen de s'informer.
Ne pas se laisser emmerder par les notifications immédiates (ça sert de faire des groupes pour avoir juste quelques personnes prioritaires).
Ne pas suivre tous ses amis pour ne pas avoir trop de bruit sur son fil.
Être pro au boulot et ne pas glander sur son tel.
Regarder peu les Infos et seulement à des horaires précis, pendant les trajets par exemple, ça donne le temps de la réflexion.
Perdre le réflexe de zapper dès que c'est ardu ou pas forcément intéressant pour avoir l'opportunité de découvrir des choses qui me sortent de mon ordinaire.
Idem sur les réseaux sociaux, s'abonner aussi à des pages contradictoires avec nos opinions.
Préférer les appels de vive voix aux messages quand c'est pas urgent. Ça permet de faire travailler l'humain, c'est moins invasif si le moment est choisi et ça laisse à l'autre le choix de recevoir le message.
D'une manière générale, pas refaire le monde à partir de détails insignifiants et s'occuper de soi quand on a rien de mieux à faire.
Gérer son sommeil en laissant ces saloperies de téléphone loin de nous, préférer un bouquin pour s'endormir.

En gros, se discipliner. Mais j'imagine qu'à l'époque où aucun parent n'apprend aux gosses à gérer sa frustration et à patienter, c'est forcément plus difficile
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (En effet) le 19.09.17, 20h45 par Perlambre
  • 0 (+1) le 20.09.17, 09h46 par okashi
  • +1 (Constructif) le 20.09.17, 10h23 par Jalapeno
  • +1 (Intéressant) le 20.09.17, 22h03 par The_PoP
Mis à part les exemples du forum et les quelques autres cités plus haut ça me parle pas trop.
J'ai un tel de merde et je réponds quand j'ai envie de prendre le temps.
J'utilise juste facebook et messenger de temps à autre because c'est pratique pour garder contact avec les potes.
Je bosse peu alors j'ai plein de temps pour discuter avec mes amis IRL et faire des choses sympas. Et faire de vrais rencontres IRL en sortant de chez moi.
Du coup toutes ses histoires d'optimisation ça me dépasse un peu aussi.

Juste en passant, est-ce que justement les gens ont besoin de croire qu'ils peuvent rentabiliser-optimiser leurs temps parce qu'ils trouvent leurs vies pourries en général, sachant qu'on passe la majeur partie de notre vie au boulot?....
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Bien joué) le 20.09.17, 11h16 par voucny
  • +1 (Intéressant) le 20.09.17, 22h03 par The_PoP
Autre avis,

"Le temps s’est raccourci"
Oui, car il y a à mon sens un paramètre important à prendre en compte.
L’âge.

Tout semble possible et puis un jour il faut se rendre compte (il vaut mieux d’ailleurs) que ce n’est plus le cas. Je me place uniquement au niveau des relations, qu’elles soient amicales ou amoureuses. L’idée n’est pas de regretter le passé mais d’optimiser le présent. Car ce temps qu’on peut dilapider aisément à 20 ans devient précieux à 40 car rare. Aussi rare qu’en plongée, avec une bouteille d’oxygène qui dysfonctionne.

Sachant que je suis arrivée largement au milieu de ma vie, il me faut faire des choix. Dont celui de trier parmi mes connaissances, de couper court à une relation amoureuse qui ne m’apportent pas ce dont j’ai véritablement envie.
Ce n’est pas une question de frustration ou d’immédiateté non obtenue. C’est plus m’écouter intimement, prendre soin de moi. Rien à voir avec l’égoïsme mais le jour de la Fin, je serais face à moi-même et autant partir avec le sourire ;)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (A lire) le 20.09.17, 11h16 par voucny
  • +1 (Pertinent) le 21.09.17, 10h00 par Onmyoji
Citation:
Car ce temps qu’on peut dilapider aisément à 20 ans devient précieux à 40 car rare.


En y réfléchissant bien, à 20 ans aussi ce temps est précieux.

Pour préparer le futur.

Il y a quelques années je me demandais comment avoir des relations amoureuses. Aujourd'hui je me demande quelles relations il faut que j'évite et quelles relations je dois chercher à avoir. Je pense au mariage et aux enfants.

Mais aussi pour avoir un passé agréable.

Si j'avais fait des choix différents j'aurais des souvenirs différents actuellement. J'aurais perdu moins de temps dans des relations qui n'auraient abouties à rien, à part des mauvais souvenirs.
Pour ce qui est des mariages et des divorces, il y a certainement un rapport à la frustration et à la consommation mais aussi d'autres facteurs à l’œuvre (diminution de la pression sociale dans le cas des divorces, retour à un certain conservatisme pour les mariages).

Sinon, il y a un point commun aux autres exemples que tu cites : les télécommunications et a fortiori Internet et les smartphones.

L'objectif des réseaux sociaux comme FB, Twitter, des apps comme Whatsapp et des services comme Netflix ou Amazon c'est de garder les utilisateurs captifs le plus longtemps possible. Le paradoxe c'est de leur vendre de l'instantané pour mieux leur faire perdre leur temps.

Et inversement, "perdre son temps", se promener dans une ville sans Google Maps ou Uber, privilégier le train à un vol lowcost, c'est aussi prendre son temps.

En fait plus que la question du temps, je pense que c'est aussi l'attention, la qualité du temps qu'on passe à faire quelque chose qui diminue. C'est peut-être aussi ça qui fait qu'on est tout le temps frustré, insatisfait. Un peu comme tout les fast-food qui remplissent mais ne nourrissent pas.

Ma solution, comme Daze, c'est l'option "dumb phone". C'est pas encore la panacée pour se déconnecter et souffler un coup mais ça évite pas mal de tentations.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (Intéressant) le 20.09.17, 11h17 par voucny
  • +1 (A lire) le 20.09.17, 13h11 par Onmyoji
  • +1 (Intéressant) le 20.09.17, 22h02 par The_PoP
Merci pour vos éléments de réponse.

@Perlambre : en fait je réfléchis d'une manière globale pour l'ensemble de notre société et non pas d'un âge à un autre.

@Jalapeno, Onmyoji, The Daze : merci pour vos astuces.

Là où je me questionne davantage c'est que j'observe cette tendance à être complètement sous le diktat du temps aussi dans le monde du travail et dans le relationnel avec les autres. Je croise de moins en moins de gens dotés de la patience pour bâtir.

On peut aussi parler des troubles grandissants de l'attention. De cette tendance lourde à ne plus pouvoir faire une seule chose à la fois.


Effectivement Onmyoji, j'ai eu très envie de relier l'ensemble de ce sujet à la problématique de la gestion de la frustration, à l'apprentissage de la patience, à la gestion du risque et des échecs, mais ça aurait été un immense foutoir. Et réellement je pense que l'évolution du temps dans les rapports humains peut vraiment perturber beaucoup de choses.

Auriez-vous des études ou des essais qui traitent de ce sujet ?
Salut,

je pense que le "problème", c'est la façon dont les gens utilisent les technologies, et utilisent leur temps.

Facebook ne pose pas de problème en lui même par exemple. C'est la façon dont tu l'utilises qui peut poser problème.

Pour le temps, c'est pareil. Et c'est lié.

Un smartphone/ordi portable par exemple, te permettras de checker tes mails/réseaux/dossiers, dans le trajet en train qui te ramène chez toi après ta journée de boulot. Une fois arrivé chez toi, tu n'as plus ces tâches à faire, et tu peux donc utiliser ton temps pour autre chose : aider ton gosse à faire ses devoirs, te détendre avec un bouquin et une bière.

Pour simplifier, si la technologie et sa rapidité permettent aux gens de se dégager du temps, pour ensuite utiliser ce temps dégagé à bon escient, je ne vois pas le problème.

Certaines personnes n'arrivent pas à s'éduquer. Et le "dumbphone" en est un exemple. C'est presque une forme de sevrage face à une addiction.

Alors que perso, j'ai un smartphone (depuis peu). T'as juste à désactiver les notifications et/ou le mettre sur silencieux. Les gens laissent des messages et tu rappelles quand tu as le temps. Il m'arrive de passer plusieurs jours sans mon smartphone également.

C'est paradoxal d'ailleurs, le principe d'un téléphone portable, c'est de pouvoir être joint ou joindre des gens partout/tout le temps. Si c'est un problème, autant rester avec uniquement un fixe. Mais on en revient au problème d'utiliser la technologie et son temps à bon escient.

Peut être aussi que les gens sont victimes elles aussi de cette course. Certes les gens râlent contre un bus en retard de deux minutes... Mais sans doute derrière, le patron va râler pour un retard de 30 secondes... Et aussi car la qualité de service ne correspond pas au prix payé... ça me rappelle ça tiens : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/ ... a-sncf.php

Enfin bref. Je suis dans la même situation que The Daze. ça me parle pas trop. Facebook est pratique pour rester en contact, surtout avec des gens à l'étranger. Et pourtant il m'arrive aussi de correspondre avec eux via lettres manuscrite/poste... Donc l'instantanéité....
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (Pertinent) le 09.10.17, 02h01 par Onmyoji
Tout ça est très pertinent, je pense toutefois que sur un aspect tu te trompes.
Certaines applications en elles-mêmes posent problème car elles sont faites pour nous maintenir actifs et accros afin de visualiser le plus de pubs possibles.
Les jeux sont faits pour rendre accros, pour recommencer, acheter du contenu pour réussir plus vite que les autres (ou ne pas être laissés derrière etc).
Après, pour moi, c'est clair qu'un smartphone c'est un outil que j'entends utiliser pour optimiser mon temps libre, et me faciliter le plus la vie, par contre ça ne doit pas se faire au prix de ma liberté ou de ma vie privée. Donc j'évite certains applis pourtant très répandues.

Mais il y a aussi une question de mécanismes de fonctionnement comme les partis pris des algorithmes* qui sur les réseaux sociaux créent des "chambres d'écho" qui font qu'on ne rencontre pratiquement rien de différent de ses opinions dans les articles qu'on voit dans nos news (ce qui a créé de grosses surprises aux US post-élection de Trump).
Et puis, la manière de les manipuler (cf. les polémiques sur les "cyberattaques" russes qui auraient parasité les infos US...), qui me laissent penser qu'il vaut mieux éviter ce genre de médias pour s'informer.

*Faites l'expérience, allez voir dans vos paramètres de compte facebook les "publicités", vous pouvez avoir accès à une liste de vos centres d'intérêts (que vous pouvez éditer pour modifier ce que vous recevez dans vos news et pub. Je vous conseille fortement d'éditer pour ne pas laisser forcément des choses pertinentes). Et c'est purement hallucinant.
Allez voir aussi les messages des sites qui vous signalent l'installation de cookies. Vous pouvez voir dans les détails de leurs conditions un certain nombre de régies de gestion de pubs au niveau desquelles vous pouvez vous désabonner.
ça peut paraître hors sujet, mais gérer son temps, c'est aussi s'éviter le matraquage de "pubs" ou "articles" "pertinents" (ou qui sont tous faits pour nous taper droit au cerveau) pour y être moins sensibles.
On peut se discipliner, on peut apprendre à se gérer, mais quand on est parfaitement ciblés, c'est très dur en vérité.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (A lire) le 09.10.17, 10h24 par Jalapeno
  • +1 (A lire) le 09.10.17, 15h35 par Moumane
  • -Alex
  • Score : 510 - 30 ans
Citation:
Un smartphone/ordi portable par exemple, te permettras de checker tes mails/réseaux/dossiers, dans le trajet en train qui te ramène chez toi après ta journée de boulot. Une fois arrivé chez toi, tu n'as plus ces tâches à faire,

Je prends parfois le train pour monter sur Paris dans le cadre du boulot.
Aussi bien le matin (vers 7h) que le soir (vers 19h), il y a des gens qui passent leur 2h de trajet à envoyer des mails pro. Pendant ce temps là, il ne se reposent pas.

La possibilité de consulter ses mails et d'y répondre depuis n'importe où encourage un mécanisme qui est générateur de tâches. Si un salarié rentre d'une réunion et utilise son temps de trajet dans le train pour taper son compte-rendu et répondre à ses mails, en se disant qu'il n'aura pas à le faire demain, les destinataires du mail pourront y répondre également (certains envoient des mails en pleine nuit), en faisant une nouvelle demande que le salarié trouvera le lendemain matin. Cela créé une boucle d'accélération.

En moyenne, un salarié reçoit 88 mails par jour et en envoie 34. En 1990, il recevait 10 courriers par jour (livre "Vivre mieux au travail" - Sophie Morin - p 162). Il passe plus de 2h par jour à gérer sa (ses) boite(s) mail.

https://www.arobase.org/actu/chiffres-email.htm

http://lentreprise.lexpress.fr/rh-manag ... 23172.html

Bref. Il est important de ne pas se sentir obligé de répondre à un mail dans la journée, de fixer des heures limites de consultation de la boite mail, et de le faire savoir.
Après, je pense pas que le train soit le meilleur endroit pour se reposer. Et je pense que parce que ton trajet est lié à ton travail, ça reste plus approprié d'y répondre dans le train. Comme je l'ai dit, si tu fais ça pour te dégager du temps libre, ça me choque pas. Après il faut savoir se déconnecter.

Si tu lis tes mails en plein WE ou en plein milieu de tes vacances, il y a un problème.

Sinon, il y a une loi qui a été votée à ce sujet :

https://www.service-public.fr/particuli ... tes/A11297

Onmyoji : je comprends ton point de vue, mais avec un peu de jugeote (dont tu fais preuve), on voit tout de suite la magouille. Par exemple : tu fais une recherche google "matériaux d'isolation" et 20 minutes plus tard, toutes les pubs ou suggestion de page concernent ce sujet.

Il suffit de ne pas y prêter attention.

Ce qui me chagrine, c'est que certains arrivent à dire : "si je suis accro à mon smartphone/ordi, c'est à cause des grands groupe de médias/technologies qui font tout pour que je sois accro"... en forme d'excuse.

On pourrait aussi dire :"c'est l'industrie agro-alimentaire qui est responsable de l'obésité".

Alors ok, il y a des magouilles (plats hyper sucrés pour rendre accro, marketing et sponsoring douteux pour inciter les gens à manger des sucreries).

Mais en face, il y a des gens "responsables", ou même des gens qui étaient obèses qui ont un jour ou depuis toujours dit "stop". Ils ont décidé de manger correctement, de faire attention à ce qu'ils achetaient, de lires les étiquettes, de ne pas céder au marketing.

Tu peux être à un repas, prendre une part de tarte et basta. On peut te proposer d'en rependre, mais y'a qu'a dire non merci.

Pour les applis, le temps : c'est pareil.
The_PoP a écrit:
Auriez-vous des études ou des essais qui traitent de ce sujet ?

Mais j'ai du mal à cerner précisément ce à quoi tu fais référence. Il y a plusieurs niveaux de lecture de la notion de temps. Le temps personnel, que tu dépenses chaque jour de manière inexorable, dans son gaspillage minute par minute. On parle là de distraction, de ce temps passé devant une série à la con, un jeu à la con, un réseau social à la con, dont tu réalises parfois qu'il vient d'être gaspillé. Le temps de vie, peut-être ce à quoi Perlambre faisait indirectement allusion, les projets personnels au fil des ans qui s'égrènent. Le temps de la société, à savoir le rythme auquel idées, événements, innovations et transformations se succèdent. On peut décomposer, les temps économique, technologique, sociologique sont distincts même s'ils interagissent.

De même que ces échelles interagissent comme tu le fais remarquer dans ton premier message. Les évolutions technologiques permettent l'instantanéité, et celle-ci bouleverse le temps personnel, particulièrement si on n'y met pas de barrière.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Merci ! :)) le 18.10.17, 07h43 par The_PoP
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