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La suite?

Note : 2
lancé par Nonchalance le 25.03.2018
9 réponses
dernier par Nonchalance le 26.04.2018, 15h52
Une fois n'est pas coutume, je reviens chercher conseil.

Donc voilà, j'ai poursuivi un but, je suis arrivé à construire quelque chose qui fonctionne avec mes propres moyens mais pour des raisons de compatibilité idéologique, je dois mettre fin à mes aventures entreprenariales.

Maintenant, je me demandes que faire. Comprenez moi bien, je ne suis pas désespéré ou dans un quelconque mal être. Je n'ai juste pas une idée précise de la suite des événements.

Je sais que j'ai une certaine maîtrise de la gestion administrative et du management d'une entreprise. Je sais que je veux avoir un niveau de vie décent et que j'aime la poursuite de la richesse. Je sais en ayant passé le RIASEC avec une psychologue du travail que je serais plus dans mon élément dans les milieux de l'administration/judiciaire, le management/entreprenariat ainsi que la recherche sociologique et/ou scientifique et que le métier qui me correspondrait le plus est... psychologue/psychiatre?!

Mais je n'ai aucun objectif clair et ne sais pas quelle formation ou quelles études entreprendre et quel travail ou projet poursuivre pour subvenir à mes besoins quotidiens.

Voilà, j'ai un parcours chaotique et peu vendeur mais si vous avez des pistes de réflexions ou des suggestions, je prends.

Merci!

EDIT: Je me suis trompé de catégorie de forum. Désolé!
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Courage) le 26.03.18, 08h03 par The_PoP
Citation:
pour des raisons de compatibilité idéologique, je dois mettre fin à mes aventures entreprenariales.


Accepterais-tu de nous en dire plus ?

Ensuite, faudrait voir où tu en es actuellement. Je veux dire, tu peux prétendre à quoi ? T'as quels diplômes, en plus de tes capacités entrepreneuriales ? Psychiatre par exemple... ça me paraît pas accessible. Psychologue, possible.

Là comme ça, par association d'idée (donc ça vaut que dalle), marketeux ? De préférence à travers l'angle psycho ?
Qu’est ce qui t’empêcherai de monter un petit truc en France ?

Possibilité de trouver un job dans l’import export avec ce pays étranger depuis la France ?
@Iskandar

Je suis dans un pays de la police des moeurs et en tant qu'autochtone, je ne peux échapper au jugement social. Rien que le fait de devoir faire cinq prières par jour alors que je ne crois pas en Dieu me gave (mais bon, je m'y attendais). En plus mes moindres faits et gestes sont surveillés, commentés et jugés. Ça provoque en moi une certaine antipathie.

Niveau études, j'ai eu un bac littéraire. J'ai fait trois ans à la fac mais je n'allais pas en cours et je n'ai validé que l'anglais du semestre 1à 3 (licence L.E.A Anglais-Japonais puis Anglais-Allemand). J'ai un niveau C1 en anglais que je n'ai jamais certifié. J'ai travaillé dans un groupe de pizzeria où je suis devenu 1er équipier puis responsable d'équipe et enfin assistant manager bien que je n'ai jamais eu le titre officiel de mon dernier poste.
J'ai été livreur de repas à vélo et archiviste en 2016-2017 et d'octobre 2017 à aujourd'hui, j'ai ouvert un petit magasin dans un pays du tiers monde où j'ai entre autre organisé la logistique et la gestion des stocks, été à la recherche de fournisseurs, négocié les prix, formé des employés (membres de ma famille) et tissé un réseau pour être au courant de ce qui se passe sur le marché parce qu'Internet n'est d'aucune utilité ici pour ça. Ça marche plutôt bien et j'avais fait des estimations de trois ans pour me développer suffisamment pour gagner autour de 5000€ par mois (contre 500 à 900€ aujourd'hui).
Enfin, le RIASEC est juste un test qui est sensé donner des pistes. Je ne me vois pas du tout être psy quoi que ce soit, c'est juste les tafs et les domaines d'activité qui m'auraient sans doute le mieux réussi avec ma personnalité.

@The_PoP

Je n'ai pas les moyens, en fait je suis plus que pauvre parce que je ne peux pas récupérer mon investissement pour des raisons d'éthique locale. Je dois donc me refaire une santé financière avant de pouvoir faire quoi que ce soit.

Et les exportateurs sont dans un marché de niche où je n'ai pas ma place sauf si je crée moi même mon entreprise.
J'ai envie d'aider mon pays d'origine à développer une économie autonome qui ne dépend pas de l'import. C'est un très très gros projet et d'un côté j'ai l'impression d'être insignifiant et que je n'y arriverai jamais. D'un autre côté, j'y crois, je pense que c'est possible.

J'ai trouvé un truc dans lequel j'ai vraiment envie de m'investir. C'est la première fois que ça m'arrive et c'est plutôt impressionnant mentalement. J'ai un but qui transcende mon envie de m'enrichir même si les deux ne sont pas incompatibles. Problème, je ne sais pas du tout par où commencer étant donné ma situation actuelle.

Est ce que vous pourriez me donner des pistes si je donne des détails sur la situation du pays (social, économique, politique)? J'ai l'impression d'en demander beaucoup et je voulais éviter d'écrire un pavé avant d'avoir votre attention.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Cool) le 24.04.18, 19h04 par Avalanche
  • +1 (Courage) le 25.04.18, 13h52 par BirdonTheWire
Une réponse à chaud :

Tu peux avoir deux leviers, un économique et l'autre politique.

L'économique : je ne connais pas ton activité économique et ne sais pas si t'es dans l'import ou la production "sur place". Si t'es déjà dans la production, agrandir ton activité en faisant travailler tes concitoyens en leur offrant du boulot. Si t'es dans l'import : idem que le point précédent + diversifier ton activité :)

La politique : c'edt la manière d'influencer les règles qui règlent la vie économique de ton pays, tu serais plus en méta. Mais pour ça, faudrait que ton pays soit une démocratie (même imparfaite), et c'est une donnée dont je ne dispose pas. Et même si cette condition est remplie, pas certain que ton statut de non indigène aide des masses.

Je cogite à tout ça et tz donne une réponse plus complète plus tard :)
Envoie les infos, ça donne envie de cogiter :)
Cool. Résumons la situation alors:

LE PAYS

Des îles volcaniques, faible superficie (un peu plus de 2000km2), climat chaud et humide/pluvieux ou un peu moins chaud et sec. Un écosystème de plantes tropicales sud américaines, africaines et polynésiennes habité par de petits mammifères en général pas plus gros qu'un chat sauf pour les animaux domestiques importés plus gros.

SOCIÉTÉ

Population a très forte majorité de religion musulmane ou du moins de culture musulmane. On compte environ 900 000 habitants et presque le même nombre dans la diaspora qui joue un rôle central dans l'économie du pays. Il ne semble pas exister de principe d'égalité, les gens se déclarent ouvertement supérieurs à d'autres selon qu'ils soient plus savants ou plus riches. Il y'a une forme d'arrogance et de mépris que l'on retrouve chez quasiment tout le monde. Les gens intégrés se préoccupent beaucoup de leur réputation, qui n'est pas une réputation individuelle mais familiale. Ainsi les familles les plus respectées sont celles qui portent les valeurs de pudeur (les coucheries sont très mal vues, surtout si c'est une femme), qui montrent qu'elles sont éduquées dans la religion et dans les savoirs plus techniques et qui ont au moins l'apparence d'avoir un tant soit peu d'argent. Les apparences comptent bien plus que la réalité.

ÉCONOMIE

Le mariage et la maison sont les plus grands projets économiques traditionnels. Les grandes familles se doivent de faire de grands mariages qui coûtent en moyenne 30 000€. Sachant que la plupart des gens sont sans revenus fixes et que le salaire moyen est de 100€/mois c'est plutôt compliqué. Heureusement, il y'a la diaspora. Femmes de ménage, aides soignants, plongeurs, commis de cuisine, employés de BTP pour la plupart en France, ils ont un statut très important dans leur pays. Ce sont ceux qui permettent tous les gros projets. Toutes les grandes familles ont au moins une personne à l'étranger, le plus souvent en France mais aussi en Égypte, en Chine, en Arabie Saoudite ou aux Émirats.

Sur place... c'est assez catastrophique. Toutes les industries sont basées sur l'import. De riches étrangers, souvent chinois, indiens ou arabes viennent ouvrir des sociétés d'import basées sur le matériel de construction, l'ameublement et les fournitures ménagères et bien sûr l'alimentation. Presque tout ce qui est dans ce pays est importé. Et ce n'est pas de la qualité mais bon quasiment tout le monde est pauvre alors c'est mieux que rien j'imagine.
C'est l'économie de la rareté qui domine. Les riches d'ici ne sont pas assez riches pour fournir continuellement la demande donc les produits peuvent disparaître du jour au lendemain. Ce qui favorise les magasins stockage, c'est à dire que des locaux qui ont le plus de moyens achètent en grande quantité les produits chez les grossistes, cachent ces produits ou les vendent plus cher et attendent que le produit disparaisse pour le revendre plus cher.
Le commerce n'est pas bien régulé. Vous pouvez aller chez votre voisin et être presque sûr qu'il vend quelque chose. Les petites boutiques sont légions. Si vous n'êtes pas en centre ville, n'espérez pas un bénéfice supérieur à 10€ par jour et même ça c'est beaucoup.
Il existe quelques entreprises locales mais elles sont presque toutes aux mains d'étrangers.

POLITIQUE

Corruption...
Bon tout le monde ici le sait, les politiques n'en ont rien à secouer de leurs citoyens. Comme c'est un petit pays, tout le monde se connaît. Même les politiques sont connus des petites gens. Le président actuel vient d'un village limitrophe au mien et nos familles se connaissent parfaitement sans pour autant avoir de connexions entre elles. Donc, tout se sait très vite et même s'il y'a de fausses rumeurs il y'a aussi beaucoup de vérités.
Donc le travail du politique ici se résume à mendier des subventions à des pays amis, faire semblant de mettre en place des projets et mettre le gros du paquet dans les poches.
Ça se voit parce que avec tout l'argent donné depuis le temps, le pays ressemblerait au moins à quelque chose. Au contraire, il y'a même des retours en arrière. J'étais venu en vacances ici en 2004, il y'avait un semblant de route, de l'électricité avec de rares coupures et des fontaines d'eau en périphérie des capitales. De retour en 2016, il n'y avait presque plus rien de tout ça. De retour en 2017, les routes ont commencé à être reconstruites, l'électricité est revenue avec des coupures fréquentes cependant et l'eau coule à nouveau dans certaines fontaines qui ne fonctionnaient plus.

Mais le principal problème de ce pays reste toujours le manque d'infrastructures. Le traitement des déchets est catastrophique, les télécommunications sont basiques au mieux, les routes sont mal faites et commencent déjà à se creuser à cause des fortes pluies, il n'ya pas de système d'égouts, l'électricité fonctionne grâce à d'immenses groupes électrogènes, le seul hôpital public est en reconstruction, les enseignants fonctionnaires ne sont souvent pas payés et les écoles privées ont pris le dessus, la plupart des diplômes délivrés s'arrêtent à la licence, l'eau courante est seulement disponible pour les plus riches (et je n'en fais pas parti, putain les douches à l'eau courante me manquent), le port international n'est aux normes que sur une seule île...

Tous ces problèmes qui auraient pu être en partie résolus par les politiques ne vont qu'en s'empirant.

À part ça, contrairement à la plupart des pays d'Afrique, les politiciens s'entretuent et se déchirent entre eux en laissant la population tranquille (c'est grâce à la diaspora qui envoie de l'argent au pays, ce qui stabilise l'économie locale et calme le mécontentement des citoyens).


LA VIE DE TOUS LES JOURS

Je ne vis pas vraiment dans le confort. Et pourtant, ma vie est plus confortable que la grande majorité des gens d'ici. Mon frère a une voiture ce qui fait qu'en général, je ne galère pas trop pour me déplacer en dehors de la ville. Ma famille dépense trois fois ce qu'une famille moyenne peut se permettre ici. Je vis dans une maison en brique mal isolée, avec des problèmes de conservation de l'eau dans la citerne prévue à cet effet mais beaucoup de famille vivent dans des maisons en tôle pire encore en termes d'isolation et infestées de rongeurs. J'ai une chambre individuelle et j'ai un statut important parce que je possède l'un des passeports les plus puissants au monde: le rouge bordeau comme ils l'appellent ici.

Je passe mon temps entre mon magasin et la maison familiale et la plupart des gens m'envient alors que mon bénéfice journalier tourne entre 30 et 100€ en fournissant un travail physique énorme, à quatre personnes.

RÉFLEXIONS POUR LA SUITE

Je pense qu'il y'a quelque chose à faire niveau économique. L'enjeu est de créer une entreprise locale capable de répondre à des besoins quotidiens et de rapporter un bénéfice qui transcende de loin les marges très faibles auxquelles sont habitués les locaux.
J'avais pensé à l'agro-alimentaire avec un focus sur les tomates, les oignons et ail, les laitues, les choux et certaines légumineuses. Tout ça, à part les tomates, est importé.

Problème numéro 1: les fonds. Je n'en ai pas du tout. Tout le bénéfice de mon activité est intégralement utilisé dans les dépenses de la famille. Il me faudrait investir 14 000€ en plus dans mon activité pour qu'elle devienne intéressante niveau bénef.

Problème numéro 2: la surface agricole. La permaculture n'a rien inventé, ça existe déjà ici depuis longtemps. Sauf que les rendements ne sont pas aussi extraordinaires que ça.

J'ai pensé à d'autres secteurs comme le transport maritime et l'aquaculture mais le problème numéro 1 reste le plus prioritaire.

Si j'ai une activité qui fonctionne et qui rapporte gros, j'aurais une voix politique et je serais écouté. Je pourrais influencer les décisions du pays et même créer mes propres programmes de développement. Il y'a tout à faire après tout et je vois que les gens ont pour seule idée de s'enrichir vite sans se soucier de leur pays et ne voient pas le profit à long terme.
Nonchalance, ce que tu décris là, ce sont les Comores ou l'Ile Maurice?

(si tu ne veux pas préciser, pas de souci)
@ DamienJd Maurice est un exemple pour les nations africaines et je sais pertinemment pourquoi ils s'en sortent aussi bien alors que les autres pays d'Afrique galèrent mais c'est une autre histoire.
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