Discussion

[notfound] Un peu d'écologie

Note : 23
lancé par Alea le 19.07.2018
35 réponses
dernier par Avalanche le 01.08.2018, 01h13
  • Alea
  • Score : 188 - 21 ans - MBTI: BALI
Petit article vert, sentant bon le compost et le parfum rempli de perturbateurs endocriniens de la caissière de votre magasin bio favori.

Enfin, article... disons plutôt une rapide réflexion sur le sujet, très personnelle, très poreuse, très mal documentée (J'ai même galéré à trouver le titre. Ca se voit). Que je soumets pour l'élargir (à visée perso), et essayer de créer une discussion (à visée commune) autour d'un sujet qui me semble central pour tout le monde.

Si cet "article" pollue de quelque manière que ce soit les convictions de certaines personnes, je les invite à se manifester en recyclant mon propos.


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L'écologie, sujet central ?
J'attache beaucoup d'importance aux racines des mots :
οίκος(oïkos) = maison ;  λόγος(logos) = discours porté sur (mais si, comme dans gastroentérologie)

L'écologie, c'est le discours porté sur une vaste maison : la planète. Mais attention, le logos c'est pas un discours qui se cale entre le croissant et le bol de lait du p'tit dej, c'est du sérieux.
Bref l'écologie, c'est savoir comment on va gérer la maison Terre, qui pour rappel est la seule que nous avons.
Juste comme ça.
Et vu qu'on habite tous dessus, il me semble que ce... «combat» (?) est central pour l'humanité. Je ne veux pas minimiser l'importance des combats et revendications féministes, économiques, et Jean Passe, mais, pragmatisme, ces luttes ne peuvent exister que si on maintient stable l'espace sur lequel elles s'effectuent.

Je ne vais pas jouer le tireur d'alarme, car ça fait belle lurette qu'elle a déjà été tirée, et nous devons à peu près tous avoir grandi en entendant parler d'écologie, de protection de la planète, de ferme le robinet quand tu te laves les dents.
On entend parler de l'alarme, mais on ne l'entend pas sonner elle directement.
Pourtant je n'ai pas besoin de faire un topo de tous les problèmes écolos qui nous entourent, on en a tous conscience, au moins les plus gros (réchauffement climatique, surpopulation, nourriture de plus en plus merdique, blablabla).

Petite note : je suis un profond pessimiste (j'essaye de me soigner). Alors, l'avenir de la planète et de ses habitants, je le vois pas joli.
Pour autant, je ne peux m'empêcher de vouloir limiter la casse (à mon échelle, donc une goutte de pétrole dans la réserve de l'Erika).
Question de morale. L'écologie c'est de la morale.
La visée de cette article pourrait donc paraître aux limites du foutage de gueule, sachant que je propose une discussion faisant ressortir des idées/actions que l'on pourrait mettre en place chacun de son côté, ou à plus vaste échelle, tout en pensant que cela n'aura qu'un faible effet sur retardement de gros problèmes à venir.
Bien sûr, ce pessimisme est purement subjectif, et il se peut que je sois totalement à côté de la plaque. Néanmoins, j'ai la conviction qu'en matière d'écologie, être pessimiste et réaliste ne soient qu'une seule et même chose.
Mais une certaine morale, je me répète, m'empêche de m'en foutre.

Ainsi, que peut-on faire, chacun de son côté ?
Enfin, parlons d'actions et non de possibilité d'action. Je reformule : Que faites-vous, chacun de votre côté ?
Personnellement, j'ai mis plusieurs choses en place. Jeter et trier ses déchets, cela va de soi. Réduire le gaspillage alimentaire au maximum, j'ai horreur d'avoir à jeter de la nourriture/de l'eau.
Ne plus consommer de produits de certains grands groupes alimentaires (Nestlé, Mondelez, tous les fast-food connus du style Mcdo, KFC...), ce qui est un combat perdu d'avance car si ça ne vient pas d'eux ce le sera d'un autre (coucou Monsanto), mais bon...
Acheter mes fringues le plus localement possible (au moins Europe) : c'est cher. Hypercher. Certes les vêtements sont de meilleure qualité, mais ça reste un coût très important.

Réduire ou stopper ma conso de viande, je n'y arrive toujours pas. Il est étonnant d'ailleurs que l'argument écologique (la production de viande pollue plus) passe avant l'argument moral (ne mangeons pas d'animaux) dans mon cas.
Manger bio non plus, je reste très sceptique à ce sujet. Je n'y vois pas une solution d'avenir, mais de toute manière je doute que cela soit sa raison d'être.

Bien évidemment, tous ces efforts sont à la limite du ridicule. Un super portecontainer pollue sûrement plus en un jour que tout ce que mes petits sacrifices économiseront en une vie.

Comment voyez-vous le futur ?
Doit on agir ou bien s'en foutre ? Tout est perdu ?
Quels sont les actions que vous avez déjà mises en place/prévues de mettre en place ?
Priorité à soi (bien-être personnel) ou au collectif ?
(Liste non exhaustive...)

C'était tronqué, il manque des chiffres et tout un tas de choses qui font joli. Ça pourra venir au sein d'une discussion, si elle parvient à se créer.
À vous :)
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (Bonne idée !) le 19.07.18, 19h31 par Onmyoji
  • +2 (Intéressant) le 30.07.18, 12h36 par Avalanche
Sujet extrêmement intéressant.

Il n'y a pas seulement une dimension morale mais carrément une dimension métaphysique dans la question écologique.
On dis souvent que l'écologie cherche a sauver la planète. Or la planète Terre, en tant que petit cailloux paumé dans l'espace, se porte très bien depuis des milliards d'années et se portera très encore des milliards d'années.
En vérité ce que l'écologie cherche surtout à sauver c'est notre écosystème et notre climat qui permet à nous, humains, d'avoir les conditions idéales pour vivre sur Terre.
Bref, l'écologie cherche à sauver l'humanité, et quelques autres espèces animale au passage... ok

Mais la question qui se pose, et qui peut-être à la fois existentielle et absurde, c'est: pourquoi vouloir sauver l'humanité ?
Vouloir sauver sa peau c'est naturel et instinctif, mais l'humanité ce n'est pas la même chose, ça nous dépasse physiquement et temporellement...
Manger bio, utiliser le vélo etc... ok, d'un point de vue individuel ça se justifie pour être en bonne santé.
Mais remettre globalement en cause un mode de vie consumériste, qui est confortable et dont on tire une certaine jouissance, pour le remplacer par une vie austère dont les effets bénéficieront, hypothétiquement, à des générations futures, n'est-ce pas là une forme de nihilisme ?

(Voilà, ce n'est que l'embryons d'une de mes très nombreuses réflexions, parfois contradictoire, sur un sujet dont il n'est pas évident de débattre sur un forum tellement il y a de choses à dire )
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Absolument) le 19.07.18, 20h59 par Jalapeno
  • +1 (Intéressant) le 19.07.18, 21h29 par Alea
Pierro a écrit:
Manger bio, utiliser le vélo etc... ok, d'un point de vue individuel ça se justifie pour être en bonne santé.
Mais remettre globalement en cause un mode de vie consumériste, qui est confortable et dont on tire une certaine jouissance, pour le remplacer par une vie austère dont les effets bénéficieront, hypothétiquement, à des générations futures, n'est-ce pas là une forme de nihilisme ?

Je suis plutôt optimiste, mais j'ai de plus en plus l'impression qu'on connaîtra les conséquences négatives du changement climatique de notre vivant. Directement par les épisodes de sécheresse / inondation qui sont de plus en plus intense (canicule actuellement au Nord de l'Europe, il fait 33°C en Laponie, littéralement...), qui affecteront les populations, mais aussi l'agriculture et donc l'économie. Indirectement par les migrations climatiques qui ont déjà commencée également.

Mon pronostic pour les 5 à 10 prochaines années : inflation, tensions sociales (c'est déjà assez moche maintenant), problèmes sanitaires (pics d'ozone dans les villes, propagation de maladies tropicales sous nos latitudes...). Et ce n'est que ce qu'on peut voir venir. Ce ne sera pas Mad Max, mais ça sera clairement moins confortable que maintenant, pour la classe moyenne des grandes villes notamment.

On peut avoir une vision moyen ou long terme (l'argument des générations futures impacte peut-être les parents, mais visiblement il est loin d'être efficace pour le reste de la population), tout en sachant qu'on ne pourra pas vraiment rattraper le coup, juste limiter la casse. Et dans ce cas, préserver un minimum son confort et en préservant l'humanité. Avec un peu de cynisme, on peut tout à fait voir cet élan altruiste comme un effet secondaire d'une recherche de confort individuel :mrgreen:
C'est une fausse problématique selon moi. On est 7milliards sur Terre. Sur les 7milliards d'êtres humains, les écologiques sont très minoritaires. Tout simplement parce que la plupart des gens ne peuvent pas se permettre d'être écolos. La plupart des gens ne peuvent même pas se permettre de se pencher trop longtemps sur les problèmes d'écologie, y compris dans les pays développés.

Le modèle le moins cher et le plus performant pour nourrir, abriter et offrir un minimum de confort à la majorité des êtres humains n'est pas écologique. Il ne peut pas encore le devenir parce que les alternatives coûtent encore trop chères et même si elles devenaient moins chères, il faudrait qu'elles soient assez compétitives pour remplacer ou tenter les entreprises qui contrôlent les richesses et les productions. En attendant, l'écologie de marché n'est qu'une stratégie commerciale pour attirer des clients qui veulent agir sur leur prise de conscience.

Ce qu'on peut faire individuellement? Apprendre à produire de l'énergie électrique individuellement et à limiter notre consommation. Réapprendre à vivre sans tout le confort moderne. Apprendre à construire et à entretenir des maisons qui n'ont pas ou peu besoin d'énergie et qui restent abordables. Trouver des solutions pour conserver et transmettre les savoirs modernes utiles. Au cas où le modèle actuel de production et de consommation s'effondre. Ce qui peut arriver dans notre génération comme celle d'après...

Comme jamais. L'intelligence artificielle change et va continuer de changer beaucoup de choses pour le meilleur comme pour le pire.
Nonchalance a écrit:
Sur les 7milliards d'êtres humains, les écologiques sont très minoritaires.

Oui et non. Il y a un paquet de gens qui ne se revendiquent pas écologiques, mais de fait de par leur mode de vie très modeste ils consomment dix fois moins qu'un occidental moyen, ou même qu'un occidental écolo.

Après il y a la question des pays dit "émergents", qui ont pas tellement envie qu'on vienne leur donner des leçons sur la consommation (de viande, d'énergies...) alors qu'on fait tout pareil, ou qu'on a fait tout pareil.

Nonchalance a écrit:
Le modèle le moins cher et le plus performant

j'ajouterai "à court terme". Si on prend ne serait ce que l'agriculture, la soi disant rentabilité de l'agriculture intensive est en train de tellement épuiser les sols que bientôt on ne pourra plus rien faire pousser dessus. Je pense que l'industrie basculera fatalement vers plus d'écologie quand ce "bientôt" sera "maintenant"...
Et c'est pareil pour plein de choses.
Par exemple pour l'électricité, aujourd'hui on sait, c'est reconnu par l'Ademe, que maintenir le nucléaire en France a le même coût que de passer au renouvelable.
Le problème n'est pas systématiquement celui du coût et de la rentabilité d'une solution par rapport à une autre, plus écologique. C'est aussi le problème des entreprises qui ne veulent pas qu'on leur enlève leur part du gâteau.

Citation:
Ce qu'on peut faire individuellement? Apprendre à produire de l'énergie électrique individuellement et à limiter notre consommation. Réapprendre à vivre sans tout le confort moderne. Apprendre à construire et à entretenir des maisons qui n'ont pas ou peu besoin d'énergie et qui restent abordables. Trouver des solutions pour conserver et transmettre les savoirs modernes utiles. Au cas où le modèle actuel de production et de consommation s'effondre. Ce qui peut arriver dans notre génération comme celle d'après...

Comme jamais. L'intelligence artificielle change et va continuer de changer beaucoup de choses pour le meilleur comme pour le pire.

Tout à fait d'accord avec tout ça. Et même au delà de l'initiative individuelle, dans le milieu professionnel on peut aussi s'impliquer. Par exemple dans la construction, en France on a certes tout un ramdam de normes énergétiques, mais aussi, en plus, des labos de recherche tout ce qu'il y a de plus sérieux et pros sur la construction en bois, en terre crue...

Ce qui est intéressant je trouve avec cette question de l'écologie c'est qu'elle interroge notre vision du confort en relation avec celle du bonheur.

Discussion à suivre
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  • +1 (Tout à fait !) le 19.07.18, 23h53 par Jalapeno
Je fais mes courses en biocoop. Le prix unitaire des produits est plus cher que celui des produits de grande surface, mais je m'y retrouve :
- Dans la qualité des produits (moins de pollutants)
- Dans la démarche plus respectueuse des producteurs
- Dans l'absence de gros messages publicitaires partout
- Dans l'évitement du suremballage
- Dans la simplicité (magasins plus petits, moins d'articles)
- Dans l'absence d'empressement de l'employé de caisse (qui d'ailleurs ne fait pas que la caisse).

Puisque le prix unitaire est plus cher, ça m'a naturellement amené à acheter moins de choses (moins de fromage, moins de viande, moins de jambon, moins de crèmes danettes et de barres en chocolat, etc...). Toutes ces choses ne me manquent pas. Je cuisine mes repas, et je fais bien sûr attention au gaspillage. Je me fais plus plaisir qu'avant en faisant mes courses et en mangeant. On peut dire que je mange au lieu de bouffer.

On évoque souvent le prix comme le frein à l'achat de bio, mais en fait, ce n'est pas l'enjeu principal. Si on adopte une alimentation équilibrée mais simple, le budget nourriture est très maîtrisé. La vraie question c'est est-ce qu'on a envie d'adopter une alimentation plus simple ? De mon expérience en biocoop, j'en ai déduit que le vrai prix à payer pour des produits plus sains, ce n'est pas de dépenser plus d'argent, mais de consommer moins de produits.

Si vous voulez tester des produits bio, allez les acheter en biocoop. Les grandes surfaces qui vendent 4 pommes bio, dans une barquette en carton, et emballées dans un film plastique, ce n'est pas du bio, c'est du marketing.

Dans biocoop, il y a l'aspect coopératif. Je pense que cela contribue à proposer des modes de production et de consommation, et des états d'esprits, alternatifs au modèle de la concurrence.

Pour éviter de faire un pavé, je ne vais pas développer ici, mais les atteintes à l'environnement proviennent en grande partie du fait que l'économie soit basée sur des entreprises (et des salariés) qui se font concurrence pour capter le revenu de consommateurs en leur vendant des biens ou des services (dont ils n'avaient pas forcément envie ni besoin au départ).

La pollution atmosphérique vient en majorité des trajets journaliers pour se rendre au travail, un travail qui consiste souvent à s'acharner à vendre des produits ou des services à d'autres entreprises ou à des particuliers, déjà saturés de sollicitations.

Voilà mon avis. Après je ne fais pas la morale aux gens. Ce serait contreproductif. Chacun va à son rythme et fait ses choix. Je pense que le fonctionnement d'une société à un instant t correspond au point de rencontre et d'équilibre des valeurs et comportements de tous les individus qui la composent.
L'argument du prix du bio par rapport au non bio est souvent avancé comme frein à l'achat, mais dans la classe moyenne où on achète des produits "de marque", ils sont souvent au moins aussi chers que l'équivalent bio.

Après comme tu dis Alex il faut pas chercher à acheter le même cadi en bio qu'en grande surface. Les produits préparés et les produits animaux sont carrément beaucoup plus chers en bio. Même certains légumes sont à des prix au kilo qui m'interrogent. Ca me conduit à acheter systématiquement les légumes qui sont au cœur de la saison, et donc les moins chers, et faire avec.

Les circuits de coop bio c'est bien pratique pour faire toutes ses courses d'un coup, mais dans ma ville il y a un boucher bio qui vend en circuit plus court que biocoop de la viande hachée à un prix 2,5 fois moins élevé que biocoop.

la minute pratique : je propose qu'on laisse le sujet de conso de viande // écologie sur le topic du véganisme
J'ai peut être mal exprimé ce que je voulais dire. C'est difficile pour des personnes qui vivent dans un pays développé, qui plus est issus de la classe moyenne, de comprendre à quel point être écolo ne change rien et ne peut rien changer à l'état de la planète.

En général, toutes les personnes qui ont un train de vie moins élevé que la classe moyenne d'un pays développé s'en foutent de l'écologie. Pas que ce n'est pas important pour elles. Elles n'ont juste pas autant de choix, autant de maniabilité dans ce qu'elles font ou consomment.

Exemple où je suis en ce moment. Les gens s'en foutent de savoir d'où provient la viande qu'ils mangent, si le riz qu'ils mangent tous les jours est bio, si les vêtements qu'ils portent et les chaussures jetables qu'ils mettent ont un impact négatif sur la planète parce qu'ils sont produits en masse et avec des moyens qui polluent et épuisent les sols pour la culture du coton.

Ces gens ont un budget très très serré et ils sont contents d'acheter de l'huile de palme pour 1€50 le litre parce que l'huile de tournesol coûte 4€ le litre et l'huile d'olive de la plus basse qualité ne coûte pas moins de 10€.
Ils sont contents de porter des habits de mauvaise qualité parce qu'il est difficile de faire des économies pour acheter un t-shirt à 20€ alors qu'ils peuvent acheter un t-shirt à 2€ qu'ils peuvent mettre de suite quitte à en changer tous les 6 mois.
Ils sont content d'avoir de la viande tout court, même de mauvaise qualité, c'est un apport en protéines bienvenu.

Ces gens représentent près des trois quarts de la population mondiale et même s'ils n'ont pas le même pouvoir d'achat ou le même impact écologique individuellement, ils n'ont pas également les mêmes moyens pour traiter leur impact sur la planète.
La majorité des pays n'a pas une technique avancée pour la gestion et les traitements des déchets. Résultat, ils profitent des avantages des produits industriels et même s'ils produisent moins de déchets, la plupart de ces déchets ne sont pas traités.

De plus en plus, cette population qui ne s'intéresse pas à l'écologie est convoitée et cajolée par les industries polluantes déjà en place. Donc pas de réductions de l'impact environnemental de l'homme prévu pour le prochain siècle si les choses continuent comme ça. Et il y'a une raison biologique pour que les choses ne changent pas, l'homme étant un animal spécialisé dans l'accumulation des biens par l'élite et l'exploitation de son environnement sous contrôle de cette élite.

Que faire individuellement pour changer les choses? Changer ses habitudes à son échelle pour que par effet d'accumulation les changements se ressentent partout est un mythe parce que cet effet d'accumulation n'intéresse et n'est susceptible d'intéresser qu'une partie négligeable de la population mondiale. Seule un groupe de personnes ayant les ressources et l'intelligence compétitive pour changer le monopole des industries polluantes actuelles peut changer la donne. Ce qui ne se fera pas avant qu'il ne soit trop tard. Spoiler: il est déjà trop tard. Donc individuellement, on peut simplement se préparer, au mieux, au pire.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Constructif) le 20.07.18, 10h56 par voucny
  • +1 (Constructif) le 21.07.18, 10h15 par Alea
  • Alea
  • Score : 188 - 21 ans - MBTI: BALI
Tout à fait Pierro, tu avances un truc super important que j'ai oublié de mentionner.

Écologie est indissociable d'humanité.
Pour autant, l'humanité, et son maintien, n'est pas forcément la fin qui doit être visée.
Personnellement que l'humanité s'éteigne ça me fait ni chaud ni froid. Sans être misanthrope. L'être humain est un être fascinant, mais d'autres formes de vie sont tout autant fascinantes.
La Terre, elle en a rien à cirer de l'écologie. Elle épongera nos merdes. Ça lui prendra le temps qu'il faut, mais du temps, elle en a un bon paquet devant elle.

Donc l'écologie, du moins c'est le mot que les nécessités du langage me contraignent d'employer, je la vois plus comme une question d'inscription dans le monde que de simple bien-être personnel ou de recherche de pérennité de l'espèce à laquelle j'appartiens.
Si je refuse de jeter de la nourriture par exemple, ce n'est pas pour sauver l'humanité. C'est parce que sur un plan moral, voire pragmatique, je trouve ça complètement con.
Donc je ne pense pas qu'il faille considérer l'écologie comme un simple moyen visant le maintien de l'espèce humaine. La maison, «oïkos», n'est pas la propriété des Hommes.

Donc, par là, je rejoins voucny là dessus :

Citation:
Oui et non. Il y a un paquet de gens qui ne se revendiquent pas écologiques, mais de fait de par leur mode de vie très modeste ils consomment dix fois moins qu'un occidental moyen, ou même qu'un occidental écolo


Parler d'écologie ne veut pas dire parler de sa revendication. Car dans cette lutte comme dans une autre, c'est souvent les plis silencieux qui agissent le mieux.
Je ne me considère absolument pas «écolo» (pas pour de la blague). Et pourtant je le suis plus que certaines de mes connaissances qui se le revendiquent.
Nonchalance je suis d'accord sur une bonne partie de ton article, excepté le début. Parler de fausse problématique, c'est un peu fort, car les problèmes sont bien là. En revanche affirmer que l'écologisme apporte des solutions dérisoires, je veux bien. Car c'est bien beau de faire culpabiliser une personne qui prend sa voiture pour aller bosser, mais les vrais pollueurs restent les grands groupes privés. Tant que eux ne changeront, rien ne changera vraiment. Mais bien sûr ne nous attendons pas à ce qu'ils le fassent.
D'où mon rappel dans le post principal, que c'est limite du masochisme de vouloir trouver des solutions à des problèmes que nous ne pouvons résoudre, dans les faits. Tout simplement car on n'est pas aux commandes. Aux grosses commandes.

Voucny, je pense que l'on devrait garder une part de la question sur la consommation de viande ici. Non celle sur la morale (doit on cautionner cette forme de violence ?) mais celle sur l'écologie. Consommer de la viande pollue plus, c'est indéniable, et vue la consommation globale de viande c'est un sujet capital.
Pour le bio, je laisse la discussion avancer encore un peu.

Edit : nos messages s'entrecroisent Nonchalance. Bien évidemment, si on peut réfléchir à cette question, c'est parce qu'on peut se le permettre.
Avoir cette chance mérite également d'être saisi, même si nous sommes minoritaires, et même si je te rejoins sur le fait qu'il est déjà trop tard.
Nonchalance c'était déjà clair ce que tu disais mais là ça l'est encore plus et c'est intéressant ce que tu développes, notamment ce point là
Citation:
De plus en plus, cette population qui ne s'intéresse pas à l'écologie est convoitée et cajolée par les industries polluantes déjà en place.

Après pour le dénouement je suis pas aussi pessimiste que toi, même si c'est sûr qu'il y a des choses pour lesquelles c'est trop tard (les déchets nucléaires radioactifs pendant des millions d'années par exemple), et c'est sûr que les prochaines décennies il va falloir y faire face différemment de nos habitudes (euphémisme), s'y préparer comme tu dis...
J'ai un avis de vieux con ultra-conservateur sur le sujet. Mais bon, pas envie de polémiquer. Par contre, juste quelques questions sur ce sujet qui recoupe mes problématiques du moment.

Citation:
je suis un profond pessimiste (j'essaye de me soigner).


Pourquoi ? Sur quoi tu t'appuies ? Et pourquoi :

Citation:
 j'ai la conviction qu'en matière d'écologie, être pessimiste et réaliste ne soient qu'une seule et même chose.

Pour autant, je ne peux m'empêcher de vouloir limiter la casse (à mon échelle,


Pourquoi ne pas vouloir passer à l'échelle macro, à l'échelle politique ?

Nonchalance a écrit:
Il ne peut pas encore le devenir parce que les alternatives coûtent encore trop chères et même si elles devenaient moins chères, il faudrait qu'elles soient assez compétitives pour remplacer ou tenter les entreprises qui contrôlent les richesses et les productions.


On pourrait dire la même chose du travail des enfants, non ? Les entreprises où des gosses travaillent gagnent un avantage compétitif grâce à cette main d’œuvre docile et peu chère. D'où l'inanité des mesures d'interdiction du travail des enfants.


Et dernière question ? On a appris à voler, on a inventé la contraception et l'informatique. Donc pourquoi vous adhérer à l'idée d'un changement de mode de vie par rapport à l'écologie ? Pourquoi la réponse du Progrès technologique (qui jusque-là, a fourni de sacrément bonnes réponses) ne vous paraît pas plus pertinente ?

Et c'est quoi le lien entre « mode de vie occidental » et écologie ? Mode de vie développé, je comprendrai. Mais Occidental ?

Et juste un détail :

@Nonchalance. Ce que tu veux dire, c'est que :

Oscar Wilde dans "Aphorismes" a écrit:
« Recommander aux pauvres d’être économes est à la fois grotesque et insultant. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de manger moins »
.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Constructif) le 20.07.18, 17h56 par voucny
  • +1 (Oui) le 21.07.18, 11h19 par Nonchalance
Pour le nucléaire:
Le nucléaire est la solution la plus écologique à court et long terme:
il évite le recours au charbon, a un rendement énergétique très supérieur à tout le reste, limite les infrastructures nécessaires (qui ont des impacts sur les paysages et les écosystèmes, parce que c'est mignon de faire des barrages et du géothermique et de l'éolien et du solaire partout, mais ça a un impact), et surtout ça centralise la source de pollution.
Sans compter que si l'on avait laissé se développer la technologie, on en serait là où sont les US actuellement, à des prototypes de surgénérateurs quasi fonctionnels, qui peuvent recycler leur combustible.
En réalité, toute la politique autour de l'écologie (les "verts", pour ne pas les nommer) depuis 30 ans n'a fait qu'aller à l'encontre de l'écologie, parce qu'on ne fait qu'écouter des ignorants qui agitent des épouvantails au lieu de permettre aux scientifiques de bosser.
En plus, l'éolien et le solaire ont des "passages à vide" qui vont totalement à l'encontre de nos besoins énergétiques, et sont très largement insuffisants quoi qu'on fasse pour couvrir nos besoins (parce que les expériences à l'échelle d'une ville de taille moyenne c'est mignon mais pas du tout transposable à l'échelle d'une capitale de plusieurs millions d'habitants où les infrastructures se multiplient).
Alors le jour où on arrête de rouler à l'essence, faudra choisir entre rouler ou avoir un portable ou se chauffer...

Parce que ça va très largement augmenter les besoins énergétiques (d'autant que le rendement des voitures électriques est plus faible que celui des moteurs thermiques, ce qui augmente relativement le besoin énergétique).
En parlant des transports,
Niveau écologie, j'enrage plus sur les abrutis avec leurs hoverboards et autres vélos à assistance électrique qui sont hypes ou des trucs de flemmards plutôt que sur le mec qui va bosser mon parce qu'il n'a pas le choix. Parce que ces trucs de branleur, ça contribue juste a gaspiller des ressources, et les mecs croient que niveau santé ils font tous du sport.
Ça devrait être réservé aux gens qui ont un problème de santé.

Pour biocoop:
parce que tous les arguments que l'on nous sort sur la qualité des produits, c'est pas du marketing?
En vrai, la production dite "bio", c'est vraiment de la merde pour la planète.
En fait, on est obligé d'exploiter plus de surface agraire pour nourrir autant de gens, ce qui empêche d'avoir des forêts et autres terrains inutiles à nous mais utiles pour la biodiversité et le climat.
En plus, le problème d'épuisement des sols tient plus du mythe qu'autre chose (d'une part parce qu'on a des engrais qui circonviennent à ce problème, et qui a bonne dose ne polluent pas, d'autre part parce que les mecs qui les appliquent restent des paysans et savent aussi faire tourner les cultures...).
Certes il y a des produits dont on peut se passer, comme les néonicotinoïdes mais il y a un juste milieu. Les modes d'agriculture "hybrides" restent les plus raisonnés et efficaces.
En plus, pour la qualité des produits, on a des produits qui ont pu être soumis à plus d'agressions, donc de moindre qualité car plante plus stressée, plus malade, et en outre, les produits permis dans l'agriculture bio sont pas du tout sains (le sulfate de cuivre c'est bien plus nocif que le glyphosate, et les mecs ils t'en tartinent les plantes sous prétexte que c'est "pas chimique" -bravo les gars. La Chimie, c'est pas votre amie-).
Des produits aussi qui peuvent véhiculer des saloperies de champignons, et par nature ces champignons sont tout aussi cancérigènes que la plupart des produits qu'on peut utiliser (sauf que je préfère choisir le truc dont on est pas sûrs ou auquel on peut finir par trouver un remplacement synthétique mais inoffensif pour nous que le truc dont on est certain de la nocivité).
En outre, quand les animaux sont malades, on ne les traite pas dans le bio, donc ils souffrent. Niveau éthique, ça se pose là.
Et dans le conventionnel, on écarte juste leurs produits (lait) le temps que les taux mesurés diminuent.

Pour l'absence de publicité, oui, en général c'est pas tellement dans les magasins même qu'il y en a donc je trouve ce point peu intéressant.
Le seul point que je retrouve, c'est celui de l'emballage (qui a tout de même des fonctions de protection/conservation, donc une utilité antigaspillage hein).
Pour la "simplicité", c'est une vision un peu "romantique" pour moi, genre "on revient à l'essentiel". alors que la vérité, c'est pas ça, c'est juste que tu n'as pas de choix (et qu'on en profite pour te passer des carottes à un prix d'or). Et pour l'empressement de l'employé, c'est un faux avantage.
Si tout le monde allait à biocoop, il faudrait bien que le mec se sorte les doigts du cul pour pas avoir des files de 20m en heures de pointe.
Et puis même quand il n'y a personne, ça ne veut pas dire que mon temps n'est pas précieux, et que j'ai envie de le passer à attendre que le mec se bouge le derche à faire son taf (et si on me parle de l'interaction humaine, oui, mais à la limite, c'est pareil, je préfère choisir).

Citation:
Puisque le prix unitaire est plus cher, ça m'a naturellement amené à acheter moins de choses (moins de fromage, moins de viande, moins de jambon, moins de crèmes danettes et de barres en chocolat, etc...).

ça t'aurait fait exactement la même chose si tu avais moins de fric et que tu pouvais pas acheter bio. Tu aurais réduit et tu te serais aperçu que tu n'en avais pas besoin. C'est pas spécifique au bio.

Citation:
je fais bien sûr attention au gaspillage

Idem, pas spécifique au bio. Et je peux te dire que quand tu n'as pas de fric, tu oublies de regarder les dates de péremption.
Et se faire plaisir en mangeant, c'est pas une question de bio ou pas, c'est juste une question d'apprécier le processus. C'est pas du tout lié au pseudo bio.

Citation:
Si on adopte une alimentation équilibrée mais simple, le budget nourriture est très maîtrisé.

à l'échelle d'une personne seule, ouais. Essaie avec une famille, on en reparle. J'ai beaucoup d'amis "bios" (personne n'est parfait) qui ont reconsidéré les choses quand ils ont eu des enfants, ou simplement un partenaire.

Citation:
La vraie question c'est est-ce qu'on a envie d'adopter une alimentation plus simple ?

Mais ça c'est un problème de riche... Pour le mec qui n'a pas de fric, déjà il se pose pas la question de viande de qualité ou pas, c'est pas, et il variera pas avec pas 36 fruits et légumes par jour. ça sera des pates et des oeufs ou du jambon dégueu pour les protéines.
Et la simplicité elle y est sans recherche.
En outre, de nombreux pays qui ont une alimentation très saine (notamment les pays asiatiques) ont une cuisine avec des plats complexes, il n'empêche que l'impact en terme de pollution n'est pas pire que celui des US par exemple où la cuisine est relativement simple.

Citation:
Pour éviter de faire un pavé, je ne vais pas développer ici, mais les atteintes à l'environnement proviennent en grande partie du fait que l'économie soit basée sur des entreprises (et des salariés) qui se font concurrence pour capter le revenu de consommateurs en leur vendant des biens ou des services (dont ils n'avaient pas forcément envie ni besoin au départ).

Si, ce serait très intéressant que tu développes, parce que ça sent la grosse idée reçue. Que la concurrence existe ou pas, c'est moins le problème que le fait qu'il y ait une consommation...
C'est connu, les pays communistes n'ont pas de pollution, regarde la Chine. Oh, wait!

Citation:
La pollution atmosphérique vient en majorité des trajets journaliers pour se rendre au travail, un travail qui consiste souvent à s'acharner à vendre des produits ou des services à d'autres entreprises ou à des particuliers, déjà saturés de sollicitations.

Il y a surtout les transports de ressources dans les régions qui les utilisent, parce qu'à l'échelle d'une société qui dépasse quelques millions d'habitants, c'est difficile de pouvoir tout faire à l'endroit optimal en termes de ressources énergétiques.

En réalité, si toute la production actuelle était utilisée, on aurait pas besoin de surexploiter, et on pourrait déjà nourrir tout le monde, d'après les chiffres. Le gaspillage vient d'exigences économiques mais pas que. Il y a énormément de questions de mauvais timing, de pertes dans les transports, mais on peut pas toujours déplacer les populations à côté de ce qu'elles bouffent (et "manger les produits de saison", c'est valable pour nous tant qu'on a encore un climat tempéré, mais pour d'autres endroits, où t'as 3 cultures qui se battent en duel, c'est pas la question).
On en vient à se poser la question cruciale de la démographie planétaire, et à se demander si la politique chinoise n'était pas la bonne?
Parce qu'inévitablement, une meilleure écologie devra passer par un contrôle de la population, avec tout ce que ça peut avoir de dystopique (à quand le permis d'avoir un gosse? Je ne sais pas. Cela dit, quand je vois certaines actualités de nos jours, j'y serais favorable, le problème, c'est que la bonne intention tournerait forcément court.
Et le maintien de la situation actuelle, signifie qu'on maintient forcément des inégalités de niveau de vie entre pays (et que c'est même souhaitable, car écologiquement, on a pas trop envie de voir ce que ça fait 7 milliards de gens équipés comme un américain ou un européen moyen).

On va devoir développer la chimie verte, aussi. Les bioplastiques, les méthodes pour développer les briques de base de notre chimie à partir de matériaux organiques.
Parce que oui, on peut se passer de certaines choses, mais il y a beaucoup de choses de base dont on ne peut se passer pour avoir des maisons efficaces en termes énergétiques, pour les applications de pointe qui servent en médecine, etc.
On se gargarise à l'heure actuelle des changements faits par starbuck et co sur les plastiques, mais c'est une paille (sans mauvais jeu de mots) en comparaisons des plastiques produits par les PVD.
Seul un développement de technologies radicalement plus avancées nous permettra de ne pas sombrer dans le chaos écologiquement parlant.
Cela veut dire, utiliser les biotechnologies et les ogms pour optimiser les cultures et la production (et adapter aux terrains les semences, etc, sachant que les OGM sont SANS DANGER pour la santé, c'est prouvé par environ toutes les études faites à ce sujet. C'est pas comme si on choppait des gènes de tomate quand on en bouffait, pas de raison que ça change si elle est GM), et pour optimiser le traitement des déchets.


Développer aussi les méthodes permettant de se passer des métaux rares, qui sont rares, et nécessitent des opérations de minages très couteuses et peu écologiques.
Et même en limitant les smartphones, si on retourne pas au moyen âge on aura quand même besoin d'ordinateurs pour que la société continue à tourner.


Il faut aussi développer le nucléaire pour répondre à nos problématiques énergétiques, répertorier autant que possible les espèces avant qu'elles ne disparaissent afin de pouvoir éventuellement les recréer plus tard, si on ne peut sauvegarder leur habitat dans le temps imparti;
développer les technos de stockages du CO2,
se préparer à devoir gérer les invasions parasitaires à mesure que la température va augmenter (et pour ça, faudrait commencer par éduquer tout le monde en termes sanitaires -notamment, sur la vaccination-),
éventuellement développer les technos de geoengineering (telles que la libération de gaz dans l'atmosphère pour refroidir la planète en faisant obstacle aux rayons du soleil).

Quant aux premières mesures que l'on peut prendre à titre individuel, c'est de bien s'informer sur la vraie science (pas celle en une vidéo youtube qui dit révéler toute la vérité que les scientifiques n'ont pas compris), et élire des responsables qui la comprennent vraiment et qui basent leur décision dessus (et ne font pas des trucs démagos comme fermer des centrales pour avoir des voix).
C'est ça le plus dur, plus que simplement fermer des robinets ou pas faire des trucs cons comme mettre la clim avec une fenêtre ouverte (encore que, le nombre de gens que je vois faire ça, me laisse songeur).
Le reste, c'est du pratique, c'est la base, l'éducation des gosses devrait le faire...
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +2 (Instructif) le 21.07.18, 11h27 par Nonchalance
  • 0 (Trop dogmatique) le 21.07.18, 21h37 par Jalapeno
Je lis beaucoup de choses sur ce post présentées comme des vérités sur un sujet qui me semble bien plus complexe que ce qui peut être laissé entendre.

Alors ma vérité à moi qu’elle est-elle ?

Collectivement, je ne vois pas d’autres solutions viable pour le moment qu’une décroissance raisonnée.

Individuellement, je crois qu’on porte tous une belle responsabilité. Et qu’on aime bien l’oublier, moi le premier.
Un peu comme quand on oublie facilement que les multinationales qui font de la merde sont composée de gens lambda.

Voilà, perso mon mode de vie est encore scandaleux d’un point de vue écologique. Et j’essaye petit à petit d’y remédier. Avec encore d’énormes incohérences, failles, « oublis », ou non sens. Mais je prend cette direction quand même.


Voilà ma vérité est que je pense que les changements viennent d’abord des individus et que tout discours écologique, économique, ou politique basé sur ce que les autres devraient faire est avant tout un moyen de se déresponsabiliser.



Mais tout ceci n’est que mon opinion.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • 0 (Il y'a du vrai...) le 21.07.18, 10h14 par Alea
  • +1 (Pertinent) le 22.07.18, 15h22 par Onmyoji
Citation:
ça t'aurait fait exactement la même chose si tu avais moins de fric et que tu pouvais pas acheter bio.

Citation:
à l'échelle d'une personne seule, ouais. Essaie avec une famille, on en reparle. J'ai beaucoup d'amis "bios" (personne n'est parfait) qui ont reconsidéré les choses quand ils ont eu des enfants, ou simplement un partenaire.

Citation:
Idem, pas spécifique au bio. Et je peux te dire que quand tu n'as pas de fric, tu oublies de regarder les dates de péremption.

Citation:
Mais ça c'est un problème de riche... Pour le mec qui n'a pas de fric, déjà il se pose pas la question de viande de qualité ou pas, c'est pas, et il variera pas avec pas 36 fruits et légumes par jour. ça sera des pates et des oeufs ou du jambon dégueu pour les protéines.

Pour répondre à toutes tes objections tournant autour de l'argent, et du "problème de riches", je continue à faire mes courses en Biocoop alors que je touche actuellement 1300€ par mois.

Je suis loin de la banqueroute.

C'est une affaire de choix et de gestion budgétaire.

Lorsque Intermarché fait une promotion de 70% sur le Nutella, cela déclenche des émeutes. En revanche, on est tranquilles, s'ils font -70% sur les courgettes bio, la sécurité n'aura pas besoin d'intervenir...

Etre pauvre, je sais ce que c'est. Quand j'étais gamin, ma mère a eu une période de difficultés financières. Elle faisait ses courses chez Lidl. On se faisait même livrer de la nourriture, de basse qualité, gratuitement par une association caritative. Dès que ses revenus ont augmenté, elle a fait ses courses dans des enseignes plus haut de gamme, et acheté des produits de meilleure qualité.

Les enfants, j'y ai pensé. On verra bien ce que je ferai quand j'en aurai. Peut-être que je ne vivrai pas à proximité d'une biocoop, mais à côté d'un agriculteur qui, sans avoir de label bio, s'engage dans une démarche de limiter l'usage de pesticides, de produire des fruits et légumes de saison.

A côté de chez moi, j'ai un marché sur lequel il y a un producteur de mon département qui vient vendre ses fruits et légumes. Il n'a pas de label bio, mais il est dans une démarche raisonnée et ne vend que des fruits et légumes de saison. Je lui achète aussi.

Dès qu'on dit qu'on consomme bio, les gens se font une idée "c'est cher", "truc de bobos bla bla bla". C'est peut-être parce que les humains ne peuvent pas s'empêcher de catégoriser et de faire des distinctions sociales. En ce qui me concerne, c'est simplement une envie de consommer des produits contenant moins de polluants, et dont le mode de production limite la destruction de la Terre.

Si je me rapproche de cette démarche, ce n'est pas pour me distinguer socialement, mais pour être congruent avec mes valeurs et opinions :
- On consomme actuellement chaque année l'équivalent d'une planète Terre et demie. Les sols et l'air sont très pollués. Je pense que c'est un problème qu'il faut essayer de résoudre.
- Le modèle économique est actuellement basé sur une hyper-concurrence mondialisée (la plupart du temps, la concurrence au prix bas). Pour moi ça provoque beaucoup d'effets néfastes. C'est pourquoi je suis intéressé par toute expérience alternative.

Je ne prétends pas que c'est LA solution révolutionnaire. Mais en tous cas, si vous voulez vraiment vous faire une idée sur le sujet, je vous conseille d'expérimenter par vous-mêmes et de vous faire votre propre opinion à partir de l'expérience. Un débat à travers un forum ne vous permettra pas de saisir toutes les dimensions et toutes les implications d'une démarche biologique et coopérative.
Onmyoji a écrit:
En fait, on est obligé d'exploiter plus de surface agraire pour nourrir autant de gens, ce qui empêche d'avoir des forêts et autres terrains inutiles à nous mais utiles pour la biodiversité et le climat.
En plus, le problème d'épuisement des sols tient plus du mythe qu'autre chose (d'une part parce qu'on a des engrais qui circonviennent à ce problème, et qui a bonne dose ne polluent pas, d'autre part parce que les mecs qui les appliquent restent des paysans et savent aussi faire tourner les cultures...).

Techniquement on peut tout à fait se passer du sol en fait (hydroponie). En fait, même en conventionnel les agriculteurs qui utilisent des intrants ne travaillent pas avec le sol, qui ne reste qu'au final un support solide. Si on prend cette direction, l'intérêt de faire pousser sa nourriture devient très relatif. Autant se nourrir directement avec de la bouffe de synthèse.

Onmyoji a écrit:
En plus, pour la qualité des produits, on a des produits qui ont pu être soumis à plus d'agressions, donc de moindre qualité car plante plus stressée, plus malade

Lol, t'inquiète pas trop pour les ptites plantes, elles ont bien des stratégies pour se défendre toutes seules.
En fait on en avait déjà évoqué ces sujets sur ce topic, donc je ne vais pas trop m'étendre sur le sujet.

Onmyoji a écrit:
et en outre, les produits permis dans l'agriculture bio sont pas du tout sains (le sulfate de cuivre c'est bien plus nocif que le glyphosate, et les mecs ils t'en tartinent les plantes sous prétexte que c'est "pas chimique" -bravo les gars. La Chimie, c'est pas votre amie-).

Oula, bonjour la généralisation à outrance. Oui la bouillie bordelaise et quelques autres traitements pas plus propre que ce qu'on trouve en conventionnel sont autorisés en bio. Mais ils sont loin d'être utilisés de façon systématique, c'est plutôt de l'ordre du dernier recours.

Onmyoji a écrit:
Des produits aussi qui peuvent véhiculer des saloperies de champignons, et par nature ces champignons sont tout aussi cancérigènes que la plupart des produits qu'on peut utiliser (sauf que je préfère choisir le truc dont on est pas sûrs ou auquel on peut finir par trouver un remplacement synthétique mais inoffensif pour nous que le truc dont on est certain de la nocivité).

De quels champignons parles-tu ? Les produits bio sont soumis aux même controles que les produits issus du conventionnel, donc je ne vois pas trop à quoi tu fais allusion.

Onmyoji a écrit:
En outre, quand les animaux sont malades, on ne les traite pas dans le bio, donc ils souffrent. Niveau éthique, ça se pose là.

WTF Onmyoji ? Faut quand même te documenter un minimum avant d'écrire des énormités pareilles. Les animaux sont soignés par des vétérinaires dans le bio aussi, et parfois même avec des antibiotiques, mais de façon très réglementé et pas "par défaut" comme c'est le cas en conventionnel.

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Arrêt sur Images a sorti un dossier "Ecologie : ça commence à bien faire !" qui fait un point sur la pertinence de l'écologie et le lien avec la collapsologie, dont Yves Cochet est une figure de proue en France : http://www.liberation.fr/debats/2017/08 ... 50_1591503
Le dossier d'ASI : https://www.arretsurimages.net/dossiers ... faire-nbsp
L'hydroponie pose d'autres problèmes, mais je reviendrai après une documentation plus complète pour ne pas me baser sur une seule source assez ancienne.

Pour la bouffe synthétique, je ne pense pas que tu pourras y convertir les gens, qui préfèreraient voir la planète crever que goûter du Soylent (exemple volontairement pris par rapport à une discussion du forum).

Pour les mycotoxines:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/120 ... t=Abstract
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/124 ... t=Abstract
https://europepmc.org/abstract/med/7571872
https://kaplanclinic.com/wp-content/upl ... n-Food.pdf

Soit les contaminations sont plus fréquentes, soit elles le sont à niveau plus élevé. Et quand bien même ça passerait les contrôles, ça veut dire qu'on en absorbe alors plus dans notre système (et qu'elles s'accumulent donc plus. Et les cancers du foie liés aux mycotoxines, c'est pas un rhume...)

Un peu d'éducation aussi sur le pseudo "bio"
https://www.hoover.org/research/dirty-t ... ut-organic
http://european-seed.com/2018/03/sense- ... ally-mean/

La bouillie bordelaise, c'est pas un dernier recours, c'est genre un des trucs les plus utilisés. Je n'ai pas de chiffres, mais on a quand même fait des études de la contamination des sols pour ça. Et comme c'est un "traitement traditionnel", il n'est pas vu comme nocif comme ceux issus de la chimie synthétique, mais ça reste une idée reçue (de toute façon, tous les gens qui pensent que parce que c'est synthétique, c'est plus nocif, n'ont rien compris à la chimie, et sont très ignorants. La nature est la plus grande pourvoyeuse de toxines loin devant la chimie synthétique...)

Pour ce qui est de soigner les animaux; d'une part, les certifications ne permettent pas toujours l'usage d'un traitement, pour autant que je sache, et d'autre part, les mecs vont avoir tendance à attendre pour appliquer le traitement puisque c'est très gênant pour eux, et en plus, la plupart des "éleveurs bios" sont un peu des extrémistes, du genre "antivaxx" version éleveurs. Ce qui conduit à des dérives. évidemment, ce n'est pas général, mais bon, ça arrive plus fréquemment que ce qu'on peut croire, j'imagine.
Citation:

Tes 3 premières études, elles s'étalent entre 1995 et 1998...

Le secteur du bio a certainement beaucoup changé en 20 ans.

Quant à la dernière, la recherche des mots clés "organic" ou "ecological" ne m'a pas fait trouver de références à l'agriculture bio. Si toutefois je fais erreur, peux-tu m'indiquer à quel endroit du document il y est fait référence ?

Dans la recherche que je viens de faire à l'instant sur internet, le consensus en matière de comparaison en matière de santé entre bio et conventionnel c'est "on sait pas".

C'est logique, car la terre et la pluie sont les mêmes pour toutes les cultures d'une part, et qu'on ne peut pas isoler le seul facteur de l'alimentation au milieu de tous les autres, collectifs et individuels, qui influent aussi sur la santé.

Citation:
La bouillie bordelaise, c'est pas un dernier recours, c'est genre un des trucs les plus utilisés. Je n'ai pas de chiffres, mais on a quand même fait des études de la contamination des sols pour ça. Et comme c'est un "traitement traditionnel", il n'est pas vu comme nocif comme ceux issus de la chimie synthétique, mais ça reste une idée reçue (de toute façon, tous les gens qui pensent que parce que c'est synthétique, c'est plus nocif, n'ont rien compris à la chimie, et sont très ignorants. La nature est la plus grande pourvoyeuse de toxines loin devant la chimie synthétique...)

On va essayer de poursuivre le débat sur de meilleures bases. On va considérer que les agriculteurs bio, tout comme les agriculteurs conventionnels, sont de bonne foi et ont un cerveau qu'ils utilisent. C'est à dire qu'ils essayent de produire de la façon la moins polluante possible. Dans ce processus, ils peuvent se tromper, et se corriger lorsqu'ils s'en aperçoivent. On parle de professionnels, pas de hippies qui font pousser des graines dans leur jardin.

En faisant des recherches sur les sites écolo, on peut voir assez vite qu'ils sont bien conscients des effets possiblement néfastes de la bouillie bordelaise. En conséquence, ils préconisent des limites d'utilisation, et cherchent d'autres moyens fongicides.

https://www.consoglobe.com/idee-recue-b ... in-4085-cg

La démarche bio, et le questionnement écologique en général, contrairement aux idées reçues, ce n'est pas prôner le retour au Moyen Âge ni l'absence de sciences et de technologies. Au contraire, pour moi c'est faire avancer la science et la technologie pour nourrir le monde et vivre bien sans déteriorer notre environnement.

Alors oui dans le lot, il y a des hippies ésotériques. Mais c'est comme dans tous les courants : il y a du sérieux et du pas sérieux. C'est pareil pour ce qui est conventionnel : il y a des gens sérieux et mesurés qui se posent des questions, et il y en a d'autres qui continuent à faire comme ils ont toujours fait sans se poser de questions.

Et après, oui, il y a récupération commerciale du bio. Mais ça, c'est la capacité de l'économie de marché de tout récupérer (par exemple mai 68, le féminisme) à des fins commerciales. On arrive même à vendre plein de livres et de séminaires sur le fait de s'asseoir et ne rien faire (la méditation pleine conscience) :mrgreen: .
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Absolument) le 23.07.18, 00h46 par Jalapeno
  • Alea
  • Score : 188 - 21 ans - MBTI: BALI
Citation:
Voilà ma vérité est que je pense que les changements viennent d’abord des individus et que tout discours écologique, économique, ou politique basé sur ce que les autres devraient faire est avant tout un moyen de se déresponsabiliser


C'est justement la ligne directrice que j'ai voulu donner au sujet : l'action personnelle.
Cela n'empêche pas pour autant qu'une grosse entreprise puisse rendre risible une foultitude d'actions individuelles. Tout simplement car la pollution qu'elle crée excède de beaucoup ce que nombre de personnes peuvent économiser par attention/privation.

Néanmoins, j'apprécie encore une fois la qualité médiatrice de ton intervention, et il faudrait effectivement recentrer la discussion, sur les actions.

Parler d'écologie, ça nous a inexorablement amené à parler du bio, débat houleux et sans fin, ou, plus simplement, débat.
Personnellement je reste partagé par le concept.

Un truc qui m'étonne, normal car j'y suis rodé aujourd'hui, c'est que personne n'ait parlé de fringues.
L'industrie textile est monstreuse, et établir le lien entre pays de fabrication et quantité astronomique de marchandises permet de se rendre compte de la pollution simplement créée par le transport des vêtements.
C'est entre autre pour cela que j'ai décidé d'acheter plus local il y a un peu plus d'un an. C'est une solution parmi d'autres. Des personnes intéressées ?


Iskandar, j'ai choisi l'échelle individuelle xar c'est bien celle sur laquelle je sens une maîtrise. La politique, je n'arrive pas à m'y engager, et je m'arrêterais là pour ne pas énormément dévier du sujet principal.

Citation:
Donc individuellement, on peut simplement se préparer, au mieux, au pire.

C'est la vision qui m'a le plus convaincu pour l'instant. Connaissant un peu ton parcours actuel Nonchalance, je serai intéressé si tu pouvais étayer ton point de vue.
    Notes et commentaires reçus par ce post :
  • +1 (Constructif) le 29.07.18, 20h39 par Onmyoji
Citation:
La politique, je n'arrive pas à m'y engager, et je m'arrêterais là pour ne pas énormément dévier du sujet principal.


Je me permets d'insister mais, pourquoi vouloir parler d'action politique globale (ce que, tout comme toi, je ne souhaite absolument pas aborder ici) plutôt que de la portion congrue qui concerne l'écologie. Surtout que :

Citation:
Cela n'empêche pas pour autant qu'une grosse entreprise puisse rendre risible une foultitude d'actions individuelles.


J'insiste sur ce point parce qu'une fois, Blusher résumait petinemment que des problèmes comme le réchauffement climatique sont d'abord des difficultés à agir collectivement et donc à se coordonner au niveau planétaire. Donc vu le problème macro, la solution micro de l'action purement individuelle me paraît comme une évidente fuite mais habilement dissimulée dans l'action.
Pas nécessairement convaincu.
Même si dans mon premier post j'évoque des choses qui nécessitent une inflexion sociétale, le fait d'être impliqué de manière individuelle fait qu'on se sentira concerné également dans son entreprise et qu'on peut prendre des mesures ou alerter les décisionnaires si on en est pas un soi- même. Il ne faut pas négliger le pouvoir de la pub, a minima.
Et sans rien faire d'autre que consommer ou non, on peut faire infléchir le cours d'action d'entreprises.
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