Conseils Relations & Vie de Couple

Le complexe de la Madone et de la Putain

Certains pensent qu'une fille qui a connu "trop d'hommes" à leur goût est trop "sale" et pas assez sérieuse pour qu'on puisse se mettre en couple avec elle. Voici pourquoi penser cela est une erreur.

Le complexe de la Madone et de la Putain désigne la croyance (par un homme) qu’une femme est SOIT une amante coquine et libérée, SOIT une épouse pure et respectable. Et qu’elle ne peut surtout pas être les deux à la fois.

Pour un homme atteint du complexe Madone / Putain, inconcevable de se projeter dans une relation longue (voire, une vie de famille) avec une femme trop libérée sexuellement.

Pour ces gars-là, une femme « trop » épanouie dans sa sexualité est considérée comme sale, potentiellement porteuse de maladies, irresponsable, déséquilibrée, infidèle et donc, impropre à toute relation sérieuse

(par contre, pour un coup de bite rapido, ils sont généralement moins délicats, comme c’est étrange).

Comme si une femme cessait d’être une femme respectable et devenait un simple réservoir dès lors qu’elle a un vécu et de l’expérience sexuelle.

Bonjour les clichés moyenâgeux.

Pourquoi en parler ?

Pour deux raisons :

  • Parce qu’en 2014, c’est encore un préjugé très ancré chez beaucoup d’hommes : nombreux sont encore ceux pour qui une femme possède un quota d’amants à ne pas dépasser, sous peine de se voir recevoir le Label « Salope imprésentable à la famille »
  • Et surtout, parce que comme tous les préjugés et les , c’est le meilleur moyen d’avoir une vie relationnelle étriquée, et de tomber dans tout un tas de pièges bien sordides

En tant que militante pour le parti des jambes en l’air, je dis « NON » à tous ce qui peut nous empêcher de mener une vie sexuelle et amoureuse et épanouie. Zola sera fier de moi : moi aussi j’accuse.

Madone ou putain ? Les deux mon colonel !

Je vais avant toutes choses, rétablir une vérité.

Il n’existe pas « deux types de femmes » : l’une gentille, innocente, que l’on peut épouser, et l’autre frivole, vénéneuse, inconstante, et utilisable entre 22h et six heures de matin.

De la même manière qu’un homme a plusieurs facettes – de bonnes comme des carrément mauvaises, toute femme peut (et aura) la fonction de plan-cul et celle d’épouse.

Et celle que nous occupons à l’instant T relève plus des circonstances que de notre personnalité.

Le problème vient du fait que pour certains hommes, il est impossible de concevoir que la bouche de leur femme peut embrasser ses mômes et accueillir un pénis dans la même journée.

La science est pourtant formelle, du moment que les deux activités sont strictement séparées, c’est biologiquement possible… et sans conséquences néfastes pour la santé (bien au contraire).

Et au risque de choquer les plus bouchés : oui, même votre maman a déjà probablement dû faire ce genre de cochonneries (et aimer ça).

Morale et vertu sont deux choses très différentes

Une femme peut-elle être douce, fidèle, attentionnée, fiable, stable, et avoir cumulé les conquête ?

Sans vouloir me la raconter, j’en suis la preuve vivante :) Et c’est mon expérience en la matière qui me permet d’apprécier mon petit ami à sa juste valeur et de lui garantir la fidélité.

Je pense faire partie des femmes respectables : c’est précisément mon expérience et mon vécu amoureux qui me permet de contrôler mes envies, mes attentes et ma façon de vivre mes relations.

A contrario, une femme peut également n’avoir jamais vu le loup et être la pire des garces. Parce qu’il existe des millions de façons de faire souffrir quelqu’un en dehors du sexe : manipulation, malhonnêteté, escroquerie, mauvaise foi…

Pourquoi avoir peur de l’expérience d’une femme ?

Un jour, un ancien collègue de bureau m’a confié avoir choisi son épouse parce qu’elle était vierge.

Il estimait que cela était un gage de fidélité, et que le fait qu’elle n’ait aucun point de comparaison le rassurait.

En tant que femme, je ne trouve pas sa réflexion digne d’un homme confiant : son choix est celui de la facilité.

Je m’explique : Cet homme tient à être « le meilleur amant de sa femme ». Et pour ce faire il a deux options.

  • L’option « petit joueur » : être le seul amant de sa femme.

Il est, du coup, le meilleur amant. Mais aussi le pire. Aucune concurrence, aucune comparaison possible – et du coup, aucune notion de performance, aucun besoin de s’améliorer ni de se remettre en question.

Il peut bien-sûr initier celle qu’il aime aux joies du sexe débridé, mais il a peur, au fond, de créer un monstre suceur de libido et avide au point de sortir de son enclos voir si l’herbe est plus verte. Il la maintient dans une sorte d’ignorance, et une routine sexuelle s’installe.

Alors dans bien des cas, il s’ennuie et s’en va chercher hors du foyer ce qu’il pourrait avoir à la maison s’il s’en donnait les moyens. En priant pour sa femme, en plus d’être innocente, soit assez naïve pour gober ses couleuvres.

(Je précise avant que certains ne se mettent à crier : je ne suis pas en train de faire un procès d’intention à la gent masculine. C’est un cas recueilli dans le métro en rentrant du bureau. Je m’en sert de contre-exemple car je le trouve pertinent. Pas taper)

  • L’option « Bonhomme » : reconnaître à chacun le droit d’avoir un vécu, et se réjouir de l’expérience de ses partenaires

Apprendre de corps de la femme sur le bout des doigts, devenir un excellent coup qui met presque tous le monde d’accord,  rencontrer une femme expérimentée, ne pas se laisser impressionner. Ni la juger.

– Une première fois hésitante, mais agréable, le temps d’opérer quelques réglages
– Une seconde fois plus affirmée, il a capté deux-trois trucs qui lui ont plu
– Un troisième fois explosive, il a compris que son truc, c’était les pieds.

Résultat : elle lui voue une reconnaissance éternelle et toutes sa bande de copine l’appellent « Monsieur ». Il la comble tellement que l’idée de la fidélité ne lui fait pas peur. C’est l’amant de sa vie. Et, coup de bol, ils se correspondent sur tous les plans. Ils bâtissent une relation stable et mature avec un supplément courbature.

Une femme expérimentée connaît mieux son corps. Et le vôtre !

Je suis certainement un meilleur coup aujourd’hui qu’à mes débuts, parce que certaines pratiques doivent être apprivoisées et le lâcher prise s’obtient avec la confiance en soi et les années.

Il est bien-sûr possible de faire son éducation sexuelle avec un seul amant !

J’ai dans mon entourage des femmes heureuses en amour et sous la couette qui ont rencontré l’homme de leur vie jeunes et qui n’ont connues que lui. Et la force de leur union avec cet homme leur permet de se lâcher comme jamais !

Mais il existe aussi des femmes qui ont du, pour accéder aux même qualifications faire appels à plusieurs professeurs.

Le résultat est le même : une maîtrise en chose de l’amour due à l’expérience.

*  *  *  *

Pour résumer, je dirais que nous les femmes, sommes comme des robots ménager : on est multifonction, et ça sera dommage de n’utiliser qu’un seul de nos super-pouvoirs.

On peut s’occuper des gosses pendant que vous regardez le match (à charge de revanche); on peut aussi devenir tigre en embuscade et vous manger tout cru quand vous nous rejoignez sous les draps.

A vrai dire, on est même plutôt douées pour les deux (et pour pas mal d’autres trucs aussi, mais on en parlera une autre fois).

Et petit conseil : si vous nous montrez que vous êtes le genre de mec qui accepte parfaitement cet état de fait, vous marquerez forcément des points à nos yeux (que voulez-vous : on préfère généralement les mecs tolérants et bien dans leur peau aux petits tyrans domestiques qui veulent nous voir SOIT à quatre pattes, soit dans la cuisine).

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